lundi 29 septembre 2014

On ne prête qu’aux « RICHOU »

27/09/14: Alain D, Alain Méric, Véro D, Jean, Joel, Jean Claude, Bubu.

En ce 27 septembre 2014, c’est en force que nous montons sur les pentes de l’Aülhet, plus exactement à l’Artigue de Richou vers 1050m, attirés par la récente découverte de Jean Claude (notre CDMDMSP), ce dernier nous accompagne vers une fissure pénétrable, exceptionnel pour St Pé, une fracture où le caillou jeté descend, descend…
C’est simple au dire du découvreur : « le caillou tombait encore que l’on ne l’entendait plus ! »
Normal, il est un peu sourd…En semaine avec un voisin il y est remonté avec une bobine de fil en plastique bleu, très prisé des bergers. Il y a accroché une pierre en guise de lest et aurait déroulé 50m de ficelle !…

A l’entrée de la cavité chacun s’affaire, préparant le repas qui ne va pas tarder, Joël regardant avidement sa montre car à midi : l’appel des mandibules sonnera !
Bubu motivé à sauté dans sa combi et équipement, arrache de sa lourde claie de portage un kit plein de cordes, perforatrice en sautoir il attaque la descente. A -4m il est stoppé par un rétrécissement sélectif que son tour de taille (de cuisses !) dissuade… A moins que sentant l’odeur des saucisses qui grillent près de l’entrée et de Joël qui vient de sonner les douze coups de midi… Il appelle en renfort Véro qui prend le relais et s’élance vers l’inconnu… Les minces sont réquisitionnés, Jean est désigné d’office pour prêter assistance avec un kit supplémentaire… Sait-on jamais…
A – 37 m ils retrouvent le lest entortillé de fil bleu. S’en suit un « boyausson » qui débouche dans une diaclase orientée à 330° avec un lit surcreusé couvert de galets d’ophite centimétrique témoin d’un écoulement temporaire, un resserrement irrémédiable avec le léger courant d’air empêche toute progression, nous sommes à – 44m pour 100 de développement...
Derrière les deux Alain suivent. A Méric en charge du déséquipement tandis que le Dol’s se charge jalousement de la topo à l’aide du disto-laser, quel pied !
A noter entre strates des filons métallifère (hématite) et au bas du puits un ossuaire : au moins les restes d’une vache, trois chevreuils, trois chiens et peut être un jeune loup (crête sur le crane).
Nous avons pu observer aussi que cette fracture localisée en bordure du ravin de l’Artigue de Richou de développe dans les calcaires noirs dolomitiques (Callovo-Oxfordien aux grains sableux abrasifs caractéristiques) du Jurassique sur le contact avec les calcaires du Lias Supérieur.
Elle a fonctionné comme une perte avec de très gros galets roulés d’ophite (0,8m pour les plus gros) coincés dans la diaclase. L’ophite est issue d’une remontée magmatique dans inter-strate calcaire du Trias, elle est bien présente dans le secteur car elle forme le Pic du Larbastan (1363m) et nous supposons durant les dernières
glaciations que le glacier a érodé ce sommet prélevant quelques roches roulées et broyées par le fleuve glacé avant de sombrer dans la perte que nous venons d’observer. Cela ne reste qu’une hypothèse, nous ne savons pas comment une roche aussi dure peut être polie et arrondie de la sorte en un parcours de moins d’un kilomètre…
Sous le soleil déclinant du milieu d’après midi, la troupe est au complet. Il est décidé d’aller poursuivre l’exploration du Cache Mela qui ne se trouve qu’à quelques centaines de mètres de là et 100m de dénivelée plus bas… On y fera un petit concert de papailles avec ce courant d’air qui nous incite à ne pas abandonner… Au moment de partir, Jean pense qu'il y a plus de courant d'air à l'entrée qu'à l'endroit où on désobe... il furète, voit un tout petit trou derrière les concrétions où du courant d'air est aspiré,, l'agrandit, lance un caillou....cling, cling, cling, cling, ... l'espoir renaît ! Ce sera pour la prochaine fois. Il est plus que temps de redescendre avant la nuit.

On ne prête qu’aux riches c’est bien connu !… Cette zone nous fait languir, après nous avoir appâtés avec le gouffre du Quéou, la capricieuse ne se laisse pas apprivoiser malgré les témoignages d’affection répétés au fil de nos prospections assidues…
CR Alain D, Photos Véro D.

3 commentaires:

  1. On n'aurait pas du monter 150 mètres de nouille !

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    1. Par expérience, il vaut mieux s'arreter sur manque de corde que d'en monter beaucoup trop et d'avoir à les redescendre toutes propres!

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    2. Arrêt sur manque de corde à -30 alors qu'on était 7 à monter du matériel, on aurait eu l'air encore plus c......

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