samedi 28 mai 2016

SC147, sa découverte et sa première exploration

C'était il y a 20 ans.
Textes extraits des Echos des Tachous année 1996



Samedi 24 mars 1996
Alain Massuyeau, Thomas Gendulphe et Pierre Callot
Ballade à Saint Pé, histoire de se dérouiller les jambes et de profiter d’une journée de soleil.
Départ vers 9 heures du Bergons et direction le col d’Andorre.
Montée paisible avec au passage sur le chemin forestier la découverte d’un petit souffleur qu’il serait peut être intéressant de désobstruer (attention, il est pile dans les jurassiques).
Arrivée vers le col, la neige nous attend. Il y en a une couche respectable et malheureusement le redoux des derniers jours ne l’a pas tassée, bien au contraire.
Notre galère commence avec des enfoncées de plus de 80 centimètres à chaque pas.
Inconscients, nous entamons la descente qui devra nous mener au col d’Espade puis peut-être vers la Toue. Au passage derrière le col d’Andorre, nous repérons deux cavités là où la neige n’est plus présente. Présence d’un bon courant d’air pour les deux et surtout, pour celle du haut, d’un puits sondé à 30 voir, pour le plus optimiste d’entre nous, à 50 mètres.
 Belle découverte, d’autant que la désobstruction sera facile et la marche d’approche égale à une bonne heure, légèrement plus. Nous continuons notre périple mais la progression étant si difficile, nous ne pensons plus du tout à prospecter, mais simplement à avancer, dans des conditions extrêmes.
Arrivée au col d’Espade où le flanc nord porte légèrement mieux et le flanc sud-est de la véritable soupe.. .
Déjeuner sur les coups d’une heure, au soleil heureusement, sur un petit sommet dominant la cuvette de la Toue. Repos bien mérité pour nous quatre, Fanny nous accompagnant, j’avais oublié de le signaler.
Passage près de deux trous potentiels, la neige est fondue complètement à ces endroits et ne laisse pas d’ambigüité sur leur présence.
Nous continuons et retrouvons deux autres cavités, but de notre sortie. Les TO 500  et 501.
Marqués par le GRAS en 92, je les retrouve enfin, indiqués par un de mes amis depuis plus de 2 années et ayant fait l’objet d’une première recherche lors de notre camps du Yerse 95.
Ils sont ouverts tous les deux et déneigés, le vent oblige.
Seul le TO 501 est marqué non terminé et serait vraisemblablement intéressant à continuer, vu le courant d’air qui en sort.
Direction les Trois Croix, le retour par le col de la Lacque  (s’il vous plaît!) sera long.
Au passage au Yerse, rencontre avec trois personnes qui montent voir quelque chose
là-haut... Après discussions sur les difficultés de la progression, nous leur souhaitons bonne ballade et bonne visite au Trois Croix. Stupeur et étonnement de la personne qui guide, sur le faît que nous connaissions ce lieu et surtout que ça existe. Discussion et je leur promets de leur envoyer quelques renseignements sur le lieu et les hypothèses des Trois Croix.
Nous les quittons et entamons la descente puis la remontée en passant par le Yerse.
Nous retrouvons notre lieu de campement de l’année précédente. Rien n’a changé si ce n’est que les vaches ont disparu et se sont transformées en lait (la neige), beaucoup, beaucoup de lait.
Passage près de la petite cabane, toujours debout malgré la neige, puis remontée en direction du col de la Lacque. La remontée sera pénible, chacun traçant tour à tour, stoïquement.
Passage près des inscriptions, passage à la clairière, la remontée, les dalles puis enfin la clairière, la Lacque  avec ses piquets dont seule la pointe est visible. Calvaire, calvaire.. .
Au col, un cadavre de cheval, mangé par les vautours, gît impudique, témoin de l’année passée.. . .
La descente, elle sera directe et rapide, malgré une neige molle, très molle, qui nous oblige à lever haut les jambes et qui nous mouille bien au-delà du genou. Vite, vite, quittons ces lieux.. .
Nous aurons mis sept heure trente pour réaliser un trajet qui en temps normal n’en demande qu’à peine 4. Maigre moisson, deux trous à désober, heureusement dont
un P 50 et repérage des TO 500 et 50 1.
Nous reviendrons.. .

Samedi 6 avril 1996
Cahot P, Gendulphe, Massuyeau, Douat M et MC.
Direction le col d’Andorre, le trou repéré 15 jours plus tôt, ça nous travaille. Nous sommes accompagnés de Mickey et Marie Claude, qui nous serviront entre autre de porteurs, merci.
La montée est rapide et la partie enneigée cette fois ci ne pose aucune difficulté, la neige étant tassée.
Arrivée au trou, sondage et effectivement, il y a bien un puits important, vraisemblablement près de 50 mètres. Pendant que les deux jeunes cassent la croûte, les anciens s’activent à la désobstruction. Armés d’une massette et d’un burin, il ne faut pas longtemps pour dégager un passage suffisamment large pour pouvoir descendre.
Messieurs les jeunes, c’est à vous. Thomas s’est équipé et va pénétrer le premier dans le puits. L’entrée est juste mais ça passe. Dessous, une petite margelle et ensuite c’est le vide. Il commence à spiter, nous le laissons équiper.
Pendant ce temps, visite à l’autre cavité repérée il y a 15 jours. L’entrée est petite mais nous avons de la chance et après quelques blocs retirés facilement, ça va passer. C’est pour Pierre, il est le plus petit et en plus il est équipé.
Passage, désobstruction afin de facilité la progression et il se retrouve à la tête d’un puits de 7 à 8 mètres. II est nécessaire d’installer une corde afin de pouvoir y descendre. Arrêt dans une jolie salle avec de nombreux blocs. Malheureusement, le courant d’air arrive d’entre les blocs et la suite ne sera qu’à la faveur d’une très importante désobstruction.
Cavité déclarée terminée pour le moment.
Pendant ce temps, notre ami Thomas spite. Deuxième spit, mise en place du cône, il tape et vlan, le tamponnoir d’Alain, qui datait du TGV PSE, se casse...
Jurons, clameurs et remontée.
Alain s’équipe et va mettre un autre spit, prévoyant il a bien d’autres tamponnoirs dans son sac (!).
Je mets donc un nouveau spit mais cette fois ci un peu plus loin, juste au-dessus du grand vide.. . Pas de casse, tout se passe bien. Je propose à Thomas de descendre, il me laisse la primeur du vierge, c’est parti. 10 mètres, 15 mètres, passage d’un premier palier, sans frottement, puis c’est la grande descente, directe. J’atterris 40 mètres plus bas, au bas du puits, éclairé légèrement par la lumière du jour qui pénètre jusqu’en bas. Image féerique, avec le soleil directement à l’aplomb, ça doit être de toute beauté.. .
La suite, elle est là, devant moi, dans un petit méandre, avec le courant d’air, je le sens fortement.
Libre.. .
Thomas me rejoint, déjà j’ai commencé à mettre un nouveau spit, ça continue, c’est bon.
Le spit mis, il passe le premier, c’est un méandre qui donne sur un nouveau puits de 10 avec derrière une autre tirée, peut-être 20 ou plus.
Équipement et nous voulons descendre.
Hélas, dans le méandre une vilaine trémie est coincée et la prudence veut que nous procédions à un nettoyage de rigueur. Les pierres tombent, une à une, avec un bruit d’enfer, certaines allant 30 mètres plus bas. La trémie est importante et plus nous en faisons tomber, plus il faut en faire tomber.
Pierre nous a rejoint et assiste à la chute des pierres….
Le manège durera plus d’une heure, nous nous relayons et inlassablement faisons tomber, tomber, tomber.. .

Quand tout nous semble fini, il est temps de remonter, la descente du puits ce sera pour la prochaine fois.
Sortie du trou vers 18 heures, Mickey et Marie Claude sont partis, ils nous attendent de l’autre côté du col, au soleil. C’est vrai qu’il fait froid, le thermomètre de Thomas affiche 7 degrés.
La descente nous réchauffera et la découverte de cette nouvelle cavité alimentera nos conversations pour de nombreuses heures.
A suivre, ça continue.

Alain M




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