dimanche 29 mai 2016

Fin du gouffre de la Traversée (CL-03)

Vendredi 27 mai 2016
Comme la semaine dernière, avant de retourner au CL3 nous montons à Yerse la veille pour voir de plus près quelques trous nouveaux et plus anciens (Sandrine et Patrick). Le premier est une perte (SC319, rebaptisé TO522 en raison d'une erreur de zone) sous le col d'Espadres, direction Yerse. Elle est alimentée par un ruisseau issu des marnes de Ste Suzanne. Lorsque celui-ci atteint les calcaires (jurassique) il disparaît dans un joli méandre en partie bouché par les alluvions. Mais pour voir la suite, pas d'autre solution que de se mettre à l'eau et vider à la main toute toute cette m... Malheureusement celle-ci n'est vraiment pas très grande et le méandre, si beau soit-il n’excède pas 15 à 20 cm de large. En plus, le seul petit mouvement d'air semble être provoqué par la petite chute d'eau qu'on distingue 2 m plus bas. 
La perte TO 522

Après avoir décrassé le matériel, nous allons voir le gouffre TO 523 découvert la semaine dernière. Un énorme talus de feuilles s'est déposé au bas du puits et la suite, si il y en a une, se situe sous nos pieds. Nous remontons ce que nous pouvons pour tenter d'ouvrir un passage mais à deux, nous sommes vite limités. Pourtant nous avons l'impression de sentir un courant d'air froid. Il faudra revenir.
Le gouffre TO 523 était passé inaperçu...
 
Avant de regagner la cabane nous fouillons encore les environs sans rien trouver de neuf. Durant la nuit un gros orage éclate sur le massif.
Samedi 28 mai 2016
Il ne pleut plus, mais il subsiste de belles bandes de brouillard au travers desquelles nous voyons fuir quelques isards. Vers 9 h nous sommes au CL 3. Nous filons au fond pour commencer les travaux. La roche, peu homogène ne facilite pas le travail et nous consommons presque 2 batteries avant de pouvoir passer. Étienne et Jean nous rejoignent et terminent le travail. 

 Cette année la mode est au PVC recyclable, idéal pour les douches intempestives

Nous dévalons, un peu à l'arrache, un petit ressaut de 6 m. Au bas, le conduit se prolonge par une fissure profonde et étroite d'où sort le courant d'air. Ce n'est pas très enthousiasmant... Cependant, tout au fond, en criant il nous semble entendre une belle résonance.  Alors nous reprenons les travaux et nous gagnons près de 2 m, mais la résonance nous semble moins évidente et finalement nous nous apercevons que c'est celle du puits précédent. Bref, un vrai piège à c....

 Le fond, étroit et sans grand espoir...

Inutile donc d'insister car la fissure se prolonge sur plusieurs mètres en n'excédant pas 10 cm de large. Nous bouclons la topo puis nous déséquipons ce joli gouffre qui nous avait fait rêver un peu....

C.R. Patrick

samedi 28 mai 2016

SC147, sa découverte et sa première exploration

C'était il y a 20 ans.
Textes extraits des Echos des Tachous année 1996



Samedi 24 mars 1996
Alain Massuyeau, Thomas Gendulphe et Pierre Callot
Ballade à Saint Pé, histoire de se dérouiller les jambes et de profiter d’une journée de soleil.
Départ vers 9 heures du Bergons et direction le col d’Andorre.
Montée paisible avec au passage sur le chemin forestier la découverte d’un petit souffleur qu’il serait peut être intéressant de désobstruer (attention, il est pile dans les jurassiques).
Arrivée vers le col, la neige nous attend. Il y en a une couche respectable et malheureusement le redoux des derniers jours ne l’a pas tassée, bien au contraire.
Notre galère commence avec des enfoncées de plus de 80 centimètres à chaque pas.
Inconscients, nous entamons la descente qui devra nous mener au col d’Espade puis peut-être vers la Toue. Au passage derrière le col d’Andorre, nous repérons deux cavités là où la neige n’est plus présente. Présence d’un bon courant d’air pour les deux et surtout, pour celle du haut, d’un puits sondé à 30 voir, pour le plus optimiste d’entre nous, à 50 mètres.
 Belle découverte, d’autant que la désobstruction sera facile et la marche d’approche égale à une bonne heure, légèrement plus. Nous continuons notre périple mais la progression étant si difficile, nous ne pensons plus du tout à prospecter, mais simplement à avancer, dans des conditions extrêmes.
Arrivée au col d’Espade où le flanc nord porte légèrement mieux et le flanc sud-est de la véritable soupe.. .
Déjeuner sur les coups d’une heure, au soleil heureusement, sur un petit sommet dominant la cuvette de la Toue. Repos bien mérité pour nous quatre, Fanny nous accompagnant, j’avais oublié de le signaler.
Passage près de deux trous potentiels, la neige est fondue complètement à ces endroits et ne laisse pas d’ambigüité sur leur présence.
Nous continuons et retrouvons deux autres cavités, but de notre sortie. Les TO 500  et 501.
Marqués par le GRAS en 92, je les retrouve enfin, indiqués par un de mes amis depuis plus de 2 années et ayant fait l’objet d’une première recherche lors de notre camps du Yerse 95.
Ils sont ouverts tous les deux et déneigés, le vent oblige.
Seul le TO 501 est marqué non terminé et serait vraisemblablement intéressant à continuer, vu le courant d’air qui en sort.
Direction les Trois Croix, le retour par le col de la Lacque  (s’il vous plaît!) sera long.
Au passage au Yerse, rencontre avec trois personnes qui montent voir quelque chose
là-haut... Après discussions sur les difficultés de la progression, nous leur souhaitons bonne ballade et bonne visite au Trois Croix. Stupeur et étonnement de la personne qui guide, sur le faît que nous connaissions ce lieu et surtout que ça existe. Discussion et je leur promets de leur envoyer quelques renseignements sur le lieu et les hypothèses des Trois Croix.
Nous les quittons et entamons la descente puis la remontée en passant par le Yerse.
Nous retrouvons notre lieu de campement de l’année précédente. Rien n’a changé si ce n’est que les vaches ont disparu et se sont transformées en lait (la neige), beaucoup, beaucoup de lait.
Passage près de la petite cabane, toujours debout malgré la neige, puis remontée en direction du col de la Lacque. La remontée sera pénible, chacun traçant tour à tour, stoïquement.
Passage près des inscriptions, passage à la clairière, la remontée, les dalles puis enfin la clairière, la Lacque  avec ses piquets dont seule la pointe est visible. Calvaire, calvaire.. .
Au col, un cadavre de cheval, mangé par les vautours, gît impudique, témoin de l’année passée.. . .
La descente, elle sera directe et rapide, malgré une neige molle, très molle, qui nous oblige à lever haut les jambes et qui nous mouille bien au-delà du genou. Vite, vite, quittons ces lieux.. .
Nous aurons mis sept heure trente pour réaliser un trajet qui en temps normal n’en demande qu’à peine 4. Maigre moisson, deux trous à désober, heureusement dont
un P 50 et repérage des TO 500 et 50 1.
Nous reviendrons.. .

Samedi 6 avril 1996
Cahot P, Gendulphe, Massuyeau, Douat M et MC.
Direction le col d’Andorre, le trou repéré 15 jours plus tôt, ça nous travaille. Nous sommes accompagnés de Mickey et Marie Claude, qui nous serviront entre autre de porteurs, merci.
La montée est rapide et la partie enneigée cette fois ci ne pose aucune difficulté, la neige étant tassée.
Arrivée au trou, sondage et effectivement, il y a bien un puits important, vraisemblablement près de 50 mètres. Pendant que les deux jeunes cassent la croûte, les anciens s’activent à la désobstruction. Armés d’une massette et d’un burin, il ne faut pas longtemps pour dégager un passage suffisamment large pour pouvoir descendre.
Messieurs les jeunes, c’est à vous. Thomas s’est équipé et va pénétrer le premier dans le puits. L’entrée est juste mais ça passe. Dessous, une petite margelle et ensuite c’est le vide. Il commence à spiter, nous le laissons équiper.
Pendant ce temps, visite à l’autre cavité repérée il y a 15 jours. L’entrée est petite mais nous avons de la chance et après quelques blocs retirés facilement, ça va passer. C’est pour Pierre, il est le plus petit et en plus il est équipé.
Passage, désobstruction afin de facilité la progression et il se retrouve à la tête d’un puits de 7 à 8 mètres. II est nécessaire d’installer une corde afin de pouvoir y descendre. Arrêt dans une jolie salle avec de nombreux blocs. Malheureusement, le courant d’air arrive d’entre les blocs et la suite ne sera qu’à la faveur d’une très importante désobstruction.
Cavité déclarée terminée pour le moment.
Pendant ce temps, notre ami Thomas spite. Deuxième spit, mise en place du cône, il tape et vlan, le tamponnoir d’Alain, qui datait du TGV PSE, se casse...
Jurons, clameurs et remontée.
Alain s’équipe et va mettre un autre spit, prévoyant il a bien d’autres tamponnoirs dans son sac (!).
Je mets donc un nouveau spit mais cette fois ci un peu plus loin, juste au-dessus du grand vide.. . Pas de casse, tout se passe bien. Je propose à Thomas de descendre, il me laisse la primeur du vierge, c’est parti. 10 mètres, 15 mètres, passage d’un premier palier, sans frottement, puis c’est la grande descente, directe. J’atterris 40 mètres plus bas, au bas du puits, éclairé légèrement par la lumière du jour qui pénètre jusqu’en bas. Image féerique, avec le soleil directement à l’aplomb, ça doit être de toute beauté.. .
La suite, elle est là, devant moi, dans un petit méandre, avec le courant d’air, je le sens fortement.
Libre.. .
Thomas me rejoint, déjà j’ai commencé à mettre un nouveau spit, ça continue, c’est bon.
Le spit mis, il passe le premier, c’est un méandre qui donne sur un nouveau puits de 10 avec derrière une autre tirée, peut-être 20 ou plus.
Équipement et nous voulons descendre.
Hélas, dans le méandre une vilaine trémie est coincée et la prudence veut que nous procédions à un nettoyage de rigueur. Les pierres tombent, une à une, avec un bruit d’enfer, certaines allant 30 mètres plus bas. La trémie est importante et plus nous en faisons tomber, plus il faut en faire tomber.
Pierre nous a rejoint et assiste à la chute des pierres….
Le manège durera plus d’une heure, nous nous relayons et inlassablement faisons tomber, tomber, tomber.. .

Quand tout nous semble fini, il est temps de remonter, la descente du puits ce sera pour la prochaine fois.
Sortie du trou vers 18 heures, Mickey et Marie Claude sont partis, ils nous attendent de l’autre côté du col, au soleil. C’est vrai qu’il fait froid, le thermomètre de Thomas affiche 7 degrés.
La descente nous réchauffera et la découverte de cette nouvelle cavité alimentera nos conversations pour de nombreuses heures.
A suivre, ça continue.

Alain M




vendredi 27 mai 2016

La suite au SC 147

Mercredi 25 Mai: 
Ce mercredi, nous avions prévu, Jean et moi de retourner au SC-147 afin de poursuivre la désob. de la semaine dernière. C'est accompagné de Jonathan que nous nous y rendons, bien déterminés à venir à bout de ce méandre.
Après une cinquantaine de minutes de marche d'approche, nous voilà à l'entrée. Les puits s’enchaînent vite et nous nous engageons dans le méandre. Maintenant nous connaissons la route et il nous a fallu à peine une heure pour atteindre le fond. 
Une fois au terminus l'excitation est à son comble, ça souffle et on entend toujours l'actif derrière. C'est très motivant et il ne faudra pas nous prier pour qu'on se mette au travail!
 A tour de rôle nous opérons avec une précision qui nous épate nous même, et après 8 pailles le verrou cède!!! Pour un mètre de première... car ça pince de nouveau. 
Derrière ce nouveau pincement on aperçoit très clairement le petit actif qui se jette dans un ressaut environ 5 mètres plus bas. Nous ré-attaquons immédiatement ce chantier et c'est au bout de quelques pailles de plus que nous passons. Plus rien ne nous résiste!!! 
Après un bon nettoyage nous rejoignons l'actif qui s'écoule dans un beau méandre d'une vingtaine de mètres de haut. On équipe une main courante, et après quelques belles dizaines de mètres de découverte, nous voilà de nouveau face à un pincement. Cette fois-ci c'est bloqué sur au moins 15m, le chantier est trop important, et c'est déçus que nous décidons de rebrousser chemin.
En remontant le méandre nous apercevons à l'aplomb du pincement une lucarne qui fait renaître tous nos espoirs. Une escalade est nécessaire, mais c' est atteignable avec un peu  de matériel.

Étant donné que nous sommes tous les trois complètement à poil de goujon, ce sera pour la prochaine fois.
Nous sortons du trou il est 19h, et la pénible remontée nous a séché. Trois quarts d'heure plus tard nous somme de retour à la voiture, et commençons déjà les plans pour de nouvelles aventures.

Antho.


dimanche 22 mai 2016

De retour du côté de Yerse

Vendredi 20 mai 2016 : 
Avant de retourner au CL 3 pour continuer la désobstruction à -60 m, nous profitons du beau temps pour monter à la cabane de Yerse et pour récupérer du matériel sorti du gouffre du Beaufort (Patrick et Sandrine). Nous partons en début d'après midi du Bergons. Il fait déjà bien chaud et arrivés au CL 3 nous sommes bien contents de nous délester du matériel qui servira le lendemain. Plus légers, nous descendons vers la cabane en prospectant un peu. Nous retrouvons la perte 319 qui coule bien, puis plusieurs autres cavités non répertoriées. Nous récupérons ensuite le matériel du Beaufort et comme il reste un peu de temps, nous passons à la perte de Yerse n°2. Le ruisseau ne coule pas mais le filtre que nous avions installé pour éviter que les feuilles et les branchages ne viennent reboucher le trou, a visiblement bien fonctionné. Un courant d'air froid s'en échappe et même si il est loin d'être aussi violent qu'au gouffre de Yerse, c'est plutôt une bonne nouvelle. Le soir, Étienne nous rejoint au refuge.
Samedi 21 mai :
(Étienne, Jean, Patrick et Sandrine)
Réveil à l'aube et à 8 h nous sommes en route vers le CL3. Au passage, nous descendons l'un des trous vu la veille et qui mériterait une petite désob. 

Un nouveau petit gouffre vers Yerse.

Au CL 3, le courant d'air souffle bien et froid (5,1 °). Nous sommes vite en bas et sans tarder nous commençons le chantier. C'est la suite de la diaclase qui plonge verticalement dans un puits estimé à une petite dizaine de mètres. Mais celle-ci est impénétrable sur au moins 2 mètres. Malheureusement, le forage est difficile, les mèches coincent et une pisserote dégouline juste à l'endroit où nous travaillons. Jean nous rejoint vers 10 h et cela permet de tourner car le labeur n'est pas des plus agréables. Vu la qualité de la roche nous épuisons nos 5 batteries prématurément et un ultime tir nous amène tout près d'un élargissement. 


 La diaclase terminale à -60 m


Il manque à peine plus de 10 cm pour passer. C'est rageant. Nous essayons bien de casser l'éperon récalcitrant à la masse, mais à bout de bras et la tête en bas, ce n'est pas des plus évident. Jean y croit encore et fait une tentative pour passer, avec le baudrier, puis sans, mais rien n'y fait ça coince vraiment. Nous lui suggerons l'option Casteret en tenue d'Adam, mais visiblement il n'adhère pas trop... Finalement, nous ressortons assez tôt et cela nous permet d'aller revoir quelques entrées pour vérifier les éventuels courant d'air.


C.R. Patrick

jeudi 19 mai 2016

Désob. au SC-147



Mercredi 18 Mai, Jean et moi partons en direction du col d'Andorre. Nous débutons la marche aux alentours des 10h et franchissons le col une heure plus tard. Une dizaine de minutes pour chercher le trou, et nous voilà enfin prêt à attaquer les choses sérieuses.

La descente des puits (P50 et P25) est plutôt rapide, malgré le nettoyage nécessaire. Au pied de ces derniers, nous voilà donc à l'entrée du méandre. La progression est nettement ralentie, en grande partie à cause de l'exiguïté de certains passages et du poids important de nos kits. Mais la motivation est trop importante, et le courant d'air qui parcours la galerie ne fait que la renforcer. Nous atteignons le fond à 14h après avoir ré-équipé les derniers ressauts et les mains courantes.
Une fois arrivé au bout, nous prenons vite la décisions de continuer le chantier, car le courant d'air est toujours présent et les commentaires des anciens nous sont confirmés sur la présence d'un actif. Nous enchainons la désob. à tour de rôle au fond de ce méandre humide. Beaucoup d'énergie et quelques pailles plus tard, nous avons gagné de précieux mètres, qui nous laissent entrevoir une suite certainement plus large. Nous devrions passer la prochaine fois.

À 17h30, nous n'avons plus de batteries (surtout le perfo.), et nous attaquons la longue remontée vers la surface. Il nous faudra 1h de lutte à travers les boyaux et le méandre avant d'atteindre la base des puits. 30 min plus tard nous sommes enfin dehors, et il n'y a pas que le perfo. qui est à plat!

Antho.

De nouveau et du nouveau en Cantabria...

Après le petit séjour durant le pont de l’Ascension, nous sommes retournés en Cantabria pour la Pentecôte.
Cette-fois ci le temps n'aura pas été de la partie mais en jonglant avec les éclaircies nous avons quand même réalisé quelques prospections sur la partie nord du massif. Mais surtout, nous avons enfin pu commencer l'exploration du "Plan B", un gouffre découvert par Guy et Muriel à l'automne dernier et rapidement désobstrué avec l'aide de nos amis anglais (Peter et Juan).

Vendredi 13 mai :
La météo nationale avait prévu un temps correct pour ce matin, mais au réveil, il tombe des seaux d’eau. Notre projet d’aller au Plan B semble bien compromis. Les heures passent, mais la situation n’évolue guère. Ce n’est qu’en début d’après midi qu’une accalmie semble s’annoncer. Nous en profitons sans hésiter. Nous récupérons Guy et montons à la Garma Del Cierco. Le plafond est bas, mais nous échappons au brouillard et en plus, il ne pleut plus. En un quart d’heure nous sommes au trou. L’entrée aspire franchement. Honneur au découvreur, c’est Guy qui équipe le premier puits. 

L'entrée du Plan "B"

Après quelques mètres un peu étroits, le conduit s’évase progressivement. Nous le rejoignons 20 m plus bas sur un palier ébouleux qui arrose bien. Sandrine prend la relève et descend un second à pic bien humide d’environ 25 m. La suite est plus grosse, mais le conduit traverse d’énormes remplissages collés sur les parois et dont les résidus encombrent chaque palier. C’est un peu dangereux et pour éviter d’être dans la ligne de mire de tous ces blocs instables, Patrick équipe une petite vire afin de gagner un puits parallèle. Nous descendons d’une quinzaine de mètres jusqu’à un talus ébouleux qui plonge dans un puits plus profond. Les abords sont vraiment très instables et un gros bloc de près d’un mètre cube sur lequel nous comptions monter pour installer une main courante se met à osciller dangereusement. Nous l’aidons un peu et celui-ci finit par basculer dans le vide en faisant un énorme vacarme. D’autres le suivent mais il nous est impossible de purger efficacement le secteur. Nous choisissons de remonter un peu pour tenter une traversée en hauteur afin d’éviter l’éboulis. Heureusement, la paroi est assez saine et nous parvenons à équiper une main courante qui nous éloigne temporairement des projectiles. Mais sans outil il est bien difficile de véritablement sécuriser le secteur. Nous continuons notre installation jusqu’au niveau d’un palier confortable (env. -75 m) qui domine une verticale d’environ 30 m visiblement suivi d’une autre que nous avons bien du mal à sonder. Nous remontons en peaufinant l’équipement et en nettoyant encore les endroits exposés. 

Les parois du 3° puits sont recouvertes d'un épais remplissage
qui crée une menace à chaque passage.

Pour info, ce gouffre s'ouvre à l'aplomb du collecteur de La Canal, qui constitue l'actif principal du réseau de l'Alto de Tejuelo-Muela (développement : 130 km).


A suivre...
Patrick

mardi 17 mai 2016

Caro, Antho et Jacqueline

Jeudi 10 mai 2016. Petite balade au Jacqueline. CR Caro

Ce jeudi, petite sortie improvisée à la grotte Jacqueline.
Le mauvais temps menaçait encore deux jours avant mais Anto (avec son marathon de la veille ( 3 traversées en une journée )) avait encore et toujours du jus pour remettre ça.

Nous voilà donc partis sous un soleil radieux pour la vingtaine de minutes de la marche d’approche. Nous avons l’altitude de la grotte et mon iphone comme altimètre. Ça marche plutôt pas mal. Aux environs de l’altitude indiquée, un chemin s’engouffre à droite dans la forêt. Nous repérons rapidement le talweig  et l’entrée du trou. Il est 11H.
La forêt est belle. les fougères semblent disposées comme dans des vases pour embellir davantage le lieu.
Je démarre l’équipement. Mes souvenirs de la cavité sont vieux. Aucun puits n’est direct. C’est soit un fractio, soit une dév. Y a de quoi s’entraîner à équiper. Nous sommes un peu juste en matos…On économise la corde au max, les mousquetons. Vive les as et les sangles !!!
Antony réalise un pendule pour raccorder la corde à l’autre déjà en place en face d’un puits que nous n’avons pas à descendre.
Puis vient la remontée pour accéder à la salle des trois chouettes. C’est intriguant de se savoir si près de la surface. Les traversées, c’est le truc d’Anto est ce moment…
La faim prend le dessus sur l’exploration, et oui…il est deux heures !! On remonte rapidement jusqu’à la base du dernier puits.
Là, sur la droite, une autre galerie s’ouvre à nous. Une explo abandonnée certainement, avec une corde, un seau et un peu d’outillage. Nous sommes dehors vers 16 h.
Nous en profitons pour jeter un coup d’œil à un jolie porche que nous avons croisé sur notre chemin. Après vérification, il s’agit de la grotte du rhinocéros. On crapahute un peu mais l’heure tourne et je  suis attendue en famille ce soir.
On continuera nos aventures une autre fois…Une bien belle journée avec un Antony qui a du jus terrible… Va falloir s’accrocher le GSHP…. La jeunesse est là….  

vendredi 13 mai 2016

Des artistes sous terre.

Mardi 10 mai 2016. CR Le Dol's.
A l’initiative de leur professeur, Victoria Klotz, trois étudiants des Beaux-Arts de Tarbes sont venus découvrir le monde souterrain.
Il faut dire que le thème de leur semaine d’étude portait sur les ténèbres, le monde de la nuit et son cortège de préjugés ou de légendes qui gravitent autour….
Les étudiants devant restituer selon leur libre cours, cette immersion souterraine…
Eva, Sandra et Hugo n’avaient jamais pratiqué la spéléologie et bien qu’attirés par cette expérience, quelques appréhensions pointaient… Aussi pour l’occasion trois membres du GSHP de Tarbes (Sandrine, Caroline et Alain D.) les ont encadré, pour visiter la grotte école de La Pale à St Pé de Bigorre.
Une curiosité partagée…
Les spéléos curieux par cette approche originale et impatients de voir les restitutions des élèves…
Pour nos jeunes une première dans les antres de la mère nourricière, notre terre…
Avant de s’enfoncer sous la terre profitant des dernières lueurs du soir, nous relatons quelques faits historiques et scientifiques… Nous passons de la tectonique des plaques qui a soulevé, plissé et broyé des roches vieilles de 115 millions d’années (ère secondaire). … Pour bondir à l’Holocène et des différentes glaciations du temps où le glacier recouvrait la ville de Lourdes de plus de 500 m ! il y a 150000 ans… Puis quand il fondait les eaux en furie balayaient tout sur leur passage, et ce sont elles qui ont certainement ciselées la grotte de La Pale… Et il y a eu des alternances entre refroidissements et réchauffements et le climat a retrouvé sa « stabilité » il y a environ 15-10000 ans…
Mais les grottes sont des refuges ou des pièges pour les animaux… A St Pé, il y a 100000 ans Hyène des cavernes, ours et loup se sont retrouvé piégés dans une gangue de glaise… L’homme a lui aussi habité le coin depuis Neandertal (env 50000 ans) jusqu’à l’âge du renne (12000 ans) et plus récemment au moyen âge (que 1000 ans !)
L’imaginaire des jeunes pouvait faire le reste… St Pé l’un des plus vieux village de France !
Nous commençons la marche d’approche et au passage, halte est faite à la Bouhadère (le soufflet), une rapide leçon de physique est donnée pour expliquer le phénomène de « tube à vent » provoqué par l’entrée haute du gouffre du Hayau (80m plus haut) et qui jonctionne avec cette grotte via un labyrinthe souterrain de 1300 m de long !
Nos artistes en devenir sont avides d’histoires, comme celle de l’Abbé Abadie, curé local qui durant la dernière guerre, ayant trouvé seul une caverne s’était aventuré avec une bougie et quelques allumettes… A 150 mètres sous terre il perdit sa bougie… et seulement avec 5 allumettes, craquant l’une après l’autre et dans chaque intervalle, après avoir observé le terrain chaotique, partait à tâtons pour retrouver son chemin… A sa dernière lueur il crut que son heure était fini car personne viendrait le rechercher… Sa foi, l’instinct de survie ?... Il réussit après un cheminement dans les ténèbres à voir au loin un rayon lumineux… Ce n’était pas cette fameuse lumière blanche de la mort imminente mais le soleil qui filtrait par l’entrée étroite… Sauvé…
Sous terre, les jeunes feront l’expérience toute lumière éteinte de ce noir absolu… Seules quelques gouttes d’eau percolant des voûtes perturbent le silence lourd en se fracassant sur une paroi ou rebondissant dans une flaque d’eau…
Y a-t-il des dragons ?… Ca, c’est bon pour les légendes comme celle de cet animal fabuleux et recouvert d’écailles qui vivait dans une grotte Bigourdane… Un jour il séduit une jeune bergère en lui montrant le tas d’or qu’il gardait jalousement…
Si tu t’allonges nue devant ma grotte et que je passe 3 fois entre tes cuisses, sans que tu ne dises un mot… je me transformerais en prince et tout mon or sera à toi… La bergère si pauvre vit là une occasion pour toute sa famille de vivre mieux… Elle accepta et au troisième passage la peau glacée lui arracha une réflexion d’étonnement… Aussitôt, or et bête démoniaque se transformèrent en concrétion de pierre… La jeune fille perdit toute ses illusions… Et peut être autre chose…


1er croquis à la sortie du trou
Ici les seuls dragons sont les salamandres que nous croiserons par centaines sur le chemin lors de notre retour nocturne…
Mais à l’entrée de la cavité il fallut franchir le passage étroit…
Je ne vais pas passer là ? !
Mais oui, comme pour un enfantement, par les voies étroites pour les voies de la liberté…
Et les animaux ? Des serpents des trucs dangereux ?
Ours dans sa bauge...
Non, quelques chauves-souris inoffensives et utiles pour l’environnement car elles mangent des milliers de moustiques par an… Il y a aussi quelques rares coléoptères millimétriques sans yeux qui se sont adaptés à la vie souterraine depuis des millions d’années… Mais nous n’en verrons pas…
Par contre nous nous gardons bien d’invoquer les parois d’entrée tapissées de Méta, ces araignées « pacifiques », mais de tailles respectables qui font toujours leur effet lorsque votre visage les frôle…
Après une séance de glissades, place au ramping dans un boyau sans fin (à peine 25m !)
On débouche dans une salle maculée de terre glaise… Au passage nos étudiants en prélèvent dans une zone qui ne craint rien, car nous leur faisons remarquer des digités sur la terre recouverte d’une farine noirâtre déposée par l’altération de la roche et recouvrant ces traces de prélèvement humain… Au moyen âge (ou peut être l’homme préhistorique ?), on est venu chercher de la matière pour fabriquer des poteries que l’on a retrouvé dans des grottes proches…


Griffade d'ours des cavernes

Et puis sur la paroi il y a les griffades d’un ours des cavernes et la bauge dans laquelle il hibernait… Il y a 30000 ans…
Pour mieux sentir la caverne, pour faire corps avec la matière, il n’y eut pas de volontaire pour déambuler nu comme le fit Casteret (célèbre spéléo du 20ème siècle) et imité récemment pas une copine de notre connaissance…
Et puis nous avons exploré les moindres recoins…, observé les formes polies par les eaux, les dentelles concrétionnées, les cascades de calcite figées…
Pour ressortir le jeu consista à essayer de la retrouver, car une seconde entrée était proche…
A l’affût du courant d’air, de feuilles et autres végétaux indiquant la voie royale, nos étudiants réussirent leur examen… Sauvés… Même Eva choisi le passage le plus étroit pour en finir avec sa « peur » de rester coincée…
Il était 23h30 lorsque nous sommes sorti, et ainsi prendre conscience de la perte de la notion du temps, car sans les repères des astres, d’une montre, nous avons passé 2h30 sous terre avec la nette impression de n’y être resté qu’une heure…
Une sortie agréable, un bon moment d’échange à renouveler…
Les œuvres seront exposées dès le vendredi 13 à l’école qui se situe au jardin Massey à Tarbes



Reconstitution d'une miniature de la grotte avec la glaise prélevée sur place  


Et les images de Sandrine sont Ici





L'excellent article de la Dépêche








jeudi 12 mai 2016

La trilogie Saint-Péenne

Mercredi 11 Mai, nous nous retrouvons avec Jean. Nous avons un objectif premier, descendre à la salle inférieure de la Bouhadère et essayer de réaliser la topo après les étroitures.


Épisode I: (Hayau-Bouhadère) TPST: 4h

On profite d'être dans le coin pour réaliser la traversée, on se dirige donc vers le gouffre du Hayau. Après la courte marche d'approche, je m'occupe d'installer le premier rappel, alors que Jean profite de cette ambiance « Papouasie ». Les rappels s'enchainent et nous voilà déjà dans la salle Henri IV, puis dans la salle du Bourdon et enfin la salle du Chaos, point de départ vers la salle Inférieure. Après un équipement rapide nous voilà en bas de la salle, nous arrivons directement sur le conduit qui mène aux étroitures. 
On s'engage à l'intérieur, et nous comprenons vite que ça ne va être qu'une partie de plaisir. On se retrouve vite confronté à la première étroiture sévère, et le combat commence. Jean passe, moi je suis bloqué. Avec un peu de patience j'arrive enfin à ressortir, c'était un mauvais moment. Jean se retrouve confronté de nouveau à un nouvelle étroiture qu'il passe, mais la suite sur une coulée de calcite mérite un équipement. Nous revenons dans la salle inférieure après 1h30 de lutte. Le temps de manger un petit bout et nous remontons directement.
Il est encore tôt dans l'après-midi, et nous décidons d'aller vers la traversée Espiaube-Bujoluc.


Épisode II: (Espiaube-Bujoluc) TPST: 1h

Ici aussi la marche est courte, on fouille un peu le bois et nous trouvons rapidement l'entrée grâce aux indications données par Jean-Luc. On tire les deux rappels dans le P50, et nous nous engageons le long de mains courantes. On en profite pour réaliser quelques photos avant de rejoindre la sortie.
Il est un peu plus tard dans l'après-midi, mais la motivation est toujours là, donc nous décidons de nous diriger maintenant vers les Moustayous.


Épisode III: (Moustayous-Arva) TPST: 1h

Une fois la marche d'approche terminée (sous la pluie cette fois !!!), nous partons dans les Moustayous. On arrive vite au sommet du P40 qui est magnifique. Volumineux, massif... belle ambiance. On tire trois rappels et nous voilà en bas. On enchaîne rapidement les mains courantes et les puits suivants. Après une heure de temps et s'être roulé dans la boue comme des petits cochons (oui oui!!!) nous voilà à la sortie de l'Arva.

Le retour se fait sous la pluie, mais avec la satisfaction d'avoir malgré l'échec du matin réalisé une bien belle journée.

Antho.






lundi 9 mai 2016

Séjour en Cantabria

Elle est pas belle la vie ?
Du 4 au 8 mai, 6 tachous se sont retrouvés à Socueva, pied à terre de Sandrine et Patrick, pour un séjour spéléologique dans ce paradis de la spéléo.
Il y avait Patrick et Sandrine, bien sur, Étienne, Alain M, Anthony et moi.
Arrivé le 4 au soir, pour l'heure de l'apéro. Le site est magnifique, entouré de toutes part de murailles calcaires! Il doit y avoir des trous là dedans !
le Jeudi, nos hôtes nous avaient réservé une sortie dans Helguera. Tout au fond, il restait quelques points d'interrogation. Helguera, c'est grand et c'est beau! Sauf l'entrée !!!!
En fouillant le fond, on a fait 300 mètres de première dans un joli méandre remontant avec arrêt sur puits remontants.... Probablement une prochaine entrée au réseau !
Sandrine avait porté sa néoprène et a franchi une voûte mouillante, très mouillante... j'en ai encore la chair de poule! Chapeau !
Sortie vers 8 heures du soir pour l'heure de l'apéro. TPST: 12 heures



Le Vendredi, séance désob à la Canal. Un petit trou à une demie heure de marche avec un vent très fort (que certains ici appellent courant d'air!) qui nous montre la voie. Pour l'occasion, un collègue spéléo, Guy, nous avait rejoint. On a passé en voiture un col à plus de 900 mètres avec vue sur la mer ! Les montagnes qui plongent dans la mer ! D'ailleurs je crois que c'est l'etymologie du mot Cantabria en Celte ancien....

Malgré plusieurs mètres cube de sortis, c'est pas passé et c'est la pluie qui nous a chassé. D'ailleurs, un mouvement de grève de l'équipe surface qui tirait les seaux, commençait à prendre de l'importance. Retour à Socueva pour l'heure de l'apéro.


Pour le samedi, Patrick nous demande quelle classique du coin on aimerait découvrir. Le vendredi on était passé devant l'énorme porche de la Canuela et ça faisait vachement envie ! Alors direction la Canuela. Un impressionnant courant d'air froid (beaucoup de vent en jargon de tachous) nous accueille alors qu'on est encore bien loin du trou! Ca buffe fort! En découvrant la taille des galeries, on est de suite moins étonné sachant qu'il y a d'autres entrée plus haut. La Canuela, c'est grand et c'est beau! Surtout l'entrée! Mais la morphologie des galeries et les concrétions en dents de scie méritent aussi le détour !
Balade jusqu'au bout du bout de la salle Guillaume. La salle Guillaume, c'est comme un énorme éboulis que tu montes et que tu descends plusieurs fois dans un immense vide de 300 mètres de diamètre! Et quand comme moi tu découvres à l'entrée du trou que l'accu de ta Scurion est HS et que tu fais toute la cavité avec une Tikka, ça te donne une idée de l'infini.... Retour à Socueva à l'heure de....

Et le dimanche, rangement et retour en France.
Superbe séjour, un grand merci à nos hôtes
Bubu
Photos Alain



 En attendant que ça sèche .....

Et quelques photos....

  La galerie d'entrée de la Cayuela

Plus loin, la vire....

"Passage bas" dans le Boulevard. Ici, le courant d'air
reste très fort malgré la section du conduit...

Vers la galerie des Scies...
 


Puits d'accès à la galerie inférieure d'Helguera
 
Pause casse-croûte...

 Reconnaissance dans l'actif.

Le ruisseau d'Helguera






Au fond de la cueva d'Helguera

 

Patrick