Opération - Sangria Rouge -

 Lundi 6 avril 2026,


Il est 9h, et le soleil brille déjà lorsque je retrouve à Nistos, Erwann et Jean-Noël. Aujourd'hui, la mission qui nous est confiée : atteindre la côte -300 au Gouffre du Moncaup pour réaliser la coloration. L'opération est baptisée - Sangria Rouge -

La sangria en question...

Sur le parking, à 50 mètres de l'entrée du trou, nous nous mettons en tenue et nous répartissons le matériel. Erwann et Jean-Noël prennent possession d'un bidon de Sangria chacun, pendant que de mon côté, je prends la responsabilité du kit perfo. Car oui, il y a encore un peu de travail dans le P90 avant de toucher le fond.

Le cheminement sous terre est efficace. Rapidement, je me lance en premier dans le P167, suivi de près par mes camarades d'expédition. En bas du P167, le matériel laissé deux semaines auparavant n'a pas bougé. On peut noter que le bas du puits ruisselle légèrement plus que la fois précédente.

Je lance un appel à volontaire pour équiper le P90, mais personne ne se bouscule, alors je m'y colle. J'embarque deux kits de corde et le kit perfo et c'est parti. Je démarre avec la première C50 et je repère le frac entrevue lors de la dernière visite. Je double le goujon avec un spit et j'enchaine. Le puits, très lisse, est aussi très boueux car recouvert d'une couche d'argile de plusieurs centimètres. Si bien que planter un spit débute presque par une séance de désob... J'arrive en bout de corde et je repère un petit renfoncement pour y mettre les pieds, quelle aubaine ! Je gratte l'argile et je plante deux spits. Je raccorde la seconde C50 et je continue la descente. La paroi est bombée et un frottement apparaît. Je gratte une nouvelle fois l'argile, et en tournant la tête à gauche, je vois la corde qui permet de rejoindre la galerie Darboun par l'autre voie. Finalement, en pendulant je rejoins le fractionnement, puis le réseau Darboun.

Jean-Noël et Erwann me rejoignent. Il est 12h30. On décide de casser la croute au sec, à l'entrée du réseau Darboun. Ultime appel à volontaire, toujours personne pour poursuivre l'équipement, alors j'y retourne. Je prends la corde en place, que je sais trop courte pour toucher le fond. Avec moi il me reste une C30 et le kit perfo. Avant d'arriver en bout de corde j'installe un dernier frac de confort. Il faut toujours gratter l'argile pour trouver la roche en place. Et là, aucune prise de pied. Je suis seul face à une paroi lisse pour essayer de percer deux trous, et appuyer sur le perfo ne me fait que reculer, et la mèche ne fait que quelques égratignures sur le calcaire. Il faudra ruser et s'en tenir avec une petite prise qui s'apparente à une réglette main droite pour donner de quoi mordre au perfo.

La C30 permet de toucher le fond du P90 où Jean-Noël et Erwann me rejoignent avec la sangria. Rapidement nous trouvons un écoulement d'eau, avec même une sangsue qui nous accueille.   

Sangsue en bas du P90

Il est 14h30 quand nous estimons que le débit d'eau permet la coloration. On l'estime grossièrement entre 1 et 2 L/min. On déverse nos deux cubis de sangria rouge, et instantanément l'eau vire au vert. On a bien fait de ne pas boire la sangria à l'apéro dans le réseau Darboun ;)

Coloration à la fluorescéine en bas du P90

L'opération - Sangria Rouge - est un succès. Maintenant il reste 300 mètres à remonter et le P90 à déséquiper. Erwann se charge de la première partie, puis on bifurque dans le réseau Darboun que Erwann ne connait pas. A la suite de ça, Jean-Noël remonte en premier avec la C30 du bas du P90. Pendant ce temps je bricole un dernier morceau de main courante entre le réseau Darboun et le fractionnement. Erwann remonte le kit perfo et je me charge de déséquiper les deux C50 avant de le rejoindre à la base du P167. Toute la joyeuse troupe remonte à bon rythme, et avant 19h nous sommes tous dehors, où le soleil nous attendait toujours.

Erwann et Jean-Noël à la sortie du gouffre

Thibault

Commentaires