lundi 26 juin 2017

Lhéris : une journée au delà de la verticale !

Depuis bientôt un an, j'essaye d’entraîner les copains du GSHP sur un autre massif que celui de Saint Pé. J'ai commencé à les attirer sur le massif de Bagnères en leur parlant de pâtisseries sucrées qui ont eu, je dois bien l'avouer, un certain succès. Les Meringues maintenant digérées (il faudra quand même voir s'il en reste pas encore un peu...) il était temps de passer à autre chose. Lors de notre dernière visite sur le secteur, nous étions tombés un peu par hasard sur un joli puits que nous n'avions pas pu descendre faute de matériel. Son absence de la base de donnée nous avait un peu plus émoustillés.  

Brouillard à l'entrée du gouffre de la Barrière

Aujourd'hui, il devait faire beau selon la météo mais le temps en avait décidé autrement. Aussi, c'est sous un crachin digne de la Pierre Saint Martin que nous attaquons la marche d'approche (Bubu, Alain M., Sandrine et Patrick, Pierre et Jean). Heureusement, elle est courte et nous sommes déjà en train de nous équiper alors que nous ne sommes pas encore totalement mouillés.

L'entrée du gouffre de la Barrière

Malheureusement, nous sommes six et une partie de l'équipe devra rester dehors. Pour eux, c'est une épreuve à la Mike Horn qui les attend : allumer un feu avec du bois humide pour faire cuire les traditionnelles saucisses ! Nous, pendant ce temps, nous nous engouffrons dans l’abîme pour interroger l'inconnu. Un joli puits s'offre à nous. Bien creusé, aux parois lisses, verticales. Une tirée de trente mètres plein vide nous dépose sur un palier de gros blocs. La suite est là, dans un soupirail. 

 Au bas du puits d'entrée, un soupirail a du être partiellement
comblé par les remblais de la piste forestière.

Une courte désob, avec cependant un joli mouflage de blocs et un vrai travail d'équipe, nous permet d'accéder à la suite. Il y a un peu d'air, c'est de bon augure. On plaisante même sur d'éventuels explorateurs qui seraient passé avant nous car nous retrouvons des cailloux marqués à la bombe fluo. En fait, des cailloux provenant de la piste juste au dessus du trou et qui ont roulé jusque là. On rigole un peu moins quand, ayant descendu un dernier petit puits, on tombe nez à nez avec une inscription sur une paroi. 

 Une explo a déjà eu lieu mais bien avant la construction de la piste. Quoi qu'il en soit, le gouffre finit là, dans une fracture qui se pince et c'est bien dommage. On remonte en dressant la topo. A la sortie, un joli foyer nous fait face et une partie du stock de saucisses est déjà prête à être consommée. Mission accomplie !


Après avoir dégusté ces grillades providentielles, nous nous mettons en marche vers les gouffres du Courouau et du Habourat. La distance annoncée par le GPS d'Alain nous rassure mais le temps indiqué nous inquiète ! En fait, une heure seulement nous est nécessaire et en plus un soleil inespéré vient embellir la journée. Les deux gouffres proposent de belles verticales dans lesquelles ont descend plein vide sans toucher le rocher. Leur beauté nous a vraiment surpris. Notre ami Mickey était déjà passé par là il y a plus de trente ans. On ne se faisait pas trop d'illusions (il n'a pas l'habitude de laisser des points d’interrogation derrière lui) et on avait raison.

 Pierre au sommet du P.77 d'entrée du gouffre du Habourat



Le fond du Habourat

Le retour se fera sous l'orage et la pluie qui éclate dix minutes avant la voiture aura raison de mon caleçon. Encore une belle journée au dessus de la maison, dans un cadre grandiose. Comme le dit si bien Sylvain Tesson : La France est un paradis habité par des gens convaincus de vivre en enfer !

Jean

Big River in the Castagnets !

Ce vendredi 23 juin est pluvieux, j'annule ma sortie vers les Picharrots pour me rabattre sous terre. Pas eu le temps de lancer un appel à candidats, c'est donc seul que je prends la direction d'une classique que je ne connais pas : la Grotte/gouffre des Castagnets, topo en poche piochée sur Karsteau.
Une fois la voiture garée près du poste électrique à Marrouat (entre Aris et Escot) et la bonne entrée trouvée au milieu du bois de castagnets (châtaigniers) de la ferme Escot (et pas l'entrée dite "secondaire" sur Karsteau, non indiquée sur la topo et interdite d'accès par son sympathique propriétaire), j'équipe avec une C30 pour le petit puits d'entrée donné P6.
En bas du puits, c'est gadoue, branchages et trinôme crapauds/grenouilles/salamandres...
Finalement je ne regrette pas ma C30 qui me facilite la descente du ressaut, vrai toboggan boueux, jusqu'à la première salle.
Dès le début il y a de belles concrétions, stalactites, fistules et excentriques. C'est assez incroyable d'en découvrir autant et si près de l'entrée.
Je décide de partir directement vers l'Est, objectif le fond de la cavité avec la rivière !
Jusqu'à l'entrée des boyaux, les volumes de cette galerie fossile sont très intéressants ; l'eau a fait ici son œuvre de grignotage pendant des millénaires avant de trouver un autre chemin plus bas.
L'ancienne rivière a laissé après son passage des formes étranges de blocs de roches lessivés pendant du plafond ou émergeant du sol, "pieds d'éléphants" ou "dauphin", ainsi que des tonnes de remplissage sur lequel on chemine aisément, car tout est désormais bien sec.
Parfois j'entends des claquements sourds, comme des objets ou des pierres qui tombent pas trop loin... Seul dans la cavité, je retiens mon souffle, mais je ne croise qu'un immense lombric et des espèces de gros moustiques. Aucune autre présence animale qu'un tas d'os avec son crâne, encore bien conservés.
En cours de route je découvre aussi les fameux oursins des cavernes (cf. sortie des mamans du 4 mai) et des œuvres d'art (en glaise) des précédents visiteurs. Y'a de la recherche pour certaines !
A l'entrée des "boyaux", je dépose mon équipement perso et ma C20.
C'est parti pour un bon moment de ramping !
Ces boyaux sont composés de longues parties vraiment étroites, à genoux ou couchés, et d'autres accroupies ou debout. De temps des méandres périphériques que je visiterai tous (je crois !) viennent agrémenter ou ralentir la progression. Attention à ne pas se perdre ! Sans fil d'Ariane, j'utilise la technique Petit Poucet et ma boussole !
La dernière partie est étonnante, car on descend, on remonte et en partant dans toutes les directions.
1h30 après l'entrée j'arrive (enfin !) in the river, je n'y croyais plus... Bon sang qu'elle est loin !
Son petit débit ne me gâche pas le plaisir de sa couleur et des stalactites qui pendent un peu partout. En chantonnant Big River de Johnny Cash, je remonte son cours jusqu'au bout et arrive au fatal siphon impénétrable.
C'est l'heure d'une petite pause barre de céréales car je n'arrive pas à faire cuire l’œuf trouvé dans le cours d'eau, il restera donc là pour les suivants ! ;)
Le retour est plus rapide, même si certaines étroitures qui passaient crème à l'aller semblent avoir rétréci... L'effet barre de céréales sans doute...
Au retour dans la première salle, j'entreprends la découverte de la suite : un très beau méandre fossile vers l'Ouest qui, équipée en mains courantes (sans doute plus trop utilisées désormais vue que l'entrée secondaire est interdite de l'extérieur), mène jusqu'à l'autre entrée, non topographiée (découverte ou désobstruée après la topo de 1989 ?).
3 heures après mon entrée, je ressors par la doline, assez fatigué je le consens... mais les images de la Big River plein les yeux. Les courbatures seront pour le lendemain.

Je recommande cette cavité, mais seulement si vous appréciez les vers de terre !
A qui d'autre le tour désormais de nous ramener des photos de la small Big River ?

Marc




jeudi 22 juin 2017

Les œufs de Lapine

Mercredi 21 juin, Sandrine, Patrick, Jean, Serge et Alain M.

Par ces temps de canicule, quoi de mieux que d'aller faire un petit tour sous terre, au moins on y sera au frais.
Et c'est parti pour une séance au SS01.
Les derniers travaux réalisés par les locaux ont permis de franchir le méandre d'entrée, d'arriver dans un système complexe de galeries enchevêtrées et séparées par des étroitures.
Nous y retournons donc pour y lever quelques points d'interrogations ainsi que la fin de la topographie.


Le vent est bon à l'entrée et l'on est de suite mis dans l'ambiance. Après un ramping d'une bonne trentaine de mètres, on "débouche" dans une petite salle donnant sur 2 suites aval, certainement en correspondance avec le niveau liquide et sur un amont où le courant d'air violent nous appelle.

Petit ramping en remontée et l'on tombe sur une galerie appréciable, constellée de concrétions.

Le fond est bouché mais une nouvelle étroiture ramping en diaclase permet d'atteindre un autre niveau.

Le vent s’essouffle petit à petit et ne devient plus notre fil conducteur.
Un nouveau passage bas limite la progression du plus gros et quelques travaux sont nécessaires.

On accède ensuite au "gros" de la cavité, jolie galerie de 2 à 3 m de haut sur 3 à 4 de large mais malheureusement que sur une quinzaine de mètres.

Divers petits diverticules sont explorés mais ne donnent rien.

Pause casse-croûte sur le sable, on est bien mais on aurait presque froid. 
A noter, par ci par là des restes de coquille d’œuf de poule certainement apportées par des fouines puis par les écoulements.
Nous continuons nos recherches et découvrons une petite galerie remontante avec un peu d'air.

Désob dans le sable et on progresse de quelques mètres. Là aussi il y a de nombreuses coquilles et l'on se dirige certainement vers une sortie. D'ailleurs le thermomètre indique 12°, soit 2 degrés de plus qu'à l'entrée.
Le travail se poursuit mais la glaise aura raison de nous.

Nous débauchons, il est 16 heures et nous avons assez rampé.
La chaleur moite nous accueillera à la sortie, on était vraiment mieux dans la grotte.


Alain M




La minute culturelle

Ces lapins qui pondent des œufs… (d’après Yves Allard )
On s’est tous déjà demandé pourquoi, à Pâques, on associe les œufs et les lapins, sachant très bien qu’aucun des deux ne provient de l’autre.
À l’époque, il s’agissait plutôt d'un lièvre, symbole d'abondance et de renouveau qui correspondait au printemps. Mais comment s’est fait le lien avec les œufs? Selon une légende, un indigent trop pauvre pour offrir des douceurs à ses enfants avait décoré et caché des œufs dans le jardin avant d'y envoyer ses enfants. Ceux-ci, apercevant un lapin, pensèrent que c'était lui qui avait pondu les œufs. La tradition a par la suite été exportée aux États-Unis par des immigrés allemands et, de là, serait né le fameux Easter Bunny.

mardi 20 juin 2017

L'EDS à Betchanka

Ne manquez pas le compte rendu du super weekend de l'EDS à Betchanka et à la petite Bidouze.

C'est ICI

lundi 19 juin 2017

Du côté d'Ehujarre.

Ce weekend, 17 et 18 juin,, des Tachous étaient présents dans le cadre du Collectif  "Amalgame" pour poursuivre la désob du souffleur d'Ehjarre (ente autres) qui nous tient en haleine depuis ..... longtemps ! On l'avait un peu délaissé cette désob depuis 2 ans. Il faut dire que ce boyau étroit, humide, boueux et très ventilé n'attire pas les foules! Pourtant, quand on sait sur quoi on pourrait tomber, un collecteur qui drainerait les eaux de l’extrême aval de la Pierre et du réseau des lacs d'Arphidia 4, on ne peut pas s'empêcher de rêver aux kilomètres de grosses galeries qui nous attendent ...
C'est pas encore gagné, mais le chantier a bien avancé. La prochaine fois, il faudra être beaucoup plus et je compte sur tous les Tachous !
Le compte rendu est sur l'excellent blog de nos amis gersois du GAS  ICI

Dans la forêt de Basses Baronnies

Ce dimanche 18 juin après midi nous avons fait une petite prospection avec mon fils Quentin dans les Baronnies près de la petite vallée de l'Artigaléou à environ 1100 m d'altitude.
L'endroit étant assez sympa d'un point de vue spéléo et surtout à la fraîcheur sous les frondaisons des grands hêtres.
Résultat: deux trous trouvés qui ont accaparé une partie de notre temps de prospection.
Avec un matériel minime nous avons voulu en savoir un peu plus sur leur suite et la prospection s'est transformée en désobstruction.
Pour le premier qui avait un courant d'air aspirant assez violent nous avons estimé la profondeur du puits à 10/15 m mais une désob à poursuivre sur environ 1m50.
Le second situé entre les racines d'une grosse souche de hêtre semble plus large et n'a lui qu'un léger courant d'air aspirant. Il faudra toutefois désobstruer un peu de la roche mais surtout les racines (ça va elles sont assez pourries) et lui la profondeur est estimée à 25/30m.
Retour en fin de journée comme des tachous, De creuser sans gants ça laisse les avant bras bien noir et ce n'est pas du bronzage.
PS: la main de Quentin emballée dans un sac poubelle c'est pour protéger le plâtre du poignet.

Jean E

lundi 12 juin 2017

Sortie commission féminine du CDS aux Castagnets


Ne ratez pas le compte rendu de la sortie commission féminine du CDS aux Castagnets.

C'est ICI

Ça fait plaisir de revoir Nadège !

samedi 10 juin 2017

Article de presse Aoulhet




La cabane de l'Aoulhet toute de bois revêtue






Samedi 10 juin, la nouvelle cabane de l'Aoulhet était officiellement inaugurée. Jean-Claude Beaucoueste, maire de la commune, après avoir gravi cette belle montagne est, très certainement dans l'histoire locale, le seul maire saint-péen à avoir coupé un ruban tricolore à une telle altitude ! Après l'âge de pierre (matière première de la cabane initiale), puis l'âge «de fer» (dernière cabane en tôles), en 2017, c'est bel et bien l'âge du bois qui est mis à l'honneur. Isabelle Latapie, représentante du Groupement pastoral, prenait, non sans émotion, la parole. Elle remerciait la municipalité saint-péenne pour son soutien inconditionnel, l'apport indispensable des nombreux bénévoles, l'assistance des diverses administrations, le travail de l'entreprise Latapie, du pilote d'hélicoptère et des éleveurs membres du groupement. M. le maire entrait dans quelques détails financiers saluant la grande compréhension de certains et l'incohérence de quelques services administratifs qui rendent un chantier aussi dur que… la montée à l'Aoulhet ! Il remerciait toutefois les financeurs (Europe-Feader, ministère de l'Agriculture, Sivu Pibeste-Aoulhet), rappelait le rôle financier maîtrisé de la mairie et félicitait tous les intervenants. La centaine de personnes présentes trinquaient à l'avenir de cette réalisation en lui souhaitant le respect de ses visiteurs.

samedi 3 juin 2017

Un Abbé sur la trace de son pair ! (épisode 2)

Sur la trace de son pair à Hayau-Bouhadère !
Il fallait remettre ça (cf. sortie du 23 mai), alors ce mercredi 31 mai, encore en soirée à 20h15, nous nous retrouvons avant le pont de Rieulhès, l’Abbé Pascal B. et moi, accompagnés cette fois-ci de Paul de Bordeaux et, surprise ! bonne surprise !, de Jean E..
Nous partons pour la traversée Hayau-Bouhadère, la plus belle des Pyrénées, selon des sources proches des milieux autorisés…
Stationnement des véhicules au petit parking de la ferme Soulas au-dessus de Rieulhès, sur le Montagnon de la Pale. Nous nous équipons sur place et nous voilà partis pour la marche d’approche d’une 20aine de min.
Tout en cheminant nous faisons connaissance les uns avec les autres. Le tutoiement est vite de rigueur ! Je raconte sommairement l’histoire incroyable de la découverte du gouffre du Hayau, puis de la grotte de la Bouhadère et enfin de la traversée, le tout avec l’inénarrable Abbé Abadie, mentor des spéléologues haut-pyrénéens…
Jean et Paul connaissent la Bouhadère, mais pas la traversée. Pour Pascal, c’est la totale ce soir. Ce sera donc pour eux 3 une découverte !
Après le magnifique lapiaz, nous voilà arrivés au bord de l’énorme gouffre du Hayau. Quelques explications de rigueur et me voici à l’équipement. Le P30 d’entrée nous annonce la couleur de la sortie : rappel, rappel, rappel !
Avant d’attaquer la seconde verticale, un P17, on repère les mains-courantes toutes neuves, changées la semaine précédente et le nettoyage efficace des inscriptions et tags divers, qui polluaient les parois.
Puis c’est le tobbogan, que certains descendront aux longes et d’autres au descendeur, puis le P15, puis le P20 (sans emprunter le colimaçon).
Nous faisons une bonne pause dans la salle Henri IV. L’actif coule faiblement, mais le spectacle des concrétions multimillénaires ne laisse personne de marbre…
Nous en profitons pour admirer les seules écritures laissées là après le nettoyage récent : celles des inventeurs en 1944. Malheureusement un nouveau tag énorme à la lampe à carbure, fait depuis moins de 10 j, défigure une autre paroi qui venait juste d’être nettoyée. Le coupable sera pendu au P30 quand on le trouvera !
On admire également les Niphargus, enre de crustacés amphipodes cavernicoles, qu’on trouve dans les flaques stagnantes au pied de la cascade de calcite et même d’un petit batracien.
On poursuit la visite dans le méandre, puis sur les vires équipées jusqu’à la salle du Bourdon.
Au milieu des blocs nous sortons et passons le fameux « saut de la mort » (plutôt que la sortie par l’étroiture et le fond du méandre).
Poursuite sur une vire en main-courante équipée, petite désescalade (à équiper), petite escalade d’un ressaut (équipé d’une corde à nœuds) et nous atteignons la salle du Chaos.
Il y a là plusieurs choix. Nous prenons celui de l’« escalade à Nico ». Puis un peu de progression en opposition avant d’atteindre la salle d’entrée de la Bouhadère. Le courageux Paul relève le défi de la sortie par le boyau et l’étroiture. Les autres prendront la voie normale.
A 1h05, nous sortons au beau milieu de la forêt de Très-Croutz, sur Saint-Pé, fatigués mais heureux !

A bientôt pour de nouvelles classiques aventures !
Marc

vendredi 2 juin 2017

Un Abbé sur la trace de son pair ! (épisode 1)

C’est lors d’une rencontre professionnelle que je rencontre Don Pascal Boulic, jeune prêtre, en responsabilité au Service jeunes du Sanctuaire. Passionné de rando et d’escalade, il se montre très intéressé par le monde souterrain et les techniques employées en spéléologie.
C’est ainsi qu’à la suite de nombreux prêtres ayant arpentés les galeries souterraines de France, et particulièrement des Pyrénées, je me retrouve à guider Pascal sous terre ce mardi 23 mai. Les journées de semaine et les Weekends étant déjà bien remplis, c’est en soirée que nous effectuerons cette sortie. Pour cette découverte-initiation, j’ai choisi la grotte de la Résistance, idéale pour un apprentissage de la verticalité, avec une succession de puits et ressauts.
C’est pour moi, mon retour aux sources, car c’est la première grotte dans laquelle je suis descendu pour mon propre apprentissage, seul, mais plein d’espérance sur les découvertes à y faire, peu de temps après mon arrivée sur Saint-Pé en 2015 !
Nous garons la voiture sur le petit terrain terrassé sur la gauche en montant à la ferme Bourdas. Nous nous équipons sur place et la lampe du jeune abbé est vérifiée et re-vérifiée, pas question de se mettre dans la situation de son illustre ancien, l’Abbé Bernard Abadie en 1942, lors de la première de cette cavité…
Après la courte marche d’approche (5’), nous sommes au bord du trou, avant d’être au fond du trou…
Vers 21h15 c’est le passage de l’entrée, une ancienne émergence à +420m. C’est l’heure de vérité… Claustro ou pas claustro l’abbé ? Tout se passe bien dans la première petite salle d’entrée. Les cristaux de pyrite étincelles sur les parois. Ils remplacent le firmament étoilé et nous emmènent vers d’autres horizons, ceux des profondeurs.
Nous commençons la progression sous terre. Une première descente glissante où l’on aperçoit encore les racines du chêne en surface. Puis c’est un méandre assez étroit qui nous emmène jusqu’à la première salle « à la paroi de cristal ». Celle-ci est bien dégradée depuis sa découverte… Au passage je ramasse les déchets des voyageurs précédents.
La cavité est bien équipée pour tous les ressauts et main-courantes. Après 1/2 h de progression, sans se presser, nous arrivons à la tête de puits. Il faut l’équiper en corde, car seuls sont présents 2 amarrages naturels.
Une C20 suffira, le puits est donné pour 11 mètres (selon les organisateurs, 8 mètres selon la police). La descente en rappel sur descendeur spéléo est une première pour Pascal, mais familier des cordes, il se débrouille sans encombre.
Après le dernier méandre, nous atteignons la fin de la visite par la salle rose, remarquable de différence par rapport au reste de la cavité : des roches métamorphiques schisteuses de type cipolin (?) au milieu de l’environnement entièrement calcaire.
Après la galerie qui s’abaisse et la petite étroiture, nous faisons la pause dans la petite salle du bout. Poussant la curiosité de Pascal, je l’encourage à « plonger » sa tête et le maximum de son corps dans la première étroiture sévère, pour regarder la suite. Ce sera son terminus du jour !
Pour ceux qui seraient tentés d’aller plus loin (ce que j’ai fait une fois précédente), 2 ou 3 étroitures plus loin, et 2 faibles ressauts, on tient debout dans le bout du méandre qui se pince sur un siphon pierreux impénétrable…
Au retour, à mi-chemin du puits, nous faisons l’escalade sur la gauche (à l’aide de la corde à poste fixe) pour gagner une petite vire perchée 10 m plus haut que le fond du méandre. Mais là aussi pas de sortie, une trémie encombrée de pierre et argile bouche le passage.
Arrivé au pied du puits, petite séance de formation à l’utilisation du bloqueur de poing, des pédales et du croll. La remontée sera pour Pascal une formalité ! Vivent les verticales !
Nous reprenons ensuite facilement le même chemin qu’à l’aller.

A 23h17 nous sortons du trou, heureux de ce bon moment partagé et de cette découverte d’un milieu inconnu pour Pascal. Il n’attend pas pour le dire : « il faudra remettre ça ! »
Marc