lundi 21 avril 2014

Détournement de mineurs

Dimanche 20 avril 2014. Véro D et Bubu.
Nous devions être 4 mais la sortie au Mariléa pour l'un et le temps catastrophique prévu par la météo pour l'autre, ont fait que nous nous retrouvons à 2 seulement pour cette traversée des mines. On va rentrer versant Pierrefitte et si tout va bien on ressortira dans quelques heures versant Cauterets en ayant traversé la montagne de part en part..
Il est 12h45, faut pas trainer, le temps à l'air de se maintenir et y'a 1 heure 30 de marche d'approche.
Montée sympathique dans de belles couleurs automnales.


Heu Bubu, c'est le printemps !
Je sais mais si je vous parle de couleur printannière, vous allez imaginer du jaune et du vert fluo, alors que c'est toutes les teintes du orange, du rouge et du marron! Et c'est moi qui raconte!
Alors, je disais, les belles couleurs automnales et les ruisseaux en crue et des petits ponts de bois pour traverser la rivière ( Le petit pont de bois Qui ne tenait plus guère Que par un grand mystère Et deux piquets tout droits....cling cling cling cling).


Devant nous détale un isard. Regarde me crie Véro! Trop tard, je l'ai pas vu. Mais pour se rattraper  le mâle sort du bois, nous passe à 10 mètres devant, et monte rejoindre sa femelle. Que la nature est belle.
Une heure trente,plus tard, au milieu de nulle part, l’entrée d'une mine bétonnée. C'est là qu'on s'équipe avant une montée très raide qui nous emmène à un tout petit trou: la seule étroiture du parcours.

Jean Marc et Véro ont posé des cordes en fixe bien utiles pour descendre au niveau qui nous intéresse  



Le plafond semble soutenu par des dizaines de pieu de bois. C'est beau et impressionnant.



Il y a beaucoup d'eau dans les galeries. Plus que d'habitude d'après Véro. Elle me fait tout visiter y compris la gare de triage, avec les wagons qui semblent attendre qu'on les charge.



Puis la salle des machines. Impressionnant aussi. Comment ont-ils pu emmener tout ce matériel ? Je mets un peu d'huile sur les engrenages. ..mais ça ne redémarre pas... 


Une pioche est posée contre paroi, à l'endroit même où elle à du être posée il y a 50 ans ou plus. 

On rentre maintenant dans le local électrique ..la clé est posée sur la table... Les fusibles sont énormes, j'en ai jamais vu de si gros. J'imagine que si j’enclenche une manette,  tout va reprendre vie mais il ne se passe rien. 
Le bruit d'une cascade tombant 50 mètres plus bas fait un boucan d'enfer. On a envie de la suivre mais il y a trop d'eau. Ce sera pour une prochaine fois. 
Demi tour, les yeux pleins d'images du passé et les bottes pleines d'eau, pour se diriger vers la sortie, encore loin. La galerie prend des teintes orangés de toute beauté puis un grand lac d'une couleur bleu sombre irréelle nous barre le chemin. 


Véro me guide sur le côté gauche où une galerie court-circuite la partie inondée et donne accès à un passage fortement remontant. Les dimensions changent. La sympathique galerie devient couloir ébouleux, puis méga galerie ébouleuse, puis ce sont de véritables salles, énormes, je me crois à la Pierre. Tout au fond on aperçoit, très loin, la lumière du jour. Dans un recoin, des tas de carottes....



Mais Véro prend une petite galerie bien cachée sur la droite et on reprend notre course à travers la montagne jusqu'à une trémie.



Escalade de la trémie, remontée d'une rivière blanche d'un très bel effet, et on arrive en balcon au dessus de Cauterts. 

Enfin, c'est ce que me dis Véro car il y a un brouillard à couper à la hache. Un peu d'eau, 2 bananes séchées, et on repart . 

On redescend la rivière, la trémie, et on se dirige maintenant vers la lueur qu'on apercevait tout à l'heure. Et là, ça devient magique: les dimensions sont gigantesques, les porches laissent rentrer une lumière blafarde, les chocards s'en donnent à coeur joie. C'est beau. 



On prend des photos en espérant qu'elles rendent bien cette impression d'immensité et de beauté absolue.


Il est 18 heures quand on sort . Je reste pensif comme Rodin sur cette impression que je viens de vivre. La même émotion qu'on ressent après une belle première .

Et je suis très très heureux de l'avoir fait. Il va falloir y emmener les copains, c'est trop beau.
Bubu content !

Le brouillard est toujours là. Reste plus qu'à vider les bottes et rentrer.



A partir de maintenant, la descente est raide, il faut faire attention où on pose les pieds. Je suis Véro les yeux fermés (mais pas trop quand même sinon on n'y voit plus rien ! La langue française est curieuse parfois !).
19 heures, la voiture est toujours là. Toute la descente vient de se faire équipé pour Véro et avec le parapluie pour moi. La journée aura été plus que maussade au niveau météo, nous laissant juste une accalmie pour monter tranquillement. D'un point de vue paysage, découverte et émotion, la journée aura été intense, fantastique, mémorable, extraordinaire. Je comprends mieux le plaisir qu'on peut trouver à la spéléo minière. Je me suis régalé ! Merci Véro.

3 commentaires:

  1. Magnifique compte rendu Bubu: l’élève est encore loin de dépasser le maître! c'est avec un immense plaisir que je t'ai emmené faire cette traversée et très fière...... de te servir de guide ! (pour une fois!)
    Désolée si j'ai "failli" à plusieurs reprises à ma mission de confort (eau dans les bottes, pas de café chaud à la pose....) mais ne te désespère pas je progresse.

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  2. Merci Bubu pour ce beau CR. Ca fait envie de se mettre à la spéléo minière, la sortie par le grand porche a l'air dantesque !

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  3. Ici plus on avance, plus il en reste. Bienvenue dans notre jeux.

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