mercredi 21 octobre 2020

L'autre Quéou

Dimanche 18 octobre

Il est 17 h sur le parking du monastère. Adrien et Damien, la Nistos Team du S.C.M., m'ont rejoint pour monter ensemble à l'Aoulhet en vue de la sortie du lendemain au Quéou. Leurs affaires encore humides d'une sortie la veille au "mille feuilles" sont sanglées en hâte sur des claies monstrueuses puis nous commençons la montée. Au  bas du premier raidillon nous croisons Alain et Brigitte qui redescendent de la cabane, pour eux, le week-end est terminé. Une heure et demi plus tard nous parvenons à l'Aoulhet. La cabane est déjà occupée par Gilles qui était venu chercher un peu de solitude. C'est raté. Mais le courant passe bien et rapidement nous échangeons sur nos passions respectives et sur les "trésors" cachés de ce massif. Une belle rencontre... Après une plâtrée de pâtes roborative nous montons d'un étage pour un bon roupillon réparateur.


Lundi 19 octobre

Jean et Pierre nous rejoignent vers 8 h 30, toujours très fringants malgré la montée. Puis tout va très vite et à 9 h 15, les premiers sont dans le trou. Le ruisseau au bas du premier puits coule bien mais nous ne sommes pas vraiment inquiets. Dans le canyon du Triple A nous posons quelques cornières dans un ressaut bien pénible à la montée. Cela facilitera la progression.

A l'extrémité de la salle de la Lebe

Il nous faut un peu plus de 2 heures pour arriver à la salle à manger (-450 m) où nous nous délestons d'un peu de matériel en vue d'un prochain bivouac. Petit casse croûte puis chacun déballe la tenue qu'il a apportée pour franchir le laminoir aquatique des Sangsues. Certains ont opté pour un top néoprène, d'autres pour un simple gilet, pour ma part ce sera une petite veste en 2 mm et un superbe collant noir digne d'un véritable petit rat de l'opéra. Nous poursuivons ensuite dans la rivière du Prévisionniste. A la confluence, Jean et Pierre prennent de l'avance dans l'affluent afin d'agrandir encore un peu le boyau. Pendant ce temps nous allons poser un Reefnet, mis à notre disposition par le CDS, au niveau du siphon terminal. Petit coup d’œil sur la vasque, pas de doute, c'est plongeable !

Pose du reefnet à -458 m

Nous rejoignons Pierre et Jean qui burinent dur. Le courant d'air aspirant est très fort et n'incite guère à la contemplation de nos deux travailleurs. Il est temps d'y aller. Je découvre le chantier réalisé par notre trio de choc (voir compte rendu du 28 juillet) et emboite le pas à Pierre qui m'indique les points topo. La première partie, la plus étroite mais aussi la moins humide, passe sans problème. 

Le boyau désobstrué en juillet
 
 
La seconde partie est plus aquatique

Derrière, il faut ramper dans l'eau tout en préservant le carnet et le disto. Pas toujours facile, surtout à la fin où la voûte s'abaisse et où il faut progresser à plat ventre dans le ruisseau. Puis brutalement le plafond se redresse dans une belle galerie de 10 m de haut pour autant de large. C'était donc bien vrai....

 

La voûte se redresse franchement

Nous avançons au rythme de la topo ce qui nous laisse le temps de scruter les départs et d'apprécier  la morphologie très particulière de cette galerie. Après avoir suivi l'actif nous optons pour le fossile, plus gros mais aussi plus chaotique. Nous n'arrêtons pas de monter et cela rappelle un peu le canyon du triple A. Au bout de plusieurs centaines de mètres, nous abandonnons ce qui semble être un axe majeur pour essayer de rejoindre l'actif. Devant nous, au sommet d'un ressaut à équiper, un gros tube se profile. Un coup de disto un peu au hasard dans ce gros trou noir indique une distance de plus de 50 m. Un bel objectif...

Les ressauts s'enchainent sans nécessiter le moindre équipement.

Au moment de rejoindre l'actif, Damien et Pierre nous invitent à les rejoindre dans une galerie affluente. L'accès est discret, mais derrière le conduit devient plus humain. Sur les parois quelques blocs d'ophite apparaissent au milieu d'un épais remplissage argileux, bleu sur brun... Malheureusement, une trémie met un terme à notre progression dans cet affluent. 

Mosaïque d'ophite sur fond d'argile...

Nous regagnons le conduit principal qui se dédouble encore une fois. Adrien et Damien partent en repérage dans le fossile. Arrêt sur pas grand chose. Nous continuons dans l'actif qui devient de plus en plus pentu avec une régularité déconcertante. Loin devant, je vois Pierre et Jean qui gravissent des ressauts couverts de calcite en évitant les cascades et à la recherche de points topo pas trop éloignés. 



 Le temps passe et vers 16 h 30 nous stoppons notre progression. Nous avons déroulé plus de 750 m de topo et monté de plus de 200 m par rapport au boyau des Sangsues. Nous cassons une petite croûte puis dévalons les cascades bien plus rapidement qu'à la montée. En un peu plus d'une heure nous retrouvons la salle à manger. Il nous faudra 2 h et demi de plus pour regagner la surface. Il est presque 21 h et finalement, avec Damien et Adrien, nous ne sommes pas trop pressés et une nuit supplémentaire au refuge serait bien plus confortable. Il reste un peu de pastis, des pâtes et même des gésiers confits...
Mais parvenus à proximité du refuge nous comprenons rapidement qu'il faudra mettre une croix sur les gésiers. Un groupe d'une bonne dizaine de personnes font cuire grillades et châtaignes sur le feu de bois à l'extérieur du refuge. Gilles, qui comptait passer une seconde nuit au refuge, est dépité. Finalement il redescendra avec nous.

 
Nous sommes aux voitures vers 23 h 30, bien calmés mais ravis de cette belle sortie en si bonne compagnie. Le Quéou n'a pas dit son dernier mot, nous non plus d'ailleurs....

Damien et Adrien, la Nistos Team !

 

Patrick et Damien pour les photos.


lundi 19 octobre 2020

Au daim chez Bazy

Dimanche 18 octobre du coté de Bazy

Sandrine, Bubu, Pascal, Alain M 

Ce dimanche nous hésitions pour aller soit du côté de l’Aoulhet prospecter et accompagner les spéléos qui vont faire un raid au Quéou le lendemain, soit pour un truc plus cool.

Nous penchons pour le truc plus cool et nous retrouvons du coté de Bazy pour continuer les travaux entrepris la semaine précédente.


Le temps est beau et il sera certainement agréable de continuer la désobstruction de la première cavité, appelons-là le « Trou des daims ».

Effectivement, c’est tout bon et les seaux de terre s’enchainent promptement jusqu’à midi passé. 

C’est l’heure du casse-croute, il fait bon, même chaud.

Nous reprenons le travail mais il fait de plus en plus chaud sous les combinaisons et nous décidons de nous déplacer vers une autre cavité à l’ombre, le trou de la doline.


D’ailleurs au trou des daims le vent est absent et les travaux s’annoncent de longue durée. 

Nous recommençons à casser du caillou dans le trou de la doline mais le travail n’avance pas très vite. On distingue une suite horizontale mais pour l’atteindre il y aura encore du boulot.

A 17 heures nous levons le camp.

 Alain M

samedi 17 octobre 2020

Géneres, c'est parti !

Vendredi 16 octobre

(Sandrine et Patrick)

Ce matin, il fait relativement frais lorsque nous entrons dans le trou. Celui-ci exhale un agréable courant d'air chaud qui nous conforte dans l'idée d'attaquer des travaux. En effet, au point bas, nos prédécesseurs du GRAS s'étaient arrêtés sur un passage impénétrable mais bien ventilé à -25 m. C'était en 1996 et, évidemment, ils ne disposaient pas des moyens actuels...



Pour faciliter les travaux qui risquent de prendre un peu de temps, nous commençons par équiper les petits ressauts et par aménager les quelques passages resserrés. Au fond, la première chose à faire consiste à élargir la diaclase qui est occupée par une grande lame. C'est efficace, mais depuis le matin la température extérieure s'est bien réchauffée et progressivement le courant d'air montre quelques signes d'affaiblissement. Cela devient compliqué de continuer sans se faire complètement gazer. Nous arrêtons là et ressortons au soleil. 


La prochaine fois il est impératif que le courant d'air soit plus franc, et si possible aspirant.

La diaclase terminale à -25 m


Patrick

mercredi 14 octobre 2020

Anniversaire, masque et gel..


Octobre, 2 anniversaires de 2 copines, faut fêter ça, et surtout se voir. 

Nous nous retrouvons à St Pé vers 18h30. Nous décidons de découvrir Générés 2 et finir par Générés 1. Bon, ben, Générés 2, nous ne l'avons pas trouvé. 

Direction la sublime petite cavité de Générés, où nous savons que les concrétions nous ravissent à chaque fois. 
Nous partons dans cette grande expédition, et ce n'est pas peu dire... 5speleos, 5 kits, à au moins 5m de profondeur, c'est digne des plus grandes sorties !! 
 Arrivés au fond de ce bijou minéral, en tant que très bons citoyens, nous enfilons nos masques. Et c'est ainsi que spider man, spider woman, la muerte, kat woman et l'otage ont pris places assises. 


Rappelons le contexte, les réunions entre amis c'est assis et moins de 6 à la même table. Il est 21h les victuailles se dévoilent.... 

Les discussions vont bon train ! En tant que bons républicains nous parlons d'une prochaine action artistique. Toujours 21h, les projets spéléos se multiplient. 21h, nous avons l'évocation d'une théorie très scientifique concernant la formation remarquable des excentriques.... 
Nous attendons toujours le lien de l'émission évoquant le sujet... 



Mince, il est 21h, demain le réveil va être dur, nous rentrons. Nous sommes de retour à la voiture à 21h.

 Là, nous nous rendons compte que le couvre-feu concerne Toulouse et non Peyrouse. Encore une sortie souterraine bercée par les joies de l'amitié. À bientôt pour de nouvelles aventures 

 Kat

lundi 12 octobre 2020

Les trous des daims…

Dimanche 11 octobre, Patrick et Sandrine, Jean Claude, Joël, Alain M et 2 nouveaux, Thomas et Valérie.

 Que ce mois d’octobre est capricieux pour la météo et il devient de plus en plus difficile d’organiser des sorties avec le beau temps.

Ce weekend, nous avions repoussé au dimanche la sortie, pensant avoir un samedi pourri et un dimanche correct, ce fut à priori juste le contraire.

Alors il faut s’adapter et surtout trouver des cavités avec peu de marche d’approche.

 Ce dimanche nous jetons notre dévolu sur une petite zone à priori peu ou pas prospectée récemment, mais avec un gros atout dans la poche, des renseignements intéressants de la part du propriétaire, recueillis il y a quelques jours par Jean Claude.

 « Présence d’un trou souffleur qui ne demande qu’à être pénétré et de grands effondrements justifiant une prospection méticuleuse ».

9 heures, nous sommes à St Pé et 9h30 à l’entrée de la ferme Bazy.

Le propriétaire nous accueille avec sympathie et nous autorise aimablement à entreprendre des travaux de recherche et de désobstruction. Il se propose même, lorsqu’il sera libre, de nous aider dans nos travaux.

Quelques consignes à respecter concernant les animaux qui se trouvent sur la propriété, je parle d’un magnifique troupeau de daims, de moutons de Soay, de chèvres, dindons et autre jard facétieux.


Magnifique, la nature heureuse.

Et c’est parti pour une première reconnaissance. Le temps est moyen il doit faire 5 à 6 degrés et pour la chasse au courant d’air, ce n’est pas terrible.

La première cavité, le « Souffleur » offre un départ sous un effleurement de calcaire mais le vent y est absent ce jour. N’empêche, le chantier semble facile et nous allons l’entamer.

Avant, nous continuons vers les dolines et un rapide tour nous fais apparaitre 3 départs, c’est sûr, c’est plus qu’intéressant.

Le temps est moyen, il commence à bruiner mais cela ne nous empêche pas de commencer des travaux.

 Nous faisons 3 groupes, et c’est parti pour brasser du bloc, retirer de la terre, couper des racines etc..

 Vers 13 heures c’est la pause casse-croute, pas de soleil mais sous les arbres qui ont encore quelques feuilles on s’en contente.

Nous faisons un peu plus connaissance avec Thomas et Valérie, un peu de jeunesse, cela baisse la moyenne d’âge des participants.

Thomas connait bien les Pyrénées pour y être venu il y a quelques années et avoir travailler à HPSN. Il a même déjà fait une sortie avec le club en juin 2014 et Valérie est vendéenne !

Rapidement nous reprenons nos chantiers mais le temps se gâte.

Pour le trou souffleur, nous sommes à découvert et pas question de continuer dans la terre argileuse et détrempée.

Pour le second trou, nous paillons plusieurs fois et bientôt ce sera pénétrable, cela semble un peu plus gros sur 1 ou deux mètres.

Pour le troisième chantier, découverte d’un puits de 10 mètres creusé dans le remplissage, donnant accès à une petite salle et suite dans un laminoir qu’il faudra un peu agrandir.

A 16 heures, c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous et c’est la retraite urgente vers les voitures.

Trempés comme des soupes, malgré les combinaisons.

Mais nous y reviendrons rapidement.

 

Alain M

mercredi 30 septembre 2020

Sur le Montagnon de la Pale

 


Mardi 29 septembre, Sandrine, Patrick, Jean Claude, Joël et Alain M

Nous décidons ce mardi de faire une petite sortie avant l’arrivée d’une nouvelle vague de mauvais temps. Le weekend prochain semblant déjà bien compromis selon la météo.

Nous nous retrouvons à 5 à St Pé ce mardi matin, le soleil est là, il va faire une belle journée.

 L’objectif, suite à nos découvertes récentes et dans le but de toujours augmenter notre connaissance du massif, sera de revoir quelques cavités déjà connues.

Nous nous retrouvons au parking de la Bouhadére pour aller voir ou revoir pour certain la grotte de Générés 1, LP13, découverte en 1996 par Michel Bof, et peut être bien placée sur l’amont du réseau du Sousbèt.

C’est une très jolie grotte avec plusieurs petites salles magnifiquement concrétionnées.

Nous procédons à une fouille minutieuse, une suite étant toujours possible.

D’ailleurs, sur la topo il y est noté un courant d’air aspirant à -23.


Effectivement, il y a un léger CA, ce jour soufflant, mais normal car en extérieur il ne fait pas très chaud.

Une séance d’aménagement sera nécessaire si l’on veut pouvoir entamer des travaux dans de bonnes conditions.

Nous ressortons et cherchons la cavité suivante, le LP14. Malheureusement nous ne pourrons la trouver.

Il est déjà midi bien passé et la pose case croute, cette fois ci attablé au belvédère du chemin karstique de St Pé sera la bienvenue.

Nous retournons ensuite au voiture avec pour objectif une cavité accessible par le bas du massif . Au parking, nous rencontrons la propriétaire de la ferme Couret qui rentre avec ses chevaux.

Nous engageons la discussion et elle nous accompagne à une cavité non explorée, située sur sa propriété.

Effectivement, un joli départ, certes un peu étroit, semble donner accès à un petit puits.

Nous nous attelons à la désob et après 2 heures d’effort, Sandrine parvient à pénétrer la cavité.

Hélas, le puits ne fait que 8 mètres et est irrémédiablement bouché par la terre.


Dommage, on aurait bien voulu que cela aille plus loin.

Il est déjà 16 heures passé, pas le temps d’aller voir notre autre objectif.

Mais nous y reviendrons, certainement rapidement



 Alain M

lundi 28 septembre 2020

Dans l'amont du Sousbet

Dimanche 27 septembre 2020

"La désobstruction n'est qu'un moyen, la finalité c'est l'explo..." (Confucius)

Le mauvais temps s'est mis en mode pause pour la journée et nous en profitons pour retourner au Sousbet afin de terminer le chantier de la semaine dernière. Entre temps la température a bien chuté et surtout il a beaucoup plu. Le gave est marron et la terre, poussiéreuse une semaine auparavant, est devenu spongieuse. Au parking nous nous retrouvons à 5 (Alain, Bubu, Jean-Claude, Sandrine et Patrick) et les plus pessimistes envisagent déjà un plan B au cas où il y aurait trop d'eau dans le ruisseau.

Au bas du puits d'entrée

Nous faisons deux équipes. La première (Alain, Bubu et Jean-Claude) s'occupent d'aménager un peu la tête du puits d'entrée. Pendant ce temps là, je file en amont avec Sandrine pour continuer la désobstruction du boyau "aquatique". Le ruisseau coule bien, mais en rampant sur le côté on évite la baignade. Et surtout, nous avons ressorti nos antiques combinaisons en Texair. D'accord, elles sont rigides comme des armures mais au moins elles sont étanches. D'ailleurs, cinq mètres plus loin, je parviens à franchir le bassin qui nous avait arrêtés sans même me mouiller. Cela me permet ainsi d'attaquer l'obstacle plus confortablement par l'autre côté où je peux me tenir debout. Les pailles se succèdent et après 5 séries, le passage est bien ouvert, le bassin est comblé et la suite nous tend les bras. 

Derrière le boyau, un petit ressaut permet d’accéder à la partie supérieure du méandre, plus confortable.

Les autres ayant terminé l'aménagement du puits, nous nous retrouvons tous au départ du boyau pour faire le point et casser la croûte. Entretemps, Pascal nous a rejoint, l'explo peut commencer...

Derrière le boyau que nous avons agrandi, la voûte se relève brusquement et nous retrouvons le méandre tel qu'il était en aval. Un passage supérieur confortable double l'actif qui reste ponctuellement bas. Comme en aval, le conduit est bien concrétionné et de beaux remplissages perchés à plusieurs mètres de hauteur témoignent des différentes phases de creusement. 



Comme en aval, la partie supérieure du méandre est bien souvent impraticable en raison du concrétionnement.

Au bout d'une trentaine de mètres, il faut à nouveau redescendre au niveau de l'eau, le concrétionnement empêchant de poursuivre dans les niveaux fossiles. A cet endroit, nous rencontrons les marnes qui, localement, forment un cloaque qui ne va pas s'arranger avec les passages. Plus loin, un bassin nous contraint à une petite trempette qui heureusement ne dure pas. Finalement au bout d'une cinquantaine de mètres, nous nous redressons dans un petit élargissement limité en amont par une belle vasque d'eau surmontée d'une fissure étroite impénétrable en l'état. Derrière, cela semble plus grand. 


 Baignade...

Pendant que les uns reprennent le perfo pour éliminer l'obstacle, les autres dressent la topo de la nouvelle partie. Une heure plus tard le passage est ouvert. Derrière la suite n'est pas très engageante et prend la forme d'un boyau étroit et déchiqueté, terminé par un bassin profond. Ce programme n'enthousiasme pas grand monde. 

Mouillé pour mouillé, je pars avec la massette afin d'éliminer les protubérances les plus gênantes. Arrivé au bassin, je parviens à me relever dans une diaclase hachée par l'érosion. Visiblement c'est plus vaste derrière mais de fines lames de roches empêchent de passer. Heureusement, elles ne sont pas trop épaisses et au bout d'une demi heure je parviens à me frayer un passage et à me contorsionner pour gagner le haut du conduit. Celui-ci retrouve ses dimensions d'origine. Je fais une reconnaissance sur une vingtaine de mètres jusqu'à une sorte de trémie d'argile qui semble assez ponctuelle. Derrière cela semble à nouveau plus grand. On verra ça une autre fois avec les copains lorsque les boyaux seront un peu moins inconfortables et après de nouveaux travaux permettant à tous d'y aller.

Jean-Claude en contemplation devant l'affleurement marneux.

Au total, nous avons ajouté aujourd'hui une centaine de mètres dans cette direction. Il y a l'eau mais aussi un très net courant d'air qui nous laisse espérer encore quelques prolongements vers l'amont. Affaire à suivre...


 

Alain et Patrick

 


jeudi 24 septembre 2020

Au Tuc Blanc

Mercredi 23 septembre 2020

Lorsqu'on regarde les photos aériennes de la chaîne des Pyrénées, on est forcément attiré par ces grandes taches claires qui, à défaut de représenter des névés ou des glaciers, correspondent bien souvent à des affleurements calcaires. Un recoupement avec la carte géologique du coin permet en quelques clics de vérifier cette observation (sur karsteau, cela est très facile, un peu de pub ne nuit pas !). En tout cas, cela a été le cas pour ce beau triangle gris clair situé à l'est du Vignemale et portant le nom de Tuc Blanc.

Le Vignemale, première victime de la perturbation qui arrive par l'ouest.

Quelques recherches à propos d'éventuelles explorations sur le secteur étant restées sans résultat, nous en concluons que ce Tuc n'avait pas spécialement branché les spéléos. Alors pourquoi ne pas y aller.
Nous profitons donc d'une éclaircie annoncée mercredi pour effectuer une reconnaissance légère à deux, Sandrine et moi.

Arrivés au départ du sentier, non loin du lac d'Ossoue, les nuages commencent à accrocher les sommets notamment celui du Vignemale qui disparaît déjà dans la brume. Une perturbation étant prévue l’après-midi, nous pressons le pas et montons droit dans la pente pour rejoindre le lapiaz situé 600 m plus haut.

 

Les deux premières entrées que nous rencontrons.

Une heure et demi plus tard nous pouvons commencer à prospecter, tout en faisant fuir une bonne trentaine d'isards, visiblement peu habitués à voir du monde dans le secteur. Très rapidement nous tombons sur un premier trou. L'entrée est avenante mais la suite est rapidement colmatée par des éboulis. Mais c'est quand même bon signe. Nous poursuivons et cinquante mètres plus haut, deuxième entrée. Celle-ci est plus vaste mais le conduit occupé par un névé bute également sur un éboulis. Pointage, topo puis nous repartons.

Sur la partie haute du lapiaz, à l'entrée d'un puits d'une dizaine de mètres.

Vers 2400 m d'altitude, le lapiaz se couche et devient presque horizontal. C'est là que nous découvrons le plus de gouffres, essentiellement de petits puits, mais parfois bien formés. En plus, la bordure sud du lapiaz correspond à une zone de contact avec des couches imperméables d'où la présence de quelques pertes fossiles. 

Ce joli gouffre, creusé à l'emporte pièce s'ouvre juste au niveau d'une faille mettant en contact les calcaires massifs avec un niveau plus gréseux imperméable.

Mais le temps se gâte et un vent froid commence à balayer la face nord où nous nous situons. Les nuages deviennent plus menaçants et nous préférons entamer un repli stratégique. Cela ne nous empêche pas de pointer encore quelques gouffres. 

Une belle entrée, mais bouchée au bout de 5 m...

Parvenus au bas du secteur intéressant nous essayons de trouver une éventuelle résurgence à ce petit lambeau de calcaire. Et effectivement, 450 m en contrebas des points les plus élevés du lapiaz, nous tombons sur une belle résurgence qui sort des éboulis de versant. Alors bien sûr, ce n'est pas un karst majeur vu la surface limitée du bloc calcaire (0,5 km²), mais qui sait, avec un peu de chance il peut y avoir suffisamment de place pour quelques jolies cavités. 

La résurgence probable du massif.

 

Donc c'est certain nous y retournerons.

Patrick

lundi 21 septembre 2020

A la Recherche de la grotte perdue au Tail

 Jeudi 17 Septembre , JC Mengelle et Alain Dole





Hier c’était l’anniversaire de JC, alors pour honorer sa nouvelle dizaine, au dernier moment, je l’invitée pour une sortie surprise ! Pourquoi ne pas rechercher la fameuse grotte du « frère Antoine » ce prêtre local qui aurait découvert une grotte merveilleuse rapportée par l’Abbé Abadie et qui ne l’a pas retrouvée… Et puis il y a aussi les dires locaux, ceux d’un réfugié allemand qui durant la guerre de 45 l’aurait retrouvée…  On parle aussi d’un sauvetage de spéléos en herbe dans une grotte du coin !

Ce n’est pas du vent, assez d’indices pour exacerber notre curiosité !

Ainsi, avec Jean Claude nous voici au Tail, sous la ferme Bazi prospectant dans la forêt sous une chaleur harassante…

On fouillera sans succès et pour conjurer le sort de ne rien trouver, Jean Claude me mène aux résurgences de Quinta au fond du coumat !

J’en profite pour faire des prélèvements dans l’eau glacée de coquilles de gastéropodes, qui sait de quoi exacerber la curiosité d’un malacologue ?


Au-dessus du LP39, un nouveau trou à intégrer dans Karsteau…

 Il existe ! En voici la preuve !

Joël n’était pas là pour nous rappeler à l’ordre !

Il est 13h30 quand nous faisons le break, un peu de pâté amélioré, un, deux bons coups de rouge, fromages… Sieste ? Eh bien non, car on repart en prospection au Couraü où Jean Claude a trouvé une fissure qui plonge !


Passage devant la grotte du Couraü LP10 et descente dans les barres rocheuses pour retouper la fissure.

Pour changer l’ordinaire, un peu de désob dans la terre et arrachage de racines. C’est maigre, mais cela plonge bien sur 5 m.

Une nouvelle entrée dans Karsteau ?

 Retour au véhicule, en remontant, Jean Claude déniche un nouvel abri sous roche assez esthétique, 40m en dessous la grotte du Couraü. On y note deux petits rhinolophes. Un site rocheux et taraudé. Des surprises nous y attendent…. Il faudra y retourner prospecter !

Une journée bien remplie et de nouveaux objectifs pour le futur….

Et surtout ratisser de nouveau ce coin du Tail en vue de retrouver (enfin) la grotte du « frère Antoine » qui nous promène de prospections en prospections !

 

Alain Dole