Dans les amonts de l'Arricaou : la perte de Coumirole

Lundi 9 mars

A la suite des découvertes dans le gouffre de l'Arricaou, nous avons regardé d'un peu plus près la carte géologique pour estimer le potentiel de ce curieux réseau. En fait, le gouffre et la grotte éponyme se développent dans une bande assez étroite de calcaire du Cénomanien qui se prolonge sur plusieurs kilomètres vers l'ouest. En suivant l'étroit ruban vert qui matérialise ce niveau sur la carte géol, nous avons tout de suite remarqué quelques vallons transversaux creusé par des ruisseaux drainant probablement les marnes situées plus au nord avec potentiellement des pertes au contact des calcaires. 

Le déclic est venu de Karsteau avec l'archivage récent des données collectées par le regretté Jean Pierre Besson. Dans une de ses nombreuses fiches, il avait justement mentionné une perte dans l'un de ces vallons. Il fallait aller voir ça de plus prés. Lundi, je pars un peu à l'arrache depuis le parking de l'Arricaou en longeant l'affleurement calcaire facilement identifiable. Je passe devant les gouffres de l'Arricaou, repointe les entrées de la grotte Bayen et poursuit vers l'ouest en direction du pointage de Jean-Pierre. Un premier vallon serait à fouiller, ce sera pour une autre fois. Le second est le bon. Arrivant par le nord, je n'ai qu'à suivre le lit du ruisseau pour arriver directement à la perte, juste au contact avec les premiers escarpements calcaires. Le ruisseau est à sec mais des traces d'écoulements récents sont visibles. Ils ont apporté beaucoup de terre mêlée à des branchages et bien évidemment on ne voit pas grand chose. Il y a bien une amorce de porche mais le conduit est complètement colmaté et bien sûr sans le moindre courant d'air. Mais, l'endroit m'inspire quand même et pourquoi ne pas tenter une petite désobstruction. Celle-ci aura lieu trois jours plus tard.

La perte s'ouvre au fond d'une minuscule reculée juste au contact marnes/calcaire.
Jeudi 12 mars

Nous sommes quatre pour aller voir de quoi il en retourne (Alain, Pascal, Sandrine et moi) . Cette fois-ci, nous passons par l'envers du massif en empruntant une piste carrossable qui nous amène juste en face de la perte. Il ne reste plus qu'à monter une bonne soixantaine de mètres pour l'atteindre. Nous attaquons droit dans la pente, limite escalade et en plus il y a des ronces. Plus tard nous trouverons un itinéraire beaucoup plus cool. 

 

Nous commençons par dégager le fond de la perte qui est occupé par une épaisse couche de terre et d'humus. Puis nous tombons sur de gros blocs qu'il faut titiller un peu pour pouvoir passer. Tout cela est vraiment très colmaté, mais nous sommes là, alors autant continuer. Le niveau descend peu à peu, des murs se construisent de part et d'autre de l'entrée, mais on ne voit toujours rien. Nous avons descendu d'un bon mètre lorsque soudain, entre les blocs, nous distinguons un peu de vide et des cailloux plus clairs lavés par le ruisseau. Il semble même y avoir un peu d'air... Le scepticisme que chacun n'osait exprimer est vite oublié et le rythme du chantier s’accélère. Vers 16 h nous y voyons plus clair et les cailloux jetés dans le vide qui s'est ouvert le long de la paroi, tombent de 2 ou 3 m et semble arriver dans "quelque chose un poil plus grand". C'est suffisant pour nous persuader qu'il faudra revenir, d'autant plus que le courant d'air semble s'être affirmé.

A suivre donc... 

Avant la désob...

 

Patrick

 

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