mercredi 28 septembre 2016

Promenons nous dans les bois… 2

Promenons nous dans les bois… Tant que le Glaude n’y est pas… (Bis) A. Dole

En ce samedi (24 septembre) le soleil est revenu… Mais demain on annonce les orages…
Alors autant en profiter…
Cette fois je m’expatrie hors de St Pé dans la vallée de Batsurguère (autrefois nommée Batsourriguère).
Me voila en pays du Lavedan (aux portes du Pays Toy), traversant le village de Ségus pour monter par une route sinueuse sur le plateau verdoyant de Batsurguère…
En fait, c’est un ancien Poljé certainement formé il y a quelques millions d’années lorsque le climat dans les Pyrénées était tropical…
C’est à cette époque que la karstification nait et les pluies acides cisèlent les montagnes, qui se transforment en pinacles a cérés comme ceux du Yunnan ou la baie d’Halong, mais avec le temps et la succession des multiples glaciations, ces pinacles ont pris des formes adoucies et coniques… En observant la forme du Coussau, du Soum d’Ech vous verraient ce que je veux dire…
Ce Poljé était une enceinte fermée dont les eaux collectées se déversaient dans une ou des pertes et coulait sous terre dans l’axe su synclinal vers l’Est coté Lourdes…
D’ailleurs il subsiste une perte presque bouchée et lors de certains orages le poljé se noie car le trop plein n’évacue pas et il y a quelques années il a débordé se déversant dans le village d’Omex causant quelques dégâts matériels…
Durant les 150000 dernières années ce poljé a subit l’agression des glaciers et il ya environ 15 à 20000 ans le dernier glacier a grignoté cette vallée fermée en déposant lors de son retrait une moraine qui fait office de barrage…
En effet, il faut imaginer un glacier monumental qui descendait des Balaïtous, Vignemale, Gavarnie, Troumouse, un fleuve de glace de plus de 50kms qui confluait à Argelès et qui a modelé cette vallée en « auge »… Ce glacier allait mourir à Lourdes où il prenait ses aises s’étalant et fluant latéralement au Bescuns pour recouvrir le Soum d’Ech, d’où les blocs erratiques et du sévir du coté de Ségus…
Après avoir laissé mon véhicule devant la Ferme Tartacap à 730m d’altitude, j’emprunte le chemin qui monte au Col du Prat d’Aüreilh (et non du Roy) car Aüreilh veut dire sous le vent et vue l’orientation Est /Ouest les vents dominants s’y engouffrent souvent. En moins d’une heure je dépasse la cabane et poursuit ma route sur le GR en direction de Salles…
Dans le bas du Prat d’Aüreilh, le chemin tangente la forêt, j’en profite pour y prospecter sans succès. On domine le cirque du Picharot perché en haut de falaises se perdant dans les pentes boisées interminables… De quoi rebuter le plus motivé des spéléos…
Revenant sur le chemin presque horizontal (alt 1210m) mon regard est interpellé par une anfractuosité dans un Hêtre multi centenaire. Il y a un ex-voto… D’après une indiscrétion locale, c’est pendu à une branche que l’on aurait retrouvé il y a quelques dizaines d’années un chasseur du pays… Triste destin…
Enfin le chemin s’élève, il a été récemment tracé dans la forêt sur un ancien passage de Charbonniers, il est plus confortable que l’ancien qui montait dans la prairie… Il y a partout des chemins transversaux secondaires, vestige des charbonniers, sans compter les innombrables Foyes que je pointe. On monte dans une belle combe dégagée, vers 1350m un gueule béante attire mon regard, je viens de retomber sur l’énorme glacière le L103…
Je cherche le grand gouffre de Charbonniers, mais son pointage n’est pas bon… Il y a 16 ans que je n’y étais pas revenu et mes souvenirs se sont estompés depuis… J’y retournerais car il est plus gros que Paybou !
Je rejoins l’Escala du Prat du Rey (sur la carte IGN) que les locaux nomment le Pas de Brana : passage du terrain couvert de bruyère… J’opterai plutôt pour le Pas de Grana : col des grands passages (transhumance) ce qui est plutôt le cas car c’est le seul passage entre les pâturages de Ségus et de Salles !
D’ailleurs ce secteur est stratégique sur la crête, sous le sommet des Aguillous (1399m) il y a une « borne » matérialisant la limite entre ces deux communes et elle ne risque pas d’être déplacée… En fait c’est un gouffre aux belles proportions (15x8) dans sa partie évasée et qui plonge sur environ 40m. Il y avait de quoi affoler les usagers de la montagne d’alors… A lui seul il est capable d’engloutir complètement un des hêtres élancé qui borde la forêt…
Profitant de la vue, je prends le chemin de crête en direction du Soum du Prat d’Aüreilh (1526m).
Pour info, les lignards d’ERDF sont entrain de changer les câbles de haute tension…
Mais avant dans le Cot (cote 1459m) je photographie les ruines de 6 cabanes et enclos… Ici on est loin de tout et les points d’eau sont 300m plus bas !
Plus à l’Est sous le Soum un arbre jure avec ses congénères (hêtre et sapins) Il est aussi tordu et rabattu par les vents, mais il est rare : c’est l’unique Pin à Crochet du secteur, perdu à 1490m d’altitude et il n’est pas tout jeune quoiqu’encore vigoureux…
Dans la hêtraie proche je connais une autre belle verticale… Mais j’opte pour une descente pleine pente en ¼ d’heure me voici en bas. J’interpelle un berger qui regroupe ses vaches et lui indique une brebis (toison bleue – N°20109) qui a la pate arrière droite cassée et qui paisse près des ruines des anciennes cabanes… Il fait passer le message… C’est bien utile le portable…
Plutôt que de revenir par le même chemin je prends celui en rive droite qui part du Col et rejoint l’abreuvoir de la fontaine de Sauba et retrouve la piste carrossable qui rejoint Ségus.

   A héchette (1000m), j’oblique à gauche et enquille la croupe ou fleurit deux palombières encore actives, il s’en est fait une cinquantaine la saison dernière, dixit le « paloumayre local » surpris de me voir… Et vous savez quoi ?... On longe la Coume de Mengelle… Mais il est partout l’Glaude, notre CDMDMDSP… Il a un véritable don de dédoublement cet homme là… A la fois à l’Aülhet pour la course pédestre le la « courrude » et à Batsurguère !

1 commentaire:

  1. Super promenade qui m'a rajeunie de 75 ans, j'étais en colo en 1940 et 41 à Batsurguère et le Béout était mon Himalaya, j'enrageais d'être trop petite pour le Pibeste, réservé aux grandes ! Plus tard, avec Michel, à la recherche d'un trou à insectes, on demande à une dame du coin :Connaissez-vous une grotte près d'ici ?
    Ah oui, la grotte de Lourdes...
    Non, une moins connue
    Les grottes du Loup ? (aménagées à l'époque)
    Non, plus près. Hésitation de la dame,puis :
    Ah oui, j'en connais, des grottes, mais...elles sont souterraines !

    Merci Alain pour cette belle balade.

    RépondreSupprimer