lundi 28 septembre 2015

Week end de folie à Yerse

Après nos explorations dans le gouffre du Beaufort le week-end dernier (c.r. ici), nous décidons de renouveler l'opération afin de profiter à fond de ce bel été indien. . Au programme : désobstruction à Yerse le samedi et poursuite du Beaufort le dimanche. 

Samedi 26  septembre
Avec Sandrine, nous montons le vendredi soir pour être à pied d’œuvre le lendemain, c'est plus cool... Serge arrive à l'aube le samedi matin. Il a fait un bon portage durant la semaine avec notamment 140 m de corde pour le Beaufort.Sandrine préférant prospecter en surface, c'est donc à deux que nous entrons dans le gouffre, un peu avant 9 h. La descente est rapide et en une heure nous sommes à -380 m prêts à en découdre avec les énormes blocs qui nous barrent le passage. Jean nous rejoint à peine une heure plus tard. A trois, il y a du travail pour tout le monde et donc nous ne souffrons pas trop du froid malgré le courant d'air. En plus, nous avons pris une petite bâche pour colmater l'étroiture d'accès à la désobstruction. Cela diminue de façon efficace le débit de l'air. En fin de matinée, nous brisons une grosse dalle qui masquait un vide suffisamment grand pour passer. Nous avons à peine le temps de nous en féliciter que Jean est déjà derrière, dans un conduit pénétrable. "Enlève la bâche, je ne trouve pas la suite" nous crie-t-il. Je retourne à l'étroiture pour libérer le courant d'air et rétablir notre fil conducteur. Revenu sur le chantier, il n'y a plus personne. Ça commence à sentir bon tout ça ! Je retrouve mes deux acolytes dans une lucarne précédant un petit ressaut dans lequel il faut se contorsionner. Au bas, nous parvenons dans un grand laminoir pentu, tapissé d'argile. Nous nous laissons glisser sur ce toboggan qui présente d'évidentes traces de mise en charge. Au bas, une sorte de suçoir amène tout l'air et là, nous l'entendons pour la première fois. La rivière que nous recherchions est sous nos pieds, 10 à 15 m plus bas dans un vide qui résonne bien. Mais pas moyen de la voir car une étroiture nous en interdit l'accès. Le trio est euphorique et avant d'asséner le coup de grâce, nous retournons tranquillement à la désob pour récupérer le matériel et casser un peu la croûte.

Jour de fête à Yerse

 L'ambiance est à la fête, mais nous bâclons un peu notre repas pour vite aller voir ce probable collecteur. Au passage, nous agrandissons quelques étroitures et Serge qui souffrait d'une tendinite au bras semble soudain avoir trouvé un médicament efficace. Pendant que nous nous attaquons au suçoir, il taille un véritable boulevard dans la lucarne. En quelques assauts, le passage est enfin ouvert et un talus d'argile nous amène sans difficulté au bord du ruisseau. Celui-ci s'écoule dans un gros méandre large de 2 m en moyenne, superbement sculpté par l'érosion. En aval et comme cela était prévu, nous tombons assez rapidement sur un beau siphon en relation probable avec celui du Chemin des Dames. Du côté de l'amont, nous avançons d'une vingtaine de mètres jusqu'à un virage qui laisse deviner la suite, sans obstacle, à perte de lampe. Nous reviendrons avec les copains, maintenant plus rien ne presse... Une fois n'est pas coutume, nous rentrerons sans topo, ni photo car mon carnet est resté malheureusement à la maison,ce qui n'était pas prévu, et l'appareil, au début de la désobstruction. Le retour est assez euphorique et nous donne des ailes pour la remontée. Nous sommes dehors vers 17 h 30. Nous allons pouvoir fêter ça tranquillement au refuge avec Alain D. et Étienne qui sont arrivés dans l’après-midi. De leur côté, ils ont refouillé la combe des Puts sans grandes trouvailles tandis-que Sandrine ratissait le contact Crétacé-Marnes à la hauteur de la perte.

Dimanche 27 septembre
Le week-end est loin d'être terminé et nous nous levons à l'aube pour continuer au Beaufort. A 9 h nous entrons dans le gouffre (Alain, Etienne, Jean, Serge, Sandrine et Patrick). Au terminus, c'est à mon tour d'équiper.  C'est un peu comme au rayon fromage des hypermarchés, chacun a son ticket. C'est une chance car le mien m'offre un des plus beaux puits du gouffre. Après un départ en méandre celui-ci s'évase jusqu'à une bonne dizaine de mètres de diamètre, le tout taillé dans un calcaire poli par les ruissellements. J’atterris 40 m plus bas au milieu de quelques blocs épars. La suite est un peu plus haut sur un large balcon. Sandrine a le ticket suivant. 

A -110 m, les parois concrétionnées se resserrent et une grosse coulée stalagmitique
bouche presqu'entièrement le conduit. 


Elle descend un premier redan de 5 à 6 m puis passe la main à Jean qui enchaine un autre de 15 m, après un passage resserré. Nous nous retrouvons tous au bas dans un méandre fossile qui plonge dans le pendage mais après un virage à angle droit, celui-ci se rétrécit brusquement. Ça passe tout juste et une lucarne est agrandie au marteau. Après 10 m d'étroit, la résonance d'un autre puits se fait à nouveau entendre. Celui-ci fait une vingtaine de mètres et s'enchaîne aussitôt avec un autre légèrement moins profond mais qui engloutit nos derniers mètres de corde.


Jean attend son tour vers -160 m, il a le ticket n°95....
 
La suite est un méandre étagé où nous avons le choix entre un ramping au raz de l'eau ou une courte escalade suivie d'une diaclase étroite. Chacun choisit son passage et 15 m plus loin nous retrouvons du volume et un nouveau puits estimé à près d'une trentaine de mètres. Nous sommes à -180 m.
Il ne nous reste plus qu'à remonter tranquillement en faisant la topo sur un carnet de fortune que j'avais au fond de mon sac. Nous sommes dehors vers 15 h 00 en ayant bien conscience d'avoir vécu un week-end hors normes.


  A -180 m, le méandre est barré par une grande coulée stalagmitique
qui a été entaillée par une arrivée d'eau. Au bas, un conduit bas
et humide rejoint une galerie plus vaste terminée par un P.30. 

Le méandre très découpé de -140 m 

Situation des deux gouffres sur fond de carte IGN.
Curieusement, le pendage observé dans le gouffre du Beaufort 
et qui donne l'orientation générale de la cavité, ne correspond pas
à celui  qu'on devrait logiquement trouver en bordure du synclinal.


C.r. Patrick

dimanche 27 septembre 2015

Une petite nouvelle....

Une petite nouvelle....

Dimanche 13 septembre

Nous en parlions depuis longtemps entre nous, mais je n'avais pas su la trouver, puis la semaine dernière un lecteur m'a écrit pour me la situer. 
Il s'agit d'une petite mine de fer à Arcizans-Dessus accessible en quelques pas, que j'ai topographiée avec plaisir ce dimanche.

Jean Marc

vendredi 25 septembre 2015

Le GSHP au secours des agriculteurs



- Allo, Jean-Claude ?
- Oui bonjour.
- J'ai un veau que je ne vois plus depuis hier et sa mère beugle à tout va, autour d'un trou qui c'est agrandi depuis ce printemps. Je pense qu'il est tombé dedans, mais je ne le vois pas.
- Je vais chercher mes petits-enfants à l'école et j'arrive de suite après.
Effectivement le trou est assez grand pour laisser passer le veau et moi aussi. Une corde accrochée au pare-choc du 4x4 et me voilà dans le trou. C'est un puits de 6 ou 7 mètres de profondeur pour 3 ou 4 mètres de large qui continue en plan incliné sur 2 ou 3 mètres de plus. Un bloc bouche partiellement la suite qui semble évidente mais le veau ne pouvait pas aller plus bas. Il est là, en pleine forme et bien qu'il n'ait que 10 jours, il a du "gnac" il est né dans la nature et n'a encore jamais été approché par l'homme. Je lui prends une patte, puis avec une corde je lui relie les quatre et les propriétaires du pauvre petit le tirent vers la lumière. Je le suis pour soulager sa tête qui pends vers le bas et en quelques secondes il est à l'air libre. Il s'en sort avec une petite égratignure à la patte.
Il faudra y revenir prochainement pour voir la suite.

JC M

mardi 22 septembre 2015

Yerse, et s'il y en avait d'autres....

Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 septembre 2015 :
Nous étions plusieurs à attendre ce créneau qui nous permettrait de retourner au fond de la perte de Yerse. La météo étant stable et tous les protagonistes des travaux précédents étant libres, nous nous sommes donc retrouvés à 4 vendredi soir dans le petit refuge de Yerse (Etienne, Jean, Sandrine et Patrick). Samedi matin, le réveil est matinal et Serge nous rejoint au lever du soleil après l'interminable montée par l'Arriusec. Nous entrons dans la perte à 8 h 30. Le niveau est assez bas et en 1 h 30 nous sommes au fond (-390 m) . Le courant d'air soufflant n'est pas encore à son maximum, mais il est suffisamment fort pour frigorifier ceux qui attendent leur tour pour aller à la "mine". La bourkanette est la bienvenue...  

 Jean, la chrysalide du Yerse...

Les travaux avancent à bon train et, après avoir descendu de quelques mètres entre de gros blocs effondrés, nous entrevoyons ce qui pourrait être un conduit légèrement remontant mais occupé par de grosses dalles effondrées. Notre dernière batterie expire vers 16 h 30, encore quelques coups de massette et nous commençons la remontée. Les derniers seront dehors vers 21 h. Il faudra bien sûr revenir car au fond, le courant d'air reste très violent et au point extrême, on devinerait presque un léger agrandissement....

La galerie juste avant le terminus de -390 m. On distingue très bien la fracture oblique
qui est sans doute la cause de tous nos problèmes...

Le lendemain, nous partons de bonne heure en direction du gouffre du Beaufort. Pendant qu'Etienne et Serge commencent les travaux, Jean et Patrick explorent un petit gouffre situé légèrement plus haut dans la combe (SC 328). C'est un puits de 5 à 6 m bouché par un imposant talus de terre et de feuilles.

 Le petit gouffre SC 328
En fin de matinée, Alain D. et le Mass nous rejoignent. Ils sont passés par le col de la Lacq. Ils arrivent au bon moment car Jean vient tout juste d'ouvrir le passage. Il commence l'équipement et rapidement nous l'entendons hurler. Visiblement c'est grand !!!! Les choses s’accélèrent et Etienne, Serge et Patrick lui emboîtent le pas. Après deux puits de 14 et 10 m, le conduit, large de plusieurs mètres plonge dans un puits beaucoup plus profond. 


Serge au sommet du P.40. 
Une grosse coulée stalagmitique se déverse dans ce dernier.
C'est au tour de Serge d'équiper et après deux fractionnements il parvient au bas de cette belle verticale de 40 m. Nous n'avons plus de corde, mais la suite est évidente et nous allons tous jeter notre pierre dans le puits suivant, profond d'une trentaine de mètres.


 A - 74 m le gouffre se poursuit par un grand méandre qui plonge
dans un nouveau puits estimé à 25 ou 30 m.

Nous remontons en faisant la topo. Dehors, les Alains attendent les nouvelles du fond et Sandrine, qui n'avait pas pris son matériel, récupère rapidement celui de Patrick pour aller visiter cette jolie première (-74 m). A suivre, mais décidément, le secteur de Yerse nous réserve bien des surprises...

C.R. Patrick 


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Le CR des 2 Alain.
Nous profitons du beau temps pour remonter sur le Yerse. Nous rejoignons l’équipe qui s’y trouve depuis la veille pour la suite de l’exploration de la perte du Yerse et le dimanche l’explo du Beaufort.
Nous montons en directissime par le col de la Laco.
Pour se faire, il y aura 580 mètres de montée mais que 350 mètres à descendre. Une balade de santé, quoi !


Il fait beau, uniquement des petits nuages bas, accrochés au Soum de Conque, très joli.
Dans la vallée au dessous de nous, c’est le bal des avions de montagne qui décollent et se repose, profitant certainement du beau temps.
Au col de la lac, le lac est quasiment vide et un des 2 moutons repérés il y a 15 jours a été dévoré par les vautour. L’autre semble s’être enfoncé dans la vase.
A la descente, Alain D repère une nouvelle cabane, ce sera la … !
De quoi alimenter sa base.
Nous rejoignons ensuite rapidement l’équipe qui est à pied d’œuvre à la nouvelle cavité, le Beaufort.
Se reporter au CR ci-dessus.
Pendant qu’ils explorent, nous retournons voir quelques cavités et en particulier le SC305. Il avait fait l’objet de travaux de déblaiement et c’est toujours intéressant d’y retourner. Le courant d’air dans la petite galerie y est encore présent mais c’est vrai que cette galerie remonte et cela n’engage pas à continuer les travaux.
Nous ressortons, jetons un coup d’œil au dessus des fois que mais pas de cavité qui laisserait présager une jonction. Le mystère reste entier.
Nous retournons au Beaufort. L’équipe est toujours sous terre et ne ressortira que près d’une heure après.

17 heures, il est temps de renter, cette fois ci par le col d’Espadre et celui d’Andorre. Une belle balade.
Alain M

Utopie ?

Dimanche 20 septembre 2015
Belle balade dans les grandes salles de la PSM jusque dans le méandre Utopie qui débute dans la salle Casteret.
Nous étions 4, Véro, Richard, William, Bubu.
Il y avait vraiment un fort courant d'air dans le méandre, il sera peut être interessant de fouiller à nouveau ce petit bijou caché de la Pierre.
Le Compte rendu en vidéo ICI.
Malheureusement une panne de la Gopro dans Utopie nous obligera à y retourner !!! Chouette !!!!

vendredi 18 septembre 2015

Du coté des Moulleterres

Mercredi 17 septembre
Sandrine, Patrick, Jean Luc, Jean Claude et Alain M.

Nous quittons provisoirement les Hautes Pyrénées pour aller sur les flancs du Pic Perdigos, sur la commune d’Asson, donc pas bien loin de nos lieux habituels.
Cet été en effet, notre ami Jean Claude y est allé en prospection-collecte-de-champignons et a repéré quelques départs qui semblent prometteurs.
Le temps s’étant remis au beau après ces quelques jours de pluie et rafales de vent, la « promenade » promet d’être bien agréable.
Nous empruntons le chemin Lambert, il porte bien son nom, et montons sur un sentier bien marqué et entretenu par les chasseurs.
La montée est rapide, au travers d’une très belle foret.
Nous atteignons une première grotte, certainement repérée par des spéléos précédents mais n’offrant pas, à l’évidence, de suite. Nous continuons la montée, jusqu’à une arête, hésitons un peu et enfin, à l’aide du GPS atteignons une autre cavité plus prometteuse.
C’est un joli départ et les cailloux y descendent profond. L’accès est barré par un gros bloc mais à l’aide de la barre à mine ce sera une simple formalité que de le faire glisser légèrement. Le passage s’offre à nous.
Patrick descend le premier, sur une pente terreuse qui donne sur un méandre puits. Quelques relais plus tard, nous nous retrouvons sur un premier fond malheureusement terminé. De très nombreux os d’animaux jonchent le sol, nous identifions du cervidé certainement et de la vache.
Nous remontons en tirant la topo. Une lucarne, repérée à la descente est vite atteinte et nous offre une autre jolie suite. Malheureusement, la aussi c’est bouché.
A 14 heures tout le monde sera dehors. La topographie donnera -49m et 120 m de développement.
Après un casse croute récupérateur, nous continuons vers une autre cavité, un méandre trépané.
Petite cavité de 30 m de développement. Là aussi, les os sont nombreux et nous identifions de la vache et certainement de l’âne ou alors un jeune cheval.
Nous continuons ensuite voir 2 autres départs mais rien de très intéressant, Jean Luc en découvre un autre servant certainement de repère aux blaireaux.
Il est temps de rentrer, le ciel s’est couvert et le vent se lève.

Alain M


lundi 14 septembre 2015

Weekend Sainte Madeleine


Ce dimanche 13 septembre, nous avions prévu de fêter la sainte Madeleine, notre patronne du GSHP.
C’est à une quarantaine que nous nous sommes retrouvés à Sainte Engrace, à la maison Arakoeix. Prévu initialement sur le massif, du coté d’Errayce, nous avons dû, conditions climatiques obligent, nous retrouver un peu plus bas et surtout à l’abri du vent, du brouillard et de la pluie.
Le temps a cependant été plus clément que prévu et nous sommes restés en extérieur une bonne partie de la fête.
L’ambiance fête était de mise ainsi que celles des retrouvailles et des souvenirs de tous les bons moments passés.
Chacun y allait de ses histoires et la journée passa à la vitesse de l’éclair.
Apéritifs, toast au foie gras, salades diverses et composées, grillades locales, fromage du pays, fruits de saison et gâteaux de fêtes, le repas fut gargantuesque. Le tout accompagné de divers breuvages, dont certaines cuvées du GSHP plus que majeures que certain avaient sortis de leur cave, certainement oubliées. Formidable, di vin !

Une projection de film spéléo d’époque, merci Frédéric, se déroule dans la grange attenante, transformé pour l’occasion en salle de cinéma. Que du bonheur.

Comme prévu, le temps se gâte vers 16 heures et la pluie nous pousse à une retraite dans la maison.
La fête se termine sur les coups de 18 heures mais le soleil revenant, nous faisons le chemin du retour à Tarbes via le col du Soudet, le col de la Pierre et nous poussons même jusqu’à Errayce. Pour nous saluer et finir la journée en beauté, un arc en ciel s’allume, rien que pour nous, oui, il n’y a personnes d’autre. C’est le bonheur.
Le film de la journée par notre ami Jean Claude, cliquer ici.




Madeleine, un grand merci pour cette magnifique journée.


Les photos de Oier Gorosabel Larrañaga son accessibles ici