L'histoire reprend au Montcaup

 Samedi 21 mars 2026,


Avec Erwann nous nous donnons la mission d'aller affiner l'équipement déjà en place dans le Gouffre du Moncaup, en vallée de Nistos, en vue d'une coloration à venir. Pour ce faire, nous nous sommes nourris des informations partagées par Damien, qui a repris les explorations il y a quelques années et par Gilles, du Spéléo Club de l'Aude qui a visité le gouffre en janvier dernier.

Au programme, remplacer une corde pour éviter un passage de nœud dans le puits sonore (P167), éventuellement doubler les points qui ne le seraient pas, et surtout équiper la seconde voie du P90 pour atteindre le siphon. Erwann s'engage en premier dans le P167. Là où deux cordes partent d'un fractionnement, Erwann pose une C50. Pendant ce temps, à environ 100m au-dessus de la base du puits, je sors avec précaution le perfo pour doubler un point. Erwann est au fractionnement suivant. Je suis en haut de la C50. Nous essayons de communiquer. Mais chaque mot prononcé se répète inlassablement ce qui rend la conversation indéchiffrable. Ce n'est pas grave, on avisera en bas pour optimiser les cordes...

Sur l'avant-dernier jet, un autre passage de nœud. Erwann déroule une C30 et descend dessus. Mince, il manque quelques mètres. Bon, on se retrouve en bas et on met en place la stratégie : dans l'idée on remplace la C50 par une C40. On coupe en bas du premier nœud et on love le reste en haut. Ensuite on réutilise la corde coupée pour continuer l'équipement et remplacer la C30. Et avec un peu de chance le second nœud sera en bas du P167.

Erwann qui débute la remontée du P167

Ca sera chose faite. Et après une première pause repas, on s'y colle à deux. Le plan se déroule sans accroc, et après quelques petits réglages, le dernier nœud est bien à la base du puits. Et en prime on peut équiper la main courante qui mène au P90.

On se dit que l'on a bien mérité une seconde pause repas, car oui, les grands puits, ça creuse ! Je me lance en premier dans le P90. On suit la voie déjà en place. Je pose un premier spit sur la paroi opposée pour doubler un AF. Je descends et j'essaie de me repérer. C'est la voie qui mène au réseau Darboun. Là on réfléchit. L'idée serait de trouver la seconde voie pour aller directement au fond. Il est déjà tard, la fatigue s'accentue au même rythme que la motivation décroît. On pense à la remontée du puits sonore qui va être longue. C'est décidé, on en reste là pour aujourd'hui. Et c'est en me détachant d'un fractionnement que j'aperçois main gauche, sur la paroi lisse du P90, un goujon. La suite serait donc ici.

On laisse à la base du P167 un kit avec 130m de corde et 8 amarrages et on entame la remontée. A 18h30 nous refaisons surface. L'objectif n'est pas entièrement rempli, mais finalement le P167 est propre et pour le P90, ça ne sera l'histoire que de quelques fracs à poser. A suivre donc...

Thibault

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