dimanche 16 avril 2017

Retour chez René d'Espiaube


"Bonjour Jean Claude, Caro est dispo, vu le temps très maussade, t'as pas quelques trous pas trop loin et pas trop haut à voir ou revoir ?"
"Oui bien sur, au dessus de Sioulot en 2013 j'avais trouvé 2 trous, le "Prat det Hour" et le gouffre de la Foire".
Et c'est ainsi qu'on improvise une sortie et qu'on se retrouve à 4 chez Jean Claude ce samedi 15 avril : Caro, Joël, Jean Claude et moi.

On se gare un peu avant la ferme Espiaube et on charge tout le matériel. 4 batteries devraient suffire. Jean Claude est devenu un inconditionnel d'Iphigénie. Il sort son Smartphone de la poche, charge la carte du coin et les trou apparaissent! Pour moi c'est magique! Il faudra vraiment que je m'y mette.
Après une petite demi heure de crapahut, nous voici déjà à l'entrée du Prat det Hour qui doit son nom au Pré du Four situé juste en dessous. Pour Caro ça passe sans désob et déjà elle s'équipe . Pour nous, par habitude, on sort la massette et le burin pour aménager le passage.
Un arbre, un goujon, et la voici 6 mètres plus bas sur un toboggan.


La galerie devient rapidement impénétrable sur au moins un mètre mais il y a un bon courant d'air, des concrétions, bref, ça sent le trou qui va continuer.


Vu l'accès très facile, on se le garde pour des jours pluvieux ou des périodes où la neige nous empêchera de monter trop haut. Le Gouffre de la Foire (trouvé le jour de la Foire de Lourdes!) se trouve une petite centaine de mètres plus haut sur la droite. Joel regarde sa montre et nous dit qu'on mangera à l'entrée, il est 11 heures 30. Pas question de le contredire quand il s'agit du repas!
Mais en arrivant sur zone, catastrophe, on ne retrouve pas le trou ! On va rater l'heure du repas ! Mon œil est attiré par un affleurement plus haut sur la gauche. J'y vais et ...bingo, une rubalise et ...un tout petit trou mais qui s'élargit vite en dessous. Joel est rassuré!
Après un copieux repas arrosé au Haut Médoc (on se refait pas!), on sort les outils. On a des piochons, la pelle américaine, le pied de biche, une massette, un burin...mais rien pour ces satanées racines de buis ! Heureusement, il y a une petite scie sur le couteau suisse de JC. Vraiment petite mais qui fait des merveilles. La roche en place sera vite dégagée pour  passer à des travaux plus sérieux. Mais la roche très dolomitique ne se laisse pas faire, bourre la machine en se transformant en pâte noirâtre, rigole de nos papayes et épuise nos 4 batteries !
Quelques fissures sont quand même apparues et Joel insiste à la massette et le burin. Burin d'ailleurs qui va mal finir car il ne plait vraiment pas à notre maître ès burinage! Tout émoussé dès sa première sortie, il va vraiment falloir changer de fournisseur.
Joel s'accroche, insiste, râle, cogne, hougne, tabasse, il ne passe le relais à personne, il va l'avoir, ça va passer, il s'en fait une question de principe, c'est un véritable combat qui s'engage.... une fable de La Fontaine...


La nature envers Joël me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit le trou,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les pailles me sont moins qu'à vous redoutables.
Je fissure, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des désobeurs
Que la Bigorre eût portés jusque-là dans ses flancs.
Joël  tient bon ; le Gouffre  plie.
Joël redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il rompt enfin
Celui de qui la tête était trop étroite
Et dont les pieds touchaient à l’inconnu irrésistible.

Caro est déjà équipée. Le gouffre de Madame est avancé! Une belle araignée (elle les adore!) de sangles sur buis fera un très joli plein vide.






Caro atterrit 6 mètres plus bas sur un bouchon de blocs de la désob mais ça semble continuer derrière.



Joël la rejoint rapidement et passe devant (pas simple vu la largeur du conduit!) et s'acharne sur le passage, les blocs roulent sur un puits-toboggan d'une quinzaine de mètres environ. (Joel a appelé ça une pente qui descend.... on n'a pas compris!) Caro repasse au dessus de Joël, tente le passage et fait un refus d'obstacle. Joël  tente à son tour, passe au dessus de Caro et renonce les pieds dans le vide au dessus de quelque chose qu'il ne voit pas. Pour ceux qui connaissent, ça lui fait penser au Passage du Jar dans le Trou du Fou. Il est déjà 17 heures, on laisse la suite pour les petits gabarits du club ! Il y a de l'air, ça a l'air de bien filer, notre contrat est rempli. Descente pleine pente jusqu'au sentier et passage par la ferme d'Espiaube. Clin d’œil nostalgique aux apéros de René qui guettait notre retour du Bujoluc.
Une bien belle journée improvisée sous un ciel maussade et de beaux espoirs de suite..... Ça continue! 
La vidéo de la journée se trouve ICI

Bubu


2 commentaires:

  1. Pour ceux qui comprendront,je ne dirais qu'une chose, même en étant grand père on a toujours la force pour desober et faire du vierge même s'il est midi passé.
    Bravo.

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  2. Très beau compte rendu, tres belle journée, tres bon vin, et tres belle pente qui descend!

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