vendredi 12 février 2016

Souvenirs de Philippe Virollaud

Nous vous avons annoncé la disparation de Philippe le 5 janvier 2016.
 
Ci dessous 2 textes reçus, en hommage à Philippe.

Texte de Paul Trouvé 
Bonjours a tous
Personnellement j’ai connu Philippe  avec les sorties du club ( ASC Charente ) dans les années 1969 1970 avec P Vauvillier en particulier qui emmenait les p’tits jeunes en spéléo le dimanche en Dordogne . Super époque qui allait transformer nos vie. Je me souviens des grottes comme La Meyssandie , Rouffignac , la Brauge ,mais surtout du Trou qui fume( plus de 14 km de galeries) ou nous avions fait ensemble beaucoup de vierge dans le réseau des Grecques. Philippe était toujours présent, on passait le chercher chez lui, c’était le rituel. Apres il y a eu les camps aux Picos de Europa pendant plusieurs années. Il y avait d’ailleurs amené ses deux frères que je côtois toujours. D un naturel fonceur, certes petit physiquement, mais se faufilant partout il ne lâchait jamais. Ce fut une bien belle histoire d’amitié.  On s’est un peu perdu de vue quand j’ai fait mes études à Poitiers, mais quand je lui ai proposé de venir faire un tour dans les gorges du Bitet en septembre  1975 ou peut être 76,  il était là. 
 
Nous étions bien mal équipé, spéléologue avant tout  donc pas du tout  dans l’esprit canyon, pas de combine, un bateau gonflable descendeur double …hum hum… a cette époque nous cherchions surtout d’éventuelle résurgences…  C est après cette première descente dans le Bitet inferieur que nous y sommes  retournés avec Gil Chaulet, Philippe Bertier je crois, Jacques Bourganel (avec un bien mauvais souvenir il a frisé la noyade) en novembre avec arret sur une cascade de 20 m je crois.  
Apres l’épisode du Bitet  j’ai perdu de vue Philippe qui est parti dans les Pyrénées. Mais il était angoumoisin d’origine. Il  était avec Michel Douat quand ils ont fait la première descente d’Altagneta  un des plus beaux canyons du Pays Basque qui débouche dans Kakouetta. Apres je n’ai  plus eu de nouvelles. Je soigne sa famille et j’ai essayé de le voir lorsqu’il montait  rarement sur Angoulême, sans succès.  
Paul Trouvé

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En souvenir de Philippe Virollaud qui était de l’équipe de la première jonction entre le Trou du Robinet et Arphidia le 21 mars 1981.

Les lignes qui suivent sont des extraits de mon gros cahier noir dont les plus anciens du GSHP se souviennent. Ce sont les quelques explos qui ont amené à cette jonction.

11 janvier 1981 (Michel Douat, Alain Massuyeau, Jean Marc Tilhac, Bernard Vigneau) :
Après une explo dans l’affluent du Viel Os de la salle Casteret la veille on reprend l’explo du Trou du Robinet où on avait progressé l’an dernier avec l’équipe de Brassac. A quelques mètres du tunnel de la Verna on avait ouvert un passage jusqu’à un P6 suivit d’un P16, mais le vent se perdait dans une trémie au sommet du P16. Au sommet du P6, un méandre étroit qui nous avait échappé aspire une bonne partie de l’air. On arrive ainsi sous un éboulis mais le méandre est trop étroit sur 2 mètres environ.
24 et 25  janvier 1981 (Cathy et Pierre Batan, Bernard Bobeau, Richard Dutauziet, Chantal Tareau) :
L’équipe s’occupe du méandre et le dimanche soir il ne reste plus qu’un becquet à casser pour passer. Du noir est nettement visible en haut de l’éboulis.
8 février 1981 (Michel Douat, Alain Massuyeau, Bernard Vigneau, Philippe Virollaud, Michel Morin, Jean Couget) :
Une heure de travail pour sortir du méandre et une autre pour dégager l’éboulis et on passe dans une salle ébouleuse de 10 m de long, 5 de large et 10 de haut. Beaucoup de boue rouge. Sur le bord de la salle opposé à l’arrivée l’éboulis plonge le long de la paroi. Le vent y passe. Il faudra continuer la désob dans la boue rouge.
22 février 1981 (Pierre Batan, Bernard Bobeau) :
Désob en suivant le vent vers le bas. Eboulis branlant et même croulant. Accès à une salle d’où partent 2 galeries. Vers ce qui semble être un amont arrêt sur puits remontant au bout de 50 m. Vers l’aval, explo sur 50 m jusqu’à un puits de 20 m. Du vent des deux côtés.
7 mars 1981 (Cathy et Pierre Batan, Pierre Brossard du SC Gascogne, Marie Claude Douat, Bernard Vigneau) :
Le puits aval est descendu, il fait 21 m. De là explo d’environ 350 m de galeries orientées globalement est – ouest. Vers l’est (amont) arrêt sur traversée de puits. Vers l’ouest (aval), grandes galeries ébouleuses complexes coupées de petits puits et parcourues par plusieurs petits actifs. Arrêt à -83 sur étroiture en sommet de puits avec fort courant d’air. Topographie du fond au tunnel et de l’amont : le terminus de l’amont de -45 est à moins de 50 mètres de la salle Accoce d’Arphidia. Ça sent la jonction !
21 mars 1981 : ce jour-là le GSHP a décidé de mettre le paquet pour l’explo du trou du Robinet et en profiter pour mieux équiper le P18 d’Arphidia seul accès pour l’exploration d’Arphidia III en cours depuis un an. Ça va être un grand jour !
Equipe 1 (Pierre Batan, ? Solanet, Jean Marc Tilhac) :
L’étroiture de -83 est franchie. Au-dessous : P7, ressauts en escalade sur 10 m, accès à une grande fracture sud – nord et descente d’une série de puits (15, 8, 7, 2, 3 m) puis progression dans un méandre avec beaucoup de vent. Arrêt à -140 au sommet d’un P7 d’où on aperçoit une salle ou une galerie. Retour en surface.
Equipe 2 (Ruben Gomez du Bassaburu, Jean Claude Roux, Bernard Vigneau) :
Equipement hors d’eau du P18 en crue. Pose de fils clairs sur 10 m de long. La descende est ensuite possible presque hors d’eau, mais aujourd’hui ça mouille encore.
Equipe 3 (Cathy Batan, Michel Douat, Alain Massuyeau, Philippe Virollaud) :
Explo de l’amont de -45 vers l’est en faisant la topo. En fait il y a plusieurs galeries complexes vers l’est. La traversée de puits (arrêt du 22/02) est vite faite. 25 m plus loin on parvient dans une salle où toutes les galeries de l’amont semblent se rejoindre. Au fond de la salle, un court méandre donne sur un grand vide. Un coup de phare permet d’identifier la salle Accoce. On vient de déboucher à l’opposé de l’arrivée depuis le P18, environ 10 m plus haut. Equipement de la paroi : plein gaz de 42 m. On décide alors de ressortir par Arphidia en profitant de l’équipement en place et celui hors d’eau que les copains sont en train de mettre en place dans le P18. Photos et délires divers au passage. On sort par le P18, mais on se rince quand même en bas du puits car la crue est importante. Arrivés à l’embranchement du tunnel on hésite un peu : sortir pour casser la croûte ou aller à la rencontre de l’équipe 1 ? Va pour l’équipe 1 sauf Jean Claude qui a mal supporté un couscous trop épicé la veille. On repart avec la bouffe et un peu de matériel.
Equipe 4 : (Cathy Batan, Michel Douat, Ruben Gomez, Alain Massuyeau, Bernard Vigneau, Philippe Virollaud) :
Progression vers l’aval du Robinet à la rencontre de l’équipe 1. Au passage explo d’une vaste galerie perchée 50 m en aval du P21. Un peu plus tard on retrouve l’équipe 1 qui remonte. Ils sont pas mal trempés car ils ont fait la désob sous une cascatelle. Pause casse-croûte. Finalement, et vu ce qu’ils nous disent on décide d’aller voir leur P7. Eux ils remontent pour se sécher.
En bas du P7 c’est le délire. Il y a de grosses galeries qui partent vers l’est et vers l’ouest. On y galope pendant plus de 2 heures. C’est Byzance ! Le nom est resté. La galerie vers l’est est plus complexe avec plusieurs branches qui se terminent sur des puits, mais l’axe principal butte sur une trémie 200 m à l’est du P7. Le vent y est aspiré. En bougeant quelques blocs on arrive dans la paroi d’un puits vite identifié. C’est le puits Prébende du Chaos du Baron et c’est la deuxième jonction de la journée.
Alors on file vers les deux galeries ouest. C’est encore plus grand. Au bout de la principale on s’arrête sur un puits d’au moins 50 mètres. Pas de topo, on reviendra. On a exploré environ 600 mètres depuis le P7 et le Robinet doit approcher les 2 km.
Après, c’est la suite de la saga du Robinet et d’Arphidia III.
Michel Douat

1 commentaire:

  1. Tous ces noms qui remontent dans la boîte à souvenirs ! Le GSHP avait vingt ans et il est toujours là, tant mieux, mais reviendra-t-il un jour à la Pierre autrement qu'à travers Amalgame ?

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