jeudi 24 septembre 2020

Au Tuc Blanc

Mercredi 23 septembre 2020

Lorsqu'on regarde les photos aériennes de la chaîne des Pyrénées, on est forcément attiré par ces grandes taches claires qui, à défaut de représenter des névés ou des glaciers, correspondent bien souvent à des affleurements calcaires. Un recoupement avec la carte géologique du coin permet en quelques clics de vérifier cette observation (sur karsteau, cela est très facile, un peu de pub ne nuit pas !). En tout cas, cela a été le cas pour ce beau triangle gris clair situé à l'est du Vignemale et portant le nom de Tuc Blanc.

Le Vignemale, première victime de la perturbation qui arrive par l'ouest.

Quelques recherches à propos d'éventuelles explorations sur le secteur étant restées sans résultat, nous en concluons que ce Tuc n'avait pas spécialement branché les spéléos. Alors pourquoi ne pas y aller.
Nous profitons donc d'une éclaircie annoncée mercredi pour effectuer une reconnaissance légère à deux, Sandrine et moi.

Arrivés au départ du sentier, non loin du lac d'Ossoue, les nuages commencent à accrocher les sommets notamment celui du Vignemale qui disparaît déjà dans la brume. Une perturbation étant prévue l’après-midi, nous pressons le pas et montons droit dans la pente pour rejoindre le lapiaz situé 600 m plus haut.

 

Les deux premières entrées que nous rencontrons.

Une heure et demi plus tard nous pouvons commencer à prospecter, tout en faisant fuir une bonne trentaine d'isards, visiblement peu habitués à voir du monde dans le secteur. Très rapidement nous tombons sur un premier trou. L'entrée est avenante mais la suite est rapidement colmatée par des éboulis. Mais c'est quand même bon signe. Nous poursuivons et cinquante mètres plus haut, deuxième entrée. Celle-ci est plus vaste mais le conduit occupé par un névé bute également sur un éboulis. Pointage, topo puis nous repartons.

Sur la partie haute du lapiaz, à l'entrée d'un puits d'une dizaine de mètres.

Vers 2400 m d'altitude, le lapiaz se couche et devient presque horizontal. C'est là que nous découvrons le plus de gouffres, essentiellement de petits puits, mais parfois bien formés. En plus, la bordure sud du lapiaz correspond à une zone de contact avec des couches imperméables d'où la présence de quelques pertes fossiles. 

Ce joli gouffre, creusé à l'emporte pièce s'ouvre juste au niveau d'une faille mettant en contact les calcaires massifs avec un niveau plus gréseux imperméable.

Mais le temps se gâte et un vent froid commence à balayer la face nord où nous nous situons. Les nuages deviennent plus menaçants et nous préférons entamer un repli stratégique. Cela ne nous empêche pas de pointer encore quelques gouffres. 

Une belle entrée, mais bouchée au bout de 5 m...

Parvenus au bas du secteur intéressant nous essayons de trouver une éventuelle résurgence à ce petit lambeau de calcaire. Et effectivement, 450 m en contrebas des points les plus élevés du lapiaz, nous tombons sur une belle résurgence qui sort des éboulis de versant. Alors bien sûr, ce n'est pas un karst majeur vu la surface limitée du bloc calcaire (0,5 km²), mais qui sait, avec un peu de chance il peut y avoir suffisamment de place pour quelques jolies cavités. 

La résurgence probable du massif.

 

Donc c'est certain nous y retournerons.

Patrick

lundi 21 septembre 2020

A la Recherche de la grotte perdue au Tail

 Jeudi 17 Septembre , JC Mengelle et Alain Dole





Hier c’était l’anniversaire de JC, alors pour honorer sa nouvelle dizaine, au dernier moment, je l’invitée pour une sortie surprise ! Pourquoi ne pas rechercher la fameuse grotte du « frère Antoine » ce prêtre local qui aurait découvert une grotte merveilleuse rapportée par l’Abbé Abadie et qui ne l’a pas retrouvée… Et puis il y a aussi les dires locaux, ceux d’un réfugié allemand qui durant la guerre de 45 l’aurait retrouvée…  On parle aussi d’un sauvetage de spéléos en herbe dans une grotte du coin !

Ce n’est pas du vent, assez d’indices pour exacerber notre curiosité !

Ainsi, avec Jean Claude nous voici au Tail, sous la ferme Bazi prospectant dans la forêt sous une chaleur harassante…

On fouillera sans succès et pour conjurer le sort de ne rien trouver, Jean Claude me mène aux résurgences de Quinta au fond du coumat !

J’en profite pour faire des prélèvements dans l’eau glacée de coquilles de gastéropodes, qui sait de quoi exacerber la curiosité d’un malacologue ?


Au-dessus du LP39, un nouveau trou à intégrer dans Karsteau…

 Il existe ! En voici la preuve !

Joël n’était pas là pour nous rappeler à l’ordre !

Il est 13h30 quand nous faisons le break, un peu de pâté amélioré, un, deux bons coups de rouge, fromages… Sieste ? Eh bien non, car on repart en prospection au Couraü où Jean Claude a trouvé une fissure qui plonge !


Passage devant la grotte du Couraü LP10 et descente dans les barres rocheuses pour retouper la fissure.

Pour changer l’ordinaire, un peu de désob dans la terre et arrachage de racines. C’est maigre, mais cela plonge bien sur 5 m.

Une nouvelle entrée dans Karsteau ?

 Retour au véhicule, en remontant, Jean Claude déniche un nouvel abri sous roche assez esthétique, 40m en dessous la grotte du Couraü. On y note deux petits rhinolophes. Un site rocheux et taraudé. Des surprises nous y attendent…. Il faudra y retourner prospecter !

Une journée bien remplie et de nouveaux objectifs pour le futur….

Et surtout ratisser de nouveau ce coin du Tail en vue de retrouver (enfin) la grotte du « frère Antoine » qui nous promène de prospections en prospections !

 

Alain Dole

dimanche 20 septembre 2020

Retour au Sousbet

 

Samedi 19 septembre, reprise de la désob du Soubet.

Ce samedi nous étions 5 à la sortie, Sandrine, Patrick, Jean Claude, Bubu et Alain M.

L’objectif était la suite de la désobstruction de l’amont du Sousbet.

Pour certains c’était une reprise après de longues vacances, pour les autres, la continuation de notre passion.

Le temps très chaud des derniers jours est terminé et il à même plu 10 mm sur St Pé.

Dans le trou, le « ruisseau » coule toujours un tout petit peu, suffisamment pour nous mouiller lorsque nous nous allongeons dans le chantier.

Le travail sera le même pendant plus de 6 heures, burinage, perçage, évacuation des gravats et l’on recommence…

Nous avançons bon train et le « tunnel » doit maintenant faire 6 à 7 mètres.

A suivre, en étant optimiste cela devrait passer bientôt.

Alain M

jeudi 10 septembre 2020

Projet Bassia, c'est reparti !

 Le weekend des 5 et 6 septembre, une dizaine de spéléo se sont réunis pour préparer l'acte 2 du projet Bassia. Le GSHP y était représenté.

Article à lire sur le site du CDSC, en cliquant ici.




mercredi 9 septembre 2020

Tuquerouye, vous connaissez ?

Mardi 8 septembre 2020 :

Patrick, Sandrine, Joël, Alain M, Philippe Mathios (Spéléo club du Comminges) et  Jean Marc Duché (Association Spéléologique du Cagire)

Cela fait un moment que Philippe et Jean-Marc souhaitaient retourner dans le cirque d'Estaubé et plus particulièrement au gouffre de Tuquerouye (E1) ou Jean-Marc avait repéré un départ. Ils n'avaient pas eu trop de mal à convaincre Patrick de se joindre à eux. Du coup, ce mardi, suite à la proposition de Sandrine de les accompagner dans leur virée pour une balade à caractère spéléo, c'est à 6 que nous nous sommes retrouvés.



Ce sont un peu des retrouvailles, Patrick ayant fait son "armée" avec Philippe et perso j'avais fait plusieurs sorties à la grande époque des explos au Larandaburu, lors de la jonction avec la Perte Eruso mais comme on dit, les moins de 20 ans ne peuvent pas s'en souvenir.

A 18 heures lundi soir je rejoins le petit groupe, Joël devant arriver le lendemain matin vers 8 heures.

Un problème à noter, de taille, il n'y a aucun réseau téléphonique à partir du parking du lac des Gloriette et il vaut mieux prendre ses précautions avant d'y arriver, chargement des fonds de cartes sur Iphigénie par exemple. Perso, je ferai sans.

A 7 heures pétantes, l'équipe se met en route, direction Tuquerouye et le Gouffre E1 qui va faire l'objet d'une reprise suite à des points d'interrogations posés il y a plus de 42 ans par les explorateurs. 

Il fait très frais (4 °) mais le temps est très beau, ce sera un régal pour la montée.

 Une géologie complexe

A 8 heures Joël arrive et nous partons sur le sentier pour rejoindre la première équipe.

La balade est magnifique avec au fond le cirque d'Estaubé vers lequel on se dirige. Le sentier est bon, au début peut être un peu plat sur trop long mais petit à petit on s'élève sur les pentes

Nous ne mettrons quand même pas loin de 3 heures pour arriver à l'objectif, mais c'est certain, après avoir fait de nombreuses haltes.

Sandrine nous attend près de la cavité, l'équipe d'explo venant de descendre il y a peu de temps.

L'entrée du gouffre E1 de Tuquerouye

Pour nous ce sera tout d'abord un peu de repos suivi d'un casse-croûte. Sandrine et Joël vont ensuite se faire la montée au refuge de Tuquerouye.

Moi je pars en prospection car il y a plusieurs cavités à retrouver. La recherche sera fructueuse et je repointe 5 cavités déjà marquées mais pour lesquelles nous n'avons pas de pointages ou pas les bons.

Vers 14 heures, du bruit se fait entendre dans la cavité.

Mais laissons Patrick nous informer de ce qu'ils ont fait.

"La veille, Philippe et Jean-Marc ont fait un portage rendu pénible en raison de la météo, nuageuse et froide. Du coup, ce matin nous sommes moins chargés que prévu. En 2 h 30 nous sommes au gouffre. La descente débute par une série de ressauts et de méandres creusés dans un calcaire à chailles très caractéristiques. 

La cavité est creusé dans un calcaire à chailles dont les bancs soulignent le pendage.

Nous sortons notre première corde vers - 40 m pour un ridicule petit puits de 4 m. Au bas une étroiture surplombe d'autres ressauts. Je la passe sans trop de problème ce qui n'est hélas pas le cas de mes deux compagnons, nettement plus baraqués que moi. C'est ponctuel et très morphologique et pour eux ça coince au niveau du torse. Nous essayons de casser un peu au marteau, mais peine perdue... Du coup, je pars seul pour équiper les puits suivants avec le lot de matériel que nous avons emporté. 3 petits puits de 15, 10 et 8 m s'enchainent avant d'arriver au carrefour où se trouve l'escalade faite par Jean-Marc il y a plus de 40 ans. 
 
A cette époque où il participait avec Philippe à l'exploration des gouffres du secteur, Jean-Marc avait repéré ce départ vers -100 m dans le gouffre de Tuquerouye. Par une oppo "limite-limite" (chapeau l'artiste) il avait réussi à atteindre un départ remontant communiquant quelques mètres plus loin avec un belle conduite forcée qu'il n'avait pu descendre faute de matériel. D'autres explos, d'autres découvertes avaient détourné l'attention sur cet objectif. Mais ce mardi, c'était bien pour lui que nous étions là. Mais ce sera pour une autre fois...

Une fois les puits équipés, je rejoins mes compagnons qui maudissent encore cette "put.. d'étroiture". Nous ne traînons pas trop car avec une température de 2,5°, ils ont largement eu le temps de se refroidir. Nous ressortons vers 14 h 00 et retrouvons le reste de l'équipe au soleil, à l'entrée du gouffre."

Vers 15 heures, nous commençons à redescendre mais passons à côté d'un effondrement qui semble intéressant.

Vite fait, Philippe descend et reste sous terre plusieurs minutes. Il réapparaît nous indiquant que cela continue, que c'est gros, du vent etc..

Les combinaisons sont vite remises et l'équipe y redescend.

 

 
Le trou "du spit", une belle entrée qui devait être bouchée par la neige il y a 40 ans.
 

Hélas, la cavité a déjà été fouillée. Arrêt sur puits, il faudra y revenir car c'est gros. Pas de marquage en surface si ce n'est un vieux spit rouillé que nous découvrons.

  Dans le gouffre "du spit"

 Mais il se fait déjà 16 heures, la marche de retour sera longue.

Effectivement, nous ne serons aux voitures que vers 18 heures passé.

 


Le Mont Perdu depuis la brèche de Tuquerouye

 

CR Alain et Patrick