dimanche 31 août 2014

Dans la gueule du Python...

Notre dernière explo au Python remontait à plus de 2 mois (voir compte rendu du 22 juin). Ce jour là, nous nous étions arrêtés par manque de corde à -146 m au bord d'un superbe P.30. C'était le début de l'été, les uns partaient en Cantabria, les autres se préparaient pour la Pierre mais nous voulions mener cette aventure tous ensemble. Alors, d'un commun accord nous avons repoussé l'explo après l'été ce qui laissait à chacun d'entre nous largement le temps d'imaginer la suite car ce trou barrait bien et nul doute qu'il devait nous surprendre... Sur ce coup, nous n'avons pas été déçus....

Samedi 30 août 2014
Ce matin le temps est au crachin, il fait lourd et humide. Nous nous retrouvons à 6 au bas de la carrière d'Asson (Alain Mass, Etienne, Jean, Patrick, Sandrine et Serge). Dans nos sacs nous avons près de 200 m de corde et les équipements en conséquence. Nous y croyons. La montée n'est pas très agréable. La piste, défoncée par les crues estivales, n'est plus carrossable. Plus loin le sentier est boueux et labouré par le passage du bétail. Il nous faudra une heure et demie pour arriver au trou, trempés par la bruine et la sueur. 

Préparatifs devant l'entrée du gouffre

Malgré le temps maussade, le courant d'air aspirant est très net. Par contre, un ruisselet nous accompagne dans la première partie de la cavité. De toute évidence, le gouffre draine l'écran marneux sur lequel se développe la première partie du gouffre et bien sûr tout cela se jette dans les puits ce qui explique l'absence totale de remplissage dans ces derniers. 

Au sommet du premier puits (P.28 ; -48 m)

 Étienne dans les puits humides vers -130 m

Petit casse croûte en attendant que Serge équipe.

Finalement, l'équipement en place permet d'éviter les embruns et nous parvenons très rapidement à notre terminus de -146 m. J'équipe le premier puits qui fait une trentaine de mètres. Au bas, actifs et fossiles se séparent et nous choisissons le fossile sans hésiter. Serge reprend le flambeaux et descend un puits d'une petite quinzaine de mètres mais cela paraît plus gros ensuite. Et lorsque nous l'entendons sortir de sa réserve naturelle et pousser des cris euphoriques, nous nous doutons alors que cela doit être très très gros. Nous plions rapidement le casse croute que nous venions à peine de sortir et le rejoignons au bas du puits suivant.

P.13 à -210 m

Sur la droite, une lucarne s'ouvre sur un à pic énorme de plus de 20 m de diamètre et d'environ 50 m de profondeur. Mais Serge est déjà parti dans un autre puits, sur la gauche, plus facile à équiper et qui semble communiquer avec le précédent. Les blocs qu'il balance pour nettoyer des paliers font un bruit d'enfer. Un dernier "waouh" et Serge disparaît de notre vue. Nous lui emboîtons le pas. Au départ le puits est une succession de petits crans verticaux encombrés de blocs, puis, 15 m plus bas, les parois disparaissent dans le noir et nous perçons la voûte d'un énorme vide. A l'époque du carbure on aurait pu dire qu'on ne voyait même pas les parois. Avec les Scurions c'est différent mais c'est grandiose quand même.

 Le début du P.50

L'arrivée dans la salle à -240 m

Nous nous retrouvons tous un peu plus de trente mètre plus bas, complètement fascinés par ce scénario que personne n'avait imaginé. Salle ou galerie, nous ne savons pas encore comment appeler ce vide qui se prolonge à perte de lampe. Nous choisissons de partir vers ce qui nous semble être l'aval, parce que ça descend et aussi parce que la direction est plus conforme aux écoulements souterrains du secteur. Le conduit que nous parcourons reste toujours aussi large (plus de 50 m par endroit) et aussi haut (30 m en moyenne). 

 Vers le fond de la galerie à -320 m

La pente est raide et bientôt il faut circuler entre de gros blocs effondrés. Certains font une dizaine de mètres de hauteur. Cela n'est pas de bonne augure mais nous continuons à progresser vers le bas. Nous sommes descendus de plus de 80 m par rapport à la base du dernier puits et la galerie s'interrompt brusquement. La suite est à droite dans un gros départ (20 m de large) où s’amoncellent d'énormes blocs. Nous retrouvons un actif qui se perd au milieu de ces deniers. Nous n'avons plus de courant d'air, tout semble fracturé, chamboulé et c'est sans grande illusion que nous descendons un petit puits de 10 m pour suivre l'actif qui disparaît au milieu des éboulis. C'est le point bas du gouffre et la topographie donnera la côte de -348 m par rapport à l'entrée. Nous fouillons le secteur et commençons la topo en remontant. Les chiffres donnés par le disto sont plutôt inhabituels à St Pé et là nous battons tous les records. Le conduit en plan mesure plus de 220 m de long pour une largeur qui oscille entre 40 et 55 m. La hauteur atteint par endroit 50 m et le dénivelé entre le point haut et le point bas de la salle est de 110 m. Pendant que nous essayons de longer les parois qui se prolongent par des laminoirs entre des strates effondrées, Étienne reconnaît un méandre amont qu'il atteint au prix d'une escalade scabreuse. C'est un amont mais ce sera à voir la prochaine fois. 





 Bouquets d'aragonite vers -260 m

 
Avant de remonter, nous terminons la topo et photographions quelques beaux excentriques qui foisonnent sur les bords de la galerie. Nous sommes dehors vers 18 h conscients d'avoir vécu quelque chose de rare dans ce massif surprenant.

N.B. : Le développement actuel du gouffre du Python est de 750 m pour une profondeur de -348 m.

Alors, heureux ???

Le gouffre du Python et les autres gouffres du secteur. La grande salle se développe le long d'une fracture bien visible et dont l'orientation correspond globalement aux sens d'écoulement des trous des Toupiettes et de la Pene de la Hèche.


CR Patrick Degouve
Photos : Alain Massuyeau et Patrick Degouve

lundi 11 août 2014

Douce détente au gouffre de Bazen

Je l'avais repéré sur la carte et cherché à mieux le connaître, mais il semblait oublié. Alors nous sommes allés y faire une promenade avec Véronique. Les montagnes des environs de l'Aubisque étaient soulignées par la saturation du bleu du ciel lors de notre approche par le GR10. Nous nous sommes échappés par une vire pour tranquillement atteindre le trou. Deux Spits, un protège-corde et Véronique est descendue pour aller caresser les corneilles. Quelques notes et photos plus tard, nous sommes revenus tranquillement vers le Val d'Azun.

Jean-Marc Poudevigne

dimanche 10 août 2014

A force de rêver......



CR du 8 aout à la PSM camp Amalgame. 
Par Véro D

La veille, toute la journée passée à la désob du 243 j'entendais cet échos qui s'emparait de notre voix et nous faisait frissonner d'envie, d'inquiétude et de plaisir,  nous appelant comme un chant de sirène à venir vers lui.
Je me suis endormie dans les lapiazs de la PSM et j'ai fais un rêve que je vais vous conter:

" Mes pas suivent ceux d'Alain B, nous montons rejoindre Mickey et Bubu qui fignolent la désob de la veille. Arrivée au pied du 243 nous nous préparons, Alain et moi à descendre rejoindre les 2 autres.  J'ai un soleil  dans ma poitrine qui brille de mille feux, je suis gonflée à bloc : je vais faire ma  première dans un puits et quel puits!!!!!!!  . . Tout est ok, nous sommes 4 sur la plateforme de départ : Alain, Mickey, Bubu et moi. On jette un dernier caillou pour écouter religieusement le sifflement de la pierre pénétrant l'air à grande vitesse avant de toucher le sol. J’écoute  les conseils des uns et des autres,( excusez du peu)  je pose les amarrages; je pose mon descendeur; je respire l'écho et le souffle de cette bouche géante dans laquelle je vais plonger . C'est parti, plein vide, plein bonheur, p'tain que c'est bon, que c'est beau! Je laisse vivre mes émotions, tous mes sens sont en éveils, j'ai les yeux écarquillés comme une gamine ; en haut les copains découvrent en même temps que moi le puits qui apparaît à la lumière de ma frontale. J'ai stoppé ma descente, il faut que j’atteigne un palier et plein vide, pas top pour penduler; en haut ils donnent un peu de ballant et hop un petit coup de balançoire pour atteindre la plateforme: que du bonheur. Alain me rejoint, et c'est reparti ; Je suis grisée par la descente, c'est très beau, maintenant ma frontale éclaire le fond, tout le monde peut en profiter depuis le haut du puits. Je décroche mon descendeur pour lancer un "libre" qui sort du fond de ma gorge. Je me retrouve seule tout en bas de cet énorme gouffre, (une 100aine de m) c'est magique, l'émotion est a son paroxysme ......." 
Je sursaute et me réveille en plein rêve, surement une trop forte émotion et là oh surprise je réalise que je suis au fond d'un puits, le même que celui de mon rêve !!!!!   La réalité m'aurait-elle rattrapée ? J’ai du rêver trop fort ?

C'est ainsi que se termine mon histoire ....ou bien qu'elle commence : la descente de mon premier puits "vierge». 
Dans le cas ou je n’aurais pas rêvé, je tiens à dire un grand merci à tous les protagonistes de cette aventure magique.........J'adore les contes de fées! 

Véro