Espeleo Pirineos 2026 - Boltaña (Aragon - Espagne)

Congrès de Spéléo des Pyrénées Aragonaises
2 au 4 octobre 2026 à Boltaña – Aragon

Ce congrès organisé par le Club Athlétique de Sobrarbe (CAS) sous la férule de Miguel Gil a rassemblé une centaine de spéléos espagnols et français qui explorent les cavités des massifs de l’Aragon, riche en karsts dont la cavité la plus profonde et la plus longue est « el systèma Arañonera » dans la Sierra Tendeñara avec -1349m de profondeur pour 46,739 kilomètres !
C’était également pour le CAS l’occasion de fêter ses 50 ans d’existence.
C’est un congrès qui se tient régulièrement, avec une fréquence de 2 à 3 ans afin de rendre compte de l’état des avancées des explorations, car l’activité spéléo en Aragon est très intense.
Je remercie Miguel Gil et son équipe pour son accueil et sa gentillesse.
Je vous engage à vivre cette expérience, car les intervenants sont de grande qualité scientifique et finalement, nous ne sommes qu’à 3 heures de voiture.



Cette cinquième édition dédiée au centenaire de la découverte de la grotte glacée Casteret, rassemblait 12 intervenants.
J’ai donc eu le privilège d’ouvrir la cession en présentant l’historique de la découverte de cette grotte, devant une soixantaine de congressistes et de mettre à l’honneur le GSHP de Tarbes. 
Une conférence en espagnol, ce qui ne fut pas aisé, vue que je ne parle pas l’idiome de Cervantès !
En plus, le pointeur m’a lâché, heureusement j’avais le disto laser du Club, une solution de rechange qui a bien été appréciée du public et par la suite des autres intervenants qui l’ont abondamment utilisé 😉
A noter également l’intervention du paléoclimatologue Miguel Bartolomé qui nous a parlé de l’impact du changement climatique dans la grotte Casteret. L’accès au « Niagara glacé », un mur de presque 10 mètres le haut lors de la découverte de Norbert Casteret et de ses filles (Maud et Gilberte) en 1950 a fondu actuellement de 7 mètres ! Les études sur la glace très remaniée n’ont permis d’obtenir qu’une ancienneté maxi de 1000 ans. 

Le disto !

Par contre ils ont également découvert des spéléothèmes, et daté des concrétions, dont la plus vieille remonte à 600 000 ans. L’on est capable ainsi avec les pollens retrouvés piégés dans la glace et les concrétions de retracer les état climatiques successifs. Miguel pense qu’il y en a d’autres bien plus ancienne à dater et que l’évolution de cette cavité aurait débutée il y a 2,5 millions d’années.
Toujours lié aux travaux de Casteret sur la Garonne, un collectif des clubs de Sabadell (ECS) et de Llobregat (SLDEDL) nous ont exposé l’aspect géologique et comment une zone dont le bassin orographique dépend du versant méditerranéen est capturé par le Karst pour aller vers le versant Atlantique. Ce que Casteret avait prouvé en 1931 !

Remise de diplôme par Miguel Gil
D’autres français sont également intervenus dont le Groupe Spéléo Languedocien qui explorent la Sierra de Patacua avec un réseau de plus de17 km qui descend à -825 m.
Surtout les interventions de nos amis, tout d’abord Jean-Claude Gayet qui nous a présenté une très intéressante étude sur le changement climatique en haute altitude, 6 années de relevés entrepris sur le massif de la Coteilla. Les conséquences pour les spéléos ne sont pas neutres. Car cela influe drastiquement sur les conséquences des régimes hydrogéologique. La réduction de la durée de la couverture neigeuse entraîne des absorptions d’eau plus fréquentes d’où des régimes de crues encore plus soudains que les périodes de déneigement des karsts d’altitude sont également aléatoire, comme le démontre ses relevés.
Christophe Bès du SC Minervois nous a présenté ses travaux sur le massif de la Munia, mais en versant espagnol. Une tout petit karst mis à jour suite au réchauffement climatique comportant actuellement avec 60 cavités explorées, certes peu profondes (-56 maxi) mais situées entre 2700 et 2900 m d’altitude, ce, à plusieurs heures de marche nécessitant une logistique importante.
 

Tout comme pour l’exploration du massif de Las Olas. Philippe Mathios du SC Comminges, revenait sur 45 ans d’exploration de ce secteur. Un -417 de 3,5 bornes exploré dans les années 1978, dont l’entrée supérieure s’ouvre à 3005 m ! 
Il nous a fait revivre les expéditions spartiates de l’époque, mais aussi celle de la nouvelle relève, très motivée qui a jonctionné ce système à la « cueva Escarchada », donnant un réseau de -618m pour 7251 m de long. Mais il n’y a pas eu que ces découvertes, L’ensemble de ces dernières associées aux colorations et à l’étude géologique lui a permis de s’autoriser à une hypothèse karstique audacieuse, mais hautement plausible.
En attendant un publication dans le prochain Pyrénées Souterraines ?

Grotte Casteret, Brigitte en reflet se voit 40 ans après.

 




CR. Alain Dole




 


 

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