lundi 6 octobre 2014

Yerse, la suite...

Perte de Yerse (64 - Asson)
Samedi 4 octobre 2014
Participants : P. et S. Degouve, S. Latapie, J. Noyes
Il fallait à tout prix profiter de la sécheresse pour retourner à la perte de Yerse. En effet, d'après le report topo, le puits qui nous avait arrêté 15 jours plus tôt se situe dans l'alignement de la perte du ruisseau qui avait été nettoyée en 2013 et qui est active la plupart du temps. Comme la fois précédente, nous passons par le col d'Andorre et la cabane d'Espadres pour récupérer le reste du matériel sorti du Bûcheron Toulonnais.
Malgré la fraîcheur matinale, l'entrée du gouffre souffle bien. Le ruisseau, quant à lui, est au plus bas et se perd bien en amont, juste au contact avec les calcaires. Au passage, nous en profitons pour mettre un peu d'ordre dans les équipements jugés rudimentaires par rapport aux normes fédérales. 
Arrivés au puits c'est Serge qui entre en scène. Les trous étant déjà faits l'équipement est rapide d'autant que le puits est plein vide. 

Serge au sommet du P.40. Le départ est un peu resserré
mais 2 mètres plus bas le tube fait déjà 4 m de diamètre.

Les dimensions sont tout de suite plus importantes et des arrivées latérales, lavées par l'eau, correspondent vraisemblablement aux pertes du ruisseau voisin. Une quarantaine de mètres plus bas nous nous retrouvons tous au départ d'un conduit spacieux mais encombré de gros blocs effondrés. Au sol, le lit d'un ruisseau bien marqué nous guide vers la suite. Aujourd'hui il est sec, mais en crue ce doit être très différent. Après un petit ressaut de 3 m la galerie plonge dans un méandre entrecoupé de ressauts. Nous préférons rester en hauteur pour un éventuel équipement hors crue. Jean prend le relais et part en oppo au-dessus du méandre qui s'enfonce progressivement.

Jean au départ de la main courante vers -70 m

Après une main courante d'une dizaine de mètres il parvient au sommet d'un puits d'une vingtaine de mètres. Vu les dimensions, il n'est plus possible de continuer à traverser, même si, en face, nous devinons un beau départ. La corde est tout juste assez longue pour arriver au fond. En bas, nous retrouvons le lit du ruisseau qui continue à s'enfoncer doucement dans le pendage. Ici, il est assez difficile d'apprécier la hauteur du conduit car de gros blocs forment un niveau intermédiaire, mais on peut raisonnablement l'estimer à une quinzaine de mètres. L'ambiance est donc plutôt à l'euphorie surtout après que Jean ait lancé un cailloux dans le toboggan qui se présente devant nous. Celui rebondit dans un vide encore plus impressionnant. 

Le toboggan au bas du P.20 (-100 m)

 Je prends la suite et part avec la seule grande corde qui nous reste. Le sol entièrement lavé nous incite encore à la prudence. Dés que je peux, je grimpe sur des banquettes pour éviter le cours d'eau. Après un virage je devine la suite, c'est grand et beau. Je prolonge la main courante jusqu'à l'aplomb du puits. Les autres me talonnent de près. Mais avec le pendage, la descente n'est pas verticale et nous ramène sans cesse vers le lit du ruisseau. Trois déviateurs limitent la casse.

Le départ de la main courante menant au second P.40.
A partir de là, le conduit plonge dans le pendage

Dans le P.40, le long des strates inclinées à 70 °.

J’atterris 40 m plus bas sur un beau replat. La suite est un ressaut qui se descend facilement en libre. Derrière le méandre, large de plus de 2 m, est encombré d'éboulis instables qui débouchent une quinzaine de mètres plus bas sur un nouveau puits. C'est franchement instable et d'ailleurs nous déclenchons une avalanche de blocs qui dégringolent dans un énorme fracas. C'est au tour de Sandrine d'équiper, mais les amarrages sont comptés et il ne reste plus qu'une corde de 20 m. 

-157 m, au terminus de l'explo et au sommet d'un puits de 18 m.
L'éboulis au sol a vraiment une salle gueule, surtout vu du dessous...

 Elle tente une descente directe le long de l'éboulis, mais 3 mètres plus bas, elle renonce car celui-ci repose en fait sur une dalle inclinée parfaitement lisse. Inutile de prendre des risques surtout qu'il est visiblement possible d'équiper plus loin en grimpant sur un énorme bloc coincé en travers. Seulement, il n'y aura pas assez de corde pour équiper la main courante et le puits. Jean trépigne devant le fatalisme des "vieux croûtons". C'est vrai que c'est tentant, mais de toute façon il faudra revenir. Alors nous nous arrêtons là. Nous préparons les trous pour la prochaine fois et commençons la topo. 

Au fond, un passage sur un gros bloc permet d'éviter l'éboulis instable.

Nous ressortons vers 19 h. Le ciel est couvert mais il ne pleut pas encore. Nous remontons tranquillement au refuge de Yerse, laissant Jean qui redescend directement. Il terminera la marche à la frontale et dans le brouillard. De notre côté, nous avons juste le temps d'allumer un feu pour faire cuire le traditionnel confit apporté par Serge.

Jean à la sortie du P.40 (-20 m)

Dimanche 5 octobre :
Il a bien plu cette nuit et le ciel reste couvert. Avant de redescendre, nous allons jusqu'à l'AU 1 pour chercher des cordes disponibles. Au passage nous en récupérons aussi au CL 18, puis nous redescendons tranquillement dans la vallée.

En direction de la Toue et de l'AU 1


Quelques données en attendant la topo détaillée :
Le terminus topo se situe à -157 m par rapport à l'entrée (vue à -175 m). Au départ, le gouffre emprunte un joint de strate (direction est), puis à partir de -100 m, il oblique vers le sud pour plonger dans le pendage (environ 70°). Pour fantasmer un peu, la résurgence d'Aygue Nègre est à 4,5 km en ligne droite pour 550 m de dénivelée.

C.r. Patrick

2 commentaires:

  1. La partie de bowling continue si je comprend bien et les strikes s'enchainent.
    Souhaitons que le beau temps dure encore un peu pour savoir vers où va se diriger cette nouvelle cavité, bien placée pour aller très loin.
    Le rêve continue....

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  2. Encore une superbe première ! Bravo et on croise les doigts pour la suite.

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