vendredi 20 avril 2018

Les vieilles tiges dans Arphidia


Il s’en est fallu de peu que je me retrouve le plus jeune pour cette sortie dans Arphidia via le trou du Robinet.
Heureusement, Antho était là !
C’est à 9 heures tapantes que nous nous sommes retrouvés devant chez Burgu. Ambroise m’accueille avec un tonitruant « Tiens, un revenant ! » C’est vrai qu’il y a longtemps, trop longtemps que je ne me suis pas retrouvé ici, dans ce décor qui m’a fait vivre les plus belles heures de ma spéléo.
Il y a Mickey, Marc, Serge, Joël, Jean Claude, Antho et moi.
Quelques explications supplémentaires sur le pourquoi du comment nous nous retrouvons pour cette balade des anciens (moins un !) dans le robinet !
Il y a une bonne dizaine d’années, Olivier Lacroix du GSHP montait une opération d’envergure pour plonger les lacs d’Arphidia 4. Cette opération avait rassemblé 34 spéléologues de divers horizons et totalisant plus de 1200 heures sous terre.
Vous trouverez le compte rendu de cette expé ICI
Le déséquipement aurait dû se faire dans la foulée mais, … le temps qui passe, qui passe toujours trop vite, puis l’oubli.
Des responsables de l’ARSIP m’ont rappelé l’année dernière, à juste titre,  qu’Arphidia était équipé avec des cordes marquées GSHP, que ce matériel était “fatigué” et que le trou était plus fréquenté que je ne le pensais et donc nos vieilles cordes engageaient la responsabilité du club en cas de pépin.
A l’AG du GSHP début 2018, il fut décidé de tout déséquiper.
C’est Latap’s qui s’occupe de trouver une équipe pour aller au fond et remonter le maximum de choses. Cette sortie se fera le samedi 28 avril. Depuis l’effondrement du Chaos du Baron, il faut passer par le trou du Robinet. Or Serge n’est jamais passé par là pour aller au fond. C’est donc moi qui l’emmène repérer les passages jusqu’à Treutard via La Boue Rouge, Les Moustachus et Byzance ce jeudi 19 avril. J’espère que mes souvenirs d’il y a 10 ans seront encore assez frais ! Et pour joindre l’utile à l’agréable, j’ai proposé aux Tachous et aux Amalgamés de nous accompagner.
Pas de visite de la Verna aujourd’hui, nous pouvons monter les voitures jusqu’à la cabane Dominique Prébende. Le vent ronfle à travers la porte du tunnel. Une Sainte vierge au-dessus de la porte a remplacé la Sainte Barbe volée…
Nous sommes rapidement équipés et en plus du casse-croute, on emmène 2 nouilles au cas où. Ca y est, c’est l’entrée du Robinet et déjà il faut se baisser et marcher en canard pour éviter la vasque. Les passages étroits s’enchainent jusqu’à la « salle de la boue rouge qui tache ». Mickey raconte l’obstination de Bobeau et Dutauzier pour désober dans ce cloaque boueux à souhait. 


Je raconte que lors d’une de mes dernières sorties au fond d’Arphidia 4, en remontant et en arrivant dans ce passage,  la montre de l’un d’entre nous s’était mise à sonner… Il était 7 heures du matin, l’heure de se lever pour partir au boulot ! On pensait qu’il n’était «  que » 2 ou 3 heures du mat et on était sous terre depuis la veille au matin.
Les passages s’enchaînent sans difficultés. Le sommet du P20, même agrandi, me parait toujours aussi étroit. Se serait-il rétracté ou est-ce moi qui ait un peu forci ?
Le balisage est bien fait, le matériel en place semble en bon état. Voici le départ des puits des Moustachus. Bien arrosés au départ avec le fractio juste sous le pissadou ! Heureusement aujourd’hui le passage n’est pas trop mouillé. Les puits et les fractios s’enchainent. Certains assez acrobatiques, ce qui va permettre à quelques uns d’entre nous de vérifier leurs fondamentaux et se rappeler qu’il faut anticiper…. Par 2 fois on entendra « merde, je suis descendu trop bas, je peux plus me longer ». Cela permet de repasser sur bloqueurs, remonter, se longer, etc…. Les bases quoi !
Plus bas, un nœud sur la corde. Faut pas pousser quand même, on ne va pas apprendre aux copains à passer un nœud maintenant ! On change la corde et on continue !
C’est vrai qu’on prend notre temps pour descendre mais on s’en fout, on n’est pas là pour faire la course. On repère bien les passages et l’état du matos et surtout, on se fait plaisir.
Nouveaux passages à 4 pattes et on débouche enfin, après un dernier puits, dans Byzance. Que de souvenirs dans cet endroit  où on est passé tant de fois depuis les années 80 ! Les fantômes de Pierre et Philippe, assis sur un bloc, me font un clin d’œil.


On laisse le matos là. On mangera à la base du Puits mais d’abord, on pousse une reconnaissance jusqu’à la vire d’accès du toboggan de 70 mètres qui arrive dans la salle  Treuthard. Et en plus Joel nous fait remarquer qu’il est midi et quart !


La vire est bien équipée, le passage qui suit est magnifiquement creusé et concrétionné puis c’est la descente. Nous on s’arrête là et on lâche les gazelles.


Je les regarde partir avec nostalgie. L’émotion est très très forte. Je ne vais pas me mettre à chialer quand même ! Pas devant les copains. Tiens, ma lampe faiblit, j’y vois trouble ou ce sont mes yeux qui s’embuent … Allez, je crie « à table » et demi tour.
Serge et Antho poussent une reconnaissance jusqu’au toboggan de la Queute du Brun. Mais l’envie est trop forte, ils descendent le P40 qui suit le toboggan, trouvent le mot des belges de 77 à l’entrée de la queute souhaitant bonne chance, passent les étroitures de la queute, font un tour dans Creazy Horse, trouvent le départ de la rampe caillouteuse vers la Belle rivière, et décident enfin de s’arrêter là … Ils auraient pu sans problème continuer vers la Salle sans Nom, le Cactus, les Yoyos, la galerie des Dents de cochon, Arakoeix, le Château des ombres, la galerie des lacs….. Des noms qui chantent encore dans ma tête comme si les explos dataient d’hier !
Allez, on se refroidit, on commence la remontée pépère. Tranquillou, les passages s’enchainent, quelques gros mots bien sur quand on s’emmêle les longes et la pédale. Un inconvénient du bloqueur de pied à gauche et personne qui n’a encore inventé le croll avec ouverture à gauche ! Donc c’est normal que tu t’emmêles le matos ! Alors tu réfléchis, tu anticipes, tu passes le fractio et bim ! La longe de la poignée qui est passée du mauvais côté de la corde rien que pour t’embêter !


Les 2 gazelles nous rattrapent dans les Moustachus. On sort tous ensemble, sans encombre, même si certains dormiront bien ce soir ! Il n’est pas encore tard, alors on pousse jusqu’à la Verna pour montrer l’immensité de la salle à Marc qui ne l’a jamais vue. La rivière est en crue et la salle envahie d’embruns. On ne verra pas grand-chose à part du noir…beaucoup de noir !  Sortie du tunnel vers 17 heures. Le vent glacial du tunnel laisse la place à la chaleur douce du printemps. Une envie de bière prend le dessus et c’est chez la famille Burguburu qu’on finit cette superbe journée en discutant avec passion des 2 ours qui vont être introduits prochainement en Haute Soule !
Et pour terminer, la vidéo de Jean Claude d'où sont extraites les photos.


6 commentaires:

  1. Bubu, c'est le puits du Moustachu, pas des Moustachus. Pierre Batan avait découverte et descendu ce puits avec sa soeur et si je me souviens bien, Cathy n'avait pas de moustache.

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  2. Bravo Bubu d'avoir fait connaître aux petits nouveaux ce réseau magnifique.

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  3. Merci Bubu pour ce superbe compte rendu...
    J'ai rajeuni de 35 ans...
    Mais aussi les souvenirs des copains dont certains nous ont quitté...
    Dans ton énumération tu as oublié la galerie des quatre, des gascons, des tarbais...
    Je suis déçu vous auriez pu passer par "le torche dol's", depuis le temps l'odeur s'est estompée...
    Bravo aux vieilles tiges que je salue bien fort...

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  4. Les galeries que tu cites sont dans Arphidia 3, pas 4 !

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