jeudi 24 septembre 2020

Au Tuc Blanc

Mercredi 23 septembre 2020

Lorsqu'on regarde les photos aériennes de la chaîne des Pyrénées, on est forcément attiré par ces grandes taches claires qui, à défaut de représenter des névés ou des glaciers, correspondent bien souvent à des affleurements calcaires. Un recoupement avec la carte géologique du coin permet en quelques clics de vérifier cette observation (sur karsteau, cela est très facile, un peu de pub ne nuit pas !). En tout cas, cela a été le cas pour ce beau triangle gris clair situé à l'est du Vignemale et portant le nom de Tuc Blanc.

Le Vignemale, première victime de la perturbation qui arrive par l'ouest.

Quelques recherches à propos d'éventuelles explorations sur le secteur étant restées sans résultat, nous en concluons que ce Tuc n'avait pas spécialement branché les spéléos. Alors pourquoi ne pas y aller.
Nous profitons donc d'une éclaircie annoncée mercredi pour effectuer une reconnaissance légère à deux, Sandrine et moi.

Arrivés au départ du sentier, non loin du lac d'Ossoue, les nuages commencent à accrocher les sommets notamment celui du Vignemale qui disparaît déjà dans la brume. Une perturbation étant prévue l’après-midi, nous pressons le pas et montons droit dans la pente pour rejoindre le lapiaz situé 600 m plus haut.

 

Les deux premières entrées que nous rencontrons.

Une heure et demi plus tard nous pouvons commencer à prospecter, tout en faisant fuir une bonne trentaine d'isards, visiblement peu habitués à voir du monde dans le secteur. Très rapidement nous tombons sur un premier trou. L'entrée est avenante mais la suite est rapidement colmatée par des éboulis. Mais c'est quand même bon signe. Nous poursuivons et cinquante mètres plus haut, deuxième entrée. Celle-ci est plus vaste mais le conduit occupé par un névé bute également sur un éboulis. Pointage, topo puis nous repartons.

Sur la partie haute du lapiaz, à l'entrée d'un puits d'une dizaine de mètres.

Vers 2400 m d'altitude, le lapiaz se couche et devient presque horizontal. C'est là que nous découvrons le plus de gouffres, essentiellement de petits puits, mais parfois bien formés. En plus, la bordure sud du lapiaz correspond à une zone de contact avec des couches imperméables d'où la présence de quelques pertes fossiles. 

Ce joli gouffre, creusé à l'emporte pièce s'ouvre juste au niveau d'une faille mettant en contact les calcaires massifs avec un niveau plus gréseux imperméable.

Mais le temps se gâte et un vent froid commence à balayer la face nord où nous nous situons. Les nuages deviennent plus menaçants et nous préférons entamer un repli stratégique. Cela ne nous empêche pas de pointer encore quelques gouffres. 

Une belle entrée, mais bouchée au bout de 5 m...

Parvenus au bas du secteur intéressant nous essayons de trouver une éventuelle résurgence à ce petit lambeau de calcaire. Et effectivement, 450 m en contrebas des points les plus élevés du lapiaz, nous tombons sur une belle résurgence qui sort des éboulis de versant. Alors bien sûr, ce n'est pas un karst majeur vu la surface limitée du bloc calcaire (0,5 km²), mais qui sait, avec un peu de chance il peut y avoir suffisamment de place pour quelques jolies cavités. 

La résurgence probable du massif.

 

Donc c'est certain nous y retournerons.

Patrick

lundi 21 septembre 2020

A la Recherche de la grotte perdue au Tail

 Jeudi 17 Septembre , JC Mengelle et Alain Dole





Hier c’était l’anniversaire de JC, alors pour honorer sa nouvelle dizaine, au dernier moment, je l’invitée pour une sortie surprise ! Pourquoi ne pas rechercher la fameuse grotte du « frère Antoine » ce prêtre local qui aurait découvert une grotte merveilleuse rapportée par l’Abbé Abadie et qui ne l’a pas retrouvée… Et puis il y a aussi les dires locaux, ceux d’un réfugié allemand qui durant la guerre de 45 l’aurait retrouvée…  On parle aussi d’un sauvetage de spéléos en herbe dans une grotte du coin !

Ce n’est pas du vent, assez d’indices pour exacerber notre curiosité !

Ainsi, avec Jean Claude nous voici au Tail, sous la ferme Bazi prospectant dans la forêt sous une chaleur harassante…

On fouillera sans succès et pour conjurer le sort de ne rien trouver, Jean Claude me mène aux résurgences de Quinta au fond du coumat !

J’en profite pour faire des prélèvements dans l’eau glacée de coquilles de gastéropodes, qui sait de quoi exacerber la curiosité d’un malacologue ?


Au-dessus du LP39, un nouveau trou à intégrer dans Karsteau…

 Il existe ! En voici la preuve !

Joël n’était pas là pour nous rappeler à l’ordre !

Il est 13h30 quand nous faisons le break, un peu de pâté amélioré, un, deux bons coups de rouge, fromages… Sieste ? Eh bien non, car on repart en prospection au Couraü où Jean Claude a trouvé une fissure qui plonge !


Passage devant la grotte du Couraü LP10 et descente dans les barres rocheuses pour retouper la fissure.

Pour changer l’ordinaire, un peu de désob dans la terre et arrachage de racines. C’est maigre, mais cela plonge bien sur 5 m.

Une nouvelle entrée dans Karsteau ?

 Retour au véhicule, en remontant, Jean Claude déniche un nouvel abri sous roche assez esthétique, 40m en dessous la grotte du Couraü. On y note deux petits rhinolophes. Un site rocheux et taraudé. Des surprises nous y attendent…. Il faudra y retourner prospecter !

Une journée bien remplie et de nouveaux objectifs pour le futur….

Et surtout ratisser de nouveau ce coin du Tail en vue de retrouver (enfin) la grotte du « frère Antoine » qui nous promène de prospections en prospections !

 

Alain Dole

dimanche 20 septembre 2020

Retour au Sousbet

 

Samedi 19 septembre, reprise de la désob du Soubet.

Ce samedi nous étions 5 à la sortie, Sandrine, Patrick, Jean Claude, Bubu et Alain M.

L’objectif était la suite de la désobstruction de l’amont du Sousbet.

Pour certains c’était une reprise après de longues vacances, pour les autres, la continuation de notre passion.

Le temps très chaud des derniers jours est terminé et il à même plu 10 mm sur St Pé.

Dans le trou, le « ruisseau » coule toujours un tout petit peu, suffisamment pour nous mouiller lorsque nous nous allongeons dans le chantier.

Le travail sera le même pendant plus de 6 heures, burinage, perçage, évacuation des gravats et l’on recommence…

Nous avançons bon train et le « tunnel » doit maintenant faire 6 à 7 mètres.

A suivre, en étant optimiste cela devrait passer bientôt.

Alain M

jeudi 10 septembre 2020

Projet Bassia, c'est reparti !

 Le weekend des 5 et 6 septembre, une dizaine de spéléo se sont réunis pour préparer l'acte 2 du projet Bassia. Le GSHP y était représenté.

Article à lire sur le site du CDSC, en cliquant ici.




mercredi 9 septembre 2020

Tuquerouye, vous connaissez ?

Mardi 8 septembre 2020 :

Patrick, Sandrine, Joël, Alain M, Philippe Mathios (Spéléo club du Comminges) et  Jean Marc Duché (Association Spéléologique du Cagire)

Cela fait un moment que Philippe et Jean-Marc souhaitaient retourner dans le cirque d'Estaubé et plus particulièrement au gouffre de Tuquerouye (E1) ou Jean-Marc avait repéré un départ. Ils n'avaient pas eu trop de mal à convaincre Patrick de se joindre à eux. Du coup, ce mardi, suite à la proposition de Sandrine de les accompagner dans leur virée pour une balade à caractère spéléo, c'est à 6 que nous nous sommes retrouvés.



Ce sont un peu des retrouvailles, Patrick ayant fait son "armée" avec Philippe et perso j'avais fait plusieurs sorties à la grande époque des explos au Larandaburu, lors de la jonction avec la Perte Eruso mais comme on dit, les moins de 20 ans ne peuvent pas s'en souvenir.

A 18 heures lundi soir je rejoins le petit groupe, Joël devant arriver le lendemain matin vers 8 heures.

Un problème à noter, de taille, il n'y a aucun réseau téléphonique à partir du parking du lac des Gloriette et il vaut mieux prendre ses précautions avant d'y arriver, chargement des fonds de cartes sur Iphigénie par exemple. Perso, je ferai sans.

A 7 heures pétantes, l'équipe se met en route, direction Tuquerouye et le Gouffre E1 qui va faire l'objet d'une reprise suite à des points d'interrogations posés il y a plus de 42 ans par les explorateurs. 

Il fait très frais (4 °) mais le temps est très beau, ce sera un régal pour la montée.

 Une géologie complexe

A 8 heures Joël arrive et nous partons sur le sentier pour rejoindre la première équipe.

La balade est magnifique avec au fond le cirque d'Estaubé vers lequel on se dirige. Le sentier est bon, au début peut être un peu plat sur trop long mais petit à petit on s'élève sur les pentes

Nous ne mettrons quand même pas loin de 3 heures pour arriver à l'objectif, mais c'est certain, après avoir fait de nombreuses haltes.

Sandrine nous attend près de la cavité, l'équipe d'explo venant de descendre il y a peu de temps.

L'entrée du gouffre E1 de Tuquerouye

Pour nous ce sera tout d'abord un peu de repos suivi d'un casse-croûte. Sandrine et Joël vont ensuite se faire la montée au refuge de Tuquerouye.

Moi je pars en prospection car il y a plusieurs cavités à retrouver. La recherche sera fructueuse et je repointe 5 cavités déjà marquées mais pour lesquelles nous n'avons pas de pointages ou pas les bons.

Vers 14 heures, du bruit se fait entendre dans la cavité.

Mais laissons Patrick nous informer de ce qu'ils ont fait.

"La veille, Philippe et Jean-Marc ont fait un portage rendu pénible en raison de la météo, nuageuse et froide. Du coup, ce matin nous sommes moins chargés que prévu. En 2 h 30 nous sommes au gouffre. La descente débute par une série de ressauts et de méandres creusés dans un calcaire à chailles très caractéristiques. 

La cavité est creusé dans un calcaire à chailles dont les bancs soulignent le pendage.

Nous sortons notre première corde vers - 40 m pour un ridicule petit puits de 4 m. Au bas une étroiture surplombe d'autres ressauts. Je la passe sans trop de problème ce qui n'est hélas pas le cas de mes deux compagnons, nettement plus baraqués que moi. C'est ponctuel et très morphologique et pour eux ça coince au niveau du torse. Nous essayons de casser un peu au marteau, mais peine perdue... Du coup, je pars seul pour équiper les puits suivants avec le lot de matériel que nous avons emporté. 3 petits puits de 15, 10 et 8 m s'enchainent avant d'arriver au carrefour où se trouve l'escalade faite par Jean-Marc il y a plus de 40 ans. 
 
A cette époque où il participait avec Philippe à l'exploration des gouffres du secteur, Jean-Marc avait repéré ce départ vers -100 m dans le gouffre de Tuquerouye. Par une oppo "limite-limite" (chapeau l'artiste) il avait réussi à atteindre un départ remontant communiquant quelques mètres plus loin avec un belle conduite forcée qu'il n'avait pu descendre faute de matériel. D'autres explos, d'autres découvertes avaient détourné l'attention sur cet objectif. Mais ce mardi, c'était bien pour lui que nous étions là. Mais ce sera pour une autre fois...

Une fois les puits équipés, je rejoins mes compagnons qui maudissent encore cette "put.. d'étroiture". Nous ne traînons pas trop car avec une température de 2,5°, ils ont largement eu le temps de se refroidir. Nous ressortons vers 14 h 00 et retrouvons le reste de l'équipe au soleil, à l'entrée du gouffre."

Vers 15 heures, nous commençons à redescendre mais passons à côté d'un effondrement qui semble intéressant.

Vite fait, Philippe descend et reste sous terre plusieurs minutes. Il réapparaît nous indiquant que cela continue, que c'est gros, du vent etc..

Les combinaisons sont vite remises et l'équipe y redescend.

 

 
Le trou "du spit", une belle entrée qui devait être bouchée par la neige il y a 40 ans.
 

Hélas, la cavité a déjà été fouillée. Arrêt sur puits, il faudra y revenir car c'est gros. Pas de marquage en surface si ce n'est un vieux spit rouillé que nous découvrons.

  Dans le gouffre "du spit"

 Mais il se fait déjà 16 heures, la marche de retour sera longue.

Effectivement, nous ne serons aux voitures que vers 18 heures passé.

 


Le Mont Perdu depuis la brèche de Tuquerouye

 

CR Alain et Patrick


 






samedi 15 août 2020

Relooking au Quéou

Vendredi 14 août 2020

Participants : Jean et Patrick

Après la découverte du nouveau réseau en amont du boyau des Sangsues, il était évident qu'il fallait faire une petite séance de relooking dans ce gouffre resté équipé depuis les premières explos en 2012 (voir article du 3 août dernier). Et puis, l'idée d'un bivouac vers -450 m s'est vite imposée à tous donc il fallait trouver un endroit digne de ce nom et commencer quelques aménagements.

Pour éviter de prendre une claque avec "un Jean" qui est au mieux de sa forme, je préfère monter tranquillement la veille d'autant plus qu'il faut commencer à acheminer duvets et hamacs. C'est volumineux mais ça pèse aussi. La première partie du sentier est étrangement sèche mais cela ne dure pas et les 400 derniers mètres se font dans une ambiance St Péenne, mélange de pluie et de brouillard à la nuit tombante. Au refuge je suis seul ce qui me garantira une bonne nuit.

Jean arrive le lendemain peu avant neuf heure, frais comme un gardon malgré sa sortie de la veille. Quelques timides rayons de soleil l'accompagnent, ils s'imposeront progressivement pendant notre montée au Quéou. 

  Vers 9 h 30, nous dépassons la mer de nuage qui s'étend à perte de vue

Nous sommes bien chargés et pour l'occasion nous avons remis en service deux sherpas utilisés lors de nos bivouacs en Cantabria. Jean récupère la corde de 90 qui équipait le puits d'entrée et nous voilà partis pour relooker les amarrages, compléter les équipements et remplacer la corde de 8 mm par une autre, un peu plus grassouillette, de 9 mm. Côté amarrage, l'inox remplacera les AS dont certains commencent à baver une corrosion blanche légèrement inquiétante. Malgré nos craintes, le méandre avec les gros kits se franchit sans trop de difficultés. 

 
Petit à petit, les équipements retrouvent une nouvelle jeunesse. Les petits frottements, qu'on se promettaient d'éliminer sans jamais avoir le courage de le faire, disparaissent les uns après les autres. C'est presque comme dans les livres techniques et en plus, avec l'inox, ça brille ! C'est beau et vous l'aurez compris, nous sommes très fiers de nous (j’exagère un peu mais il faut bien trouver un peu de plaisir dans un rééquipement...). Nous en profitons également pour équiper quelques ressauts un peu olé-olé. Trois bonnes heures plus tard nous sommes à la salle à manger (-450 m). Petit casse-croûte réparateur puis nous partons en chasse pour trouver un lieu de bivouac. 

J'avais en tête une galerie fossile qui me semblait convenir. Mais dans un premier temps, je ne parviens pas à la retrouver, puis finalement après quelques hésitations nous mettons la main dessus. Mais ce n'est vraiment pas le gîte idéal. Le sol est encombré de blocs et, du plafond coulent quelques gouttelettes qui doivent se transformer en pisserottes par temps moins sec. Il n'y a vraiment que la salle à manger où nous aimerions habiter. Seul petit problème, nous sommes en zone inondable et il faudra donc remonter les affaires au sec après chaque bivouac. Dernière mission, préparer les ancrages pour les hamacs. Nous n'avons pas trop le choix et il sera difficile d'avoir des chambres particulières. 

Vers 16 h nous commençons la remontée, peaufinons quelques équipements et ressortons au soleil vers 18 h 30. Reste le plus pénible, l'interminable descente du sentier de l'Aoulhet.

 

CR Patrick

Poutge : télécopie !

 Jeudi 13 août 2020

Participants : Christophe, Jean Noël et Maël du SCM et Jean N du GSHP.

"Ça c'est ce que j'appelle se faxer !" me lance Maël qui vient de re-franchir une boite aux lettres infame mise en lumière par Stoche et Jean Noël ! Format A8... Le bougre vient de se faire une échappée solitaire d'une cinquantaine de mètres en première dans l'aval de la Poutge ! La Poutge c'est une cavité de caractère (au contact du Trias) qui s'ouvre dans les douces estives haut bigourdanes du col de Beyrède.

 

Il y a deux ans de cela, en visitant le site de Karsetau, un "long" trait rouge attire mon œil sur la carte IGN à proximité de Payolle. Un coup de fil à Alain M. et je suis en contact avec Christophe Bes, José Ferris et l'équipe du SCM, les "géniteurs" de ce petit bijou ! Une visite de courtoisie est rapidement programmée. Christophe et Damien me font alors un état des lieux et José nous attend à la sortie pour une collation bien méritée à l'auberge de Beyrède toute proche ! La suite ? Des escalades nous font de l'œil et surtout nous avons progressé de quelques mètres dans le méandre terminal dans lequel s'écoule un tout petit actif et de l'air ! Comme d'habitude, les vicissitudes de la vie font que nous n'y retournons que 2 ans plus tard, soit le 13 aout 2020 !

Deux équipes sont constituées, une désob du méandre : Jean Noël et Stoche, une escalade : Maël et Jean. La descente se fait à bon rythme jusqu'à -120m. Un sandwich vite avalé et tout le monde est à pied d'œuvre. Avec Maël nous réalisons deux jolies escalades d'une vingtaine de mètres mais qui ne payent pas... De temps à autre des grondements sourds nous informent sur l'activités de nos collègues ! L'heure tourne et le moment est venu d'arrêter nos acrobaties... 
 
 
 Nous rejoignons l'équipe désob las du travail accompli ! Nous allons sur leurs conseils jeter un œil à l'avancée des travaux. Je ne parviens pas à passer la boite aux lettres finale mais Maël oui ! S'offre à lui des minutes dont il a maintenant l'habitude me semble-t-il grâce à son gabarit plus proche de celui d'un enfant que d'un déménageur Breton ! Il se faufile d'une cinquantaine de mètres dans le méandre et s'arrête sur une salle et une trémie qui semble se dessiner. Un bon moment d'explo solitaire ! Il en revient réjoui et le récit homérique qu'il nous livre redonne de l'énergie à toute l'équipe ! La Poutge n'est pas terminée ! 
 
Malheureusement, le temps passe toujours trop vite sous terre, ayant des obligations familiales et étant attendu au Quéou le lendemain, je dois lâchement et avec leur consentement abandonner mes amis pour remonter au plus vite... Nous partagerons une bière pour fêter cela à une autre occasion j'en suis sûr ! La vue du pickup de José à la sortie de la Poutge et surtout sa présence me font déculpabiliser un petit peu... 
 

Il m'informera de la bonne sortie de l'équipe peu de temps après mon départ. Merci au SCM pour l'invitation et surtout le travail réalisé à la Poutge et plus particulièrement à Christophe, José, Jean Noël, Damien et Maël mes compagnons d'exploration Minervo-Bigourdans !
 
 C.R. Jean

mardi 11 août 2020

Prospection à l'Estibette

 

Lundi 10 août, Jean Claude et Jean N.

La semaine dernière, en montant au Quéou, JC me parle de trous qui aspirent un bon courant d'air sous l'Estibette, il les a dénichés depuis peu.

On se met alors en recherche d'une date pour y aller ensemble. Sur le papier, la journée s'annonçait prometteuse : 4 trous, deux petits puits et deux aspirateurs !

Je ne vais pas vous mentir, les découvertes n'ont pas été à la hauteur de l'inoubliable journée que nous avons passée là-haut !

Nous sommes montés sur le flanc sud-ouest du Granquet ce qui nous a garanti l'ombre tout le long de la marche d'approche. Puis, nous avons basculé côté nord de l'Estibette. 

Nous avons fouillé la zone et bien entendu inspecté les trous trouvés par JC. En fait nous nous sommes rendu compte qu'une cinquantaine de mètres sous les trous aspirateurs, il y avait des trous souffleurs... et la zone est truffée de fissures !

Ayant des gros doutes sur le potentiel avéré de ces anfractuosités nous n'avons pas attaqué les désobstructions nécessaires pour espérer apercevoir la suite.

Nous avons par contre descendu les deux petits puits. Le premier, le puits du « poil à gratter» a nécessité 5 m de corde.

Il est stoppé par un remplissage de cailloux.

Le second, le gouffre de l'Estibette, n'a pas nécessité de corde mais uniquement de bouger quelques blocs.

C'est une rampe raide joliment formée dans un calcaire très sombre qui donne accès après deux courtes étroitures à une petite rotonde de 2 m 50 de diamètre.

Malheureusement l'ouverture se pince à sa base sans suite évidente et sans courant d'air... Le fond doit être à -10 m de la surface. 

Un peu penaud, nous décidons de rentrer en contournant l'Estibette par l'Est. La vue est somptueuse sur n'importe quel versant, ça compense largement la déception !

Nous visitons alors l'inévitable Tute de l'Ours pour nous rafraîchir un peu car le soleil cogne fort !

Au moment de casser la croûte à l'ombre d'un rocher une centaine de mètres sous la Tute, je découvre dans une série de dolines sur un replat, un trou souffleur non répertorié sur Karsteau. Mais le chantier semble colossal ! Nous rentrons en ouvrant l'œil et en cueillant quelques myrtilles !

Le soleil qui a daigné se cacher derrière les nuages nous offre un peu de répit et une descente relativement fraîche par rapport à la chaleur des jours précédents...

Jean N

lundi 3 août 2020

Rééquipement du puits du Coeur au Quéou

Dimanche 2 août 2020 :
Avec Jean Claude, le découvreur du Quéou, nous sommes montés aujourd'hui à la cavité pour rééquiper le puits d'entrée en faisant en sorte d'éviter le gros bloc menaçant en tête de puits. C'est chose faite grâce à une main courante un peu plus physique que l'équipement originel mais qui a le mérite de nous éloigner du bloc à la descente et à la remontée.


Rééquipement du puits du Cœur pour éviter le bloc qui menace de tomber dans le puits.
Nous avons aussi rajouté un cinquième fractio qui sera sans aucun doute appréciable à la remontée après de longues heures  d'exploration !

La perte à l'origine des Sangsues ?

Le travail une fois terminé, JC m'a montré la perte qui pourrait très certainement correspondre à l'actif de la nouvelle branche. Un petit détour par le ventilé Cachemelat et les girolles vient compléter le tableau !
Récompense...
A noter que nous avons rencontré deux jeunes femmes curieuses qui ont oser nous suivre jusqu'à la cavité ! JC ira même jusqu'à leur proposer une visite de l'entrée du Quéou ! La suite je ne pourrais la dire car j'étais déjà en train d'équiper le puits mais quand je suis ressorti, les demoiselles n'étaient plus là et JC m'a paru bien fatigué !



CR Jean

Les étoiles brillent aussi sous terre... au Quéou

Mardi 28 juillet 2020 Pierre, Jean, Marc Ch.

A moi l’honneur de raconter le périple quéoussien de ce jour mémorable...

Voilà un bon moment que le Quéou m’attirait tout en suscitant mes craintes sur ma capacité à l’apprivoiser. Ayant raté la sortie du 22/07 avec les filles du club (voir CR sur le blog), je me rangeais non sans appréhension à la proposition de Jean d’aller poursuivre l’explo dans l’affluent des Sangsues, où un fort courant d’air était annonciateur d’une suite possible. Aurais-je la capacité physique ?

Nous nous retrouvons ce mardi matin vers 7h15 au Monastère, où le parking est étonnamment plein. Le temps de se préparer, nous quittons les lieux vers 7h30. 1 heure 30 plus tard nous sommes au bord du trou. Toute la montée s’effectue sous la bruine du plafond nuageux, certes bien plus appréciable pour sa fraîcheur que les chaleurs torrides des jours derniers ; mais là-haut nous sommes bien trempés !

Vers 9h45 nous entrons dans l’antre du Quéou. Le puits du Cœur, le P65 bien fractionné, quel plaisir. Mais pas le temps de s’attarder... Jean nous fait comprendre à son père, Pierre, et moi, qu’il a un bateau à prendre à midi à la plage de la salle à Manger !

C’est donc à un bon rythme soutenu que nous enchaînons les méandres, les salles et les puits. Le passage par la salle du Scrouitch est Waouh !

Aragonite et choux fleurs dans le Scrouitch

Et d’une manière générale je suis séduit par les immenses volumes de certaines salles et certaines cheminées interminables, sous l’Artigue de Richou.

A midi pile, nous sommes assis au bord de l’eau dans la salle à Manger, en train de casser la croûte... Jusque-là c’est pas mal...

La nourriture est abondante, la boisson également, mais le repas est vite avalé (sans doute pas encore assez pour Jean...) ! Mais c’est bien repus et à l’heure qui aurait été bienvenue de la sieste, que nous partons parcourir la rivière du, beau conduit pratiquement horizontal, dans lequel s’écoule l’actif. A la confluence de l’affluent des Sangsues, Pierre et Jean poursuivent vers l’objectif du jour, tandis que je suis encouragé à gagner le siphon terminal à -458m. Une fois atteint et passé quelques minutes les yeux plongés dans les eaux noires, à l’affut de la vision d’une hypothétique lucarne sous-marine..., je rejoins l’équipe déjà à l’œuvre au bout du terminus sur étroiture de l’affluent.


Le siphon terminal à -458 m

Le conduit de l’affluent est séparé par son milieu par un plancher stalagmitique, au-dessous duquel coule un petit actif. Au-dessus, allongé tête en avant, nez collé au plafond, Jean burine, Jean martèle, Jean perfore, Jean paille, Jean bourre, Jean fait péter, bref Jean désobe... Plus déterminé que jamais, il nous stimule, car il veut passer ! Ça tombe bien, nous aussi ! J’évacue les déblais de sa production, tout en démontant petit à petit la gangue de calcite qui recouvre un remplissage d’argile et de petits galets facilement friable dans la partie précédant la désobstruction. Pierre prépare les mèches, les pailles et profite des burin et massette libérés quelques minutes pour préparer l’entrée-sortie dans la partie du boyau dans laquelle nous nous trouvons.

Sangsue en ballade

Je n’oublie pas notre carburant : un courant d’air de dingue ! Le bruit du vent couplé à celui de l’actif qui coule sur des galets peu après l’étroiture, fait un vrai bruit d’extracteur électrique. On se sent aspirés vers... la suite ! Après une heure-et-demi d’efforts sans discontinuer Jean se tortille et passe le premier ! Il a réussi à dégager le boyau qui se passe à condition d’adopter la « ligne limace ». Jean crie sa joie dans le volume qui vient de s’ouvrir. On ne tarde pas à le rejoindre ! C’est l’euphorie ! En effet l’étroiture s’ouvre sur l’actif des Sangsues aux dimensions de géant, si on compare avec les 10 mètres venant d’être franchis.

Le courant d'air dans l'étroiture des Sangsues

Nous ne tardons pas à nous engouffrer dans ce méandre actif au débit bien conséquent, direction plein est, puis assez rapidement plein nord. Nous craignons à tout moment le rétrécissement impénétrable ou le siphon terminal, mais non, nous poursuivons la progression de plus en plus courbés, puis couchés plusieurs dizaines de mètres dans un laminoir dont le lit de l’actif occupe presque toute la largeur. Le casque racle et le nombril est à tremper... Puis, toujours ébahis d’être encore en progression, le méandre s’élargit de nouveau en hauteur, nous nous remettons debout. Ensuite c’est le graal... Nous débouchons dans un gros gros volume qui rapidement remonte dans le pendage, avec l’actif et son débit tout aussi conséquent que celui du Quéou. J’estime à la louche le débit à 0,25l/s. La direction est alors ouest-nord-ouest.

L’affluent des Sangsues 10m après l’étroiture

Nous progressions dans un deuxième Quéou, un canyon de trente mètre de large et plusieurs dizaines de mètres de hauteur. L’actif est sur la partie gauche de la galerie ; c’est un très joli torrent sur un lit entièrement calcifié bien blanc, avec petites et grandes vasques, remplies de galets d’ophite, des milliers de galets d’ophite. Tout le reste de la galerie est occupée par des blocs enchevêtrés, mais où on progresse sans véritables contraintes. Nous n’en revenons pas de poursuivre l’ascension, encore et toujours. Du noir, encore du noir, derrière cette cascadelle, derrière ce bloc, derrière ce ressaut... Quand cela finira-t-il ? A la sortie au grand jour ? Nous parcourons peut-être 300m de dénivelé avant que l’actif se sépare en deux. Au croisement il y a une très jolie cascade de calcite d’une blancheur immaculée, ponctuée de très jolis gours, remplis de mini-gerbes de cristaux de quartz (?). La partie gauche de l’actif, qui est la suite en ligne droite dans le pendage, nous mène à des passages jugés impénétrables au bout de quelques dizaines de mètres. Mais la partie droite se poursuit, c’est là qu’est l’essentiel du débit. Après 20 mètres parcourus dans l’actif, nous décidons de rebrousser chemin ; il est tard, il faut songer au retour. Nous estimons avoir parcouru près d’un kilomètre depuis l’étroiture et +300m de dénivelé. Les sourires inondent nos visages !

Au terminus sur rien, la photo souvenir !

Après la photo au terminus sur rien, nous rebroussons chemin. 

A l’étroiture, pendant que nous rangeons tout le matériel de désob, Jean finit de gratter pour élargir le passage des ventres des futurs aventuriers qui viendront se frotter à cette étroiture. Nous faisons une bonne pause à la salle à Manger, histoire de recharger les accus.

Après la galerie du Scrouitch, la remontée est particulièrement laborieuse pour moi, tandis que Jean et Pierre galopent comme des cabris. Ce sont des machines de guerre ! Moi je ne comprends pas pourquoi mes pieds ne m’obéissent plus ; ils ne se lèvent plus dans les ressauts et j’en escalade plus d’un à genoux... Pour les deux derniers petits puits, c’est comme si on demandait à un caillou de pratiquer les techniques de remontée sur corde... Heureusement un soupçon de niaque permet de remonter le puits du Cœur, P65, sans appeler l’hélico... Mais ce sera l’éloge de la lenteur...

Quelques beaux volumes dans le pendage…

Il est près de 21h quand j’émerge, TPST 11h, il fait encore jour et bien chaud dehors. Jean est là depuis 40 minutes et Pierre était resté en visuel avec moi.

Nous piquons vite vers la cabane d’Aülhet pour nous sustenter une dernière fois avant la descente. Ce dernier partage de repas est particulièrement sympathique, assis sur le banc sous la galerie extérieure de la cabane, face au Montné et à la nuit qui tombe aussi vite que la pluie qui n’a pas dû cesser depuis le matin.

La descente s’effectue à la frontale dans la bonne humeur, malgré la pluie et les dalles hyper glissantes. Au monastère Maître Jean-Claude nous attend de pied ferme. Il est pourtant 23h45, mais il veut entendre en direct les réactions des nouveaux explorateurs de « sa » grotte. Quelques échanges ! Des mercis ! Des « à la prochaine pour la suite ! » et nous nous quittons pour une bonne nuit réparatrice, des étoiles plein les yeux...

A tête reposée le lendemain, je repense à cette superbe explo dans le Gouffre du Quéou. Fa-bu-leu-se explo, dit Bubu !

Tous les superlatifs sont là pour moi !

Ma plus profonde cavité : -450m.

Mon plus long temps passé sous terre : 11 heures...

Ma plus longue exploration en première : +300m de dénivelé/près d'un kilomètre de développement...

Mes plus belles pierres semi-précieuses en liberté, des ophites de toutes sortes : des milliers...

Ma plus grosse fatigue de tous les temps !!!

Et qu'il était bon d'être sous terre pour savourer tout ça entre amis !

 

Marc Ch.

vendredi 24 juillet 2020

Madame est servie.... au Quéou.


Mercredi 22 juillet Kat, Cindy, Caro, Jean


Ce fut avec une joie immense que nous nous retrouvâmes en fin d'après-midi caniculaire pour l'aventure "Quéou", Jean, Cindy, Caro et moi-même.


Jean nous a montré le sommet où nous devions nous rendre avec tout le bagage nécessaire à une nuitée, et déjà je suggérais de faire appel à un ami pour un hélico. Faut dire que le dragon 64 à la classe... Mince, c'est vrai qu'il a eu un petit accident. Va pour la rando alors !

Petite halte à la cabane de l'Aoulhet afin de se ravitailler avant de partir à l'assaut du géant.
La fatigue montre son museau, mais vaille que vaille, nous voulons dormir au fond !!

Bon clairement, on ne m'a pas entendue de toute la descente, ce qui est rare. Pas de blague, pas de chanson, rien !
C'est complètement exténué que nous avons atteint la salle à manger afin de monter le bivouac à 1h40.

Bon, on ne va pas vous mentir. Une nuit sous terre n'est pas vraiment des plus réparatrice.
Réveil à 8h. Jean nous fait le petit dej, servi directement à nos duvets. Et hop, on repart. Bon, la fatigue est là. Les corps sont déjà un peu meurtris. On se pose vraiment la question de notre présence dans ce lieu.

Nous faisons quelques pauses photos à la remontée afin d'immortaliser ces concrétions qui nous fascinent tant, notamment à la salle du "crounch".

Nous nous évertuons à éclairer les salles pour rendre hommage à ces grands volumes qui contrastent tant avec les étroitures du méandre.
Nous sortons enfin de ce que nous qualifions de véritable enfer, tant la progression en remontée est laborieuse, notamment avec les kits, où clairement, il ne manquait à notre calvaire qu'une attaque de gnomes bouffeurs de speleo.

Et là, alors que nous rêvions d'un peu de chaleur, où même juste de douceur, un orage apocalyptique c'est abattu sur nous, avec grêle. On aurait dit que l'âme du Quéou nous poursuivait et nous disait :" Ne revenez plus jamais".... Bon, OK, nous ne reviendrons pas.
Une sortie MEMORABLE !

Bon, il faut quand même qu'à la prochaine assemblée générale, on vous soumette une proposition. Nous voulons rebaptiser toutes les salles "Jean". Jean porte les kits, Jean fait le repas, Jean a toujours un encouragement. D'ailleurs, peut être que le nom du Quéou pourrait être remplacé par "le gouffre Jean". Sa patience n'a d'égal que sa gentillesse.

Bon, c'est vrai qu'une fois à la voiture, on s'est dit qu'on allait arrêter la spéléo, prendre le créneau du mercredi soir pour aller à la zumba... Et en fait, une nuit après, la douceur de la couette retrouvée, nous sommes de nouveau d'attaque pour des folies.

D'ailleurs, nous cherchons une âme pas très sûre de son karma et qui souhaite un coup de pouce pour accéder assurément au paradis, afin de nous accompagner pour la mythique traversée de la Pierre St Martin.

À bientôt dans de prochaines aventures.

Kat