samedi 5 octobre 2019

Le Bassia, jusqu'au siphon

Mercredi 2 octobre 2019

Le projet autour du Bassia commence à faire des émules et c'est à 8 que nous nous retrouvons au bas de la piste. Aujourd'hui, il y a deux équipes pour des objectifs différents. La première, emmenée par Alain (GAS) retourne à la grotte Desdemone afin de poursuivre la désobstruction et tenter une escalade (José du SCM 11, Pascal et Sandrine du GSHP) (voir le compte rendu d'Alain sur le blog du Gas). 
La seconde retourne au gouffre de Coume Bère (Bassia) pour continuer la révision de l'équipement ainsi que la topographie (Damien du SCM, Serge, Jean et Patrick du GSHP).
Il ne fait pas bien beau et nous nous équipons sous la pluie mais qu'à cela ne tienne, le trou est à 10 m de la voiture. Alors on ne va pas se laisser impressionner. La descente est rapide car les puits s'enchainent sans interruption jusqu'à la salle à manger (-257 m). Au passage, nous changeons la corde du puits de la Douche où le débit du ruisseau ne semble pas avoir beaucoup varié depuis notre dernière venue. A partir de la salle à Manger, nous sommes tous en terrain inconnu car aucun d'entre nous ne connaît la cavité, même Serge qui a pourtant bien bourlingué dans tous les massifs du département.

La morphologie diffère un peu et désormais il faut souvent ramper entre chaque puits, mais les passages les plus étroits semblent tous avoir été agrandis. Vers -305 m nous débouchons enfin dans la salle de Pâques. 

 L'arrivée dans la salle de Pâques.

Le décor change à nouveau et nous nous retrouvons une fois encore au contact avec, semble-t-il, des calcaires plus argileux (Aalénien ?). Ici les strates sont toujours redressées à la verticale ce qui donne un profil très particulier mis en valeur par quelques belles concrétions immaculées. L'éboulis qui l'occupe est très pentu et nous fait gagner une quarantaine de mètres de dénivelé. 

 La salle de Pâques.
Les strates verticales et calcaires visibles au plafond contrastent
avec la paroi gauche constituée de couches plus argileuses.

Damien en extase devant les concrétions.

Au point bas, nous retrouvons les reste du bivouac ventilé qui a permis au spéléos du SC Baronnies de pouvoir entreprendre les travaux de désobstruction dans le puits étroit qui constituait le terminus du gouffre jusqu'en 1992. Il s'agit du seul endroit à peu près plat de la salle, mais sans doute aussi le plus froid car tout le courant d'air se concentre ici pour s'enfiler dans le goulet menant à la salle de Gascogne. 

L'emplacement du bivouac. La suite est à droite, derrière Damien.

Cette dernière est occupée par de gros blocs effondrés et la suite est peu engageante. Il s'agit d'un puits incliné, étroit par endroits et dans lequel les explorateurs ont du batailler dur pour passer. Bravo à eux car ce n'était pas gagné. La descente mesure une bonne quarantaine de mètres. Au bas, on retrouve un conduit plus confortable au bas duquel coule un petit actif qui est très probablement celui du puits de la Douche que nous avons perdu dans les éboulis de la salle de Pâques. Nous retrouvons aussi un petit stock de matériel, abandonné depuis les plongées de 2009. Il est dans un bien triste état. 
Le puits suivant (12 m) est déséquipé. Heureusement nous avions prévu le cas et nous pouvons continuer la descente. 
 
 Serge à la recherche d'un amarrage naturel pour l'équipement du P.12

A partir d'ici, nous n'avons aucune information sur la suite du conduit. Fort heureusement les petits puits qui suivent sont tous équipés de vieilles cordes boudinées, amarrées la plupart du temps directement sur des becquets. Un cadre EFS un peu psychorigide aurait de quoi s'arracher les cheveux. Mais cela nous convient bien et nous prenons plaisir à dévaler ce ruisseau qui n'en finit pas de descendre. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, un dernier ressaut nous amène au siphon terminal. 

L'arrivée au siphon terminal (-480 m)


Même s'il semble un peu étroit, la transparence de l'eau nous donnerait presque envie de rechausser les palmes. Assez rêvé ! Il faut maintenant passer au chose sérieuses car il serait bien de topographier tout ce que nous venons de dévaler depuis la salle à manger. 

Serge, arrête de rêver !!!

 Progressivement les rôles se mettent en place et chacun fait le nécessaire pour que cela avance le plus vite possible.  Nous en profitons pour entrevoir quelques départ notamment la branche dite "amont" qui avait été l'objet des plongées de 2009.  Il est près de 17 h lorsque nous parvenons enfin à la salle à manger et à notre terminus topo précédent. Deux heures plus tard, nous sommes dehors, il ne pleut plus. Jean travaille le lendemain, Serge a de la route, mais nous prenons quand même le temps de savourer la fin de cette sortie efficace et bien sympathique. 


 Patrick
 
P.S. : Au total, nous avons topographié à peu près 470 m de conduits et la côte du siphon est de -480 m.

11 commentaires:

  1. Heureusement que le cadre EFS en question n'a plus de cheveux depuis longtemps !😄
    Bravo les amis.

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  2. Super ! ça a été vite plié ! Il ne reste plus qu'à trouver la suite ... et à faire quelques photos. Bien que celles de Patrick soient déjà très belles. Et puis, il y a bien d'autres gouffres à revoir qui nous attendent sur ce très beau massif. Le gouffre de l'Aoueils notamment que j'ai hâte de revoir depuis toutes ces années...

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  3. Oui il y a bien une suite bien plus confortable et aquatique qui va à plus de moins 500 si je me souvien bien.

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  4. Au bas, du conduit plus confortable prendre la direction opposée, ça file vers l'autre siphon et l'autre rivière. Toujour au bas de cette partie confortable, des départs sont extremement intéressants.
    Merci pour la reconnaissance du travail que nous avons produit !
    ED

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  5. C'est la moindre des choses car cela n'a pas du être très facile et c'est important de ne pas oublier ce qui a été fait avant de reprendre éventuellement une exploration. En tout cas, merci pour les infos. Si nous parvenons un jour à faire une publication ce serait d'ailleurs indispensable de pouvoir détailler un peu plus vos travaux et explorations. On n'en n'est pas encore là mais cela fait partie du projet...
    Patrick

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    1. Oui indispensable ! Ce gouffre a une histoire qu'il serait bon de décrire. D'abord Jolfre et ses amis, puis l'inter club SCG/GSHP/SCC, puis le GSPY, puis le SC Baronies et enfin nous. De quoi faire un très bel article !

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  6. Salut Patrick,
    Je pense notamment à la présence d'une chauve sourie morte et de moustiques, certe ils étaient eux aissi mort mais tous intacts sur la surface une vasque après la grande désob finale ce qui ma fait rechercher dans les hauteurs de la galerie pour découvrir un énorme puit ascendant...
    Si je peux vous aider, cela sera avec grand plaisir. N'hésitez pas!
    DASTUGUE Erick

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    1. Merci Erick, peux tu m'envoyer ton adresse mail via postmaster@gshp65.fr . Ce sera plus facile pour échanger.
      Patrick

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  7. Tu as raison Patrick. je reste admiratif des efforts de nos illustres prédécesseurs. Ne surtout pas oublier leur travail acharné.
    José SCM11

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    1. J'ai dévoré le récit de JJ sur son bouquin ! Ils ont exploré le gouffre à 2 ou 3 max ! Des virées de 30 heures à chaque fois avec un équipement des plus légers ! Chapeau bas !

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