mercredi 21 octobre 2020

L'autre Quéou

Dimanche 18 octobre

Il est 17 h sur le parking du monastère. Adrien et Damien, la Nistos Team du S.C.M., m'ont rejoint pour monter ensemble à l'Aoulhet en vue de la sortie du lendemain au Quéou. Leurs affaires encore humides d'une sortie la veille au "mille feuilles" sont sanglées en hâte sur des claies monstrueuses puis nous commençons la montée. Au  bas du premier raidillon nous croisons Alain et Brigitte qui redescendent de la cabane, pour eux, le week-end est terminé. Une heure et demi plus tard nous parvenons à l'Aoulhet. La cabane est déjà occupée par Gilles qui était venu chercher un peu de solitude. C'est raté. Mais le courant passe bien et rapidement nous échangeons sur nos passions respectives et sur les "trésors" cachés de ce massif. Une belle rencontre... Après une plâtrée de pâtes roborative nous montons d'un étage pour un bon roupillon réparateur.


Lundi 19 octobre

Jean et Pierre nous rejoignent vers 8 h 30, toujours très fringants malgré la montée. Puis tout va très vite et à 9 h 15, les premiers sont dans le trou. Le ruisseau au bas du premier puits coule bien mais nous ne sommes pas vraiment inquiets. Dans le canyon du Triple A nous posons quelques cornières dans un ressaut bien pénible à la montée. Cela facilitera la progression.

A l'extrémité de la salle de la Lebe

Il nous faut un peu plus de 2 heures pour arriver à la salle à manger (-450 m) où nous nous délestons d'un peu de matériel en vue d'un prochain bivouac. Petit casse croûte puis chacun déballe la tenue qu'il a apportée pour franchir le laminoir aquatique des Sangsues. Certains ont opté pour un top néoprène, d'autres pour un simple gilet, pour ma part ce sera une petite veste en 2 mm et un superbe collant noir digne d'un véritable petit rat de l'opéra. Nous poursuivons ensuite dans la rivière du Prévisionniste. A la confluence, Jean et Pierre prennent de l'avance dans l'affluent afin d'agrandir encore un peu le boyau. Pendant ce temps nous allons poser un Reefnet, mis à notre disposition par le CDS, au niveau du siphon terminal. Petit coup d’œil sur la vasque, pas de doute, c'est plongeable !

Pose du reefnet à -458 m

Nous rejoignons Pierre et Jean qui burinent dur. Le courant d'air aspirant est très fort et n'incite guère à la contemplation de nos deux travailleurs. Il est temps d'y aller. Je découvre le chantier réalisé par notre trio de choc (voir compte rendu du 28 juillet) et emboite le pas à Pierre qui m'indique les points topo. La première partie, la plus étroite mais aussi la moins humide, passe sans problème. 

Le boyau désobstrué en juillet
 
 
La seconde partie est plus aquatique

Derrière, il faut ramper dans l'eau tout en préservant le carnet et le disto. Pas toujours facile, surtout à la fin où la voûte s'abaisse et où il faut progresser à plat ventre dans le ruisseau. Puis brutalement le plafond se redresse dans une belle galerie de 10 m de haut pour autant de large. C'était donc bien vrai....

 

La voûte se redresse franchement

Nous avançons au rythme de la topo ce qui nous laisse le temps de scruter les départs et d'apprécier  la morphologie très particulière de cette galerie. Après avoir suivi l'actif nous optons pour le fossile, plus gros mais aussi plus chaotique. Nous n'arrêtons pas de monter et cela rappelle un peu le canyon du triple A. Au bout de plusieurs centaines de mètres, nous abandonnons ce qui semble être un axe majeur pour essayer de rejoindre l'actif. Devant nous, au sommet d'un ressaut à équiper, un gros tube se profile. Un coup de disto un peu au hasard dans ce gros trou noir indique une distance de plus de 50 m. Un bel objectif...

Les ressauts s'enchainent sans nécessiter le moindre équipement.

Au moment de rejoindre l'actif, Damien et Pierre nous invitent à les rejoindre dans une galerie affluente. L'accès est discret, mais derrière le conduit devient plus humain. Sur les parois quelques blocs d'ophite apparaissent au milieu d'un épais remplissage argileux, bleu sur brun... Malheureusement, une trémie met un terme à notre progression dans cet affluent. 

Mosaïque d'ophite sur fond d'argile...

Nous regagnons le conduit principal qui se dédouble encore une fois. Adrien et Damien partent en repérage dans le fossile. Arrêt sur pas grand chose. Nous continuons dans l'actif qui devient de plus en plus pentu avec une régularité déconcertante. Loin devant, je vois Pierre et Jean qui gravissent des ressauts couverts de calcite en évitant les cascades et à la recherche de points topo pas trop éloignés. 



 Le temps passe et vers 16 h 30 nous stoppons notre progression. Nous avons déroulé plus de 750 m de topo et monté de plus de 200 m par rapport au boyau des Sangsues. Nous cassons une petite croûte puis dévalons les cascades bien plus rapidement qu'à la montée. En un peu plus d'une heure nous retrouvons la salle à manger. Il nous faudra 2 h et demi de plus pour regagner la surface. Il est presque 21 h et finalement, avec Damien et Adrien, nous ne sommes pas trop pressés et une nuit supplémentaire au refuge serait bien plus confortable. Il reste un peu de pastis, des pâtes et même des gésiers confits...
Mais parvenus à proximité du refuge nous comprenons rapidement qu'il faudra mettre une croix sur les gésiers. Un groupe d'une bonne dizaine de personnes font cuire grillades et châtaignes sur le feu de bois à l'extérieur du refuge. Gilles, qui comptait passer une seconde nuit au refuge, est dépité. Finalement il redescendra avec nous.

 
Nous sommes aux voitures vers 23 h 30, bien calmés mais ravis de cette belle sortie en si bonne compagnie. Le Quéou n'a pas dit son dernier mot, nous non plus d'ailleurs....

Damien et Adrien, la Nistos Team !

 

Patrick et Damien pour les photos.


lundi 19 octobre 2020

Au daim chez Bazy

Dimanche 18 octobre du coté de Bazy

Sandrine, Bubu, Pascal, Alain M 

Ce dimanche nous hésitions pour aller soit du côté de l’Aoulhet prospecter et accompagner les spéléos qui vont faire un raid au Quéou le lendemain, soit pour un truc plus cool.

Nous penchons pour le truc plus cool et nous retrouvons du coté de Bazy pour continuer les travaux entrepris la semaine précédente.


Le temps est beau et il sera certainement agréable de continuer la désobstruction de la première cavité, appelons-là le « Trou des daims ».

Effectivement, c’est tout bon et les seaux de terre s’enchainent promptement jusqu’à midi passé. 

C’est l’heure du casse-croute, il fait bon, même chaud.

Nous reprenons le travail mais il fait de plus en plus chaud sous les combinaisons et nous décidons de nous déplacer vers une autre cavité à l’ombre, le trou de la doline.


D’ailleurs au trou des daims le vent est absent et les travaux s’annoncent de longue durée. 

Nous recommençons à casser du caillou dans le trou de la doline mais le travail n’avance pas très vite. On distingue une suite horizontale mais pour l’atteindre il y aura encore du boulot.

A 17 heures nous levons le camp.

 Alain M

samedi 17 octobre 2020

Géneres, c'est parti !

Vendredi 16 octobre

(Sandrine et Patrick)

Ce matin, il fait relativement frais lorsque nous entrons dans le trou. Celui-ci exhale un agréable courant d'air chaud qui nous conforte dans l'idée d'attaquer des travaux. En effet, au point bas, nos prédécesseurs du GRAS s'étaient arrêtés sur un passage impénétrable mais bien ventilé à -25 m. C'était en 1996 et, évidemment, ils ne disposaient pas des moyens actuels...



Pour faciliter les travaux qui risquent de prendre un peu de temps, nous commençons par équiper les petits ressauts et par aménager les quelques passages resserrés. Au fond, la première chose à faire consiste à élargir la diaclase qui est occupée par une grande lame. C'est efficace, mais depuis le matin la température extérieure s'est bien réchauffée et progressivement le courant d'air montre quelques signes d'affaiblissement. Cela devient compliqué de continuer sans se faire complètement gazer. Nous arrêtons là et ressortons au soleil. 


La prochaine fois il est impératif que le courant d'air soit plus franc, et si possible aspirant.

La diaclase terminale à -25 m


Patrick

mercredi 14 octobre 2020

Anniversaire, masque et gel..


Octobre, 2 anniversaires de 2 copines, faut fêter ça, et surtout se voir. 

Nous nous retrouvons à St Pé vers 18h30. Nous décidons de découvrir Générés 2 et finir par Générés 1. Bon, ben, Générés 2, nous ne l'avons pas trouvé. 

Direction la sublime petite cavité de Générés, où nous savons que les concrétions nous ravissent à chaque fois. 
Nous partons dans cette grande expédition, et ce n'est pas peu dire... 5speleos, 5 kits, à au moins 5m de profondeur, c'est digne des plus grandes sorties !! 
 Arrivés au fond de ce bijou minéral, en tant que très bons citoyens, nous enfilons nos masques. Et c'est ainsi que spider man, spider woman, la muerte, kat woman et l'otage ont pris places assises. 


Rappelons le contexte, les réunions entre amis c'est assis et moins de 6 à la même table. Il est 21h les victuailles se dévoilent.... 

Les discussions vont bon train ! En tant que bons républicains nous parlons d'une prochaine action artistique. Toujours 21h, les projets spéléos se multiplient. 21h, nous avons l'évocation d'une théorie très scientifique concernant la formation remarquable des excentriques.... 
Nous attendons toujours le lien de l'émission évoquant le sujet... 



Mince, il est 21h, demain le réveil va être dur, nous rentrons. Nous sommes de retour à la voiture à 21h.

 Là, nous nous rendons compte que le couvre-feu concerne Toulouse et non Peyrouse. Encore une sortie souterraine bercée par les joies de l'amitié. À bientôt pour de nouvelles aventures 

 Kat

lundi 12 octobre 2020

Les trous des daims…

Dimanche 11 octobre, Patrick et Sandrine, Jean Claude, Joël, Alain M et 2 nouveaux, Thomas et Valérie.

 Que ce mois d’octobre est capricieux pour la météo et il devient de plus en plus difficile d’organiser des sorties avec le beau temps.

Ce weekend, nous avions repoussé au dimanche la sortie, pensant avoir un samedi pourri et un dimanche correct, ce fut à priori juste le contraire.

Alors il faut s’adapter et surtout trouver des cavités avec peu de marche d’approche.

 Ce dimanche nous jetons notre dévolu sur une petite zone à priori peu ou pas prospectée récemment, mais avec un gros atout dans la poche, des renseignements intéressants de la part du propriétaire, recueillis il y a quelques jours par Jean Claude.

 « Présence d’un trou souffleur qui ne demande qu’à être pénétré et de grands effondrements justifiant une prospection méticuleuse ».

9 heures, nous sommes à St Pé et 9h30 à l’entrée de la ferme Bazy.

Le propriétaire nous accueille avec sympathie et nous autorise aimablement à entreprendre des travaux de recherche et de désobstruction. Il se propose même, lorsqu’il sera libre, de nous aider dans nos travaux.

Quelques consignes à respecter concernant les animaux qui se trouvent sur la propriété, je parle d’un magnifique troupeau de daims, de moutons de Soay, de chèvres, dindons et autre jard facétieux.


Magnifique, la nature heureuse.

Et c’est parti pour une première reconnaissance. Le temps est moyen il doit faire 5 à 6 degrés et pour la chasse au courant d’air, ce n’est pas terrible.

La première cavité, le « Souffleur » offre un départ sous un effleurement de calcaire mais le vent y est absent ce jour. N’empêche, le chantier semble facile et nous allons l’entamer.

Avant, nous continuons vers les dolines et un rapide tour nous fais apparaitre 3 départs, c’est sûr, c’est plus qu’intéressant.

Le temps est moyen, il commence à bruiner mais cela ne nous empêche pas de commencer des travaux.

 Nous faisons 3 groupes, et c’est parti pour brasser du bloc, retirer de la terre, couper des racines etc..

 Vers 13 heures c’est la pause casse-croute, pas de soleil mais sous les arbres qui ont encore quelques feuilles on s’en contente.

Nous faisons un peu plus connaissance avec Thomas et Valérie, un peu de jeunesse, cela baisse la moyenne d’âge des participants.

Thomas connait bien les Pyrénées pour y être venu il y a quelques années et avoir travailler à HPSN. Il a même déjà fait une sortie avec le club en juin 2014 et Valérie est vendéenne !

Rapidement nous reprenons nos chantiers mais le temps se gâte.

Pour le trou souffleur, nous sommes à découvert et pas question de continuer dans la terre argileuse et détrempée.

Pour le second trou, nous paillons plusieurs fois et bientôt ce sera pénétrable, cela semble un peu plus gros sur 1 ou deux mètres.

Pour le troisième chantier, découverte d’un puits de 10 mètres creusé dans le remplissage, donnant accès à une petite salle et suite dans un laminoir qu’il faudra un peu agrandir.

A 16 heures, c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous et c’est la retraite urgente vers les voitures.

Trempés comme des soupes, malgré les combinaisons.

Mais nous y reviendrons rapidement.

 

Alain M