mardi 11 février 2020

Au pic de Broc

Lundi 10 février 2020
Ce matin il y a foule au bas de la piste de Pé de Hourat ( Alain M., Damien, Jean-Claude, Joël, Serge, Frédéric, Patrick et Sandrine). Il faut dire que l'objectif proposé par Jean-Claude était particulièrement attrayant : un gouffre sans doute inconnu, profond et avec du courant d'air (gouffre de Taulebère inférieur). Seul bémol, la marche d'approche, raide, oui, vraiment raide.... En principe février n'est pas la saison indiquée pour ce genre de virée mais les bienfaits du réchauffement climatique (il faut bien en trouver) font que la neige est aux abonnés absents très haut en altitude... Nous démarrons donc à la fin de la piste par un itinéraire libre pour chacun d'entre nous puisqu'il n'y a pas de sentier. Ça commence fort, mais heureusement cela ne dure qu'un temps (300 m de dénivelé quand même). La suite emprunte une curieuse piste, creusée récemment, et dont l'intérêt pose question. Puis nous la quittons à nouveau pour basculer sur le versant sud du Pic de Broc. Petite séance de dahu, montée, puis descente jusqu'au trou, accueillis par un soleil généreux et réparateur pour certains. Il nous aura fallu deux bonnes heures pour arriver là.

 L'entrée du gouffre de Taulebère sur le versant sud du Pic de Broc

L'entrée du trou ne nous déçoit pas et une courte galerie mène au bord d'un puits assez vaste d'une quarantaine de mètres (36 m d'après la topo). Sandrine part la première, perfo en main. 

La première longueur du P.36
 Le fractio au plafond de la galerie.
 L'arrivée dans la galerie, vue de l'amont.

 

Nous lui emboîtons le descendeur, Serge, Damien et moi pour tous se retrouver dans un vaste conduit (10 m par 10 m). Rapidement bouché en aval (-49 m), il se prolonge en amont sur une cinquantaine de mètres qui remontent le long de grandes coulées stalagmitiques. Pas de traces... 



Quelques ossements de mustélidés (fouines ou martres) sont bizarrement regroupés dans un même secteur. Nous en dénombrons une dizaine. Juste à côté, un autre crâne de carnivore, plus gros mais pris dans les blocs calcifiés. De son côté, Serge dégotte un collier clouté de Patou. Le crâne n'est pas loin. Nous dressons la topographie et cherchons d'éventuelles traces de passage que nous ne trouvons pas. Cela semble bien être de la première, mais si un lecteur avisé reconnait ce gouffre, qu'il n'hésite pas à nous le faire savoir.

 Un véritable gisement de crânes de fouines ou martres

 Nous en avons compté 10...

En amont 

Ce qu'il reste du pauvre patou.... 

Il nous reste encore suffisamment de temps pour aller voir un autre trou. Le Taulebère supérieur. Comme le nom l'indique, il est plus haut et donc il faut encore monter (raz le bol !). 
Nous y descendons avec Damien. Au bas du puits d'entrée (7 m) nous arrivons dans une diaclase le long de laquelle se développe un conduit confortable au début, mais se pinçant progressivement de part et d'autres du puits. D'un côté, nous butons sur des fissures impénétrables mais avec un peu d'air. De l'autre, Damien entame une désobstruction mais la suite est trop étroite. Nous faisons la topo et ressortons. Pendant ce temps, les autres ont ouvert un 3° trou, mais sans suite. 

 L'entrée du Taulebère supérieur...
De là où nous sommes, le meilleur itinéraire consiste à monter au sommet du Pic de Broc avant de redescendre par la drôle de piste via le col de Pan puis le col de Nabails. Mais il fait encore beau et même si les nuages commencent à envahir la plaine Jean Claude nous propose d'aller voir un dernier gouffre. L'entrée est bouchée par des blocs que nous parvenons à dégager assez facilement. Serge est désigné d'office pour cette ultime exploration. Il faut dire que tous les critères sont rassemblés pour que le trou du Bouleau (c'est son nom !) devienne un grand gouffre : il n'y a pas un pet d'air, les parois ont l'air gluantes, et les cailloux que nous jetons tombent 3 à 4 mètres plus bas en faisant à peu près le même bruit que lorsqu'on met le pied dans une bouse de vache. Cinq minutes plus tard Serge s'extirpe de l'abîme, le verdict est sans appel : "c'est une m...".

Alors Serge c'est le trou du siècle ?


Cette fois-ci nous quittons pour de bon le secteur et redescendons tranquillement presqu'en même temps que le brouillard qui a déjà envahi la vallée.

 La topo du gouffre.
Patrick

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