Le souffle du Griffon
Dimanche 30 mars 2025
Le lecteur assidu de ce blog (il y en a !) va commencer à trouver ennuyeux ces comptes rendus qui n'évoquent que des histoires de casseurs de cailloux. Les Visiteurs, la Litte et maintenant le Griffon, il est clair qu'une partie non négligeable de notre activité ces derniers temps pourraient laisser supposer qu'il y a parmi nous des nostalgiques du bagne ou que certains auraient des choses à se faire pardonner en se livrant à une sorte d’autoflagellation. Ben non, rien de tout ça...
Avouons le, il n'y a pas vraiment de plaisir à taper comme un forcené sur un caillou ou à remplir des seaux de glaise gluante, non, le plaisir est ailleurs. Il se cache quelque par dans nos cerveaux, dans une connexion sans doute complexe qui permet d'accepter la pénibilité d'une tâche par la seule perspective d'une satisfaction que l'on pense inévitable. Dans le cas présent, il s'agit de celle résultant de la découverte d'une cavité, la plus grande et la plus belle possible bien sûr. Mais cette satisfaction ne se limite pas à cette vision un peu béate et utopiste. La plus grande satisfaction pour un chercheur quel qu’il soit est de découvrir ce qu'il avait pressenti, imaginé, après avoir rassemblé tous les éléments factuels permettant de penser que la découverte coulait de source, qu'elle attendait simplement que quelqu'un la révèle.
Les recherches et travaux que nous réalisons de façon besogneuse autour de la Hèche ne répondent pas à d'autres motivations. Cela fait des années que nous rassemblons des données et des indices qui laissent à penser qu'il y a encore un important réseau à trouver. Les fils conducteurs que sont l'eau et l'air sont là de façon très flagrante. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi l'ampleur et la structure du massif, un synclinal qui s'étend sur plus de 4 km avec une pente favorisant un écoulement libre sur une grande partie, il y a encore ce cavernement d'ampleur rencontré dans le PH12, le Python et bien d'autres gouffres. Bref tout cela justifie que nous nous acharnions un peu sur ces 3 cavités qui semblent pour le moment, les meilleures clefs d'accès à ce réseau convoité. Bien sûr, nous revendiquons le droit à l'erreur car forcément notre connaissance du sous-sol est imparfaite mais nous l'assumons et cela ne nous freine pas dans notre motivation...
Donc pour en revenir à ce samedi, nous sommes deux au départ de la carrière (Thibault et moi). Beau temps, mais frais, le trou soufflera. Arrivés sur place il souffle effectivement. Je ne vais pas détailler le déroulement de la journée, dire que tel caillou a été plus récalcitrant que tel autre, que Thibault m'a ridiculisé en sortant d'une main un bloc que je n'arrivais même pas à soulever, bref. on s'est donné à fond pour gagner 2 m en profondeur. C'est peu mais suffisant pour distinguer un prolongement en méandre mais qui tourne à angle droit. Et puis, surtout, le courant d'air a augmenté après l'élargissement du passage au point bas. Théoriquement cela voudrait dire que nous avons agrandi le point le plus étroit de son cheminement.
Donc la suite au prochain numéro... On y croit toujours !
Patrick
Gardez le moral, ça va le faire j'en suis sûr...
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