mercredi 25 septembre 2013

Aygue nègre à sec

Mercredi 25 septembre 2013 :
La météo des prochains jours semble bien moyenne et le risque de ne plus pouvoir aller à Aygue Nègre avant un long moment nous inquiète. Il y a 15 jours, nous nous étions arrêtés sur une diaclase étroite occupée par un plan d'eau visiblement assez profond. Une néoprène complète semblait indispensable...
Cet après-midi, nous disposons de quelques heures pour aller voir la suite. En une petite demi heure nous sommes au porche (Sandrine et Patrick). J'enfile directement une petite néo de 3 mm et nous filons vers le terminus en dressant la topo. Sandrine est devant et arrivée au ressaut, je l'entend glousser en m’annonçant qu'il n'y a plus d'eau.... Pourtant on entend toujours le grondement du ruisseau. Au bas du ressaut, il n'y a effectivement plus une goutte d'eau et le conduit est pénétrable. Quelques mètres plus loin, un coude nous amène au bord du ruisseau que nous entendions de loin. Ce n'est pas très spectaculaire et l'actif se limite à 2 petite cascades de 50 cm de haut sortant d'une trémie et se perdant aussi sec dans un chaos de blocs. La suite est au-dessus. En remontant une diaclase inclinée nous parvenons dans un élargissement de près de 2 m de large, une "salle" quoi.... 

Arrivée dans la "salle" (2 m x 3 m)

La suite reprend l'allure d'une diaclase très déchiquetée que nous parcourons sur une petite vingtaine de mètres jusqu'à ce qu'elle devienne impénétrable. De ce côté-ci il n'y a vraiment rien à espérer. Nous fouillons les autres diaclases mais aucune suite n'est visible. Il reste peut-être une minuscule fissure communiquant avec le cours d'eau, mais il n'y a pas d'air et c'est strictement impénétrable. Bof !!!
Nous ressortons en terminant la topo. Il resterait peut-être le porche supérieur à revoir, mais nous n'y croyons plus vraiment.
Au total, le développement est de 130 m (-10 m) avec près de 40 m de désobstruction !!!.

 Dans la diaclase terminale
CR Patrick

mardi 24 septembre 2013

Initiation au "Diable Rouge"

Dimanche 22 septembre, jour de l'automne.

Nous étions dix pour cette sortie d'initiation perfectionnement.
Harmonie, Marie, Caroline, Sandrine, Véronique N, Véronique D.
William, Jean Marc, Bubu et Alain M.
Gageons que si nous n'avions pas rencontré un problème de messagerie, nous aurions été encore plus nombreux.
Le rendez vous est fixé à 9h30 à la gare de Bagnères de Bigorre. La route est déviée pour laisser passer les marathoniens mais après quelques minutes d'attente tout rentre dans l'ordre.
Arrivés au parking de Banios, vérification des matos et nous voilà partis pour la montée.
Le beau temps est de la partie et la cavité sera vite atteinte.
On s'équipe et en route pour une jolie balade ponctuée par le passage sur cordes pour quatre puits. Il y a peu d'eau mais c'est toujours aussi beau.
Les puits sont descendus sans encombre même si pour certain c'est la première fois et qu'il y a un peu d'appréhension.
Nous arrivons au terminus, devant l'étroiture qui barre la suite et semble à chaque fois nous narguer. Certains même la franchisse, histoire de se mouiller un peu et de se rendre compte des travaux qu'il faudrait réaliser.
C'est ensuite la remontée et la découverte du jumars et des bloqueurs de pied.
Un peu d'effort et tout le monde se retrouve à l'air libre vers 15 heures.
Casse croute de rigueur, se terminant par une bonne tarte aux pommes et un gâteau au chocolat. Un grand merci au cuisinier.

A 16 heures nous serons tous sur la route du retour.
Une bien belle journée.
Alain M

dimanche 22 septembre 2013

Dans les plafonds du Quéou

Samedi 22 septembre 2013
Comme d'habitude, nous sommes montés tranquillement la veille pour dormir à la cabane de l'Aoulhet et profiter d'une soirée en montagne (Sandrine, Serge et Patrick). Cette-fois ci, l'objectif de la sortie est de poursuivre l'exploration de l'affluent perché au sommet de la salle Madeleine (voir CR du 23/12/2012). 
Le réveil sonne à 6h30 et à 8 h nous sommes dans le trou. Le niveau d'eau est moins bas que nous le pensions et le ruisseau coule bien, sans doute en raison des averses de la veille. A -200 m, nous faisons un petit arrêt pour voir un affluent dont la topo restait à faire. L'affaire est vite réglée car celui-ci ne fait que 40 m de long et s'arrête sur trémie. Nous poursuivons la descente en récupérant au passage quelques cordes pour la suite de l'exploration. A -390 m nous parvenons à la jolie traversée équipée par Serge la fois précédente. 

 La traversée au sommet de la salle Madeleine. On y accède par le fond de la galerie du Scroutch qui arrive en balcon, une trentaine de mètres au-dessus de la salle.

Le terminus n'est plus très loin  et Serge nous indique les deux suites possibles. La première est un puits d'une dizaine de mètres. Mais celui-ci me rappelle le haut d'une escalade faite depuis le début de la galerie du Scroutch. D'ailleurs, on aperçoit des traces de passage. Donc nous choisissons la seconde option qui consiste à suivre le haut du méandre. Après une étroiture très ponctuelle nous retrouvons un conduit confortable mais rapidement barré par une grosse coulée stalagmitique. Heureusement, sur le côté un passage bas permet de contourner l'obstacle pour ressortir dans une belle galerie surcreusée par le ruisseau (6 x 8 m). Nous sommes en balcon de cette dernière et pour atteindre la suite, il faut grimper de quelques mètres. Cela ne semble pas trop difficile, mais une assurance s'impose. Pendant que Sandrine et Serge équipent je retourne au terminus afin de commencer la topo (merci le distoX !). L'escalade est vite enlevée mais derrière, nous tombons sur un ressaut rejoignant une grande coulée stalagmitique sur laquelle s'écoule le ruisseau. C'est assez pentu, mais l'adhérence est bonne et l'escalade se fait à nouveau sans problème. 

La galerie se termine par une belle coulée stalagmitique
qui remonte jusqu'à une base de puits.

Les dimensions restent importantes ; la largeur frôle les 10 m tandis que la voûte remonte à près de 20 m. Derrière la coulée, cela se complique un peu. L'eau provient d'un puits remontant très arrosé et en face, un boyau argileux semble colmaté. Nous effectuons une courte désob dans ce dernier, mais après un passage bas, le conduit est complétement bouché par de la terre. 


 Au sommet de la coulée.


Il ne reste plus qu'un méandre fossile à voir, à priori très étroit. Mais en remontant au sommet de ce dernier, nous débouchons dans un conduit plus vaste qui se dédouble rapidement. La suite est un méandre étroit qui recoupe par endroit de beaux tronçons de galeries bien formées. Un petit puits de 5 m est contourné par des  boyaux ébouleux et au bas, nous commençons à percevoir le grondement d'une rivière. Nous nous doutons bien qu'il s'agit de celle déjà connue, mais le tout est de savoir où nous allons jonctionner. Le verdict tombe rapidement et par une large vire, nous débouchons dans le canyon du triple A, au niveau d'une escalade que nous devions faire. La boucle est bouclée et comme nous avons fait la topo en progressant, il ne nous reste plus qu'à plier bagages en déséquipant les 3 escalades. Ceci fait nous récupérons tout le matériel laissé ça et là et nous le rapatrions au bas de l'escalade du triple A. C'est un peu besogneux car il faut porter certaines cordes en vrac.


 La galerie au niveau de la grande coulée stalagmitique



Arrivés au bas de l'escalade, nous nous disons que ce n'est pas une grosse affaire et que quitte à avoir trimballé le perfo, autant s'en servir. J'attaque le premier tronçon dont la fin est franchement "pêteuse". Ça passe mais au-dessus, pas de galerie à l'horizon. Il s'agit plutôt d'un puits remontant. 
Je fais venir Serge et visiblement ça l'inspire. Il attaque donc un second tronçon, plus sain et plus joli. Mais ça continue de remonter. Je le rejoins sur un nouveau palier. Nous avons grimpé d'une trentaine de mètres et la suite ne semble pas terrible. A priori, 3 ou 4 spits devraient suffire pour en avoir le cœur net. Ne voulant pas trop faire patienter Sandrine qui poirote en bas depuis un moment, nous remettons ça à une prochaine sortie. Nous laissons donc les cordes en place et regagnons la sortie.
Nous sommes dehors au coucher du soleil après une douzaine d'heures bien sympathiques. Au total, nous avons rajouté 340 m de topo et le développement du Quéou passe à 2915 m.



Serge dans la vire de la salle Madeleine

C.r. Patrick

jeudi 19 septembre 2013

Raid au BU 56

CR exploration BU56 par Thomas Braccini
« Sima De Las Puertas Illumina »
Dates : du 28 août au 1er septembre
Objectifs : toucher le fond, remesurer la profondeur de la cavité (à l’aide de sonde) et faire des photos
Equipe : Pierre FABREGUE (ASN), Christian ETARD (ASN), Didier GIGNOUX (SCVV), Bruno FROMENTO (SCVV), Thierry AUBE (SCVV), Phil BENCE (Explos), Denis MORALES (CT), Anthony GENEAU (les Goulus), Simon BEDOIRE (les Goulus), Thomas BRACCINI (GSHP et les Goulus)
Jour 1 : « préparatif »
Nous nous rejoignons tous au camping de Zuriza (en Espagne) ce mercredi 28 août pour préparer cette sortie de fin d’été. Thierry et Bruno sont à l’origine de ce projet et nous sommes bien sûr tous bien motivés pour découvrir cette cavité d’envergure. Bruno est le seul à connaître le BU, il n’y a pas mis les pieds depuis 30ans !

« A Zuriza, la tente collective »
Cliché : Tot
Tous les membres de l’équipe ne se connaissent pas forcément… il y a tout de même une base de l’équipe de l’expédition AOTEAROA en Nouvelle Zélande de cet hiver. C’est le moment de reparler de notre beau voyage ainsi que de faire connaissance. Tout le monde s’applique à préparer ces kits de bivouac cavernicole pour notre périple qui est prévu sur 3 jours et 2 nuits. Les anciens ont déjà fait un pré-portage jusqu’à l’entrée du trou pour y acheminer leurs affaires et du matos collectif.
Ce soir là, il faut se coucher tôt… facile à dire !!!
Jour 2 : « Approche, équipement des puits et installation du bivouac à la salle Roncal »
Le lendemain nous nous levons « grand matin » à 5h du mat. Après 20min de voiture, nous attaquons bien chargé la marche d’approche… à l’aide des magnifiques lueurs matinales, nous découvrons ce superbe lapiaz. Au bout d’environ de 3h de marche nous arrivons à l’entrée mythique du BU56. Ha ce JP Pernette, il en voulait pour trouver cette entrée !
Nous nous équipons tranquillement devant l’entrée ou il y a un vent à « décorner les boeufs ». Bruno attaque l’équipement, nous arrivons rapidement au méandre « N » qui est court d’environ 40m mais très étroit. Nous nous faisons passer les kits, certains sont bien gros !


« Près de l’entrée du BU56» Cliché : Tot


« Dans les puits du BU » Cliché : Phil BENCE

Dans le P78 à – 387m, nous enquillons le méandre « Oprimido », nous y passerons 2h : oppositions glissantes, passages bas, passages étroits… Ha enfin du volume, nous descendons une salle ébouleuse pour arriver au « bivouac des espagnoles » où nous faisons une petite pause.
Ensuite, la progression n’est pas très facile, il y a pas mal de passages bas, la fatigue commence à se faire sentir car depuis 6h du mat, nous sommes en action.
Dès que nous entrons dans la salle « Roncal », nous n’attendons qu’une chose : le bivouac. Il faudra traversée entièrement la salle pour y arriver… il y a du sable c’est cool ! Fatigué, tout le monde pose ces affaires en vrac… nous mangeons, puis installons chacun notre campement pour dormir. Aux alentours de 4h du matin, tout le monde est en position allongée. Phil dit : « à quel heure on se lève demain ? »… personne ne répond !


« Simon met les pieds dans le Rio Budoguia»
Cliché : Tot
Jour 3 : « le fond »
Ça fait déjà un moment que j’alterne avec un peu de sommeil et des phases de réveil… je suis bien et je n’ai pas froid. Je me dis : « si c’était l’heure de se lever, y aurait bien quelqu’un qui aurait sonné les cloches ! » Mais apparemment je ne suis pas le seul à me dire ça !
Tout d’un coup j’entends des voix, c’est nos 2 compères Bruno et Didier : « heu les gars il est midi ! » J’y crois pas mais si si… putain ça craint !!! Finalité, nous avions besoin de dormir, c’est comme ça mais cela nous avance pas pour la suite, ça sent le décalage à donf !
Une fois le p’tit déj pris, nous décollons sans tarder pour toucher le fond. Nous partons à 13h30…


« Séance photos dans la salle Paquiza »
Cliché : Tot
Comme prévu, la progression est beaucoup plus facile. Nous enquillons une belle galerie concrétionnée pour sortir de la salle puis nous prenons pied dans le canyon de Roncal. C’est le kif : l’eau, la vie quoi !
L’enchaînement avec la salle « Paquiza » est de toute beauté ensuite c’est la salle « Ukerdi » où le concrétionnement est magnifique : fistuleuses, gours, coulées de calcite d’une blancheurincroyable. Nous faisons bien sûr des séances photos avec des ampoules de magnésium que l’on a réussi à trimbaler jusque là sans les casser !
Nous sommes hallucinés de voir ces paysages splendides d’une grande diversité… Nous arrivons à l’étroiture -1000 où nous en profitons pour faire une pause. Puis, nous suivons le pendage pour arriver à un endroit où le sol s’est effondré sur environ 10m², c’est vraiment beau !! Nos kits nous servent d’appuis pour passer cette partie basse de plafond… j’adore !
Ensuite, nous retrouvons du volume dans les salles « Linza et Zamora » avec es paysages toujours aussi somptueux. Nous mettons les pieds dans le canyon Belagua… pouf, ça déchire tout, les cascades deviennent assez énormes, nous les shuntons pour passer au-dessus sur des mains courantes déjà en place. D’ailleurs l’état de l’équipement en fixe n’est pas trop mal… seul quelques spit seraient à doubler ! Ce passage est vraiment de toute BEAUTÉ… je passe le premier puis j’arrive à une descente d’une quinzaine de mètres. J’éteins ma loupiote puis je regarde l’équipe arriver… ça vaut des points !
Nous enchaînons avec la galerie de « Lapazarra » qui nous mène au bout d’environ 30min à un siphon grandiose le S1 (ça ce n’est pas un siphon de mickey !). Il est 19h30, Thierry s’occupe des sondes pour remesurer la profondeur et nous prenons évidemment quelques photos. J’avais oublié aussi : nous mangeons bien sûr !
Le retour se fait sans difficulté, nous cherchons juste une fois le passage un peu avant l’étroiture -1000. La remontée est tout aussi sympa que la descente malgré la fatigue qui commence à se faire sentir. Nous reprenons quelques photos puis rejoignons le camp, il est minuit… beaucoup de personnes sont mouillés ou trempés à cause de pontonnières pas forcément étanches à 100%. 2 objectifs de la soirée : manger et sécher avant de se mettre au lit.

« Bruno dans le canyon Roncal »
Cliché : Tot

Jour 4 : « la remontée et la descente infernale »
Levé à 10h, nous déjeunons sans trainer puis nous refaisons nos kits pour effectuer le retour vers la surface. On peut dire que pour le rangement nous ne sommes pas très efficaces mais bon c’est comme ça ! Nous appréhendons cette journée car nous savons que ce n’est pas la meilleure partie de la cavité qui nous attend.
Nous attaquons la remontée de la salle « Roncal ». Arrivé en haut nous faisons une halte d’une heure pour faire des clichés et faire « péter »rnos dernières ampoules de magnésium.
Ensuite, nous enchaînons escalades, oppositions, ressauts… pour arriver au départ du méandre « Oprimido », finalement jusque là c’est bien passé ! De là, nous nous organisons pour le déséquipement et la récupération des kits de corde. Dans le méandre, nous progressons les uns derrière les autres à une allure plutôt correcte. Au bout d’à peine 2h nous sommes à la base des puits… le moral de l’équipe est bon !
Denis et Bruno s’occupe du déséquipement et nous remontons tranquillement les 387m de puits.


« Le splendide S1 côte -1325m »
Cliché : Phil BENCE

A 1h du matin, tout le monde est sorti de la cavité… Nous rechargeons nos gros sacs pour revenir vers les voitures, c’est lourd ! La marche nous paraît interminable, ça fait mal au pied mais chaque pas nous rapproche de notre lit.
A 5h, nous sommes de retour au campement, nous prenons le temps de manger un peu et de valider la sortie. Fatigué, heureux d’avoir partagé ces moments intenses ensemble dans une des plus belles cavités, nous allons tous dans les bras de Morphée.
TOT,

mardi 17 septembre 2013

Ehujarre, le cul dans l'eau....

Lundi 16 septembre 2013
 Pour ce retour à Ehujarre, nous (Patrick et Sandrine) avons pris nos précautions et en plus du perfo, des batteries, masses, burins etc... nous avons ressorti les pantalons néoprène. En effet,  même si le ruisseau entrevu il y a un an n'est qu'un filet d'eau, nous en avions gardé un souvenir glacial. 
Ce matin le ciel est déjà en train de se couvrir et la température n’excède pas 10 à 12 °. Malgré cela, le courant d'air est toujours très fort à l'entrée. Dans les passages désobstrués, rien n'a bougé et le trou ne semble pas avoir souffert des crues printanières. Au passage, nous récupérons un bidon pour charrier les gravats.
Sortis de la zone désobstruée, nous commençons à élargir à la masse quelques étroitures. C'est assez efficace et il y aura de quoi s'occuper à deux pour éviter d'avoir froid. Pendant que Sandrine se charge de ce travail, je file au fond pour revoir le terminus. Avec la néoprène, pas de problème pour aller dans l'eau. Le fond du méandre est étroit mais ça passe. Au bout de 3 m, à plat ventre dans l'eau, je cherche la suite du bout des bottes. Mais ça coince, la voûte s'abaisse et même en raclant le sol avec les pieds, les quelques centimètres gagnés ne permettent pas d'avancer. De plus, je ne sens pas vraiment l'air. Ressorti du boyau, j’essaie de m'enfiler dans le haut du méandre. D'accord, c'est étroit, mais la suite est là. Le courant d'air me souffle dans la figure et visiblement, un peu plus loin cela semble plus grand. Sans traîner je récupère le perfo et commence à forer. De son côté Sandrine a déjà mis au gabarit la première partie de la diaclase étroite. Avant les premiers tirs, le chantier est bien humide et je perce le cul dans l'eau, mais il paraît que les bains de siège sont bons à la santé. En plus il n'y a pas beaucoup de place pour stocker le matériel au sec et il faut sans arrêt faire des navettes en rampant dans le ruisseau. 
 

 Le méandre, peu avant le "front de taille". C'est un peu plus grand après....

Heureusement, les premières pailles donnent le ton et près d'un mètre cède au premier coup. Peu à peu, le méandre se dévoile et ce qui nous bloquait au fond n'est en fait qu'un virage surcreusé dans la partie basse du conduit. Ça avance bien et en fin de journée, nous avons progressé de près de 4 m. Désormais nous sommes dans un méandre haut de près de 2 m et à la limite du pénétrable. Du coup, cela nous permet de stocker les gravats dans le fond de celui-ci. Plus loin, on devine la suite, identique sur 4 à 5 m puis un virage....
Patrick

Quelques photos de l'opération Dornier 217

Voici quelques photos de la remontée des restes du Bombardier Dornier 217 du Gouffre du Monsacon.

Photos de Laurent Rigou.

 Le lieu de campement à 5mn du trou
 Fred Maksud, notre correspondant SRA
 Le Dol's et le Bub's fin prêts
 L'entrée du BS5 ou Gouffre de Monsacon ou Gouffre de l'Avion

 Le superbe puits d'entrée. C'est parti pour 80 mètres presque plein pot !
 Dégagements des débris à la base du Puits.
 Une bouteille d'Oxygène
 Une plaque d'identification; pièce inestimable pour les historiens.
 Préparation en surface pour la remontée des morceaux.
 Jean Luc aux commandes.
 Les débris remontent après 70 ans d'oubli.
 La presse est sur place, interview du Dol's
 Un garde forestier heureux.... Xavier va nous emmener sur les lieux du crash, à 500 mètres du trou.


Prospection sur les lieux du crash. Xavier trouvera un bouton d'uniforme rapidement identifié par les spécialistes comme un bouton des pilotes.

lundi 16 septembre 2013

Un bombardier sous terre

Un peu d’histoire.... par Bubu
3 appareils allemands "Dornier 217 K3 ont décollé de Toulouse le 15 juin 44 pour bombarder Cherbourg (tête de pont américaine). Aucun n'est rentré! Un à été descendu par la DCA,  un s'est planté au mont Sacon et le dernier au mont Cieu. Ces deux avions se suivaient et se sont égarés de nuit sur le piémont pyrénéen. On suppose qu"ils pensaient descendre sur le secteur toulousain et pas de bol il y avait une montagne!



Le premier s'est crashé, le suivant est passé au ras des pâquerettes mais n'a pas évité la montagne derrière le mont Sacon... La carcasse du mont Sacon à brûlé prés de deux jours. Les occupants, morts sur le coup, étaient totalement déchiquetés et n'ont été que partiellement récupérés par les Allemands plus de 15 jours après (nous avons des rapports de gendarmerie). Toutes les munitions ont plus ou moins éclatées comme le montrent certaines trouvailles sur le lieu de crash et évidement pas de bombes ( larguées sur Cherbourg.). Les restes de la carcasse ont été balancés dans le gouffre par des gars du coin.( et non par les allemands apparemment) un reste de carlingue à servi de cabane à un berger (non encore localisé).
La bombe aperçue au fond du gouffre était en fait une des bouteille d’oxygène des pilote. C'est cette pièce qui a servi par les marquages à garantir que c’était bien l'avion en question. Depuis, les historiens ont même réussi à identifier l'équipage ( archives Luftwaffe de 44-45 détruites).


C'est dans ce contexte que la DRAC a demandé un coup de main aux spéléos pour remonter les restes de l'épave. Fred Maksud s'est alors entouré de ses fidèles amis spéléos dont j'ai la chance de faire partie. Il m'a demandé d'emmener 4 ou 5 collègues. C'est donc avec Jean Luc (président du CDSC 65), Laurent R (président de la commission environnement au niveau régional), Alain D (responsable de la commission environnement du CDSC 65), Jean E (gendarme du secteur) et José F (spéléo local et passionné d'aviation) que nous nous sommes retrouvés dans cette clairière, à 5 minutes du trou.
Nous étions en tout 18 spéléos. Je devrais même dire 19 car le garde forestier qui est venu voir nos travaux n'est autre que Xavier DeMuyser (ancien GSHP, ancien Président du GRAS, inventeur du SC142 (là il aurait pu éviter!)). Il a passé la journée avec nous.
A la demande de Fred, j'ai pris la direction des opérations au fond et Jean Luc en surface. L'opération a été rondement menée car prévue sur 2 jours, on a tout bouclé le samedi soir vers 19 heures pour l'apéro. Y compris la topo faite par Le Dol's et quelques prélèvements biospéléo par Laurent !


Comme le dit le journaliste: "Rarissimes pièces du Do217 en mains, l'équipe peut désormais réassigner aussi leur avion aux aviateurs allemands Sukmel, Stoll, Welte et Vetters dont ne furent retrouvés que des restes anonymes et calcinés. On va pouvoir informer leur famille du lieu et des raisons de leur mort, ils ne seront plus portés disparus."


Une plongée de préparation….

En vu de l’explo au Bassia, une plongée de préparation s’impose. C’est donc avec Jérémie que nous allons au siphon du Pont d’Enfer en vallée d’Ossau.
Le temps est très beau en ce samedi et l’eau est cristalline !!! Le débit est normal, je vais me régaler !
Je me conditionne comme j’ai l’intention de le faire pour le Bassia si j’arrive à trouver suffisamment de monde pour m’accompagner. Je pars  avec un bi 4 Litres et une bouteille 4 Litres en relais.

Je plonge en semi-étanche que j’avais au fond du tiroir et que j’ai fais modifier à ma taille. Je ne connais donc pas le lestage qu’il me faut avec cette combinaison. C’est trop plombé que je m’engage dans le siphon. Je largue des plombs au fur et à mesure de ma progression pour trouver finalement le bon lestage et les récupère à la sortie.
Avec moi, j’ai un peu de corde, de la dyneema, de quoi faire de la topo et de quoi me tenir au chaud en cas de problème. Je fais un peu de topo afin de voir si tous mes instruments fonctionnent correctement mais également vérifier que la disposition est correcte sur mon équipement.

La plongée s’est très bien passé dans une eau cristalline avec une visibilité a perte de vue !
A bientôt pour la suite…

Olivier, photos Jérémie

Ca n'arrive jamais.


Ça n'arrive jamais mais ça vient de m'arriver! 
Par Bubu


Opération remontée des restes du bombardier terminée! 
Opération rondement menée. Il ne reste plus qu'à déséquiper les 2 lignes de corde qui sont dans la cavité. Avec Nicolas, un collègue du SC Airbus, on se déclare "volontaires".
Je choisis l'option de laisser les nœuds et les amarrages sur la corde. On tirera tout depuis le haut mais je resterais au palier de -25 pour éviter que ça se coince.
Nicolas sort, je remonte ma corde jusqu'au palier, Nicolas remonte sa corde, j'attache le bout de la mienne à la sienne et tout remonte tranquillou! Tout roule à merveille depuis ce matin. En me dépêchant un peu, même s'il commence à être tard, il va me rester un peu d'Aligot de midi. Avec un mars en tout et pour tout depuis ce matin, mon ventre commence à crier famine !
Plus que 25 mètres à remonter, 3 amarrages à enlever...je remonte peut-être un peu brutalement et arrivé à 5,6 mètres au dessus du palier, le mousqueton qui relie ma poignée à la pédale vient s'engager dans mon micro bloqueur de poitrine et vient le coiffer en coinçant la corde. En effet, par le plus grand des hasards, l'ouverture de ce mousqueton est légèrement inférieure à la longueur du bloqueur. Je suis donc en tension sur tout mon matériel, impossible de faire quoi que ce soit ! Bloqué ! Pour me sortir de ce mauvais pas, il suffirait que je donne un peu de mou à mon matériel. Je récupère mon bloqueur de pied que je mets au dessus de la poignée, il ne me reste plus qu'à mettre ma pédale sur ce bloqueur... Merde ! ma pédale n'est pas récupérable ! Ou alors faudrait défaire le nœud (et les nœuds qui ont été dans l'eau, bonjour ! comme disait Coluche) ou la couper avec les dents ! Du haut du puits fuse un "Hébé Bubu, qu'est ce que tu fous !". Bon, un moment de honte est vite passé alors je réclame à la surface un bloqueur et une poignée qu'ils me font passer en bout de corde en rigolant. La loi de l'emmerdement maximum fait que je laisse tomber la nouvelle pédale sur le pallier 6 mètres plus bas.... Je demande une autre pédale à la surface...Ça va me coûter cher en apéro cette histoire !
Bon, je me bricole un nouveau bloqueur de poitrine, je me soulève sur ma nouvelle pédale, je décoince ce put...de mousqueton coincé sur ce put... de bloqueur, je remets mon descendeur pour aller récupérer la pédale et enfin remonte rejoindre les copains hilares qui m'attendent.
La journaliste à l'entrée s'en est donné à cœur joie et m'a pris en photo sous toutes les coutures !
Rien de grave bien sur, j'étais bien en sécurité sur ma corde, mais si j'avais vraiment été tout seul, j'aurais été bien emmerdé ! Pour l'éviter, il suffit de penser à mettre l'ouverture du mousqueton du côté opposé à la gâchette du bloqueur. Et en lisant les forums, on s'aperçoit que je ne suis pas le seul à avoir eu ce problème.

J'y ai pas pensé sur le coup, mais le palan était encore en place... si j'y avais pensé, je vous jure que je me serais fait remonter ! Et peut être que là, il y aurait eu encore un peu d'Aligot !

Un soir au Puits du Chien

Spéléorando par Véro, photos Jean Marc

Vendredi, dernier jour de boulot de la semaine; Envie, d'un grand bol d'air............Jean Marc me propose de faire une virée au puits du chien.Il ne fait pas beau, la montagne s'est couverte d'un brouillard dense mais a vrai dire on s'en moque un peu;on prend  le GPS au cas ou. Le paysage de carte postale vanté par Jean Marc est bien là mais ......sous les nuages . Après environ une heure de marche on arrive sur le trou. 

On s'équipe et hop dans le trou, Jean Marc avait déjà posé des spits bien la ou il faut; un fractio tip top , rien ne touche (vaut mieux on descend sur du fin) . 

 C'est un puits vraiment sympa à descendre ou différents types de roches se mêlent , surface taillée dans du dur ces roches sont surprenantes, travaillées ,compliquées, comme vivantes. 


Plusieurs squelettes et crânes en bas du puits .Aucune odeur rien que des os . 



Nous remontons et entamons la descente à la voiture, dans un brouillard à couper au couteau (3m de visibilité) et la nuit qui est tombée (ça n'a pas changer grand chose au problème). 


Un peu joueur, Jean Marc fait le paris de redescendre sans se servir du GPS ;Le challenge me plait bien c'est ok.


Pouwah trop fort Jean Marc :sans sentier, sans visibilité, a slalomer entre barres rocheuses et les tourbières : pile poil on arrive à la voiture...MAGIC . Oup's il a fait ça comment lui?????????? 

samedi 14 septembre 2013

Aygue Nègre, les pieds dans l'eau....

Samedi 14 septembre 2013 :
Le soleil est revenu après une météo mitigée en milieu de semaine. Nous tentons quand même la désobstruction à Aygue Nègre (Joël, Sandrine et Patrick). En passant devant les cascades d'Aygue Blanque, nous sommes en partie rassurés car celles-ci coulent à peine. Rassurés ? en partie seulement, car juste en face, le ruisseau d'Aygue Nègre coule bien... 
Après quelques hésitations dans le choix de l'itinéraire dû à l'abondante végétation nous parvenons au porche d'entrée. Quelques gros blocs récemment tombés de la falaise qui domine l'entrée nous incitent à bien choisir l'endroit où nous nous changeons. Nous filons au terminus. Le niveau d'eau semble inchangé par rapport à celui de l'an passé. Le courant d'air est sensible mais pas violent. Nous enchaînons les tirs et les séances de masse/burin où Joël excelle. En fin de matinée nous sommes à l'aplomb du bassin que nous devinions la dernière fois. Au loin, on entend toujours le grondement de la rivière, mais rien ne dit qu'elle s'écoule dans une galerie pénétrable, mais bon, ça motive quand même... 


Le porche d'entrée d'Aygue Nègre. En crue l'eau sort
de la galerie en cours de désobstruction mais aussi des nombreuses fractures
s'ouvrant sur la gauche de la photo. Le niveau d'eau dans ce cas peut atteindre
l'endroit où se tient le personnage le plus haut. 

A ce stade, nous avons deux options, soit descendre dans la diaclase pour rejoindre le plan d'eau soit continuer en face où l'on devine un élargissement. Nous choisissons la deuxième solution et en 2 pailles nous nous retrouvons dans une diaclase plus large mais encombrée de blocs. Sous ces derniers, la fracture est largement pénétrable pour rejoindre l'eau. De nouveau, il faut "pailler" pour désintégrer les blocs qui empêchent de passer. L'éboulis finit au fond du lac qui semble profond. Le passage est ouvert et nous pouvons descendre pour voir la suite. Le ressaut (3 m) est bien gras. Heureusement quelques bonnes prises permettent de descendre jusqu'à l'eau. Mais pour la suite, il faut s'immerger complètement, seul le bas de la diaclase étant pénétrable. La suite n'est pas très évidente car 3 m devant, il semble y avoir un nouveau coude, mais il est impossible de voir plus loin. Une néoprène complète est donc indispensable. Nous avons progressé d'une dizaine de mètres, mais rien n'est gagné.
Avant de ressortir nous agrandissons un peu plus un passage étroit.  A suivre...
Cr. Patrick

mercredi 11 septembre 2013

Bilan des explorations estivales en Cantabria

La météo a été très clémente cet été mis à part quelques averses à la fin du mois de juillet. Cela nous a permis de multiplier les sorties (plus de 40 journées sur le terrain). Au programme, prospections, désobstructions, et explorations avec toujours le souci de compléter l’inventaire des cavités du massif (plus de 1850 à la fin du mois d'août) et d’améliorer notre connaissance du massif.
Globalement on peut dire que c’est un bon crû avec un peu plus de 5,3 km de premières même si certaines n’apportent pas de découvertes majeures. Vous trouverez le compte rendu détaillé sur le blog de karstexplo.

La galerie du Volcan, une belle découverte de cet été.

Patrick