mardi 21 octobre 2014

Pour une première...

19 octobre.
Il y a un mois avec les Degouve, Etienne et Brigitte, nous étions montés dans le Clot de Grandquet  et j'étais resté sur ma faim car on n'avait pas pu atteindre le fond du cirque...
Alors c'est décidé je vais passer par le Col d'Ansa en direction du Col des Spandelles. D'ailleurs on devrait dire des "Pandelles" qui étaient les filets tendus dans ce col pour attraper au vol les palombes...
10h, je gare ma voiture dans le virage près de la cabane du berger... Et je commence mon premier relevé... Plutôt facile... Il y en a une seconde tout aussi en bon état, mais autour je découvre une "mine de cabane et de muyadés en ruine !
Une heure à passé un groupe de mecs vient de monter vers l'Estibete, moi, derrière, je file au Col d'Ansa plus à l'Est et rencontre un berger...
On parle, c'est monsieur Sanchou, il connait le Latap's, il était aussi un copain de mon oncle à qui il prêtait la cabane du virage...
- Des gouffre il y en a...
- Ah oui et où? dis-je intéressé
- Il y a celui du quartier de Sous Counques
- Sous Counques ?
- Oui c'est le lieu dit sous le Col de la Laco, d'ailleurs vous qui cherchez des cabanes, il y a celle qui a été emportée par une avalanche.
- Effectivement je la connais, il ne reste plus qu’un pan de mur... Mais le gouffre ?...
- Oouuu maynats... Celui là il est profond, avec mon frère on y avait jeté un rocher il était tombé loin et on entendait l'écho rouler...
D'ailleurs les anciens nous avaient dit de faire très attention de ne pas y tomber car il est sous le chemin et fait au mois 2 mètres de diamètre. il y au moins 100 ans un berger avait voulu se débarrasser de son chien, il l'a jeté dedans et il est ressorti 3 semaines plus tard au Bergons... Il était tout pelé... Mais celui qui me l'a raconté est mort depuis...

Pour sur, c'est une belle première mais avant tout une sympathique légende...

Il m'indique des cabanes au cuyéo deth Bos (l'enclos du bois) et nous nous quittons vers 12h30... Une 1/2 heure plus tard je suis au "bos" et pointe à nouveau cabanes et enclos... Sous le col entre Grandquet et las Escures vers 1700m d'autres vestiges pastoraux m'interpellent...
Au col je redescend par une beau sentier sans difficulté qui le permet de fouler pour la première fois le fond du cirque du Grandquet...
La, les strates sont vers l'Est verticales et plus au fond vers l'Est le synclinal s'ouvre (pendage à 70°) par contre vers l'Ouest le pendage est inverse mais on voit les couches de courber, on devine une flexion en virgule se réorientant vers le synclinal. Ici on est sur la bordure Sud du Synclinal Jurassique qui se dirige vers l'Ouest... La zone est constellée de chapelait de dolines. Je relève une fissure qui pourrit donner à grand renfort de désob...
Il y a 2 séries espacées de 100m (strate différente). Ici le soutirage doit être phénoménal lors de la fonte des neiges, pas étonnant que la résurgence vauclusienne de la Hérrère (Hount Bourridère) crève et déborde sur la route...
Autre remarque géologique, l'autre versant du synclinal, coté Toue / Yerse est également très redressé. On a l'impression que c'est un Vé étroit avec moins d'un kilomètre entre chaque branche... Ainsi, le Vé du synclinal crétacé ou on vient d'atteindre -300, puisque d'avoir une gouttière très étroite avant de s'évaser sous le Monbula...

Sous le Coste Dalha je pointe de nouvelles cabanes, au total 21 phénomènes du pastoralisme sont pointés et dessinés !
Une autre première. 
Pause repas et à 14h15 je me retrouve sur la crète l'Estibette à une portée de fusil...
Le groupe de ce matin est 500m devant... J'entame ma descente et réduit mon écart. Sur le chemin en flanc sud sur les contrefort du Gardquet, les autres ont attendu un retardataire 100m devant moi...
Furtivement j'ai l'impression que l'avant dernier lui adresse un baiser...
Oh le Dol's t'as la berlue !... On t'as dit de ne pas forcer sur le pointage de cabanes...
ne regardant que mes pied pour ne pas me vautrer dans les pente déclives, je rattrape le groupe, je lève la tête...
Stupéfaction le mec qui ouvre la marche est en "jésus".
A poil quoi... Un mec qui randonne à poil avec un sac à dos... sur l'Estibite ! 
Pour une Première... Cela ne s'invente pas !
Je double le retardataire qui a une vois fluette... Putain je serre les fesses et presse le pas,.. en coupant un virage je "saute" la troupe de  "Gay Lurons"
Plus pas je croise un homme et sa femme qui montent je leur annonce la surprise qui s'offre à eux...
En bas une autre famille avec de jeunes s'aventurent vers le même chemin...
Il est 15h15, je jette mon sac dans le coffre et m'échappe rapidement, je n'aimerai pas faire l'objet d'une "des zob" en première !

Et un petit bonus photo pour vous montrer qu'on traînait déjà nos bottes dans le secteur dans les années 80..



 ES107, vers l'entrée 2 - 1987

7 commentaires:

  1. Réponses
    1. un muyadé ça doit être un Leyté je pense

      Supprimer
  2. Un Leyté, plutôt une loyto est un endroit pour stocker au frais les fromages, en général une petite cahute de pierres sèches au dessus d'une source ou d'un terrain frais, l'ancêtre du réfrigérateur, mais en "version écolo".
    Le Muyadé c'est l'endroit où l'on tire le lait, il se matérialise par un enclos de pierres sèches (murets) de forme allongé pour y trier les brebis (en file indienne). A ne pas confondre avec le Cuyala ou Courraou, Courrouo... qui est l'enclos de pierres sèches (murets) en général plus arrondi pour parquer le bétail la nuit et le protéger des prédateurs (Ours)....
    Et voila pour la minute culturelle...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci le Dol's. Quel savoir sur les anciens. Félicitations.

      Supprimer
    2. Et le gouffre du "chien pelé"???
      On en a également des comme ça dans le Gers, mais c'est plutôt des canards qui ressortent évidemment plumés...

      Supprimer
  3. Peut être que le cul nu remontait d'Aygue Nègre après être tombé dans un trou sur l'Estibette !

    RépondreSupprimer
  4. t'as raison le Bub's car il était complètement épilé... Comme quoi tomber dans un trou et ressortir tout pelé... Il n'a pas eu de fion le gazier !...

    RépondreSupprimer