mardi 24 février 2015

A la manière de Norbert

Je suis de plus en plus étonné que de moins en moins de gens connaissent Norbert Casteret, même dans le microcosme spéléologique. Pour certains, ça leur dit bien quelque chose mais ils n'ont jamais lu un de ses livres. Pour d'autres, ce n'est que le nom d'une grotte du côté de la brèche ou d'une salle dans la Pierre .... Pourtant, les spéléos de ma génération, pas si vieux que ça donc, ont grandi avec les écrits de ce pionnier de la spéléologie d'exploration, au même titre qu'ado je lisais avec passion les bouquins de Jules Verne ou Roger Frison-Roche. Beaucoup de quinquas et sexas sont venus à la spéléo après avoir lu un de ses bouquins.
J'ai retrouvé dans un carton, un vieux Casteret que m'avait offert mon père: "Dix ans sous terre". Norbert Casteret y raconte ses débuts, cette envie d'explorer, cette passion qui ne le lâchera plus. Les scurions n'existe pas encore, l'acétylène il ne connait pas, c'est donc à la lumière de bougies souvent artisanales qu'il fait ses premiers pas sous terre. La caverne se dévoile ainsi à la faible lueur vacillante de la chandelle, accentuant ainsi la beauté de la découverte. Pour ne pas avoir sur lui de vêtements mouillés, il préférera explorer ses premières cavernes en tenue d'Adam. Ainsi , il raconte qu'à la sortie de l'explo de la grotte de Labastide, dans le plus simple appareil, il devra attendre longuement, caché dans un fourré, que la bergère du lieu daigne enfin rentrer ses blanches brebis ... Mais ce contact de la peau sur la roche lui fait découvrir d'autre relation avec la caverne, une relation encore plus intime, quasi mystique ...
J'ai prêté ce bouquin à la Moufette. Elle connaissait Monsieur Casteret mais pas ses écrits. Ca a été une révélation pour elle et depuis elle m'arrache des mains toute ma collection que je lui prête avec grand plaisir. Elle a voulu essayer l'éclairage à la bougie et le contact de la roche sur la peau... Voici son compte rendu.
  

Compte rendu d'une sortie en solo et à la bougie à la PALE. 

 Une première traversée, la bougie a la main, dans le brouhaha des gouttes qui ruissellent et de l'eau libre qui joue à saute mouton de gour en gour, la flamme de ma bougie danse et donne une lueur mouvante, qui s'échappe par moment comme un feux follet et réapparaît aussi vite ; 
Je fais quelques photos pour les copains et je file faire ma traversée. Je vois vite qu'il faut éviter de regarder la flamme pour que les yeux s'acclimatent à la pénombre et distinguent au mieux les formes de la grotte qui apparaissent et se dissipent au rythme imposé par la danse  de cette petite flamme qui joue avec le vent, le mouvement et ma respiration. 
Difficile de suivre un itinéraire, on ne voit pas grand chose, enfin assez pour voir on l'on pose les mains et les pieds. Tout à coup j'entends un gros flop! Juste au moment où j'arrive au niveau  d'un petit lacquet d'eau ... puis un autre plus fort. Une truite? Non impossible pas ici... et je n'y vois rien avec mon bout de chandelle, impossible de distinguer quoi que ce soit ... tant pis je traverse sans m'attarder, il y a beaucoup d’eau, sur l'autre rive j’hésite, mais je sens un courant d'air qui m'indique le chemin et un mètre plus loin une lumière qui se reflète sur la roche, la lumière du jour.
Je fini ma remonté, ma bougie en main, avec sa petite flamme qui se met à danser la samba dans le courant d'air.
Je sors et retourne à mon point de départ. 

"J’ai exploré, pendant plusieurs années à la lueur faible et vacillante de simples bougies tenues à la main,  sans autres directives qu'une sorte d'instinct des grottes et dans une tenue "adamique" que même les hommes des cavernes, vêtus de peaux de bêtes, auraient jugé trop sommaire" Norbert Casteret 

Deuxième traversée... je laisse tout le superflu à l'entrée de la grotte, j'essaye d'allumer ma bougie dehors mais rien n'y fait, je file par la petite entrée histoire d'essayer l'efficacité de ma nouvelle tenue, oups pas très chaud mais très pratique, je suis rentrée, et j'allume la bougie, la impec  Maintenant je connais le chemin , mais je dois modifier ma technique de progression, mon souffle est plus prononcé, ça glisse, il faut se servir de son corps comme d'une ventouse; la roche est froide, arrivée au lacquet le flop recommence de plus belle et je me rends compte que c'est  le trop-plein du gour surplombant le lacquet qui fait jaillir l'eau quand je marche dedans et provoque ce bruit de "truite  qui saute dans l'eau"; je passe le lacquet avec de l'eau pas loin de la taille... mais l'eau est plus chaude que  le contact direct avec la roche, donc ce n'est pas désagréable. Je suis obligée de me faufiler comme un  poisson dans ces passages très argileux et glissant, toujours au contact de la roche pour éviter la chute par glissade  petit à petit, je prends le coup et ça passe bien, même très bien, liberté complète de mouvement oblige ... sauf que la bougie à la main s'est éteinte 3 fois et trois fois dans le noir, je la rallume (j'ai accroché le briquet à la bougie par  un caoutchouc)... j'ai pas à fouiller dans mes poches pour le trouver ....smile.
Maintenant je vois la lumière du jour, je remonte la rejoindre sans me presser, ma bougie s'est éteinte; je profite de ces  derniers moments de pur bonheur. Je sors de la cavité et récupère une sous combi et des pompes que j'avais laissées sur place histoire de ne pas choquer d'éventuels promeneurs avant de retourner à l'entrée récupérer ....mon superflu. 
Une expérience.....FABULEUSE... 

Au sujet des étroitures: "dans bien des cas, il faut ce qu'il faut, c'est a dire être le plus svelte possible, bannir tout vêtements et ramper nu comme un ver de terre. Il faut voir là une harmonie providentielle une nécessité, une précaution de la nature que l'homme a intérêt à imiter en pénétrant dans ce domaine spécial. Donc en tenue légère ou nu." Norbert Casteret.
Merci Mr Casteret vous êtes mon idole .... après Bubu bien sûr! 
Véro la Moufette

jeudi 19 février 2015

Ça souffle au Tucou


Mercredi 18 février, Véro D, Jean Claude, Bubu et Alain M.
Ce mercredi nous sommes retournés au souffleur du Tucou afin de remuer quelques blocs et d'essayer de progresser dans cette cavité.
Il y a encore un peu de neige pour accéder au trou et nous ne verrons pas le soleil de la journée. Il fait gris, c'est tristounet.

Dans la cavité le vent soufflé nous semble chaud et de bon augure pour une suite qui devrait certainement se faire sentir rapidement.
Nous remuons des cailloux au sol d'une trémie, là où le vent nous semble le plus prometteur.
A l'aide de seaux, nous remontons les gravats, comme nos prédécesseurs il y a de nombreuses années.
Ponctuellement, de petits départs semblent se dessiner, rebouchés à chaque fois par l'argile qui se décolle des cailloux. Nous avançons un peu mais le passage ne sera pas pour cette fois ci, loin de là.

Bonne sortie cependant ou la bonne humeur de rigueur nous a permis de bien nous marrer.
Affaire à suivre.

Au retour, nous montrons à Jean Claude, pour qui c'est la première incursion sur le massif de Bagnères, les entrées de la grotte du Bédat.

Alain M



dimanche 15 février 2015

Quand le Diable nous arrose !



Faute d'être « Rouge », le diable de ce dimanche 14 février 2015, a pris ses airs limpides pour déverser toute sa colère dans les méandres rocheux d'une cavité qui nous a accueillis, nous les spéléos épris de la terre en ce jour de fêtes des amoureux.
Bubu, Véro, Caro, Emma et moi-même avons dû enjamber quelques menus troncs pour accéder à l'entrée de la grotte et très vite, le grondement de l'eau a surgit. Une fois encore, la nature dicte ses règles et c'est étonnant, cette sensation de petitesse face à la puissance de l'eau qui se répand dans les profondeurs de la cavité laissant sur son passage une roche lisse et brillante.
Véro et Bubu ont équipé le premier puits et déjà cette première corde nous menait les pieds dans l'eau, cela allait durer tout au long de notre parcours. J'ai équipé le second puits.
Véro s'en est allé la première, je l'ai suivi dans cette descente qui côtoyait la cascade, à la fois généreuse et brute, vierge de toute empreinte humaine. La générosité de l'eau aura d'ailleurs comblé notre petit groupe, nous avons tous eu l'occasion de juger de sa température.
Seul le passage sur la main courante nous aura évités d'être à l'eau. Le Diable avait sans doute prévu de nous amuser ou peut-être de s'amuser lui-même ! Plus loin dans la cavité un joujou de taille nous attendait. Une tyrolienne version spéléo !
Je dirai que l'aller s'est relativement bien passé. Après la descente du dernier puits, nous étions déjà presque qu'au fond de ce paradis « sous-terrestre ». Paradoxalement plus nous étions trempés et refroidis et plus la vue du paysage nous réchauffait, nous étions comme enveloppés par les éléments et le groupe baignait dans l'allégresse !
Les très beaux clichés de Véro en témoignent. Le retour fut plus physique, en particulier sur la tyrolienne. Caro et moi avons pris une bonne douche revigorante ! Mais qu'à cela ne tienne, nous étions aux anges et après une petite pause, nous avons rejoins la sortie rapidement. Des ailes nous étaient-elles poussées entre temps ?
Je ne pense pas car Bubu s'est empressé de faire un feu au-dessus duquel Caro et Emma ont fait griller une brochette de chaussettes...entre-autre.
Pas de doute, ici le Diable nous a offert un tableau de Maître : une allégorie à la vie.
Merci à tous les diablotins pour cette belle journée !

Sandrine L.

Le CR de Caro.

Emma, Véro ,Sandrine, Caro et …..Bubu     Trouver l’intrus ? 

Ce 14 février, nous partons à 5 découvrir et redécouvrir la grotte du Diable Rouge. La forêt est complètement détruite par le poids de la neige. Les poteaux électriques sont par terre, des troncs de plusieurs centaines d’années sont décapités ou tout simplement brisés en deux comme un Mikado. La neige a fondu et nous partons ce matin tout d’abord par un chemin défoncé et boueux, puis à travers cette belle forêt des baronnies. L’entrée de la grotte est méconnaissable et cachée par Dame Nature. Des arbres et leurs branches se sont brisés et recouvrent entièrement sur plusieurs dizaines de mètres l’entrée. Il faut un petit déblaiement et un peu d’escalade pour démarrer la sortie. La grotte est toujours aussi belle mais nous pouvons davantage la considérer comme «AQUATIQUE ». 
Des torrents d’eau forment de magnifiques cascades et plans d’eau. Nous pataugeons, éclaboussons, plus que nécessaire parfois… Sandrine équipe le deuxième puits, nous apprenons un nouveau nœud, le papillon et ainsi va la spéléo : des rigolades, du sport, de la technique, des merveilles, et puis des rigolades,…..A la sortie, Bubu nous concocte un joli petit feu (non sans mal et persévérance), nous en profitons pour étendre notre lessive, refaire le monde et planifier la prochaine sortie. Ainsi va la Spéléo…..
PS : un merci à mon mari pour son cake, un bravo à Bubu qui a survécu à cette journée, entouré de bonnes femmes et a bientôt les filles…

Photos Véro D

mercredi 11 février 2015

Raquettes au Mailhouquet.


Mardi 10 février
Patrick et Sandrine, Serge, Jean Claude, Alain D et Alain M.

Ce mardi, c'est le très grand beau temps. Nous en profitons pour aller une nouvelle fois prospecter le massif à cheval sur le 64 et le 65 et qui nous tiens tant à cœur pour nos explorations.
Le départ sera au pied de la carrière d'Arthez. Ceci permettra au maximum d'éviter les arbres couchés, les buis et noisetiers pliés, sous le poids de la neige.
La neige, elle est bonne, crissante à souhait avec une épaisseur remarquable. Le tapis est immaculé, seulement foulé par les traces des animaux qui semblent être nombreux dans la zone. Chevreuil, martre, blaireaux, lièvres et autres traces inconnues sont légion.
 
Nous passerons aux Boutils, à Beyrouéde, aux Sablas et casserons la croute au dessus du flanc du Larrau. Vue magnifique sur la partie Est de la chaine, Pic du Midi, Montaigu et plus près Pladi, Picoulets etc... Plein les yeux, quel régal.
 
Retour en descendant légèrement vers les Mailhouquet puis remontée vers les Escalats et descente par le sentier des Liets puis celui des Nabails, la boucle est bouclée.
Ce seront près de 10 km de parcourus pour un dénivelé positif de plus de 800 mètres.

Que c'est beau, que c'est beau...

 Alain M

La vidéo de la balade par Jean Claude, cliquez ici