jeudi 30 octobre 2014

Les habitants des Gates

Lors de notre passage à la "mine", nous avons pu observer quelques habitants bien caractéristiques des grottes de St Pé.
Les voici en photos, à vous de les reconnaitre.










Aguilée ou Aguil'eau ?

Mercredi 29 octobre, Véro, Jean Claude, Alain D et Alain M.
Nous sommes 4 ce mercredi pour une sortie à St Pé, sur le cours de la Génie Braque, avec pour objectif une revisite du petit réseau de l'Aguilée.
Ce gouffre grotte nous a tenus en haleine de très nombreuses années : une étroiture sévère en empêchait la pénétration, défendue en plus par un siphon temporaire, se mettant à sec uniquement lors des périodes de sécheresse importante. Et en ce moment, c'en est une, de période de sécheresse. Pour preuve le manque de pousse de champignons qui à cette époque devrait être importante.
La montée se fait rapidement, guidé par notre guide local Jean Claude. Nous empruntons le sentier "du milieu" qui monte ne pente douce et nous mènera en moins d'une heure à la cavité.
C'est bien plus pratique que par le sentier du haut.
Arrivé à la cavité, c'est l'équipement et nous rentrons dans la cavité. Le vent exhalé est énorme et froid, de bons augures.
A l'étroiture de moins 6, Véro s'engage la première et constate qu'il y a encore de l'eau dans la vasque. Elle s’accroupit, s'allonge dans l'eau et franchi la voute mouillante, quasi à la nage, même s'il n'y a que 50 cm d'eau, mais pour moins de 10 cm d'air au passage le plus bas. Oup, oup, c'est froid, ça réveille !
Le problème qui se pose alors a nous c'est de pouvoir passer le matériel sans le mouiller. Nous avons en particulier le perforateur pour réaliser une escalade qui pourrait nous permettre de shunter ce passage aquatique. Hélas, sans sac étanche il n'est pas question de mettre ce précieux matériel à l'eau et il va rester bien au sec. Nous ne pourrons pas escalader.
Je passe à mon tour dans l'eau et rejoins  rapidement Véro.
Jean Claude, plus sage, décide de rester au sec, il a bien raison.
Par contre nous nous trouvons dans une jolie salle, les pieds dans un petit ruisseau qui doit bien débiter entre 3 et 5 litres secondes. Pour une période de sécheresse, je trouve que cela est beaucoup.
En aval, nous escaladons facilement un talus de glaise, les anciennes traces sont encore très légèrement visibles, recouvertes quand même par du limon du aux différentes montées et descentes de l'eau.
Nos phares puissants nous permettent d'éclairer les plafonds et de voir 2 escalades possibles qui devraient permettre un passage moins aquatique et surtout plus sécuritaire.
Nous partons vers l'amont. Il faut à nouveau se baisser, ramper dans l'eau, la voute est basse mais comme nous sommes déjà trempés à 100%, ce n'est pas grave. S'ensuit une vasque d'une dizaine de mètres de long avec de l'eau jusqu'au ventre. C'est beau.
La galerie continue ensuite sur une vingtaine de mètres pour tourner à droite, nouveau ramping, puis à gauche. Véro s'allonge, fait 5 mètres de plus et constate que cela continue mais avec environ 15 cm de large, sur plus de 10 mètres. Sans outils, pas de suite possible. Le vent est violent.

Nous rebroussons chemin, repassons les différents obstacles et nous retrouvons à l'extérieur, trempés de la tête au pied. Heureusement il fait très beau, le soleil chauffe bien et après une bonne heure nous sommes prêts pour le retour.
Nous emprunterons le sentier du haut et au passage revisiterons la mine des Gates.

Humide mais belle journée, il faut profiter du beau temps.

Alain M




mardi 28 octobre 2014

Sima de los Cairns : le rêve brisé


Par Jean N.
Le weekend du 25 octobre une sortie Amalgame est prévue à La Pierre. Cela fait quelques mois que je souhaite participer à l'une de leur exploration.
Je saisis l'occasion. Nous nous retrouvons comme à l'accoutumée au refuge de l'Arsip le vendredi soir. Chacun arrive à sa guise et ce n'est que vers 22H que l'équipe est au complet.
Étant parmi les premiers arrivés, je profite du laps de temps pour un rattrapage dispensé par Alain et Joël sur les explorations en cours et les rêves de jonctions sur le massif poursuivis par Amalgame.
Les équipes et les missions pour le lendemain étant arrêtées nous allons nous coucher, certains plus tôt que d'autres...
Samedi avec Régis et Thibault, nous descendons dans la Niebla (Sima du Brouillard)  (C214) pour déséquiper la partie entre -312 et -410.
Ce n'est pas une mince affaire et durant toute la matinée nous ferons fonctionner la poulie micro traction pour remonter les lourds kits jusqu'à -312. Pendant ce temps, Joël et Serge s'occupent d'élargir le méandre de -312 qui doit permettre d'accéder à la suite de la cavité.
Certains avaient prédit que ce serait rapide. En fait, c'est plus long que prévus et les deux malheureux vident les deux batteries du Hilti dans un courant d'air glacial. Et le passage n'est toujours pas dégagé!
Pendant ce temps j'offre un café revigorant à mes deux acolytes qui ne refusent pas et qui apprécient par là même la générosité et la convivialité qui caractérisent notre club : le GSHP ! (J'attends Bubu me dire que c'est normal, que c'est la Spéléo ça !).
Joël et Serge laissent la place à Régis qui utilise la fin des batteries pour élargir un peu plus le méandre. Mais ça ne suffit pas et une soudaine envie pressante le contraint à quitter le méandre.
Je prends le relais et réussi à me laisser glisser le long de la corde et à franchir la dernière étroiture. Thibault me surveille et me guide, prêt à m'aider si besoin.
La suite est plus large mais la sensation est étrange après ce passage plus qu'étroit. Je descends d'une dizaine de mètre et j'arrive sur un palier qui débouche sur un joli puits d'une trentaine de mètres. Nous avons plein de matériel mais plus de batteries et partir en exploration seul après cette étroiture ne serait pas très sérieux...
Je remonte le long de la corde et m'emploie pour passer dans le sens de la montée cet étranglement. Thibault est là et m'encourage.
Le croll dans le ventre et la respiration coupée j'arrive à repasser ce mauvais passage. Il faudra encore un peu de travail pour que ça passe un peu mieux la prochaine fois. Nous commençons une lente remontée de ce qui m'a été présenté la veille comme le trou le plus sale de La Pierre !
Il est vrai que pour un trou du massif, il n'est parfois pas très large et pas très propre. Le matériel et le corps sont mis à rude épreuve... Ce ne sera que tard le soir que nous regagnerons le chalet pour partager un bon repas.
Le même jour, une autre équipe (Alain, Kiki et Le Beauf) se sont rendus dans La Sima de los Cairns pour entreprendre une escalade au fond qu'ils n'ont pu terminer faute de matériel.

Dimanche, nous ne sommes plus que deux pour descendre sous terre. Je motive sans trop de peine Thibault pour aller terminer l'escalade dans La Sima de los Cairns. Arrivés au fond, l'escalade est vite terminée et nous constatons qu'elle ne donnera rien. Nous en profitons pour revoir l'étroiture avec un bloc coincé problématique qui barre l'accès à ce qui pourrait être la suite de cette très belle cavité.
Après un essai de Thibault infructueux pour cause de matériel se coinçant à peu près partout, je passe sans matos en contournant le bloc qui menace de s'effondrer sur le passage par le haut et je constate que la suite entrevue n'en est pas une. Seulement une arrivée haute qui doit communiquer avec l'escalade achevée un peu plus tôt.
Après avoir cherché en vain la suite entre les blocs de la salle finale c'est avec regret que nous remontons ces belles verticales qui auraient pu être une bien meilleure option d'accès à la rivière que les étroitures du C214. A la sortie, les gardiens du temple (Alain et Joël) sont là et nous attendent pour une visite du domaine ! 
C'est sous l'agréable soleil de cet été indien que nous achevons ce weekend fort sympathique à La Pierre.

Photos Amalgame

ESB et de 7 à 77 ans



Samedi 25 et dimanche 26 octobre à Saint-Pé de Bigorre, deux jours de spéléo pour l'ESB, à l'occasion des journées de 7-77 ans.

Les jeunes et les moins jeunes se sont éclatés dans les différentes cavités classiques du massif. La grotte de la Pale, Hayaü-Bouhadéro, la grotte de la Résistance, la Borne 109, le Bujoluc.
Le temps étant au "très beau", les approches des grottes ou gouffres et les visites souterraines se sont déroulées au sec.
Les plus jeunes nous ont étonnés par leur faculté à descendre ou monter sur corde. Beaucoup de ces derniers prennent une licence tellement ils ont "accroché".

L'encadrement était assuré par les cadres des différents clubs du département et bien géré par Laurent le coordinateur de l'ESB et Jean-Luc le Président du CDSC. Tout le monde était super content de ces deux journées bien remplies et le soir venu, la plupart parlaient de revenir le plus tôt possible.

JC M
Initiation à la remontée


Les 7 - 77 vus par Caro :

Petit compte rendu sur mes deux sorties du 7-77 ce 25 et 26 octobre.

Ce samedi, rendez vous est donné à 10 heures au local du réfectoire et des dortoirs. De tous les cotés grouillent des têtes casquées d’une quinzaine d’années. Tout le monde est au café et comme tout rassemblement de cet ordre… nous ne partirons qu’une heure après, le temps de définir les groupes et d’équiper nos invités. Ce jour est un peu particulier pour moi car après avoir dégoûté mon mari de la spéléo, j’amène ma fille Lana de 9 ans qui cette fois ci veut faire de la corde…. Une première. Nous voilà partis avec  Laurent Rigou, sa femme et trois autres jeunes du SNEC pour la grotte de la Résistance. Les épreuves s’enchaînent comme à Fort Boyard, les puits sont montés et descendus non sans mal mais avec brio ! Il y a eu quelques chounneries que j’ai presque pas entendues… Je suis fière de ma choupette car cette cavité n’est pas si évidente pour des petites jambes et un puits de 11 mètres, c’est l’Himalaya à cet âge là. Super sortie donc comme toujours.
Ce Dimanche, j’ai laissé ma fille au lit pleine de courbatures et me revoilà partie avec 5 copains pour une presque première sortie avec des verticales. Cette fois ci, nous avons du mal a trouver un encadrant. Il y a beaucoup de participants, les cavités principales sont déjà surpeuplées… que faire ? Alain Méric arrive sur le tard.  Le laissant à peine sortir de sa voiture, je le réquisitionne. Nous revoilà partis pour la Grotte de la Résistance. Au moins, les souvenirs sont frais et je pourrai guider tout le monde. Trois autres personnes se joignent au groupe. C‘est donc à 10 que nous repartons. Premières verticales pour certains… plaisir de l’encadrement pour d’autres. La dernière salle est renommée la salle Rose, magnifique. Des vocations sont peut être nées, affaire à suivre… Dans tous les cas, c’est une super opportunité de partager la spéléo avec ses proches. La décrire ou l’écrire n’est qu’un pâle reflet de ce que nous vivons sous terre. Merci encore.
Caro

Un WE productif...


Samedi 25 octobre, Alain D
Montée seul à la crête de Souey qui rejoint plein Est le Soum de Grandquet. 
Au virage noté "Estères" sur la route du Col des Pandèles" (et non pas des Spandèles), prendre un petit chemin bien marqué qui au début s’enfonce sous les buis et qui débouche sur une épaule couverte de fougères. En continuant sur cette épaule, le chemin est moins bien marqué, ce n'est plus qu'une sente de chevreuil !
Elle est aussi raide que le coup de cul lors du départ du chemin de l'Aulhet... Mais il grimpe sur 300m de dénivelée. A la monté comme à la descente il ne faut surtout pas louper la bifurcation qui oblique plein Est pour les 100 derniers mètres avant de sortir de la forêt et déboucher sur une prairie en pente où le pastoralisme fut autrefois très intense... Prospection en remontant vers le Grandquet jusqu'à 1650 m au confluent du chemin qui mène à l'Estibete.
Je relève 10 ruines de cabanes mais pas de cavités sur cette épaule...
Qu'à cela ne tienne, demain je vais prospecter ailleurs...

Dimanche 26 octobre, Brigitte et Alain D
Avec Brigitte nous partons vers le Grandquet  / Soum de las Escures pour prospecter le second cirque sous le sommet Ouest de las Escures. Le premier cirque étant celui du Grandquet...
La descente est assez laborieuse dans les rhododendrons et lapiaz calcaire déchiqueté. En fait ici les strates sont redressées...
Le Berger M. Sanchou rencontré la semaine dernière m’a indiqué cette zone pastorale nommée « Coste Taillade » car si en début de saison l’herbe est mangée par le bétail elle ne repousse plus… Sur la Carte IGN « Costetaillade » est placé dans le Cirque de Grandquet. Coste taillade peut aussi se traduire comme : les crêtes effilées rappelant  les dents d’un couteau… En effet dans chacun des cirques les contreforts sont découpés et verticaux…

On y débusque 2 superbes Isards et au fond de ce lieu sauvage très isolé, on trouve aussi la trace des bergers avec 2 anciennes cabanes. Profitant de la vue sur le synclinal du Yerse on fait une pause casse-croute ; au fond dans l’Arriu Sec les chasseurs balancent quelques balles, les chiens aboient, le sanglier n’a qu’à bien se tenir !
On reprend l'ascension, Brigitte trouve une passe sur le flanc Ouest pour rejoindre le sommet Ouest des Escures par une épaule débonnaire.
Je prospecte ce flanc et y découvre un gouffre ventilé à désober vers 1710m, manifestement rebouché pour que le bétail n'y tombe pas.


Puis dans la paroi sous les Escures (face Nord), vers 1785m, j'avise une lucarne en trou de serrure.

A la jumelle, sur la paroi, près de l’entrée, je détecte des gros placards de peinture rouge, très ancienne. Je noterai ces gros points de peinture patinée par le temps, qui partent de la cavité et balisent  une vire aérienne menant au Col de las Escures.


L’entrée fait 2x0,8. Dès le départ, un ressaut mène à -3m sur un bouchon de blocs avec courant d'air qu’il faudrait désober… Mais au-dessus, le méandre se poursuit et débouche rapidement sur une salle rotonde de 4m de diamètre. Des corneilles y ont élu domicile…. Il y a un ressaut de 2,5m escaladable menant à une galerie vue sur 5m, que je ne pourrais pas explorer faute de lumignon plus que faiblard !

  A noter un nid de choucas et surtout à la sortie la roche recouverte de mousse est lustrée... Est ce un abri à berger ou une ancienne tute d'ours ? En tout cas c’est un superbe abri  en cas de mauvais temps.

Est-ce la fameuse grotte que la famille des Montamat de St Pé à la recherche de l’Or de la légende ? D’après la légende ce ne serait plus pas aux Artigous…
La peinture a-t-elle été placardée par les copains du GRAS des années 92/95 ?
Il faudra y revenir pour en avoir le cœur net et en faire la topo…
La descente se fait par le talweg Sud percé de dolines afin de repointer la série des GE 09 et 10, mais rien de nouveau...
Retour au Col d’Ansa en délogeant une vipère qui profite des derniers rayons du soleil automnal…

Alain D