Mais quel boulet !

Le Boulet en question n'est pas l'un d'entre nous, mais une discrète cavité blottie sur le versant abrupt qui borde la Génie Braque. C'est un regard sur un petit ruisseau souterrain dont la résurgence n'est visible qu'en crue lorsque les flots débordent sur le cône d'éboulis. Il y a quelques années nous avions découvert un petit prolongement, motivés par un fort courant d'air. Nous butions alors sur une trémie de gros blocs au plafond d'un conduit étroit.

Dimanche 19 octobre 

Malgré la pluie de samedi nous pensons qu'il encore possible de retourner voir le fond avant que l'eau remonte et ennoie le point bas de la cavité. Nous nous retrouvons à 4 au chateau d'eau (Violaine, Pascal, Thibault et moi). Le plafond est bas mais il ne pleut pas. Quant au sentier, il vient d'être nettoyé, sans doute en prévision d'un futur trail, mais certainement pas pour la venue d'une poignée de spéléos. Il nous faut une heure et demie pour atteindre le petit cirque où s'ouvre le Boulet. L'endroit est assez incroyable par son humidité constante même par jour de beau temps, par la végétation luxuriante qui colonise un enchevêtrement de troncs d'arbres en état de pourrissement avancé. Avec le brouillard, c'est vraiment glauque. 

 
Aujourd'hui le Boulet ne souffle pas, il aspire et il aspire fort. Au point bas, le ruisseau qui s'écoule d'ordinaire dans un laminoir bas, a disparu. Le niveau est au plus bas mais cela ne devrait pas durer car les parois suintent en de nombreux endroits. C'est le cas dans le boyau terminal. 

Le petit puits d'entrée est partiellement noyé en crue

La trémie que nous sommes venus voir est constituée de blocs imposants et semble correspondre à un conduit supérieur transversal et beaucoup plus grand que tout le reste. Mais celui-ci est comblé du moins dans la partie que nous voyons. Nous essayons de nous faufiler entre les blocs mais l'avancée est vite stoppée par des étroitures infranchissables en l'état. 

Le laminoir situé au point bas.

Le courant d'air est bien là mais nous ne pourrons pas le suivre. C'est rageant. Nous faisons demi-tour, et au point bas, le ruisseau coule de nouveau annonçant la fermeture probable de la cavité avec le retour de la pluie. Nous cassons la croûte rapidement car nous sommes tous humides et frigorifiés et partons un peu plus loin pour voir si l'Aguilée, une résurgence voisine, est encore en régime d'étiage. Au bas du puits à quelques mètres de l'entrée, nous atterrissons sur le bord d'un bassin profond. La suite siphonne, nous sommes arrivés trop tard. Il est prés de 16 h, alors il est temps de regagner la civilisation.

Violaine au sommet de la petite cheminée
qui débouche dans le conduit terminal.


 

Patrick 

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