mardi 29 octobre 2019

Salle inférieure de la Bouhadère



Vendredi 25 octobre

Changeant mon objectif premier, faute à la pluie des derniers jours, je me rends seul dans la Salle inférieure de la Bouhadère pour examiner le débit des eaux d'infiltration suite aux grosses pluies des derniers jours... Vais-je découvrir une piscine ?
Stationnement à Soulas. Entrée par le porche de la Bouhadère. Descente du puits de l'ours et rappel de la corde. Dans la Salle du Chaos, je prends le shunt descendant (sans la MC et le P10 fractionné). En haut de la lucarne du P 25, je n'entends aucun bruit particulier me laissant penser que la salle est sous les flots d'une cascade abondante.
Je descends dans la salle par le P 25. Effectivement en bas, rien de particulier...écoulements très faibles, pas plus qu'en été. La piscine sera pour une autre fois !
Les 2 écoulements habituels sont :
- sur la grande cascade de calcite d'un côté de la salle ; aujourd'hui un petit ruisselet ne coule que contre la paroi,
- dans la flaque (de remplissage des lampes à carbure) de l'autre côté, des gouttes en provenance du plafond s'écoulent régulièrement. Là aussi un petit ruisselet déborde de la mini-retenue pour couler dans la salle.
Les 2 ruisselets se rejoignent comme habituellement pour former un ruisselet qui va se jeter dans le méandre, resserré ensuite par l'étroiture du terminus de la topo.
Donc, en termes d'hydrologie, rien de bien violent... 
Comme j'étais là et avant de remonter, j'ai fait de la dépollution de la salle pendant 25'. La récolte fut bonne !
En remontant je suis allé me promener dans tous les méandres fossiles et sous les blocs de la Salle du Chaos, avant de reprendre le chemin du retour par l'escalade à Nico.

Marc Chanliau

dimanche 27 octobre 2019

le Bet à Bet....


Samedi 26 octobre, Jean Claude, Bubu et Alain M.

Ce samedi nous retournons sur le montagnon de la Pale, dans la partie basse, située au Nord, au moins nous n'aurons pas trop chaud (!)

Nous sommes sur une zone riche en cavité (93 recensées pour 5,5 km de galerie) et il subsiste encore de nombreux points d'interrogation.
Aujourd’hui nous retournons voir du côté de la "Tute à Bet".

La marche d'approche est courte et nous sommes rapidement sur zone, guidés par la boussole interne de Jean Claude et l’aide un peu aussi du GPS.

Nous approchons de la cavité et remarquons un petit départ.
Une main dans le départ, ça souffle ! Joli, va falloir s'en occuper.
Nous continuons jusqu’à la Tute, elle ne s'en trouve qu'à une quinzaine de mètres.
Jolie entrée mais aucun courant d'air, ni soufflant, ni aspirant.
Aucune hésitation, nous redescendons au trou que nous avons découvert en montant.
Le matériel est sorti et nous "attaquons" le chantier.
Tiens, un burin, la cavité aurait-elle déjà fait l'objet d'un grattage. Effectivement, des traces de désobstruction et même des trous de diamètres 12, c'est pas peu dire.
Après quelques cailloux retirés, en s'allongeant, on voit que la suite n'est pas bien grande. Le courant d'air soufflant par contre excite notre curiosité et avec les moyens modernes, il y a certainement quelques choses à faire.
 
Et c'est parti pour un chantier qui va durer jusqu'à 15 heures, jusqu'au dernier souffle de notre quatrième batterie.
On a bien avancé, optimiste dans ces moments-là, je dirais que ça continue, c'est sûr, on va tomber sur du gros.

Nous stoppons les travaux et allons dans la Tute à Bet.
Comme vu le matin, pas le moindre courant d'air. C’est une très jolie salle déclive qui nous mène au-dessus d'un méandre.
Des traces de désobstruction montrent que le méandre a été descendu à 2 endroits. Vu la taille des 2 passages, ce devait être des petits calibres.


Pas de vent, nous n'essayons même pas de forcer le passage.
Remontée, rangement du matériel et nous serons à la voiture sur les coups de 17 heures, avec au passage quelques châtaignes dans les poches.

Ça continue...

Alain M



lundi 21 octobre 2019

La Pâle, bis repetita placent !*

Samedi 12 octobre en nocturne, Mac C et 5 jeunes.

La rentrée des classes, c'est terminé mais je persévère pour de nouvelles rentrées de futurs membres du club !  Ce soir-là j'accueille 5 jeunes lycéens de Tarbes et Lourdes, dont Paul, le fils d'amis lourdais.

Et puisque La Pale plait, plaisons-nous à y retourner !  

Il fait bien nuit à 20h30 quand nous nous engageons sur le sentier karstique avec cette joyeuse troupe. La traversée de la forêt de nuit et bien fraîche fait partie de l'ambiance de la sortie.
En quelque sorte, Octobre noir et frais, après Octobre rose chaud chaud chaud...(cf. www.cdsc65.org).
Les quelques centaines de mètres sont vite avalés, surtout qu'ils sont agrémentés de pause technico-spéléo-scientifico-culturelles à la Borne 109, à la Bouhadère (x 2) et à chaque entrée de la Pâle.
Au bout du sentier, chacun choisit son entrée et nous nous plongeons tous dans le monde de la nuit souterraine.

C'est pour eux tous une première...
Leçon de choses sur le concrétionnement et la petite faune de l'entrée, ramping dans les Salles Basses et nous voilà à admirer les traces paléontologiques de griffades d'ours des cavernes.
Les 30 000 ans qui nous séparent de la nuit où la bête a réalisé son œuvre ne sont rien, nous sommes femmes et hommes des cavernes ce soir, et nous nous demandons si l'ursidé ne va pas passer sa tête dans le faisceau de nos lampes au détour d'une concrétion. 

Poursuite par les salles des lacs (de boue à cette époque) et terminus sous la cheminée tout près de la sortie. C'est la séance d'extinction des feux des frontales où le noir total s'installe quelques minutes, alors que le silence de la caverne peine à s'imposer face aux rires nerveux...

Je raconte l'histoire de l'Abbé coincé dans la Résistance avec 3 allumettes... Frissons...
 
Classiquement, retour par la boucle jusqu'au départ du boyau, non sans jeter un œil curieux sur la bauge à ours, puis les prélèvements humains d'argile, là-aussi protégés par la cordelette réfléchissante posée en 2017.
La traversée du boyau donne lieu aux habituelles parties d'angoisse et de rigolade. Les grands jeunes retrouvent leurs âmes d'enfants !
A la sortie ce ne sont que sourires et bonne humeur. Sur le parking, ils font la promesse de remettre ça, "c'était trop bien !".

Merci les jeunes pour votre dynamisme et votre curiosité. A bientôt en sortie initiation ou en Ecole de Spéléo ou encore mieux en adhésion à un club.

Marc C


* : « Deux Pâle ne font jamais mal »

dimanche 20 octobre 2019

Burette et massin...

Samedi 19 octobre, Patrick et Sandrine, Jean Claude, Bubu, Alain M et Philippe J.

Nous sommes 6 ce samedi pour retourner au Bois de Bénac voir ces "petits trous" qui nous occupent depuis quelques temps.
La météo était bonne hier au soir mais nous sommes à St Pé et le temps est bien changeant.
A deux reprises nous aurons des averses, pas très importantes, mais toujours embêtantes lorsque l'on est dans une forêt bien en pente.
 
Tour à tour nous passerons au Trou de la Paille ratée, au Trou de Maryse, au Ramette puis au Trou Jaffro.

Malgré tous nos efforts il n'y aura pas de grande suite découverte mais au moins nous mettrons un statut sur ces différentes cavités.

Trou de la paille : pas de vent, du boulot car la roche se "défend", ce ne sera pas pour aujourd'hui.
Trou de Maryse : jonction à la voix avec le trou de Coudet : Terminé
Trou des Ramettes : travail important pour faire une désobstruction verticale. Peu de vent. On laisse tomber.
Trou Jaffro : grosse désob dans une roche qui ne se laisse pas faire. Après 3 heures d'effort ça passe pour queuter à 2m50 de profondeur. Terminé.

Au moins nous savons à quoi nous en tenir pour ces cavités.
A ce jour, sur la zone « Bois de Bénac », nous recensons 178 cavités.

Vu la richesse de cette zone, il est certain que nous y retournerons rapidement et ferons de nouvelles découvertes.


Alain M


mardi 15 octobre 2019

Angoustise, Durban, Merdanson et plus si affinités...


Dimanche 13 octobre, Sandrine, Patrick, Jean Claude et Alain.
Rejoint ensuite par Serge, Dominique et Florian.

Ce dimanche, l'objectif se trouve au sommet du Merdanson, un puits signalé à Jean Claude par les chocards du coin et qui à priori serait vierge.

Mais par où passer pour aller en haut de ce sommet qui, bien que pas très haut en altitude, est éloigné de toutes les routes ?

Ce sera en partant des bergeries de Lagouare, un repérage précédent ayant montré que l'on pouvait s'en approcher très près en voiture (4 x4).
Et vers 9 heures 30 nous voici au départ après 10 km de piste pas très mauvaise.

Nous suivons un premier sentier de toute beauté qui nous fait passer au nord du Pic Angoustise. Au passage nous repérons une première cavité sous une vielle tôle. Aucune donnée sur la base Karsteau, il faudra la saisir.
Nous passons ensuite près du Puits Bayle et du L4. A priori ces 2 cavités n'en sont qu'une. Patrick y redescend afin d'en avoir la topographie.
Nous continuons ensuite vers le Durban. La pente se précise et à priori nous avons certainement raté un passage. Il faut naviguer à vue. Cela durera un bon quart d'heure et enfin, ouf, nouveau sentier et c'est reparti. Joli sentier de crête et enfin le Merdanson est en vue. D'ailleurs au sommet il y a des randonneurs.
Nous décidons de pousser jusqu'à la cavité, il est près de 13 heures mais on mangera là-bas.
Il fait beau, la vue sur le massif de St Pé est magnifique, de l'Isarce au Grandquet, la totale.

Après le repas Patrick s'équipe pour descendre le gouffre. Les chocards nous ont accueillis avec de grands cris, ils ont peut-être reconnu Jean Claude.

Le puits mesure 30 m. C'est une belle fracture qui n'est pas sans rappeler celle du Pan de la Mine. Au bas, une fissure impénétrable rejoint un puits de 4 à 5 m mais sans air (désobstruction à faire). A l'opposé de cette fissure une escalade d'une dizaine de mètres le long d'une coulée stalagmitique amène à l'extrémité de la diaclase, mais une lucarne en paroi communique avec un puits parallèle étroit mais ventilé. Par manque de corde, il n'est pas descendu jusqu'au fond. Mais en regardant de plus près la lucarne au sommet du puits, on remarque des éclats de roche pouvant résulter d'une antique désobstruction. Ce ne serait donc pas de la première mais encore une fois, nous n'avons trouvé aucune trace d'exploration dans la bibliographie.
Pendant que Patrick descend le puits, Jean Claude reçoit un message de Serge qui est dans le coin.
Les personnes qui étaient sur le Merdanson à notre arrivée, et bien c'était lui et sa famille.
Ils nous rejoignent, on papote....
Ils sont passés par le vallon du Turounet, là aussi, jolie ballade avec plus de 1000 mètres de dénivelé.
Et au passage d'un col Serge a repéré un nouveau trou, courant d'air aspirant violent, que du bonheur et des explos à venir.

Patrick ressort de la cavité, cela continue mais pas asses de corde pour descendre le dernier puits en sécurité. Et le courant d'air, bien marqué, aspirant. C'est tout bon.

Il faut penser au retour, nous décidons de passer par le sentier de la Portère qui nous mènera au vallon de la Glacère puis retour aux bergeries de Lagouare.
Hélas, même si le sentier est de toute beauté, il nous mène à un point bas à 1180 et les voitures étant garées à 1480, il va falloir remonter 300 mètres sur une distance de 3 kilomètres.

Dans le bas des pelouses nous observons une petite couleuvre. La photo prise permettra d'identifier une Coronelle lisse, relativement difficile à observer. Un cadeau.


Le soleil est là, c'est beau, on prend notre mal en patience et à 17h30 on y sera arrivé mais qu'il fait bon s'asseoir.....

Alain



 Vue sur le massif de St Pé

samedi 12 octobre 2019

Les dessous du Vignemale

Le temps est encore au beau fixe et il faut en profiter avant que les premières neiges arrivent. Nous improvisons donc cette petite sortie au Vignemale dans le but de retrouver des trous oubliés depuis les premières recherches menées par Jolfre dans les années 70 et bien sûr d'essayer d'en découvrir d'autres dans la partie de lapiaz qui se libère chaque année en raison du recul du glacier.


 Montée sur les "dos de Baleine" du lapiaz d'Ossoue

Jeudi 10 octobre 2019

Il nous faut 2 h et demi pour accéder aux cavités que nous souhaitons voir en premier. Ce matin, les 1000 m de dénivelé nous semblent moins rudes que la dernière fois, et le soleil ainsi que ces paysages extraordinaires nous font rapidement oublier les affres de l'approche. Arrivés au gouffre VI-8, je me prépare à aller voir la suite dans la lucarne de -20 m tandis que Sandrine part à la recherche du gouffre O4, le plus profond actuellement connu sur le lapiaz d'Ossoue (-100 m). 

 Fabuleux paysages glaciaires, on ne s'en lasse pas !

Cette-fois ci pas de coinceurs improvisés avec des nœuds dans un bout de dyneema, j'ai le perfo et de la batterie alors je peux poser quelques points dignes de ce nom. Les abords du puits de la lucarne sont assez vilains et de grandes dalles marneuses menacent de tomber. Après un bon nettoyage, je descends un cran d'une quinzaine de mètres mais le fond vers -30 m est tout broyé. Petite topo rapide et je retrouve Sandrine qui m'annonce qu'elle a retrouvé l'O4 à peu près à l'endroit où Gérard, PMA et son fils pensaient l'avoir localisé en 2017. Avant d'y aller nous en profitons pour descendre le VI-01, un beau gouffre à 3 entrées qui était bouché par un névé en 2017. Celui-ci ayant bien fondu c'est l'occasion de voir le fond. Malheureusement, mais ce n'est guère surprenant, la base du puits est remplie de moraine vers -20 m. 

Le gouffre VI-01

Nous terminons en allant voir ce fameux trou O4 qui ne paie vraiment pas de mine. Un court boyau étroit nous amène au bord d'un puits qui se désescalade assez facilement. Il n'y a aucun doute, cela correspond parfaitement à la description de Jolfre. Nous en restons là pour aujourd'hui, nous reviendrons plus tard avec Gérard qui l'avait longuement cherché...

L'entrée du O4, insignifiante mais bien protégée
ce qui explique qu'elle n'ait pas été colmatée par la moraine.
 
Ce soir, nous avons choisi l'option "grand luxe" en allant dormir au refuge de Baysellance, de l'autre côté de la crête du Petit Vignemale. Il n'y a qu'une petite poignée de randonneurs et c'est finalement bien agréable.

Vendredi 11 octobre 2019

Nous ne démarrons pas à l'aube car Pascal doit en principe nous rejoindre sur le lapiaz. Mais lorsque nous descendons pour prendre notre petit déjeuner nous le trouvons au réfectoire en train de nous attendre. Parti vers 4 h du matin, il a fait la montée de nuit, gonflé à bloc pour aller en découdre avec les gouffres du Vignemale. 

 "Ultima Vignemale..."

Aujourd'hui, nous avons prévu de grimper un peu plus haut sur le lapiaz, dans la partie qui devait être encore couverte par le glacier en 1970. Le risque c'est bien sûr de rencontrer plus de neige au fond des trous mais avec un peu de chance cela peut quand même passer. Nous commençons par remonter le bord sud du vallon qui borde la face du Petit Vignemale. Les paysages sont superbes et les formes d'érosion glaciaires tout à fait remarquables. Nous progressons ainsi jusqu'à environ 2900 m d'altitude sans rien trouver. Aussi nous décidons nous rapprocher des crêtes du Montferrat, un peu dans l'alignement des trous que nous avions retrouvés plus bas. 

Un de plus !

Rapidement, nous tombons sur une première entrée, puis une seconde, une troisième et en moins d'une heure nous en localisons près d'une dizaine dont certaines avec des puits assez profonds.
Nous retrouvons également une grotte que PMA avait signalée lors de sa venue en 2017. Nous y retournons et au point bas, Pascal désobstrue un petit soupirail menant à un ressaut de 4 m suivi de méandres étroits à revoir.  

 Le VI-18 une jolie grotte à revoir...

Nous redescendons ensuite en direction de la grotte O4 tout en prospectant et en retrouvant encore quelques belles entrées. Pour terminer la journée, nous tentons une désobstruction dans le fond de la grotte VI-07. Nous sommes à deux doigts de passer mais il nous manque un outil pour déchausser un gros bloc planté juste au milieu du passage étroit.


Désobstruction dans la grotte VI-07


Nous redescendons par l'arête du Montferrat.

Il reste donc encore bien des choses à faire et refaire sur le secteur. Certes, reprendre des trous sans doute déjà explorés par d'autres peut sembler ingrat mais il y a une vraie carte à jouer sur ces massifs d'altitude où la glace et la neige libèrent, en fondant, de nouveaux passages. Et puis, l'ambiance et le décor suffisent largement à se faire plaisir.

Le Montferrat (3219 m)

Patrick


samedi 5 octobre 2019

Le Bassia, jusqu'au siphon

Mercredi 2 octobre 2019

Le projet autour du Bassia commence à faire des émules et c'est à 8 que nous nous retrouvons au bas de la piste. Aujourd'hui, il y a deux équipes pour des objectifs différents. La première, emmenée par Alain (GAS) retourne à la grotte Desdemone afin de poursuivre la désobstruction et tenter une escalade (José du SCM 11, Pascal et Sandrine du GSHP) (voir le compte rendu d'Alain sur le blog du Gas). 
La seconde retourne au gouffre de Coume Bère (Bassia) pour continuer la révision de l'équipement ainsi que la topographie (Damien du SCM, Serge, Jean et Patrick du GSHP).
Il ne fait pas bien beau et nous nous équipons sous la pluie mais qu'à cela ne tienne, le trou est à 10 m de la voiture. Alors on ne va pas se laisser impressionner. La descente est rapide car les puits s'enchainent sans interruption jusqu'à la salle à manger (-257 m). Au passage, nous changeons la corde du puits de la Douche où le débit du ruisseau ne semble pas avoir beaucoup varié depuis notre dernière venue. A partir de la salle à Manger, nous sommes tous en terrain inconnu car aucun d'entre nous ne connaît la cavité, même Serge qui a pourtant bien bourlingué dans tous les massifs du département.

La morphologie diffère un peu et désormais il faut souvent ramper entre chaque puits, mais les passages les plus étroits semblent tous avoir été agrandis. Vers -305 m nous débouchons enfin dans la salle de Pâques. 

 L'arrivée dans la salle de Pâques.

Le décor change à nouveau et nous nous retrouvons une fois encore au contact avec, semble-t-il, des calcaires plus argileux (Aalénien ?). Ici les strates sont toujours redressées à la verticale ce qui donne un profil très particulier mis en valeur par quelques belles concrétions immaculées. L'éboulis qui l'occupe est très pentu et nous fait gagner une quarantaine de mètres de dénivelé. 

 La salle de Pâques.
Les strates verticales et calcaires visibles au plafond contrastent
avec la paroi gauche constituée de couches plus argileuses.

Damien en extase devant les concrétions.

Au point bas, nous retrouvons les reste du bivouac ventilé qui a permis au spéléos du SC Baronnies de pouvoir entreprendre les travaux de désobstruction dans le puits étroit qui constituait le terminus du gouffre jusqu'en 1992. Il s'agit du seul endroit à peu près plat de la salle, mais sans doute aussi le plus froid car tout le courant d'air se concentre ici pour s'enfiler dans le goulet menant à la salle de Gascogne. 

L'emplacement du bivouac. La suite est à droite, derrière Damien.

Cette dernière est occupée par de gros blocs effondrés et la suite est peu engageante. Il s'agit d'un puits incliné, étroit par endroits et dans lequel les explorateurs ont du batailler dur pour passer. Bravo à eux car ce n'était pas gagné. La descente mesure une bonne quarantaine de mètres. Au bas, on retrouve un conduit plus confortable au bas duquel coule un petit actif qui est très probablement celui du puits de la Douche que nous avons perdu dans les éboulis de la salle de Pâques. Nous retrouvons aussi un petit stock de matériel, abandonné depuis les plongées de 2009. Il est dans un bien triste état. 
Le puits suivant (12 m) est déséquipé. Heureusement nous avions prévu le cas et nous pouvons continuer la descente. 
 
 Serge à la recherche d'un amarrage naturel pour l'équipement du P.12

A partir d'ici, nous n'avons aucune information sur la suite du conduit. Fort heureusement les petits puits qui suivent sont tous équipés de vieilles cordes boudinées, amarrées la plupart du temps directement sur des becquets. Un cadre EFS un peu psychorigide aurait de quoi s'arracher les cheveux. Mais cela nous convient bien et nous prenons plaisir à dévaler ce ruisseau qui n'en finit pas de descendre. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, un dernier ressaut nous amène au siphon terminal. 

L'arrivée au siphon terminal (-480 m)


Même s'il semble un peu étroit, la transparence de l'eau nous donnerait presque envie de rechausser les palmes. Assez rêvé ! Il faut maintenant passer au chose sérieuses car il serait bien de topographier tout ce que nous venons de dévaler depuis la salle à manger. 

Serge, arrête de rêver !!!

 Progressivement les rôles se mettent en place et chacun fait le nécessaire pour que cela avance le plus vite possible.  Nous en profitons pour entrevoir quelques départ notamment la branche dite "amont" qui avait été l'objet des plongées de 2009.  Il est près de 17 h lorsque nous parvenons enfin à la salle à manger et à notre terminus topo précédent. Deux heures plus tard, nous sommes dehors, il ne pleut plus. Jean travaille le lendemain, Serge a de la route, mais nous prenons quand même le temps de savourer la fin de cette sortie efficace et bien sympathique. 


 Patrick
 
P.S. : Au total, nous avons topographié à peu près 470 m de conduits et la côte du siphon est de -480 m.

jeudi 3 octobre 2019

Plus de trous que de cèpes

Cela fait plusieurs jours que je ne suis pas allé chercher des cèpes. Il n’a pas plu (ou si peu) depuis longtemps mais on ne sait jamais, alors ce lundi  30 septembre je décide d’aller y faire un tour.
Je monte donc de bonne heure du côté d’Aoulhet et cherche… cherche… rien, même pas un mauvais.

Qu’est-ce que je suis venu faire ici, j’aurai pu me douter que je montais pour rien. Tiens je vais en profiter pour aller revoir et prendre quelques photos du "Gouffre du Puntou de las Crampes" que j’ai trouvé au mois d’août. Il est toujours là, bouche grande ouverte vers le ciel. J’ai emmené l’appareil photo et prends quelques clichés

Gouffre du Puntou de las Crampes

Gouffre du Puntou de las Crampes
J’ai le temps de prospecter un peu dans le coin en-dessous du sentier. La pente est assez raide et je ne suis jamais passé par là. Je me faufile entre les buis et les rochers, avance tranquillement en jetant un oeil à droite, à gauche, dessus, dessous. Les buis sont clairs depuis le passage de la pyrale. Ah ! un départ. Est-ce un terrier de blaireau ? Je me penche, allume la frontale… Houla, ça a l’air de continuer. Un petit lacot d’un mètre sur un est presque à l’entrée. et de là, une galerie très concrétionnée part sur la gauche mais je ne m’y aventure pas, je suis seul et dans un coin inconnu. Ce sera la "Grotte du Puntou de las Crampes".

Grotte du Puntou de las Crampes

Grotte du Puntou de las Crampes
  
Grotte du Puntou de las Crampes

Je me dis que je ne suis pas venu pour rien et je continue à avancer. Quelle surprise à une centaine de mètres plus loin... un autre trou qui ressemble énormément à l’autre. Un coup de frontale et je vois un conduit où je me faufile en rampant puis à quatre pattes sur quinze à vingt mètres. Après un coude, je vois que ça continue mais je n’irai pas plus loin. Ce sera le "Conduit du Puntou de las Crampes".

Conduit du Puntou de las Crampes

Conduit du Puntou de las Crampes

Conduit du Puntou de las Crampes

Quelle journée, et dire que je n’étais jamais passé par ici. Deux nouvelles cavités en si peu de distance, c’est vraiment formidable.

Je reprends mon sac et continue en me dirigeant vers le sentier qui ne dois pas être très loin… Eh… c’est quoi ce rocher blanc à quelques mètres du "Conduit", il semblerait qu’il y ait quelque chose au pied. Un tunnel aurait-il été creusé par quelqu’un ? Que c’est beau. Vite, la frontale, où l’ai-je mise ? Ah... la voilà. C’est incroyable, une galerie avec un ramping sur 1 mètre, puis à quatre patte, puis accroupi sur vingt ou vingt-cinq mètres puis debout dans un méandre de plus en plus haut. Je suis à trente ou quarante mètres de l’entrée. Ca continue, mais, seul je n’irai pas plus loin. Ce sera le "Méandre du Puntou de las Crampes". 

Méandre du Puntou de las Crampes

Méandre du Puntou de las Crampes

Méandre du Puntou de las Crampes

Méandre du Puntou de las Crampes
Merci au modèle !!!

Méandre du Puntou de las Crampes

Trois cavités nouvelles en quelques dizaines de mètres, ça motive pour monter prochainement faire les explos.

Jean Claude