lundi 19 août 2019

Le TP30, épilogue

Samedi 17 août nous avons pu extraire tout le matériel du TP30 et le redescendre en vallée.

Dès le matin très tôt, Antho, Jean et Serge se retrouvait à l'entrée du TP30 et descendaient à moins 300 récupérer le matériel et finir de déséquiper.

Bien plus tard, sous une chaleur étouffante, Jean Claude, Jean Luc et Bruno démarrent avec des sacs ou des claies presque vides pour aider à redescendre tout le matériel. Les 2 heures de marche jusqu'au sommet des Toupiettes sont bien nécessaires. En arrivant sur le plateau, surprise, Jean E arrive à notre rencontre. Ça fait plaisir de voir les troupes du club qui se mobilisent ! Bons petits moments d'émotions pour les "anciens ». Ce trou à quand même été un évènement majeur de la vie du club.

Le feu est allumé, les braises vont bientôt être prêtes pour les saucisses !
14 heures, des cliquetis de mousquetons dans la falaise. Ils ressortent. Pile à l'heure prévue.

Trop forts ! Ils ont même refait la topo du grand puits qui nous paraissait plus profond mais qui fait 5 mètres de moins....

Après un super pique-nique convivial et arrosé comme il se doit, on rassemble tout le matériel éparpillé sur le plateau. Et au moment où on se demandait comment on allait prendre les 200 derniers mètres de nouille qui n'avaient pas encore trouvé de porteur, Marc Cr arrive à notre rencontre pour participer lui aussi. Génial 

Merci à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures (certainement plus modestes !)

Anthony et Jean, 

CR par Bubu
Photos de Jean E





mardi 13 août 2019

Le compte rendu d' Amalgame 2019 est disponible en cliquant ici :le-camp-des-amalgamés-2019


mercredi 31 juillet 2019

La fessée de la Ménère !


Janvier 2014, assis sur la banquette en cuir de la vielle Mercedes de Joël, Bubu m’égraine à travers le pare-brise les cavités de Saint Pé : "Là tu vois, c'est le massif des Toupiettes, au sommet il y a les deux gouffres les plus profonds du département, c'est le GSHP qui les a explorés dans les années 80-90 !".
Alain M. est là aussi je crois. La voiture n'est plus toute jeune mais ce qu'on respire à l’intérieur c'est surtout l'odeur de la passion qui anime ses passagers ! Pour ma première sortie avec le GSHP, nous nous rendons au-dessus du monastère, prospection en surface et convivialité sont au programme ! En fin d'après-midi, sur le parking de la maison de Jean Claude, au débriefing, Patrick et Sandrine nous rejoignent, le regard pétillant, ils nous livrent les détails savoureux de leur journée d'exploration.
Première rencontre avec une partie des membres du GSHP. Le soir venu, dans mon petit appartement Tarbais, la nostalgie m'envahit. Il me semble avoir retrouvé l'atmosphère de mon enfance et de nos sorties en famille avec les clubs de spéléo de Foix et de Lavelanet. 

Depuis ce jour-là, l'idée d'aller visiter l'un des deux gouffres décrits par Bubu ne m'a plus quitté ! Anthony se révèle être le compagnon idéal. Après un tour de chauffe au SC147, nous jetons donc notre dévolu sur le TP30.
Il faut dire que le récit du fond par Serge suscite nos convoitises : "On s'est arrêté sur une trémie qu’on n’a pas fouillée, il y a beaucoup d'air !". Les vicissitudes de la vie et une équipe réduite au minimum (moins de deux ce n'est plus une équipe !) ont fait qu'il nous aura fallu presque deux années pour arriver à -500 et ce fameux méandre des Vomissures. Serge nous avait prévenus sur ce passage clé : "Je vous conseille d'enlever tout votre matériel de progression et de le mettre dans le kit, c'est étroit et long !".
On aurait dû s'en douter ! Si Serge dit que c'est étroit, c'est que c'est pas pour nous ! Je viens de passer une première étroiture d'une dizaine de mètres dans laquelle on a du mal à redresser la tête et une nouvelle tout aussi exiguë se présente à moi après un court "élargissement".

Je n'en vois pas la fin et j'ai même du mal à comprendre comment je peux m'y engager ! Pour nous la coupe est pleine, ou plutôt la bassine devrai je dire ! Nous venons de rendre toute notre motivation. Nous venons d'atteindre nos limites et un goût amer envahit notre palais. Des heures âpres nous attendent mais paradoxalement nous sommes aussi soulagés !
La décision est prise, nous stoppons là, de notre point de vue l'engagement imposé par ces étroitures sordides est au-delà du raisonnable. Un coup de mou, une blessure de l'autre côté des Vomissures et c'est la une assurée des journaux nationaux, et pendant plusieurs semaines de surcroît !
Aussi, nous rebroussons chemin en ayant une pensée appuyée pour tous les copains qui sont passés par là dans les années 90. Qui ont marqué les passages les plus étroits à la flamme de leur lampe à carbure, ralentis par les coincements intempestifs de leur calbonde, lestés par des sacs contenant des cordes plus épaisses qu'un tuyau d’arrosage et mâchés par les coups de marteau répétitifs sur le tamponnoir pour enfoncer des chevilles beaucoup trop grosses dans une roche beaucoup trop dure ! 

Comme pour les histoires de cœur qui se termine mal, il s’agit de panser la plaie le plus rapidement possible pour passer à autre chose et éviter la gangrène. Aussi nous nous employons à déséquiper le plus possible. Nos efforts ne sont pas vains et c'est avec une certaine satisfaction que nous entassons les cordes au pied du P140 ! La prochaine fois, quelques allers-retours dans la cavité devraient nous permettre de tourner cette page définitivement (restée blanche malheureusement).

Nous n'oublierons pas la belle rencontre avec Gustave, la fougue insufflée par Serge lors de notre première descente, lui qui nous a aidé à monter plus de 300m de cordes mais qui, avec du recul, se doutait peut-être déjà de la fragilité de notre petite équipe face à une telle entreprise !
 
Nous n'oublierons pas non plus cette belle soirée passée au sommet des Toupiettes, le ciel chatoyant, les braises tourbillonnantes, la nuit dans le hamac suspendu à deux hêtres centenaires, la ronde autour du feu pour le rallumer et essayer de se réchauffer à 2 heures du matin quand le vent d'ouest s'est levé et a transpercer nos duvets. Et enfin, merci au GSHP (et plus précisément aux membres qui œuvrent pour son bon fonctionnement) pour la mise à disposition du matériel indispensable à la réalisation de nos rêves ! 

Je croyais que la fessée était interdite, la Ménère nous en a donné une bonne ! 
Jean N



mercredi 17 juillet 2019

Une sortie réussie

Mardi 16 juillet, Grotte des Castagnets, Pierre, Yann Mateo et Yann Callot, Jean Claude et Alain M

Ce mardi les "Péruviens" profitaient de leur venue en France pour aller faire un petit tour sous terre dans notre belle région de St Pé.
Pierre avait déjà visité les Castagnets le 17 décembre 1994, en initiation découverte.
Pour son fils Yann Matéo c'était une première mais à cinq ans c'est un bon début. Le tonton Yann n'y était jamais venu mais cette grotte aurait bien mérité un reportage photo si elle avait été connue avant la publication de leur ouvrage remarquable "Photographier sous terre".

La marche d'approche a été bien facilitée suite à la réouverture du chemin depuis la ferme Escots. Bravo les St Péens.
Il fait chaud et c'est rapidement que nous allons nous mettre au frais sous terre.
Direction l'aval avec ses magnifiques concrétions et le passage de la petite étroiture (que l'on peut shunter si nécessaire).
Nous atteignons rapidement la main courante en place depuis l'ouverture de la deuxième entrée et découvrons de très nombreux moustiques, garde-manger des araignées tapies sur les parois.
Demi-tour, sens interdit….
Nous remontons ensuite la galerie amont avec ses lapiaz de voûtes si jolis.

Attention, par endroit c'est un peu glissant, la terre étant damée par les passages fréquents.

Nous arrivons sans encombre au terminus des galeries confortables.
Le casse-croûte est le bienvenu, ne manque que le café.

C'est ensuite un retour qui parait toujours plus court et la remontée du puits d'entrée.

Dehors il fait encore plus chaud et les attaques de taon seront insistantes.
Nettoyage du matériel à la Génie, ce fut une très belle journée.


Alain M 




lundi 15 juillet 2019

Il faudra trancher dans la Tranchée !


Samedi 13 juillet, l’ami Sergio me guide au gouffre de la tranchée dont je ne connais que le départ alors bouché mais au courant d’air prometteur. C’est Jean Claude (Mengelle) qui une fois de plus a eu du flair pour découvrir cette entrée (ou sortie) qui jonctionne avec le gouffre du Paybou 115 m plus bas !

Et dire qu’en 1984 avec Sergio (Latapie) et Mickey (Douat) on était remonté en escalade à 3 m de là !
Mais que penser de toutes ces heures à prospecter en vain… Nous n’étions pas les premiers à tenter de trouver une entrée supérieure à cet abîme à l’ouverture béante et lugubre, connue de tous les St Péens, mais que peu de personnes ont vu… Une réputation qui n’est pas usurpée !
Mais avant nous, l’emblématique Abbé Abadie inventeur de Paybou le 29 Aout 1944, s’y était essayé… Que d’heures à trainer ses godillots dans ces quartiers ! Fouillé, refouillé, sans succès… Alors que nous avons abandonné tout espoirs, c’est de l’enfant du pays à qui revient la joie de nous offrir cette jonction que l’Abbé n’aurait daigné s’approprier…

C’est du monastère St Bruno (ex Ferme Peyras) que nous empruntons le sentier de l’Aülhet, une interminable montée de plus de 60 lacets… 50 mn pour atteindre l’embranchement de Pla Debers, 10mn plus tard se dresse la muraille des Escalates… Enfin, la prairie et le refuge après 1h 40 de montée harassante. On bavarde avec des locaux.
Hier dans le secteur a été le théâtre d’un secours coté Bat de Haü. Un groupe de randonneur de la colonie logeant à la ferme Arboucau a été rapatriée en urgence sans avoir eu le temps de nettoyer le refuge. Nous apprendrons en redescendant qu’une jeune fille aurait glissée et chuté lourdement. Évacuée en urgence sur Toulouse avec une fracture du crâne et la rate touchée. Fortement choqué le groupe a été ramené dans la vallée, d’où le ballet d’hélicos en fin de soirée…
Sergio, malgré son lest avance d’un bon pas et en 2 heures nous sommes à l’entrée de la tranchée qui se situe 60 m sous le chemin qui rejoint le Pladet det Abetout.
Après une collation de rigueur, il est temps de découvrir les quelques mètres qui me manquent pour finaliser un rêve vieux de 35 ans suivis !
Deux petits puits suivis d’une galerie ébouleuse le long du pendage et c’est le premier point de striction : le « delirium très mince » forcé en 1982 avec Marc Jacquet.
On débouche dans la « salle Abadie » découverte par les spéléo de la SSPPO de Pau en 1953 les vestiges métalliques de leur dernier repas en sont les témoignages. Puis il y a les 6 m de remontée, une vire confortable fait suite, elle accède au soupirail. Là c’est le royaume des limandes et autres contorsionnistes… Il est temps de se débreller totalement et d’éliminer tout ce qui compromettrais le progression de type suppositoire !… C’est le « passage des serpents », une fissure verticale peu engageante qui débouche par une ultime boite aux lettres dans le toboggan. Au-delà, c’est le royaume des spéléos bien portants…
Vous l’aurez compris, je n’ai pas insisté pour suivre Sergio « le boa », car la souplesse m’a quitté et le coffre est là malgré une fonte récente…
Aussi, la traversée envisagée pour que tous les membres du Club profitent de la traversée et partage ce moment de plaisir.
Mais avant, cela nécessitera un aménagement de « mise au calibre ». Il faudra passer un weekend là-haut et à deux équipes ouvrir le passage par les deux bouts, avec une équipe de « fins » pour passer de l’autre côté et ouvrir…
Donc on a laissé équipé pour prévoir ce WE qui pourrait être à la fois festif et détonnant…
Alors qui est motivé ?

A Dole

dimanche 14 juillet 2019

TP 30 : respectueux bizutage



Samedi 13 juillet Gustave, Anthony, Jean N

Cela fait presque un an que nous ne sommes pas retournés au gouffre de la Ménère et pour cause : une première année d'école d'infirmier brillamment réussie pour Anthony et la cigogne étant passée par là pour moi !
Il faut aussi avouer que le gouffre n'est pas facile et qu'à deux, la tâche est un tantinet laborieuse...
Mais en cette veille de fête nationale, les troupes sont guronzées et la motivation est là. D'autant plus que cette fois-ci, nous avons le plaisir d'être accompagnés par Gustave Arcangeli (Gus), jeune recrue du GSHP, parrainé par la légende, Serge Latapie, excusez du peu !
Gus qui, averti par son parrain (le bougre connait bien la cavité, c'est même lui qui a réalisé la pointe finale au fond !), a pris ses dispositions et a passé une veillée d'armes à la cabane spartiate de l'Isarce.
Par conséquent, avec Anthony nous entamons la marche d'approche le cœur léger mais le sac lourd : heureux de faire la connaissance de ce nouveau camarade mais arc boutés par le poids du matériel indispensable à notre progression.
Dans la jungle saint-péenne (Jean Claude me corrigera si je me trompe), les premières gouttes de transpiration ne tardent pas à recouvrir nos fronts ! Sous les noisetiers l'air est saturé en humidité et l'épais feuillage vert fluorescent a retenu la chaleur de la veille.
 
C'est toujours avec soulagement que nous gagnons la hêtraie. Les hêtres effilés et ordonnés comme au champ de bataille nous donnent l'énergie nécessaire pour percer la forêt et conquérir les estives.
C'est là que, autour de cette source salvatrice dissimulée sous un tas de cailloux, nous rencontrons celui qui quelques heures plus tard (nous ne le savons pas encore mais nous le devinons...) sera devenu notre frère d'arme ou plus simplement notre ami !
Occupant le terrain depuis la veille, il s'est chargé de notre ravitaillement en eau ce qui nous permet de gagner de précieuses minutes, le temps passant toujours trop vite sous terre...

La descente dans la cavité est rythmée par les percussions du perfo car nous fractionnons quelques remontées plein vide un peu trop longues à notre goût. Gus nous suit sans peine et c'est à l'heure espagnole que nous partageons notre repas, une soupe et un café roboratifs.
Nous sommes à l'entrée des Vomissures, mais aujourd'hui nous en resterons-là, nous ne rendrons pas notre ration alimentaire !
Les conversations vont bon train mais l'heure tourne et il faut penser à remonter : plus de 500m de cordes nous attendent. Les mouvements répétitifs et la fatigue aidant, l'esprit s'évade dans les puits, aussi léger que le voile de condensation que nos corps endoloris dégagent (et qui ruine mes photos !!!).
Nous remontons tel des automates le long de leur fil, une courte halte à mi-chemin nous permet de reprendre notre souffle et de retrouver nos esprits. A l'heure où le berger rentre ses bêtes, nous rassemblons nos dernières forces pour tirer une dernière fois sur notre bloqueur de poing afin de regagner le maquis des Toupiettes.
La vue est fabuleuse : la brume indécise partage le tableau avec le soleil qui décline. Moments précieux !
Gustave décide, au vu de l'heure tardive et de la route qui le sépare de la Barousse, de rester une nuit de plus à la cabane. Aussi nous le saluons chaleureusement, ravis par cette belle aventure partagée ensemble.
Avec Anthony nous redescendons guidés par les réverbères de la plaine. Quitté le plateau, nous retrouvons la moiteur ambiante qui recouvre les marches de calcaire et les transforme en vrai savonnette ! Ultime attention de la journée pour ne pas glisser et se faire mal ! La prochaine fois il faudra certainement envisager de dormir là-haut ! 

Jean N.


La 7° compagnie


Sortie afterwork 11 Juillet 2019 (Sandrine, Caroline, Catherine, Pascal)
     J'ai trouvé mieux que la Septième Compagnie, qui passait pour la énième fois ce soir-là à la télé «. Ce jeudi soir, en after, La joyeuse troupe hante le petit bois du gouffre Jacqueline au-dessus de St Pé. 
Mais aucune stratégie, ni tenaille, ne nous garantit la victoire et c'est un peu mélancolique, que nous retrouvons les voitures sans Jacqueline. 
Mais " Il faut se refaire " et Caro nous invente une nouvelle sortie : la perte de la Mousquère, toute proche. Nous ferons donc une première : la traversée Jacqueline/ Mousquère en passant par le coffre à bières ! Nous gagnons la perte, entre chiens et loups ... Sandrine, qui s'y connait en " profondeur «, écrit la suite. Bon, elle équipe la cascade et nous invite sous la douche. Un peu plus bas, le ruisseau disparaît dans un chaos inextricable. Les fées nous parlent alors d'un petit lac et d'une plage. Gonflés par la curiosité nous nous glissons tant bien que mal entre les blocs pour trouver une suite à l’histoire.
Une faille plus étroite que les autres nous arrête, nous questionne ... Ça passe ... et " sans vaseline " de s'écrier tous en cœur !  Plus bas, je retrouve le ruisseau, l'obstacle est contourné, ça sent la première ... Inquiétant pourtant ce tube d'aspirine posé sur un rocher ? Troublant, ce bouchon en plastique un peu plus loin ?  Oui, décevant ces quatre baudriers qui gisent là, à mes pieds, à l'endroit où nous les avons déposés il y a 20 minutes. Fin de l’histoire.
   A Minuit 30 aux voitures, nous sommes heureux, nous sommes Spéléo ... des pointures !

Pascal
*----------------*
Et la même sortie, racontée par Kat....


Petite mise au point de dernière minute, Caro, Sandrine, Pascal et moi sommes dispo en soirée. Nous nous retrouvons donc. Le Jacqueline nous semble être une bonne idée. Nous covoiturons au départ de St Pé et avec Sandrine, nous suivons Caro. Dans la voiture, déjà, je dis à Sandrine: c'est étrange par où elle passe, avec Jo, nous n'étions pas allés par là...
Caro me rassure en me disant qu'elle était déjà allée dans cette cavité en passant par là. Après tout, tous les chemins mènent bien à Rome !
J'ai des souvenirs de l'environnement de l'entrée de la cavité, un arbre qui sert d'ancrage naturel, la forme des rochers à l'entrée, et un petit arbuste bonzaï.... Bref.... après une marche d'approche dans la foret, nous finissons par chercher, chercher, chercher.... vous vous doutez de la suite! Nous ne l'avons pas trouvé! Et pour cause: nous n'étions pas dans le bon secteur!
Pascal, fraîche recrue au sein du GSHP, nous fait la confidence que même s'il nous aime beaucoup, il loupe quand même le cultissime "7eme compagnie" diffusé le soir même... surtout que pour aller sous terre, visiblement c'est mal barré! Nous redescendons donc aux voitures en chantant la musique de la "grande vadrouille", ne connaissant pas l'air du film de "la 7eme compagnie"
Les filles nous proposent une autre cavité un peu plus loin, Sandrine nous précise que dans cette cavité il y a juste un puits très arrosé, et puis plus rien. Quand je dis plus rien, c'est au sens littéral . En bas du puits, une petite galerie qui nous ramènera au point de départ. Bon le choix est vite fait: c'est trop bête de rentrer propre et sec, en plus, il fait chaud, une douche est bien venue! Et comment s'appelle cette cavité? Alors ça! Bref, c'est la cavité "Tahiti douche"
Nous rentrons après ça nous ravitailler aux voitures complètement trempés... mais tellement ravis! Et une fois de plus, on se sera sacrement fendue la poire!
A bientôt pour de prochaines aventures
Kat

samedi 13 juillet 2019

Les Tachous prennent de l'altitude

 10 juillet 2019


Depuis plusieurs mois, la vue de plusieurs arbrisseaux et autre végétation sur le sommet des ruines du XIIème accolées au clocher de l'église de St-Pé me contrariait... 

Ça me chatouillait d'aller leur rendre une petite visite d'élagueur.
L'exploration des cavités est donc remise à plus tard et ce soir-là avec l'ami Jean-Claude nous prenons la direction du clocher, baudriers, corde et matériel d'élagage dans le sac.

Après avoir fixé la corde à la structure en IPN des cloches, il suffit de passer la fenêtre habituellement fermée par des volets, parcourir 2 mètres sur une petite vire de 10 cm de large et atteindre le sommet des ruines.
L'opération s'est proprement déroulée en 1 heure et demi.

Les troncs principaux, les gros lierre et une bonne épaisseur de mousse ont été éjectés 15 m plus bas. Il faudra faire une repasse plus légère mais en descente de rappel le long de la muraille ce que ne permettait pas la longueur de corde ce soir.




Marc



dimanche 30 juin 2019

La Confusion, enfin !...

Samedi 29 juin 2019
Peu de volontaires pour cette nouvelle tentative au gouffre de la Confusion. La grosse chaleur, les ratés successifs et une longue marche d'approche ne sont, certes, pas très vendeurs. Donc c'est à deux que nous partons aux aurores depuis la barrière du Bergons (Sandrine et Patrick). Comme la fois précédente nous avons dormi sur place ce qui nous permet de démarrer un peu avant 7 h. Il fait déjà bien chaud et nous apprécions le fait d'être peu chargé vu que nous avons laissé une bonne partie du matériel au trou. A 9 h nous sommes sous terre et au frais, la canicule n'a plus de prise sur nous. La première étroiture ne résiste pas longtemps et après un bon nettoyage nous pouvons enfin descendre le petit puits qui nous narguait depuis notre venue avec Thomas. 


La descente du P.6 se fait le long d'une coulée de calcite formée par le ruisseau. Ce dépôt clair qui contraste avec le calcaire jurassique sombre est une constante jusqu'au point bas du gouffre.

Haut de 6 mètres, il débouche dans un bel élargissement et se poursuit par un méandre bien formé au fond duquel coule le ruisseau. Il faut à nouveau ressortir le perfo pour élargir le sommet d'un petit ressaut. Derrière cela redevient plus large et un nouveau cran vertical de 3 m est descendu. 

A - 38 m, nouveau petit ressaut concrétionné.


Après une petite salle, les parois se resserrent sur un méandre très découpé. C'est étroit par endroit mais le feuilleté formé par les strates se casse bien à la massette. Il y a toujours de l'air mais curieusement le sens s'est inversé et désormais le trou se met à souffler. Inquiétant ! Nous passons un long moment à agrandir quelques passages assez sévères pour enfin arriver au sommet d'un nouveau puits. Mais le courant d'air semble provenir d'en face. Nous commençons donc par le suivre. Il faut encore jouer de la massette pour progresser d'une dizaine de mètres. La suite est très étroite, mais il y a de l'air. Ce sera pour une autre fois.

Le joli méandre vers -45 m, un peu étroit par endroit.

Après avoir récupéré le perfo au début du méandre nous retournons au puits pour agrandir son sommet qui est impénétrable en l'état. Il ne reste plus qu'une diode sur la batterie, juste de quoi mettre une paille et placer deux goujons. Le puits fait une douzaine de mètres. Au bas nous butons sur un interstrate impénétrable et sans air. Mais sur le côté les cailloux jetés au jugé tombent dans un petit puits de 4 à 5 m mais que nous ne parvenons pas à voir. De toute façon nous n'avons plus de quoi travailler et cela fait plus de 6 h que nous bataillons alors il est temps de ressortir. Nous effectuons la topo avant de retrouver le soleil et la chaleur qu'une petite brise a bien du mal à atténuer. Il nous faut encore 2 h pour regagner la voiture...

Désobstruction à la massette juste avant le P12.

Et la suite me direz-vous ?
Dans ce secteur, c'est la première fois que nous parvenons à passer (un peu...). Le gouffre est bien formé et ici nous n'avons pas rencontré les obstacles classiques des cavités de Toue : éboulis, broyages, décollements etc... Le point bas (-62 m) n'est peut-être pas le plus intéressant en raison de l'absence de courant d'air et même si une petite suite est probable (puits de 4 m ?). Le méandre fossile (-49 m) sera probablement notre prochain objectif mais le sens du courant d'air nous interpelle, donc rien n'est joué, mais quoiqu'il en soit cette découverte encore bien modeste va nous inciter à revoir d'autres cavités de la Toue et du Soum de Moulle. Et pour se motiver un peu, rappelons que les exsurgences supposées s'ouvre 1040 m plus bas, rien que ça !  


Le P.12 menant au point bas (-62 m)

 

Patrick

vendredi 28 juin 2019

Un gouffre d’illusions


Un gouffre d’illusions
Mardi 25 juin,Afterwork.
Il fait encore très chaud lorsque nous quittons la civilisation et son environnement bruyant. Miss Caro conduit bon train m’emportant avec des tonnes de cordes dans un petit chemin creusé de toutes parts, arrachant au passage quelques grincements à la voiture. Avec tout ce matos, c’est sur on va faire de la descente ! La soirée débute assises dans l’herbe en compagnie éphémère de quelques tomates cerises, de biscuits, d’un bout de pain garni, de graines….le temps s’écoule au gré de l’instant présent. Notre projet initial part aux oubliettes et  l’après est un point d’interrogation. Ce dîner improvisé s’achève sur « on y va ou … ». Changement de programme. La corde de 80 mètres, destinée à se transformer en fil d’Ariane, prend place dans un kit et les bouteilles d’eau dans un autre. Nous voilà double-kiter ! Nous nous engageons dans un petit sentier boisé qui disparait plus loin dans les herbes folles et les fougères envahissantes, puis réapparait  dans les bois pour s’achever dans un site bucolique. Ici tous les ingrédients sont réunis pour nous apporter un peu de fraicheur et beaucoup de poésie…… * ce lieu  semble figé. « Et au milieu coule un ruisseau », dont on entend le puissant clapotis de l’eau. Il s’est frayé un chemin entre les rochers et les végétaux. La mousse est dense, recouvrant tout ou presque. Dans les arbres, quelques bribes de branches moussues rehaussées donneraient presque l’illusion de petits farfadets nous espionnant.
Trêve de rêvasseries, nous désescaladons l’entrée d’un trou bien bruyant et bien glissant. Les pieds dans l’eau, je commence un équipement que je ne finirai pas tout de suite…  « Caro, tu as d’autres mousquetons ? Avec plaquettes ? « …Ré-escalade de Caro qui sort du trou et qui s’en retourne à la voiture. Je ressors à mon tour. Assise sur un rocher de mousse j’observe. C’est l’instant de contemplation (voir * plus haut).  Caro revient à moitié électrocutée, non, je plaisante, elle a juste pris un coup de jus…Ne jamais  pénétrer par effraction chez les vaches ! 
C’est vrai qu’elle n’était pas toute sèche avec l’humidité qu’avait absorbé sa sous-combi. Re-désescalades, re-eau, re-équipement et descente avec petite douchette. S’en suis une bonne période de fouilles dans un chaos de blocs. Caro s’acharne et teste tout ce qui se présente….hélas en vain. J’observe encore un instant, contemplative, tandis que Caro s’est engouffrée dans je ne sais quel boyau. Ici on peut jouer à identifier des formes un peu comme avec les nuages…Tiens une tête de serpent avec de beaux yeux noirs qui émerge d’un tas de roches. Il faut tout de même se résigner à sortir de ce trou ensorcelé qui n’a pas voulu se faire chatouiller les entrailles par 2 « lombriquettes » et qui plus est, nous a douchées bien comme il faut ! Retour à la voiture sans violer la propriété des vaches, rencontre avec un gros crapaud (prince charmant ou sorcière ?) et passage en mode tongs, short et boisson fraiche. On est bien, il fait bon, il fait nuit, on cause entre copines…et Caro me dit « c’est un poteau réfléchissant qu’on voit là-bas ? » - « Oui, je crois que c’est un poteau », et on regarde ce poteau dans la nuit qui tout d’un coup bouge et commence à s’avancer vers nous. Non, nous n’avons pas fumé, mais nous n’avions jamais remarqué à quel point certaines choses peuvent être luisantes dans le noir, comme les yeux du matou qui descend la route ou ceux de celui qui remonte la piste…bref, à 4 yeux ils s’évaporent dans les champs, ne laissant devant nos loupiotes qu’une chauve-souris en pleine chasse aérienne, quelques doux volatiles blancs papillonnant ici et là et…2 points lumineux qui descendent la route. Cette fois c’est une voiture avec 2 personnes fortes sympathiques venues voir à qui appartenait les 2 petites lumières jaillissant de nos frontales.  Bref, une histoire d’yeux ! Reste à savoir si on y voit bien !

C’est ça aussi la vie de spéléo, l’instant magique et hors du temps en très bonne compagnie.
Sandrine.