dimanche 31 mai 2020

LP 26, Soubet etc...


Samedi 30 mai
Ce samedi 30 mai, les objectifs sont nombreux.
Nous serons maximum 10, afin de respecter les règles du confinement toujours en vigueur mais qui commence à s’éloigner, on revit.

Il y aura trois équipes, tout d’abord au Sousbet afin de continuer l’exploration du puits entrevu à la sortie précédente, ensuite dans la même cavité la mise en sécurité des concrétions et la délimitation des passages.

Une troisième équipe ira dans le LP26 pour essayer de trouver la suite.

Dans le LP26 (Jean Claude, Bubu et Alain M)

Tout d’abord nous agrandissons encore un peu l’entrée, on veux du confort, surtout si nous devons y redescendre de nombreuses fois.
Le travail réalisé, Bubu descend le premier et refait l’équipement qui a changé, il n’y a plus de frottement dans les premiers mètres.
Un seul relais sera suffisant pour atteindre le bas du puits.
Nous le rejoignons. Une recherche systématique s’engage, ce n’est pas très grand mais des départs dans plusieurs directions avec des remplissages bas de puits.
C’est le vent que nous cherchons. Rien dans la galerie à gauche, rien dans la droite, rien, rien. Il reste une petite escalade, l’arrivée d’un semblant de méandre.

Bruno s’y engage pendant que nous agrandissons un autre passage.
Ça y est j’ai le vent, nous crie t’il.
Nous le rejoignons rapidement et effectivement, par un passage faisant peut-être 20 cm de diamètre, le vent arrive, soufflant, constant, comme pour nous indiquer la suite.
Mais il y a du boulot. On se regarde, on réfléchi mais c’est tout vu : faut creuser là.
De la boue, de l’argile, de la marne, que cela va être beau ! Déjà ça colle aux gants, ça nous colle à la combinaison, partout, partout.
Stoïque, nous creusons tour à tour, nous nous passons des boules, on évacue dans un autre coin ; Ce sera une désob à l’en glaise !
Et petit à petit notre trou se fait. Patience, courage ; on peut enfin s’allonger, difficilement, tête la première, et voir, voir. Ça remonte d’environ deux mètres, ça souffle et au fond.. c’est noir.

Nous continuerons un peu mais la faim se fait sentir, on a porté que de l’eau.
Nous rejoignons les autres équipes, on mangera avec eux…
Alain M

Du côté du Sousbet

Tandis-que PMA, Gus et Joël partent devant pour équiper les puits du fond, avec Philippe et Sandrine nous suivons tranquillement en plaçant un balisage dans les zones sensibles. La tache n'est pas très aisée en raison de la taille modeste du conduit. Au passage nous nous enfilons  dans l'amont qui reste très étroit malgré un courant d’air soufflant bien net. Plus loin, dans les passages étroits avant le terminus, nous apprécions le travail réalisé par Caroline, Sandrine et Marc qui étaient là mardi dernier et par la "seconde couche" effectuée par l'équipe qui nous précède. Philippe s'arrête là, préférant faire des photos dans la partie concrétionnée. 
Arrivés au terminus topo, nous tombons sur Joël qui peste à cause de son éclairage défaillant. Il a du faire demi-tour et c'est rageant. Comme les autres ne sont pas trop loin devant nous, nous prenons le temps d'aller explorer ce qui nous semblait être un affluent. L'escalade pour l'atteindre est vite enlevée et au-dessus nous progressons d'une vingtaine de mètres dans un méandre bien formé. Un rideau de concrétions nous empêchera d'aller plus loin mais cela n'a pas vraiment d'importance car nous réalisons qu'il ne s'agit pas d'un affluent mais tout simplement de la partie supérieure du conduit principal que nous avions perdue peu avant les étroitures. 


PMA et Sandrine tricotent au sommet du 3° puits

De retour au carrefour nous retrouvons Joël qui ronchonne toujours après sa lampe mais comme il est midi, ce n'est pas cette défaillance électrique qui va contrarier ses habitudes. Et c'est au milieu d'un impressionnant tas de victuailles que nous l'abandonnons pour rejoindre l'équipe de pointe. Au passage nous prélevons quelques tranches d'un très bon cake, histoire d’alléger le sac de notre camarade. Deux petits puits plus bas, nous retrouvons Gus et PMA qui équipent une nouvelle verticale. Mais à ce niveau, la roche localement marneuse ne facilite pas les choses. Finalement, PMA trouve un endroit à peu près sain pour placer un goujon. 

Le départ du 3° puits

Nouvelle descente d'une petite dizaine de mètres. Au bas, Sandrine prend le relai et commence l'équipement du puits suivant, mais elle arrive en bout de corde à -63 m et sous les embruns de la cascade. Nous n'avons plus d'amarrage, mais une lucarne reste à voir. J'y retourne et je l'atteins après un pendule à répétition qui me ramène à chaque fois sous la douche. Sur mon perchoir, il y a un départ de galeries. La première, très argileuse, remonte et après avoir décrit une boucle, elle rejoint le sommet du puits, juste en face de notre équipement. La seconde est plus vaste et je m'arrête rapidement au sommet d'un petit ressaut argileux que j'hésite à descendre sans corde. 
Nous remontons en faisant la topo et rencontrons Pascal qui est, lui aussi, venu visiter le Sousbet. C'est fou comme ça circule dans ce trou.....


Au départ du dernier puits (-51 m).


Patrick




vendredi 29 mai 2020

Le TP 122

Vendredi 29 mai 2020

Nous avions repéré le TP 122 avec Gus lors d'une prospection sur les Toupiettes en mai 2019. A l'époque nous avions noté un courant d'air aspirant bien franc et un petit élargissement était visible quelques mètres plus loin. 
Ce matin nous partons donc assez tôt (Sandrine et Patrick) afin d'échapper aux grosses chaleurs. 
Arrivés sur place, après 1 h 45 de montée, nous confirmons le courant d'air aspirant très net. L'aménagement de l'entrée va se prolonger jusqu'en milieu d'après-midi. Nous sommes bien motivés par ce courant d'air et ce vide qui se rapproche peu à peu. Enfin, vers 16 h, ça passe, tout juste, mais ça passe !. 
TP c'est l'acronyme de Toupiettes, mais pour les nostalgiques des TP 19, et autres TP 30, cela veut aussi dire "Très Profond". Alors, il est où ce puits ? Ben, il n'y a pas de puits ! Après un petit ressaut de 2 m, nous nous contorsionnons dans un boyau pour nous relever dans une "salle" (1,5 m x 1,8 m) bordée de coulées stalagmitiques. Le courant d'air disparaît dans une minuscule ouverture  qui semble se prolonger avec les mêmes dimensions sur plusieurs mètres. Dommage, ou plutôt "Tant Pis", aujourd'hui, les Toupiettes c'est "Trop Petit".



Patrick

jeudi 28 mai 2020

La bonne étoile d'Isaby, le chien fugueur

Isaby est un sympathique border collie qui  mène une vie tranquille dans la propriété de ses maîtres du côté de Segus. Mais voilà, Isaby a besoin de découvrir le monde et en particulier les étendues boisées du massif de St Pé où il y a tant d'animaux et de choses à voir. Alors parfois Isaby se fait la malle, malgré le grillage et le vaste terrain dont il dispose. Isaby est téméraire et ne suit pas les sentiers balisés, il préfère les pentes escarpées et les terrains accidentés. Il y a quelques temps, il s'est retrouvé coincé en pleine falaise quelque part sous le soum de Conques. Il a été retrouvé par le plus grand des hasards grâce à un promeneur qui a entendu ses aboiements. Le PGHM est alors intervenu pour le sortir de ce mauvais pas. Une chance !
Il y a 15 jours, Isaby a de nouveau pris la poudre d'escampette. Parti, sans laisser d'adresse ni la moindre indication sur le lieu de villégiature où il comptait se rendre. C'est comme ça les border collies....
Quinze jours c'est long, surtout pour Jean Philippe son maître qui commence déjà à imaginer le pire. En désespoir de cause il téléphone au promeneur qui avait retrouvé Isaby la première fois. Incroyable, celui-ci avait eu, quelques jours plus tôt, le signalement de deux promeneurs qui auraient entendu un chien aboyer au fond d'un gouffre, quelque part du côté du col d'Espadres. Ni une ni deux, Jean Philippe se met en quête de trouver des spéléos pour lui donner un coup de main. Après quelques échanges avec une personne de St Pé il tombe sur l'adresse mail du club.

Mardi 26 mai

Nous étions en train de boucler nos sacs pour monter aux Toupiettes afin de voir un petit trou repéré au printemps dernier. Il fait beau c'est l'occasion d'aller en altitude. C'est en soirée que nous recevons le message de Jean-Philippe : "y aurait-il à tout hasard une sortie prévue dans le coin du col d'Espadres ?". Hélas non, il n'y en a pas. Mais après une courte réflexion nous convenons que l'Isarce ne va pas s'envoler mais qu'Isaby doit commencer à avoir sérieusement les crocs. Quinze jours sans croquettes, ça vous garantit une taille de guêpe mais ça met sérieusement votre vie en danger. Alors c'est décidé nous monterons pour essayer de le sortir une seconde fois de ce mauvais pas. 

Mercredi 27 mai

Nous retrouvons Jean Philippe et un de ses amis à la barrière du Bergons. D'après le descriptif des promeneurs, le trou se trouve à la lisière du bois entre le col d'Espadres et la source d'Arial. Cela pourrait donc se passer dans les dolines pertes en contrebas du col. Pourvu que ce ne soit pas le CL 06 où on tombe rapidement sur un P.50.
Arrivés à la prairie du col d'Espadres nous nous dirigeons aussitôt vers le CL 08, un petit gouffre de 8 m de profondeur mais où visiblement Isaby aurait pu sortir par ses propres moyens. Rien au CL06, trop humide et trop froid, rien non plus au CL03. Alors nous rentrons dans la forêt et allons en direction du Porto de la Gleizo et sa spectaculaire entrée. Jean Philippe qui est devant perçoit le premier les aboiements du chien. Mais dans quel état va-t-il être car le puits mesure 22 m avec un côté plein vide ? Mais Isaby, est debout sur ces quatre pattes, et semble en parfaite santé. Incroyable.

La remontée d'Isaby

Nous sortons le matériel de descente et Jean-Philippe extrait de son sac une énorme corde (diamètre 50 mm). Ça ne passe pas dans le descendeur mais cela permettra de remonter le chien. Je descends avec un lot de sangles, une vieille combinaison qui pourra éventuellement servir de harnais-civière si le chien se débat (méthode astucieuse préconisée par PMA), des croquettes et de l'eau. Arrivé au bas du puits, j'ai bien du mal à intéresser Isaby qui n'a d'yeux que pour son maître resté en surface. Les croquettes vont bien sûr changer la donne. Pas de doute Isaby avait faim. Mais le repas terminé, il retourne immédiatement sur son perchoir pour rester à vue de son maître. Très curieusement ce n'est que lorsque l'énorme corde arrivera près de moi qu'Isaby se résoudra à être emmailloté et ficelé sans la moindre résistance. La remontée, plein vide, ne prendra que quelques minutes.
L'histoire se termine là, et Isaby a pris le chemin du retour comme si rien ne s'était passé et je ne suis pas certain qu'il ait conscience de cette bonne étoile qui l'a tiré à deux reprises d'une mort assurée.
De notre côté, pas de regret pour l'Isarce, c'était une belle journée, de belles rencontres et nous avons le sentiment d'avoir été, pour une fois, un peu utile...


Patrick

mardi 26 mai 2020

Au Trou d'Escot


Mardi 26 mai
Patrick, Sandrine, Jean Claude, Philippe et Alain

Suite à notre découverte du vendredi précédent, Jean Claude reprend la prospection au-dessus de la zone où se développe la cavité.
Natif de très près, c’est un plaisir pour lui que de retourner sur ces sentiers qui l’ont vu grandir.
Et bingo, dimanche après-midi je reçois un SMS indiquant la découverte d’un puits aspirant. Bonne nouvelle.
Il y retourne le lundi et agrandi l’entrée avec une bêche et une barre à mine. Le vent y est violemment aspiré, juste ce qu’il faut pour exciter une nouvelle fois notre curiosité.
Et le mardi nous sommes à 5 sur place.
La marche d’approche est cool, 20 petites minutes et une centaine de mètres de dénivelé.

L’entrée est bien dégagée et laisse le passage aux spéléos.
Patrick équipe, c’est dans une fracture mais ce matin le vent n’est pas très marqué.
Il descend d’une quinzaine de mètres, la fracture se resserre. Je le rejoins, suivi de Philippe pour qui ce sera une première descente avec du matériel tout neuf.
Peut être pas vraiment le meilleur endroit pour tester et régler du matos mais il nous rejoint rapidement.
En bas, la fracture est plus étroite et malgré quelques coups de massettes, Patrick n’arrive pas à descendre plus bas, dans une petite suite visible mais inatteignable. Comment faire quand c’est vertical et que les blocs sont sous les pieds, sans pouvoir les atteindre de quelque manière.
Il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas par là que nous irons sur de grosses galeries. Nous remontons et Patrick tire la topo.

Au palier de -15, en attendant que Philippe ressorte de la cavité, par hasard nous observons un fil qui semble bouger.
Est-ce du au courant d’air ? Après avoir bien observé, non il s’agit d’un ver vivant. N'étant pas spécialistes, nous interrogeons les biospéléos et fouillons sur Internet...



Finalement il s'avère que l'étrange asticot est un ver Gordien qui doit son nom à sa capacité à faire de véritables nœuds avec son corps. Poussant plus loin la recherche, nous découvrons qu'il s'agit d'un parasite d'insectes de la famille des nématomorphes. Au stade de larve, le ver se développe chez certains insectes comme les sauterelles, les grillons ou comme les phryganes que l'on rencontre fréquemment sous terre. Puis, arrivé à maturité, et par un phénomène assez étrange, il pousse son hôte à rejoindre un milieu aquatique où il pourra s'extraire en toute tranquillité. Enfin presque... Car si par hasard une truite ou un crapaud traîne dans les environs, il y a de fortes chance qu'il ne fasse qu'une bouchée de l'insecte et de son locataire. Pour se sortir de là, le ver n'hésitera pas à remonter les voies naturelles du prédateur et finira par voir le jour, par le nez, les branchies ou la bouche. En l'absence de prédateur, le ver sortira tranquillement de l'insecte à l'intérieur duquel il n'aura en principe pas fait trop de dégâts. Sur ce point, nous avons quelques doutes et il suffit de voir cette vidéo trouvée sur Youtube pour s'en persuader : https://www.youtube.com/watch?time_continue=59&v=QVAimOdOXmc&feature=emb_logo

A ce lien le film réalisé : https://www.youtube.com/watch?v=wSL2ctqytes

Alors que faisait-il sous terre ? Il est probable qu'il soit tombé dans le puits et que son squatte se trouvait en surface. Difficile à dire et si un lecteur de cet cet article peut nous éclairer sur ce point, nous sommes preneurs.

Après cette distrayante découverte, nous ressortons et cassons une croûte bien méritée. Une nouvelle cavité dans le gruyère de Saint Pé.
Ensuite nous continuons en faisant le tour des cavités connues sur ce coin.
Escot, Doline, Pataroc, Pont d'Escot, tout y passe.

Nous terminons par le LP26, connu depuis 1994.
L’entrée est protégée par de grosses branches de châtaigner mais elle parait bien étroite. Et bizarrement, de cette cavité sort un courant d’air vraiment marqué et constant.
On se demande comment il a pu être visité, c’était à priori en 1994 ; des limandes, des petits gabarits.
Pour nous la descente est irréalisable en l’état et il faut aménager l’entrée à taille humaine. Cela nous prendra un certain temps mais enfin Patrick pourra y pénétrer sans trop de contorsion. Un joli puits d’une quinzaine, un peu de galerie et surtout, certainement, une suite qui laisse filtrer le courant d’air.
Il faudra y revenir, c’est déjà tard. Les traces des premiers explorateurs sont là, un vieux spits rouillé à -8 et aussi un mètre à ruban et du topofil. Chapeau les prédécesseurs.

La journée se termine avec encore un nouvel objectif.

A suivre

Alain M et Patrick
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lundi 25 mai 2020

Au gouffre d'Ourtigat

Nous avions retrouvé ce gouffre situé à l'ouest du montagnon de la Pale en février 2011 (voir compte rendu de l'époque). Au fond, une suite était visible mais l'absence d'air ne nous avait pas incités à déployer beaucoup d'efforts pour l'atteindre. Finalement, nous y retournons le dimanche 17 pour revoir cela d'un œil neuf et concluons qu'il y a peut-être une petite carte à jouer. 

 Le second puits (9 m)

Au bas, deux squelettes (vache et cheval) gisent au milieu des blocs. Une grenade à plâtre n'a visiblement pas explosé. Prudence...

Hier (24/05) nous nous retrouvons à 3 au parking de la Bouhadère (Pascal, Sandrine et Patrick). Dans le pâturage de Sauguet, les animaux, de retour dans les alpages, (chèvres et vaches) ont tracé un sentier bien commode pour accéder au gouffre (1/2 heure). Nous refaisons l'équipement pour contourner l'éboulis au bas du premier puits et commençons sans tarder l'aménagement du passage terminal. 

Le passage étroit à -20 m et le ressaut qui suit.

Puis Pascal s'enfile dans l'étroit méandre pour équiper un premier petit puits de quelques mètres. Cela devient plus gros et le conduit plonge dans un beau puits entrecoupé de paliers. Une dizaine de mètres plus bas, de grandes coulées stalagmitiques recouvrent les parois. 


Le départ du puits terminal (22 m)
 
Nous descendons encore un nouveau cran d'une dizaine de mètres, mais les mêmes coulées viennent tout colmater à la profondeur de -50 m. Au fond, dans une petite niche, quelques perles compensent la déception de cet arrêt prématuré. Remontée en topotant et en faisant quelques photos car le gouffre, si petit soit-il, est bien joli.




Patrick

samedi 23 mai 2020

Les affaires reprennent....

Après deux mois d'abstinence durant lesquels la spéléo s'était réduite à regarder des vidéos d'un autre temps ou celles de quelques irréductibles qui s'acharnaient à franchir de pseudo étroitures sous le canapé du salon, nous n'avons pas trop trainé pour renfiler les bottes et le baudrier. 
Certains prédisaient qu'après le Covid, rien ne serait plus comme avant. Peut-être bien qu'ils avaient raison... Avant, on s'acharnait sur des trous qui ne passaient pas et là, en l'espace d'une semaine, voilà que coup sur coup, nous parvenons à faire quelques jolies découvertes. Rien de spectaculaire, mais suffisamment jolies pour reprendre goût à la vie et surtout à notre activité favorite.

 Le puits des Garrocs

La première découverte a lieu deux jours après le déconfinement dans un petit gouffre de la montagne du Rey que nous avions ouvert le 16 mars dernier, veille de notre retraite forcée (Sandrine et Patrick). Deux beaux puits de 30 m nous ont permis d'atteindre -62 m. Même si le gouffre s'arrête sur des remplissages argileux et de grandes coulées stalagmitiques, nous n'étions pas mécontents de cette reprise. 

Au bas du premier puits (-33 m)
 Le fond à -62 m

Et puis, il y avait le Sousbet....

Un petit rappel s'impose. Ce trou souffleur, déjà signalé par le GSHP en 1994, avait fait l'objet d'une série de séances acharnées pour agrandir un minuscule méandre mais parcouru par un très net courant d'air soufflant. 
Le 29 février dernier (cr ici), malgré la pluie, l'équipe de forçat s'était arrêtée au bord d'un puits avec une forte résonance. Et puis, le vilain virus est arrivé, clouant chacun à la maison...

Hier (vendredi) nous sommes 6 au parking de Cacha (Bubu, Alain M. Jean Claude, Pierre Michel, Sandrine et Patrick). On ne se sert pas la main, mais les sourires de chacun laissent à penser que le cœur y est. Bon, on va essayer de respecter les gestes barrières !
Arrivés à l'entrée, le courant d'air soufflant est net. Alain descend aménager le passage en tête de puits. C'est vite fait et nous prenons sa place avec le matériel de descente. Le puits mesure 12 m. Il est vaste ce qui explique la résonance particulière. 

Le P.12 d'entrée.

Une fois en bas nous faisons l'inventaire des possibilités de continuation. Il y a des départs en amont, mais avant tout c'est l'aval qui nous motive. 

En direction des amonts. Une escalade à voir.

Par un confortable boyau descendant, nous rejoignons un conduit beaucoup plus vaste et soudain, on entend Bubu crier "Rivière, il y a une rivière !!!". Effectivement, la galerie devenue horizontale est parcourue par un joli ruisseau.
 L'arrivée dans le ruisseau (-24 m)

L'amont semble étroit, mais amène de l'air (à revoir). Une partie de celui-ci file en aval tandis-que l'autre ressort par l'entrée. Nous débutons la progression avec précaution car le concrétionnement est abondant et il faut louvoyer entre les fistuleuses qui par endroit mesurent près d'un mètre de haut. 


Le conduit, de taille humaine (env 1,3 x 2 m) est bordé d'anciens remplissages soudés par de la calcite, et plus loin, ceux-ci forment la voûte de la galerie. Au sol, le ruisseau a entaillé le niveau des marnes qui constitue l'écran imperméable local. 

 Des remplissages surcreusés bordent la galerie

Certains restent "collés" au plafond.
 Nous nous relayons pour passer devant et goûter pleinement à cette jolie découverte. Mais au bout de 180 m, les parois se resserrent et la galerie prend la forme d'une étroite et profonde diaclase. Juste au milieu une colonne crée une étroiture ponctuelle. Mais ça passe... 

 Petite salle avant le terminus de -34 m
 
Sandrine et Patrick partent en reconnaissance. Ils parcourent une trentaine de mètres supplémentaires. Cela redevient plus gros mais après un bassin ils s'arrêtent sur un petit puits copieusement arrosé. Le retour se fait au rythme de la topo. 




















Du côté de l'amont, les départs les plus évidents ne donnent pas grand chose. Il reste cependant l'amont du ruisseau qui semble bien étroit, mais qui sait...

Série de gours dans un des conduits amonts.

Au total, la grotte totalise 240 m de développement pour un dénivelé de 34 m. Elle se dirige tout droit vers la grotte des Castagnets dont elle constitue probablement l'amont. 
Affaire à suivre...

Respect des gestes barrière (PMA semble sceptique !!!!)

CR et photos d'Alain et Patrick


Le compte rendu de Bubu:

Ca y est, on peut reprendre la spéléo ! Enfin ! 53 jours d’attente, un an, un siècle, une éternité... Ca y est, ça me reprend. Un air de Jo Dassin qui me trotte dans la tête ! Je chante. La vie reprend, non je n’ai pas changé. Tiens, une nouvelle chanson frappe mon cerveau fatigué par la mise en place d’un protocole sanitaire drastique pour assurer la sécurité demes  élèves et du personnel.
53 jours de prise de tête et enfin la libération !
On a rendez vous ce matin pour reprendre le Sousbèt, ce petit trou qui portait tous nos espoirs avant le confinement et dont nous avions du arrêter l’explo alors que PMA avait vu le grand vide de la suite ! Cette suite qui nous hantera pendant de trop nombreuses semaines ! Certains rêveront même de la suite, THE suite , rêve arrêté malheureusement par l’envie de pisser !
Nous sommes 6, pas trop nombreux pour pouvoir respecter la distanciation physique. Et puis dans cette entrée pas très large, on est plus souvent en tête à tête avec les fesses de celui qui précède qu’avec sa bouche et les risques de postillon !
C’est Patrick qui est chargé d’équiper le puits. Tout le monde y va de son commentaire ! Comme d’hab.... « Et tu penses bien à mettre 2 amarrages en début de main courante, il y a un instructeur qui nous surveille ! », « et le puits, tu essayes de l’équiper plein vide s’il te plait », « plus haut, y’en a qui ont des petites jambes », « et tu nettoies, sinon ça parpine ! »... et Patrick, stoïque, fait son boulot, tranquille ! Peinard ! ... et se pose une quinzaine de mètres plus bas. Il me crie « Libreeeee !» dans un écho pas possible qui fout la banane à tout le monde ! Branle bas de combat en surface, tout le monde s’équipe ! Moi je suis déjà tout équipé dans le trou et je rejoins Patrick en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire ! C’est gros ! C’est beau !
Première des choses à faire en attendant les copains, retrouver la massette qui avait fait du vierge sans nous attendre avant notre repos forcé. Mais rien à faire, elle a du rester coincée plus haut, perdue à jamais !
Les copains arrivent les uns après les autres, on mitraille, on filme, c’est grand, c’est booooooooo !
On sait que le trou est idéalement placé entre les grandes cavités du Montagnon de La Pale en amont et le réseau des Castagnets en aval. Avec PM, on fouille ce qui pourrait donner vers un amont au niveau d’une énorme coulée spectaculaire ; mais ce sont des escalades, on verra plus tard. Patrick a repéré un passage avec du courant d’air qui semble continuer par une galerie confortable. Les copains me proposent de passer devant ! C’est un privilège qui n’arrive pas si souvent que ça en spéléo d’explo et je ne me fais pas prier ! Petit ramping, je me redresse dans une belle galerie de  2 par 2 et je progresse profitant de chaque instant. Petite désescalade glissante et je m’arrête net, tous les sens en éveil ... mais, mais, on dirait bien.... mais oui, c’est ça, pas de doute ! Et je crie en oubliant de bégayer : « La rivière, j’entends la rivière ! »
Rien ne bouge derrière moi. « La rivière, j’entends la rivière ! ». Là, ça commence à s’agiter. Quoi ? Qu’est ce qu’il a dit ? « La rivière, j’entends la rivière ! ».
Ca y est, tous les copains sont là, les pieds dans le ruisseau ! Le méandre est devant nous, de taille humaine, la rivière coule au milieu, de belles concrétions commencent à apparaitre ici et là. Le rêve devient réalité !
Je continue, la rivière coule sur un niveau imperméable, les spélothèmes comme disent les scientifiques sont très variés et on imagine déjà ce que l’on va mettre dans Karsteau : remplissage, sous tirage, draperie, coulée, fistuleuses..... Maintenant on se relaie devant pour que chacun puisse gouter aux joies de la découverte. Certains passages sont magnifiquement concrétionnés de fistuleuses de plus d’un mètre ! Du jamais vu à Saint Pé ! Très fragile aussi ! Il faudra baliser pour interdire certains passages supérieurs. Des plafonds comme ça, c’est exceptionnel !
Au bout de 150 mètres de progression facile, le méandre devient diaclase. Pas large... et une belle colonne a eu la mauvaise idée de pousser juste au milieu laissant juste assez de passage sur la droite pour laisser passer les plus fins....mais pas moi ! Il y a bien une galerie supérieure mais magnifiquement décorée d’une quantité incroyable de concrétions ! Pas question d’y poser le pied ! On laisse donc partir Sandrine et Patrick devant qui après la diaclase feront encore une cinquantaine de mètres, ça devient plus grand et ils s’arrêteront sur un petit puits où cascade la rivière.
On prends le temps de vider le sac de Sandrine qui est la seule à avoir fait suivre la bouffe, puis on rentre tranquille en faisant la topo. On fouille tous les départs. L’amont de la rivière emmène pas mal de courant d’air. C’est pas large mais ça passe. Ce sera pour la prochaine fois.
On fait quelques escalades au niveau du puits mais pas de grandes trouvailles si ce n’est des paysages superbes !
Sortie vers 16 heures des étoiles plein les yeux. Quel pied ! Quelle reprise ! Oui, ça valait le coup d’attendre plus de 50 jours !

 Bubu