lundi 15 juillet 2019

Il faudra trancher dans la Tranchée !


Samedi 13 juillet, l’ami Sergio me guide au gouffre de la tranchée dont je ne connais que le départ alors bouché mais au courant d’air prometteur. C’est Jean Claude (Mengelle) qui une fois de plus a eu du flair pour découvrir cette entrée (ou sortie) qui jonctionne avec le gouffre du Paybou 115 m plus bas !

Et dire qu’en 1984 avec Sergio (Latapie) et Mickey (Douat) on était remonté en escalade à 3 m de là !
Mais que penser de toutes ces heures à prospecter en vain… Nous n’étions pas les premiers à tenter de trouver une entrée supérieure à cet abîme à l’ouverture béante et lugubre, connue de tous les St Péens, mais que peu de personnes ont vu… Une réputation qui n’est pas usurpée !
Mais avant nous, l’emblématique Abbé Abadie inventeur de Paybou le 29 Aout 1944, s’y était essayé… Que d’heures à trainer ses godillots dans ces quartiers ! Fouillé, refouillé, sans succès… Alors que nous avons abandonné tout espoirs, c’est de l’enfant du pays à qui revient la joie de nous offrir cette jonction que l’Abbé n’aurait daigné s’approprier…

C’est du monastère St Bruno (ex Ferme Peyras) que nous empruntons le sentier de l’Aülhet, une interminable montée de plus de 60 lacets… 50 mn pour atteindre l’embranchement de Pla Debers, 10mn plus tard se dresse la muraille des Escalates… Enfin, la prairie et le refuge après 1h 40 de montée harassante. On bavarde avec des locaux.
Hier dans le secteur a été le théâtre d’un secours coté Bat de Haü. Un groupe de randonneur de la colonie logeant à la ferme Arboucau a été rapatriée en urgence sans avoir eu le temps de nettoyer le refuge. Nous apprendrons en redescendant qu’une jeune fille aurait glissée et chuté lourdement. Évacuée en urgence sur Toulouse avec une fracture du crâne et la rate touchée. Fortement choqué le groupe a été ramené dans la vallée, d’où le ballet d’hélicos en fin de soirée…
Sergio, malgré son lest avance d’un bon pas et en 2 heures nous sommes à l’entrée de la tranchée qui se situe 60 m sous le chemin qui rejoint le Pladet det Abetout.
Après une collation de rigueur, il est temps de découvrir les quelques mètres qui me manquent pour finaliser un rêve vieux de 35 ans suivis !
Deux petits puits suivis d’une galerie ébouleuse le long du pendage et c’est le premier point de striction : le « delirium très mince » forcé en 1982 avec Marc Jacquet.
On débouche dans la « salle Abadie » découverte par les spéléo de la SSPPO de Pau en 1953 les vestiges métalliques de leur dernier repas en sont les témoignages. Puis il y a les 6 m de remontée, une vire confortable fait suite, elle accède au soupirail. Là c’est le royaume des limandes et autres contorsionnistes… Il est temps de se débreller totalement et d’éliminer tout ce qui compromettrais le progression de type suppositoire !… C’est le « passage des serpents », une fissure verticale peu engageante qui débouche par une ultime boite aux lettres dans le toboggan. Au-delà, c’est le royaume des spéléos bien portants…
Vous l’aurez compris, je n’ai pas insisté pour suivre Sergio « le boa », car la souplesse m’a quitté et le coffre est là malgré une fonte récente…
Aussi, la traversée envisagée pour que tous les membres du Club profitent de la traversée et partage ce moment de plaisir.
Mais avant, cela nécessitera un aménagement de « mise au calibre ». Il faudra passer un weekend là-haut et à deux équipes ouvrir le passage par les deux bouts, avec une équipe de « fins » pour passer de l’autre côté et ouvrir…
Donc on a laissé équipé pour prévoir ce WE qui pourrait être à la fois festif et détonnant…
Alors qui est motivé ?

A Dole

dimanche 14 juillet 2019

TP 30 : respectueux bizutage



Samedi 13 juillet Gustave, Anthony, Jean N

Cela fait presque un an que nous ne sommes pas retournés au gouffre de la Ménère et pour cause : une première année d'école d'infirmier brillamment réussie pour Anthony et la cigogne étant passée par là pour moi !
Il faut aussi avouer que le gouffre n'est pas facile et qu'à deux, la tâche est un tantinet laborieuse...
Mais en cette veille de fête nationale, les troupes sont guronzées et la motivation est là. D'autant plus que cette fois-ci, nous avons le plaisir d'être accompagnés par Gustave Arcangeli (Gus), jeune recrue du GSHP, parrainé par la légende, Serge Latapie, excusez du peu !
Gus qui, averti par son parrain (le bougre connait bien la cavité, c'est même lui qui a réalisé la pointe finale au fond !), a pris ses dispositions et a passé une veillée d'armes à la cabane spartiate de l'Isarce.
Par conséquent, avec Anthony nous entamons la marche d'approche le cœur léger mais le sac lourd : heureux de faire la connaissance de ce nouveau camarade mais arc boutés par le poids du matériel indispensable à notre progression.
Dans la jungle saint-péenne (Jean Claude me corrigera si je me trompe), les premières gouttes de transpiration ne tardent pas à recouvrir nos fronts ! Sous les noisetiers l'air est saturé en humidité et l'épais feuillage vert fluorescent a retenu la chaleur de la veille.
 
C'est toujours avec soulagement que nous gagnons la hêtraie. Les hêtres effilés et ordonnés comme au champ de bataille nous donnent l'énergie nécessaire pour percer la forêt et conquérir les estives.
C'est là que, autour de cette source salvatrice dissimulée sous un tas de cailloux, nous rencontrons celui qui quelques heures plus tard (nous ne le savons pas encore mais nous le devinons...) sera devenu notre frère d'arme ou plus simplement notre ami !
Occupant le terrain depuis la veille, il s'est chargé de notre ravitaillement en eau ce qui nous permet de gagner de précieuses minutes, le temps passant toujours trop vite sous terre...

La descente dans la cavité est rythmée par les percussions du perfo car nous fractionnons quelques remontées plein vide un peu trop longues à notre goût. Gus nous suit sans peine et c'est à l'heure espagnole que nous partageons notre repas, une soupe et un café roboratifs.
Nous sommes à l'entrée des Vomissures, mais aujourd'hui nous en resterons-là, nous ne rendrons pas notre ration alimentaire !
Les conversations vont bon train mais l'heure tourne et il faut penser à remonter : plus de 500m de cordes nous attendent. Les mouvements répétitifs et la fatigue aidant, l'esprit s'évade dans les puits, aussi léger que le voile de condensation que nos corps endoloris dégagent (et qui ruine mes photos !!!).
Nous remontons tel des automates le long de leur fil, une courte halte à mi-chemin nous permet de reprendre notre souffle et de retrouver nos esprits. A l'heure où le berger rentre ses bêtes, nous rassemblons nos dernières forces pour tirer une dernière fois sur notre bloqueur de poing afin de regagner le maquis des Toupiettes.
La vue est fabuleuse : la brume indécise partage le tableau avec le soleil qui décline. Moments précieux !
Gustave décide, au vu de l'heure tardive et de la route qui le sépare de la Barousse, de rester une nuit de plus à la cabane. Aussi nous le saluons chaleureusement, ravis par cette belle aventure partagée ensemble.
Avec Anthony nous redescendons guidés par les réverbères de la plaine. Quitté le plateau, nous retrouvons la moiteur ambiante qui recouvre les marches de calcaire et les transforme en vrai savonnette ! Ultime attention de la journée pour ne pas glisser et se faire mal ! La prochaine fois il faudra certainement envisager de dormir là-haut ! 

Jean N.


La 7° compagnie


Sortie afterwork 11 Juillet 2019 (Sandrine, Caroline, Catherine, Pascal)
     J'ai trouvé mieux que la Septième Compagnie, qui passait pour la énième fois ce soir-là à la télé «. Ce jeudi soir, en after, La joyeuse troupe hante le petit bois du gouffre Jacqueline au-dessus de St Pé. 
Mais aucune stratégie, ni tenaille, ne nous garantit la victoire et c'est un peu mélancolique, que nous retrouvons les voitures sans Jacqueline. 
Mais " Il faut se refaire " et Caro nous invente une nouvelle sortie : la perte de la Mousquère, toute proche. Nous ferons donc une première : la traversée Jacqueline/ Mousquère en passant par le coffre à bières ! Nous gagnons la perte, entre chiens et loups ... Sandrine, qui s'y connait en " profondeur «, écrit la suite. Bon, elle équipe la cascade et nous invite sous la douche. Un peu plus bas, le ruisseau disparaît dans un chaos inextricable. Les fées nous parlent alors d'un petit lac et d'une plage. Gonflés par la curiosité nous nous glissons tant bien que mal entre les blocs pour trouver une suite à l’histoire.
Une faille plus étroite que les autres nous arrête, nous questionne ... Ça passe ... et " sans vaseline " de s'écrier tous en cœur !  Plus bas, je retrouve le ruisseau, l'obstacle est contourné, ça sent la première ... Inquiétant pourtant ce tube d'aspirine posé sur un rocher ? Troublant, ce bouchon en plastique un peu plus loin ?  Oui, décevant ces quatre baudriers qui gisent là, à mes pieds, à l'endroit où nous les avons déposés il y a 20 minutes. Fin de l’histoire.
   A Minuit 30 aux voitures, nous sommes heureux, nous sommes Spéléo ... des pointures !

Pascal
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Et la même sortie, racontée par Kat....


Petite mise au point de dernière minute, Caro, Sandrine, Pascal et moi sommes dispo en soirée. Nous nous retrouvons donc. Le Jacqueline nous semble être une bonne idée. Nous covoiturons au départ de St Pé et avec Sandrine, nous suivons Caro. Dans la voiture, déjà, je dis à Sandrine: c'est étrange par où elle passe, avec Jo, nous n'étions pas allés par là...
Caro me rassure en me disant qu'elle était déjà allée dans cette cavité en passant par là. Après tout, tous les chemins mènent bien à Rome !
J'ai des souvenirs de l'environnement de l'entrée de la cavité, un arbre qui sert d'ancrage naturel, la forme des rochers à l'entrée, et un petit arbuste bonzaï.... Bref.... après une marche d'approche dans la foret, nous finissons par chercher, chercher, chercher.... vous vous doutez de la suite! Nous ne l'avons pas trouvé! Et pour cause: nous n'étions pas dans le bon secteur!
Pascal, fraîche recrue au sein du GSHP, nous fait la confidence que même s'il nous aime beaucoup, il loupe quand même le cultissime "7eme compagnie" diffusé le soir même... surtout que pour aller sous terre, visiblement c'est mal barré! Nous redescendons donc aux voitures en chantant la musique de la "grande vadrouille", ne connaissant pas l'air du film de "la 7eme compagnie"
Les filles nous proposent une autre cavité un peu plus loin, Sandrine nous précise que dans cette cavité il y a juste un puits très arrosé, et puis plus rien. Quand je dis plus rien, c'est au sens littéral . En bas du puits, une petite galerie qui nous ramènera au point de départ. Bon le choix est vite fait: c'est trop bête de rentrer propre et sec, en plus, il fait chaud, une douche est bien venue! Et comment s'appelle cette cavité? Alors ça! Bref, c'est la cavité "Tahiti douche"
Nous rentrons après ça nous ravitailler aux voitures complètement trempés... mais tellement ravis! Et une fois de plus, on se sera sacrement fendue la poire!
A bientôt pour de prochaines aventures
Kat

samedi 13 juillet 2019

Les Tachous prennent de l'altitude

 10 juillet 2019


Depuis plusieurs mois, la vue de plusieurs arbrisseaux et autre végétation sur le sommet des ruines du XIIème accolées au clocher de l'église de St-Pé me contrariait... 

Ça me chatouillait d'aller leur rendre une petite visite d'élagueur.
L'exploration des cavités est donc remise à plus tard et ce soir-là avec l'ami Jean-Claude nous prenons la direction du clocher, baudriers, corde et matériel d'élagage dans le sac.

Après avoir fixé la corde à la structure en IPN des cloches, il suffit de passer la fenêtre habituellement fermée par des volets, parcourir 2 mètres sur une petite vire de 10 cm de large et atteindre le sommet des ruines.
L'opération s'est proprement déroulée en 1 heure et demi.

Les troncs principaux, les gros lierre et une bonne épaisseur de mousse ont été éjectés 15 m plus bas. Il faudra faire une repasse plus légère mais en descente de rappel le long de la muraille ce que ne permettait pas la longueur de corde ce soir.




Marc



dimanche 30 juin 2019

La Confusion, enfin !...

Samedi 29 juin 2019
Peu de volontaires pour cette nouvelle tentative au gouffre de la Confusion. La grosse chaleur, les ratés successifs et une longue marche d'approche ne sont, certes, pas très vendeurs. Donc c'est à deux que nous partons aux aurores depuis la barrière du Bergons (Sandrine et Patrick). Comme la fois précédente nous avons dormi sur place ce qui nous permet de démarrer un peu avant 7 h. Il fait déjà bien chaud et nous apprécions le fait d'être peu chargé vu que nous avons laissé une bonne partie du matériel au trou. A 9 h nous sommes sous terre et au frais, la canicule n'a plus de prise sur nous. La première étroiture ne résiste pas longtemps et après un bon nettoyage nous pouvons enfin descendre le petit puits qui nous narguait depuis notre venue avec Thomas. 


La descente du P.6 se fait le long d'une coulée de calcite formée par le ruisseau. Ce dépôt clair qui contraste avec le calcaire jurassique sombre est une constante jusqu'au point bas du gouffre.

Haut de 6 mètres, il débouche dans un bel élargissement et se poursuit par un méandre bien formé au fond duquel coule le ruisseau. Il faut à nouveau ressortir le perfo pour élargir le sommet d'un petit ressaut. Derrière cela redevient plus large et un nouveau cran vertical de 3 m est descendu. 

A - 38 m, nouveau petit ressaut concrétionné.


Après une petite salle, les parois se resserrent sur un méandre très découpé. C'est étroit par endroit mais le feuilleté formé par les strates se casse bien à la massette. Il y a toujours de l'air mais curieusement le sens s'est inversé et désormais le trou se met à souffler. Inquiétant ! Nous passons un long moment à agrandir quelques passages assez sévères pour enfin arriver au sommet d'un nouveau puits. Mais le courant d'air semble provenir d'en face. Nous commençons donc par le suivre. Il faut encore jouer de la massette pour progresser d'une dizaine de mètres. La suite est très étroite, mais il y a de l'air. Ce sera pour une autre fois.

Le joli méandre vers -45 m, un peu étroit par endroit.

Après avoir récupéré le perfo au début du méandre nous retournons au puits pour agrandir son sommet qui est impénétrable en l'état. Il ne reste plus qu'une diode sur la batterie, juste de quoi mettre une paille et placer deux goujons. Le puits fait une douzaine de mètres. Au bas nous butons sur un interstrate impénétrable et sans air. Mais sur le côté les cailloux jetés au jugé tombent dans un petit puits de 4 à 5 m mais que nous ne parvenons pas à voir. De toute façon nous n'avons plus de quoi travailler et cela fait plus de 6 h que nous bataillons alors il est temps de ressortir. Nous effectuons la topo avant de retrouver le soleil et la chaleur qu'une petite brise a bien du mal à atténuer. Il nous faut encore 2 h pour regagner la voiture...

Désobstruction à la massette juste avant le P12.

Et la suite me direz-vous ?
Dans ce secteur, c'est la première fois que nous parvenons à passer (un peu...). Le gouffre est bien formé et ici nous n'avons pas rencontré les obstacles classiques des cavités de Toue : éboulis, broyages, décollements etc... Le point bas (-62 m) n'est peut-être pas le plus intéressant en raison de l'absence de courant d'air et même si une petite suite est probable (puits de 4 m ?). Le méandre fossile (-49 m) sera probablement notre prochain objectif mais le sens du courant d'air nous interpelle, donc rien n'est joué, mais quoiqu'il en soit cette découverte encore bien modeste va nous inciter à revoir d'autres cavités de la Toue et du Soum de Moulle. Et pour se motiver un peu, rappelons que les exsurgences supposées s'ouvre 1040 m plus bas, rien que ça !  


Le P.12 menant au point bas (-62 m)

 

Patrick

vendredi 28 juin 2019

Un gouffre d’illusions


Un gouffre d’illusions
Mardi 25 juin,Afterwork.
Il fait encore très chaud lorsque nous quittons la civilisation et son environnement bruyant. Miss Caro conduit bon train m’emportant avec des tonnes de cordes dans un petit chemin creusé de toutes parts, arrachant au passage quelques grincements à la voiture. Avec tout ce matos, c’est sur on va faire de la descente ! La soirée débute assises dans l’herbe en compagnie éphémère de quelques tomates cerises, de biscuits, d’un bout de pain garni, de graines….le temps s’écoule au gré de l’instant présent. Notre projet initial part aux oubliettes et  l’après est un point d’interrogation. Ce dîner improvisé s’achève sur « on y va ou … ». Changement de programme. La corde de 80 mètres, destinée à se transformer en fil d’Ariane, prend place dans un kit et les bouteilles d’eau dans un autre. Nous voilà double-kiter ! Nous nous engageons dans un petit sentier boisé qui disparait plus loin dans les herbes folles et les fougères envahissantes, puis réapparait  dans les bois pour s’achever dans un site bucolique. Ici tous les ingrédients sont réunis pour nous apporter un peu de fraicheur et beaucoup de poésie…… * ce lieu  semble figé. « Et au milieu coule un ruisseau », dont on entend le puissant clapotis de l’eau. Il s’est frayé un chemin entre les rochers et les végétaux. La mousse est dense, recouvrant tout ou presque. Dans les arbres, quelques bribes de branches moussues rehaussées donneraient presque l’illusion de petits farfadets nous espionnant.
Trêve de rêvasseries, nous désescaladons l’entrée d’un trou bien bruyant et bien glissant. Les pieds dans l’eau, je commence un équipement que je ne finirai pas tout de suite…  « Caro, tu as d’autres mousquetons ? Avec plaquettes ? « …Ré-escalade de Caro qui sort du trou et qui s’en retourne à la voiture. Je ressors à mon tour. Assise sur un rocher de mousse j’observe. C’est l’instant de contemplation (voir * plus haut).  Caro revient à moitié électrocutée, non, je plaisante, elle a juste pris un coup de jus…Ne jamais  pénétrer par effraction chez les vaches ! 
C’est vrai qu’elle n’était pas toute sèche avec l’humidité qu’avait absorbé sa sous-combi. Re-désescalades, re-eau, re-équipement et descente avec petite douchette. S’en suis une bonne période de fouilles dans un chaos de blocs. Caro s’acharne et teste tout ce qui se présente….hélas en vain. J’observe encore un instant, contemplative, tandis que Caro s’est engouffrée dans je ne sais quel boyau. Ici on peut jouer à identifier des formes un peu comme avec les nuages…Tiens une tête de serpent avec de beaux yeux noirs qui émerge d’un tas de roches. Il faut tout de même se résigner à sortir de ce trou ensorcelé qui n’a pas voulu se faire chatouiller les entrailles par 2 « lombriquettes » et qui plus est, nous a douchées bien comme il faut ! Retour à la voiture sans violer la propriété des vaches, rencontre avec un gros crapaud (prince charmant ou sorcière ?) et passage en mode tongs, short et boisson fraiche. On est bien, il fait bon, il fait nuit, on cause entre copines…et Caro me dit « c’est un poteau réfléchissant qu’on voit là-bas ? » - « Oui, je crois que c’est un poteau », et on regarde ce poteau dans la nuit qui tout d’un coup bouge et commence à s’avancer vers nous. Non, nous n’avons pas fumé, mais nous n’avions jamais remarqué à quel point certaines choses peuvent être luisantes dans le noir, comme les yeux du matou qui descend la route ou ceux de celui qui remonte la piste…bref, à 4 yeux ils s’évaporent dans les champs, ne laissant devant nos loupiotes qu’une chauve-souris en pleine chasse aérienne, quelques doux volatiles blancs papillonnant ici et là et…2 points lumineux qui descendent la route. Cette fois c’est une voiture avec 2 personnes fortes sympathiques venues voir à qui appartenait les 2 petites lumières jaillissant de nos frontales.  Bref, une histoire d’yeux ! Reste à savoir si on y voit bien !

C’est ça aussi la vie de spéléo, l’instant magique et hors du temps en très bonne compagnie.
Sandrine.

jeudi 27 juin 2019

Un peu émeché au gouffre de la Confusion...

Mardi 26 juin
C'est la canicule et comme nous ne sommes que deux pour aller au gouffre de la Confusion nous prévoyons un départ matinal pour éviter les grosses chaleurs (Sandrine et Patrick). Pour gagner un peu de temps, nous dormons donc dans le Bergons au départ du sentier.
Mercredi 27 juin
Lever aux aurores et départ à 7 h lourdement chargés. Le VTT AE nous fait gagner un peu de temps et de fatigue. Au col d'Espadres, nous rencontrons Laurent le sympathique pâtre qui aura la charge de surveiller les troupeaux du groupement pastoral d'Asson durant l'été. Il sera durant les deux mois (juillet/août) logé à la cabane de Marti Peyras sauf les week-end. Nous continuons notre route vers le soum de Moulle. Il fait chaud mais il y a du vent et c'est très supportable. Le gouffre aspire bien et nous commençons les travaux vers 10 h30. Cela avance bien et peu à peu le sommet du puits se dévoile et cela paraît assez grand derrière. L'ambiance est humide, c'est assez inconfortable pour percer mais le perfo marche bien, les pailles new look fonctionnent à merveille et le vide n'est plus qu'à quelques dizaines de centimètres. Merde ! La première mèche vient de se casser en deux. Pas grave, nous sommes prévoyants et nous sortons celle de secours. C'est reparti pour un tour. Mais deux pailles plus tard je constate que la seconde mèche n'évacue plus de poussière. Damned !! La tête a rendu l'âme. On est mal car nous n'avons plus que la mèche de 20 cm et des micro-pailles. Nous gagnons quelques centimètres mais peine perdue, ce n'est pas aujourd'hui que nous passerons. 
Nous ressortons "légèrement contrariés" et utilisons les paillounettes pour la mise au gabarit XXL de l'entrée. Il n'est pas très tard et en descendant au refuge de Yerse nous en profitons pour prospecter un peu mais sans trouver grand chose. Nous allons ensuite à la 2° perte de Yerse pour voir l'état du filtre que nous avons posé à l'entrée (grillage fin pour empêcher les feuilles et branchages d'entrer et de boucher le conduit). Cela semble avoir été efficace. Il n'y a ni feuille ni bois à l'intérieur et désormais le courant d'air y est franc. Un autre objectif pour plus tard...
Nuit au refuge, toutes portes ouvertes, un vent chaud souffle dans le vallon....

Cauchemar d'un spéléo éméché du côté de la Toue

Jeudi 28 juin
Nous remontons au gouffre de la Confusion avec des cordes que nous avions laissé du côté de Yerse lors du déséquipement de la perte. Ce sera toujours ça de moins à porter pour la prochaine fois... Retour à la voiture, cette-fois-ci il fait vraiment chaud...
Patrick

dimanche 23 juin 2019

La grotte aux moutons


Samedi 22 juin, Bubu, Pascal et Alain M

Nous ne sommes que 3 ce jour pour aller désober cette grotte connue depuis toujours et revue l'année passée lors d'une balade.

Le temps se met au beau, la météo annonçant même une canicule pour la semaine à venir.
Nous sommes un peu chargés et même si l'on voit la cavité depuis le parking des voitures, ce qui n'est pas coutume, la marche d'approche est assez longue et les rayons de soleil aidant, nous devons vite faire quelques arrêts.
Pascal, pour qui c'est une première, caracole en tête, à maintes reprises je pense que nous ne l'avons pas suffisamment chargé mais bon, on y arrivera quand même.
Paysages magnifiques, vue sur la chaîne des Pyrénées du 64 au 09, des fleurs, des insectes... de quoi alimenter les conversations.

Enfin nous arrivons sur le sentier de la crête et découvrons les restes de neige dans le cirque du Granquet et le flanc Est de l'Estibette. C’est beau, très beau.
Encore 400 mètres en plan et nous voici à pied d'œuvre non sans être passé au Trou du Mouton où nous admirons 4 petits rouges-queues qui commencent à prendre leur premier envol.

La grotte aux moutons aspire un bon courant d'air et c'est rapidement que nous nous mettons à l'ouvrage.
Il va s'agir de retirer terre et cailloux qui encombre un départ de méandre sur environ 4 mètres de long. Au fond, un coude à gauche et ensuite on ne voit pas.

Nous attaquons les premiers seaux de terre. Pour l'occasion nous avons porté un bidon coupé en 2, une corde devant, une derrière et on fait le va-et-vient.
Le travail avance bien et à 13 heures c'est la pause casse-croûte.
Tiens le brouillard arrive et nous cache le paysage. Au moins nous n'aurons pas trop chaud.

Nous reprenons rapidement le travail, les bidons pleins s’enchaînent, stoppés ponctuellement par le passage de plus gros blocs.
Certains plus gros seront mis au calibre avec les moyens percutants.
Vers 18 heures une suite nous apparaît mais il est l'heure de la débauche et il nous faudra y revenir.

Affaire à suivre

Alain M


dimanche 16 juin 2019

Sortons sous la pluie...

Samedi 15 juin, au Bois de Bénac
Jean Claude, Bubu, Pierre Michel, Jean Luc et Alain M

Ce samedi nous avons projeté de retourner à la Grotte des Rameaux puis au Puts des Ramettes.

Le temps est moyen du coté de Tarbes mais il ne pleut pas. Arrivés à Lourdes, il commence à bruiner mais cela ne nous arête pas.
A St Pé cela continue mais on est là, nous aussi on continue.
Et d'ailleurs il n'y a que peu de marche et dans la première cavité l'on sera à l'abri.

La montée se fait sous les parapluies et les ponchos.
Le sol est déjà bien gorgé d'eau et avec la pente, ça glisse, ça glisse.

Nous sommes vite équipés et nous nous retrouvons au sec, 20 mètres plus bas. Seul Jean Luc qui est accompagné d'Iko, repart pour des lieux moins arrosés.
Nous arrivons rapidement à l'objectif du jour, une escalade qui n'a peut-être pas été réalisée.
Pierre Michel se met à la tâche et après une petite montée en libre, un goujon d'assurance, il atteint 5 mètres plus haut la galerie convoitée.
Nous le rejoignons car il y aurait peut-être une petite suite.
Après le forçage d'une étroiture, il faut se résigner, c'est terminé.

Repli de l'équipe, quelques photos et nous revoici dehors, il est déjà midi et il pleut toujours.
Discussion, nous allons voir les Ramettes. Le travail à faire pour cette cavité se trouve en surface et vu le temps, il n'est pas question d’y travailler, il nous aurait fallu une bâche.
Un caillou lancé dans la cavité, après l'étroiture verticale de moins 3, va loin, oui, loin.

Faudra y revenir. Par contre il faut bien noter qu'il n'y a pas de vent mais c'est certainement normal aujourd'hui, vu la température.

Repli stratégique jusque chez Jean Claude pour faire le casse-croûte en terrasse.
Pour une fois, nous serons rentrés de bonne heure.

Alain M


 

vendredi 14 juin 2019

Sans confusion, le TO53


Mercredi 12 juin,
Sandrine et Patrick, Jean Claude et Alain M
Ce jour c'est une sortie 100% retraités.
L'objectif est la suite de la désobstruction au TO53 appelé aussi Gouffre de la Confusion.

Nous attaquons la marche d'approche à 8h45, nous savons qu'elle sera longue.
Col d'Andorre, Col d'Espade, la Toue et pour finir le Soum de Moule, altitude 1544 m.
Heureusement, le sentier est "marchant", varié avec des hauts et des bas et après quasi 8 km nous y voilà rendu, il fait beau, on est heureux.

A part quelques troupeaux de moutons, vaches et chevaux, nous n'y verront personne : la solitude complète.

Mais certains sont venus pour aller au "travail" et rapidement, après quand même un bon casse-croûte, Sandrine et Patrick sont "avalés" par la petite entrée du gouffre qui exhale un fort courant d'air. Nous ne les reverrons que vers 16 heures passées.
 
Jean Claude et moi-même resterons en surface. Objectifs prospection, désobstruction d’une cavité repérée par JC il y a quelques temps et cueillette, si nécessaire de quelques champignons de saison, j'ai cité le mousseron de montagne (Tricholome de la Saint Georges ou Calocybe gambosa).

Nous partons avec le GPS en main et revoyons quelques cavités déjà pointées. Au passage je prends la photo des entrées afin d'alimenter la base Karsteau.
Nous parcourons plus de 2 km en flanc sud puis en flanc nord. Nous arrivons près du TO22 et entamons la désob de surface de la cavité repérée par Jean Claude.
Comme très souvent dans ces zones, les roches sont fracturées et se détachent facilement les unes des autres.
Malheureusement ici, cela se fait trop bien et c'est tout une partie du plafond qui menace de tomber et qui tombe ensuite sous nos coups de pied de biche.
Il est temps d’arrêter et de laisser les cailloux se stabiliser avant de poursuivre les travaux. Il faudra y revenir.
Nous continuons notre périple mais vers 15 heures, las de marcher, nous retournons voir nos collègues.
Ils sont toujours au travail et nous profitons des rayons de soleil entre les nuages pour prendre un peu de repos.
A 16h10, c'est Sandrine qui réapparaît la première, suivie rapidement par Patrick

"Nous avons agrandi un premier passage d'environ 1,5 m de long. C'est un méandre étroit haut d'1 à 2 m qui s'enfonce progressivement avec un petit actif.
Derrière ce premier passage, nous avons descendu un ressaut d'1,5 m avec un petit bassin au bas, puis le méandre se pince à nouveau avant de plonger dans un puits beaucoup plus vaste avec une forte résonance. Les cailloux tombent de 5 à 6 m mais il nous a semblé que d'autres ont chuté beaucoup plus bas. Il reste à nouveau 1 à 2 m à élargir mais ce sera facile. Nous avions beaucoup d'air par moment (soufflant)."


Il est l'heure de repartir, la marche sera aussi longue qu'à l'aller.
Affaire à suivre et à bientôt sur la Toue

Alain M




 Vue vers le Sud
Vue vers le Nord