vendredi 10 février 2017

Du côté des Labasses

Là bas, du côté des Labasses, le mot horizontal n'existe pas. Le mot soleil n'existe pas. Le mot sentier n'existe pas.
Là bas, du côté des Labasses, coulent des rivières mais celles qui nous intéressent sont souterraines.
C'est là bas, du côté des Labasses, que doivent se rejoindre les rivières du Puts des Tachous, du Gouffre de la Ménère, du Chat sauvage... et toutes les autres qu'il nous restent à découvrir.
Là bas, du côté des Labasses,  Jean Claude a trouvé 2 trous. Qu'allait-il faire dans ce coin hostile où même les champignons ne viennent pas ? Nous ne le saurons jamais. Toujours est-il que les trous sont idéalement placés sur le tracé supposé de "notre" rivière. Pour nous mettre l'eau à la bouche, Jean Claude nous dit qu'il y a même un sentier au niveau de la Bécole qui nous emmène pratiquement jusqu'au trou et qu'il y a très peu de dénivelé.



Alors nous sommes 4 motivés pour aller explorer ces trous par cette fraîche journée ensoleillée. (Sandrine, Serge, Jean Claude, Bubu)
Le sentier du départ est très large, carrossable, mais la fonte des neiges fait que l'Arriu sec n'est plus sec du tout et à plusieurs reprises il faudra traverser le ruisseau en essayant de ne pas trop mouiller les chaussettes. Bien faire attention où on pose les pieds! Et si une branche malencontreuse se trouve à hauteur de la tête, certains ne la verront pas! Pansement compressif, bande tout autour de la tête digne de l'équipe de France de rugby, et c'est reparti !
Le sentier devient rapidement sente puis plus rien... que des arbres en travers, de la mousse recouvrant des blocs, de la terre imbibé d'eau. Seul Jean Claude le voit , le devine... saute de blocs en blocs pendant que les autres derrière, surtout moi d'ailleurs, trébuchent et glissent à chaque pas.....
Enfin, Jean Claude s'arrête, regarde son GPS et nous dit que Nord Sud c'est bon et Est Ouest on est à 10 mètres.... 10 mètres ? On devrait voir la rubalise ! On tourne, on fouille, on gratte, pas de trou... On quitte les sacs et on recommence: on tourne, on fouille on gratte... Dans cet univers pentu à plus de 50 degrés, c'est pas simple. Jean Claude trouve la rubalise...emportée par la dernière tempête.
A nouveau Jean Claude vérifie son GPS et confirme que c'est à 10 mètres. Il se décale un peu et trouve enfin le trou ! A 10 mètres des sacs !
Pour le moment c'est pas pénétrable mais il y a un petit courant d'air chaud prometteur. J'attaque la désob sans prendre le temps d'enfiler la combinaison. De toutes façons, dans l'état où sont mes vêtements après toutes ces glissades, ça pourra pas être pire.
Rapidement le trou s'agrandit et Serge peut descendre un puits de 5, 6 mètres. Là, un méandre étroit sur au moins 2 mètres semble donner sur quelque chose de plus gros vu l'écho. Mais ce ne sera pas pour cette fois ci. La topo est faite et le trou est déséquipé. Sandrine a réussi à allumer un feu . On se cherche un endroit à peu près plat pour poser au moins une fesse et manger un morceau; l'heure de Joel est largement dépassée. Heureusement le Haut Médoc 2008 de Jean Claude fait du bien au moral.



Et si on allait voir le Trou Musical ? Ce n'est qu'à 600 mètres et 100 mètres plus haut.... C'est bien sur Jean Claude qui vient d'avoir cette idée plus sotte que grenue! Jamais 600 mètres ne m'ont paru aussi longs. Une heure plus tard on arrive au bord du trou. Jean Claude et Sandrine descendent faire la topo. Ils confirment une suite après une étroiture infranchissable et qui demandera des travaux importants pour descendre un petit puits d'environ 5 mètres .
Il est déjà 16 heures 30 et il est temps d'entamer le chemin du retour. Jean Claude nous promet un sentier sur la crête de la Bécole... mais qu'elle est loin cette crête ! Le vide m'attire, je glisse, je trébuche, "Jésus tombe pour la 20 ème fois! ". J'aurais du me méfier quand j'ai vu que les autres n'avaient pas pris leurs bâtons! C'est facile de s'accrocher aux buis quand t'as pas les mains pleines! Ça y est, je divague; des souvenirs d’évangile selon Saint Luc me reviennent à la mémoire "Ah, combien de "bâtons de marche" abandonnés au bord de nos chemins, et même, qui sait, au bord des chemins de Jean Claude !  Donnez-moi, ô Jésus, la grâce de rester embrassé à ma croix, même si je dois défaillir sous son poids. Donnez-moi la grâce de me relever chaque fois que je serai tombé. Donnez-moi, Seigneur,  la grâce suprême de ne jamais sortir du chemin que je dois suivre pour arriver en haut de mon propre calvaire."



J'en chie les amis mais j'aperçois bientôt la délivrance, l'arrête de la Bécole où doit se trouver le sentier tant espéré. Je presse le pas pour ne pas me laisser distancer par les copains et patatras! La plus belle gamelle de la journée qui me fait glisser dans la pente... j'ai même cru que rien ne m'arrêterait avant le ruisseau ! J'ai du inventer des gros mots qui n'existent même pas dans le dictionnaire. Je récupère mon sac, mes bâtons, je remonte, et je retrouve les copains sur le sentier ! Oui, un vrai sentier ! Un de ceux où on peut poser les pieds l'un devant l'autre ! 
17h30, les voitures. Une impression d'avoir rempli notre mission. Encore une bien belle journée devrais je dire pour finir....
Bubu

La vidéo de Jean Claude est ICI








4 commentaires:

  1. Je ne me lasse pas de lire vos compte-rendus très sympathique. Cela me fait faire un break, mais qui à écrit ces lignes poétiques ? Bubu ?
    Tot

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  2. Là -bas
    Tout est neuf et tout est sauvage
    Libre continent sans grillage
    Ici, nos rêves sont étroits
    C'est pour ça que j'irai là -bas

    Là -bas
    Faut du cœur et faut du courage
    Mais tout est possible à mon âge
    Si tu as la force et la foi
    La cavité est à portée de tes doigts
    C'est pour ça que j'irai là -bas

    jean-jacques-goldman/paroles-la-bas

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  3. Brovo Jésus ! Super CR. Et bravo Jean-Claude une fois de plus...

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