Les curistes acharnés

 Samedi 28 mars 2026

Mardi dernier, le méandre ex-terminal de la Cure avait enfin été franchi et nous nous étions arrêtés au sommet d'un petit puits mais qui semblait assez spacieux (Voir le CR de Thomas). Samedi, nous nous retrouvons donc à 4 pour cet objectif bien motivant (Violaine, Thibault, Pascal et moi). Il ne fait pas très chaud dans le vallon au-dessus de la carrière d'Asson et lorsque nous parvenons à l'entrée du gouffre celle-ci souffle assez fortement. C'était prévisible mais le courant d'air nous semble plus fort que d'habitude. Nous descendons tranquillement et en profitons pour réequiper le puits étroit de -50 m. 

Petit ressaut à la sortie du boyau désobstrué.

Nous continuons jusqu'au terminus qui doit se situer vers -90. Dans le laminoir incliné le courant d'air est vraiment fort ce qui nous incite à penser que le trou n'est pas prés de s'arrêter. Thibault s'occupe de l'équipement qui est assez simple vu que le puits ne dépasse pas 6 m de hauteur. 

 

Le laminoir incliné, terminus de notre dernière sortie.

Au plafond, juste à la sortie du laminoir incliné, une belle ouverture semble se prolonger par un conduite largement pénétrable. , Le petit pas d'escalade pour l'atteindre ne devrait pas trop poser de problème. On garde ça sous le coude et continuons la descente qui se poursuit par une seconde verticale tout aussi modeste que la première.

Le P6 à la sortie du laminoir.

Au bas, le conduit plonge en suivant le pendage et nous retrouvons les volumes de la première partie du gouffre. Deux beaux départs en hauteur sont repérés et les atteindre ne devrait pas être sorcier. La progression se poursuit dans un méandre confortable jusqu'à une confluence.  

Succession de ressauts au bas du second puits.
 

Le conduit de vient plus ample.

A droite un joli conduit devenant rapidement impénétrable apporte un petit filet d'eau. Malheureusement, en aval, les parois se resserrent sur un méandre étagé d'où sort le courant d'air. En bas, c'est un peu plus large et probablement pénétrable s'il n'y avait pas de gros blocs en travers. Au-delà, cela semble plus large et les cailloux tombe dans un nouveau puits estimé à une dizaine de mètres. 

Le méandre terminal. La partie supérieure
est impénétrable et en bas, de gros blocs bouchent le passage.


C'est un peu rageant et tous nos efforts pour briser les blocs restent vains. Nous parvenons quand même à faire tomber ceux qui étaient coincés dans le dessus du méandre mais un gros monolithe barre le passage. Nous essayons de le faire basculer mais il se contente d'osciller mollement, pendu dans un étranglement du méandre. Il ne sait sans doute pas à qui il à faire car cela énerve Pascal et Thibault qui se mettent à le martyriser à coups de massette. Cela fait beaucoup de bruit et ça doit également calmer des tensions accumulées durant une semaine probablement difficile. Bilan : après deux heures de labeur, nos deux compères ont les bras en compote et ont sans doute atteint une véritable plénitude mentale, mais de son côté, le bloc est toujours là, oscillant malicieusement entre les deux parois. Pendant ce temps, fuyant le vacarme du chantier, nous remontons avec Violaine pour faire la topo. Pascal et Thibault nous rejoignent au départ du boyau puis nous regagnons la surface vers 18 h. Dehors, le temps a bien changé et un vent glacial s'est levé, mêlé à un crachin qui cessera un peu plus bas dans la descente.

La topographie a été réalisée du fond jusqu'à la salle des Oliviers (-67 m environ). A partir de là nous sommes descendus de 47 m (-114 m environ) pour un développement d'une petite centaine de mètres. Pour avoir des côtes plus précises il faudra refaire le cheminement de la première partie. Mais d'ores et déjà, le report indique que nous avions vu juste car il est vraisemblable que la Cure devrait recouper l'aval inconnu du Griffon qui se développe selon le même axe. Le gros départ à la sortie du laminoir pourrait d'ailleurs correspondre à l'arrivée de ce dernier. Il reste du pain sur la planche, mais les objectifs sont vraiment très motivants.

Patrick 

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