Une petite virée aux Posets (Aragon)

Dans les années 80, nos amis du SCM avaient exploré plusieurs gouffres sur le massif des Posets, au-dessus du col de Chistau et au bas du Pico de la Montañeta (3130 m)(Aragon - Espagne). Ce karst d'altitude, bien que limité en surface, leur avait livré quelques gouffres d'ampleur dont un, profond de 508 m. Stoche, qui avait participé aux explorations souhaitait revoir le secteur pour repointer les entrées précisément et en profiter pour prospecter un peu. L'objectif sous-jacent est aussi de réaliser une publication dans Pyrénées Souterraine. Du coup, il nous a embarqué dans son projet ce qui nous a permis de passer un bon moment ensemble et en montagne et de découvrir un karst remarquable à bien des égards. Au départ, nous avions prévu de rester 3 jours sur place, mais la météo et la neige encore bien présente en altitude nous ont obligés à revoir notre copie.

 

L'Ibones del Pico Royo  (2750 m) et le Pico de Montañeta.
On voit bien les niveaux calcaires et le lapiaz qui domine le lac.
Ce dernier alimente une perte bouchée par des éboulis vers -60 m.


Mardi 7 juillet 

Nous nous retrouvons au petit village de San Juan de Plan vers midi (Stoche, Philippe, Sandrine et moi). Le temps est limpide mais une petite brise empêche qu'il fasse trop chaud. Le temps de casser la croûte et de terminer nos sacs, nous voici partis sur le sentier qui, du refuge de Viados monte au col de Chistau, environ 1000 m plus haut. Le début est assez débonnaire et le sentier longe en balcon le torrent de Cinqueta sur plus de 3 km. 


La montée au col de Chistau.

 
Petite pause pour les papys. C'était plus facile il y a 30 ans.

Les choses sérieuses commencent un peu plus loin après les cabanes d'Añes Cruces. La pente s'accentue mais le col de Chistau est encore bien plus loin. A son approche et au contact des calcaires nous quittons le sentier pour aller voir les premiers gouffres. Ceux-ci communiquent avec une perte assez spectaculaire qui draine une petite plaine où convergent plusieurs ruisseaux issus des névés environnants. Le débit est conséquent et dans ces conditions il ne ferait pas bon être sous terre. Stoche nous explique que ce réseau s'arrête sur siphon à -100 m environ.

La perte et la petite plaine qui l'alimente.
A gauche dans le lapiaz on devine les autres entrées du gouffre.

 


C'est ici que nous installons notre premier bivouac. Le ciel n'étant plus aussi limpide nous préférons monter les tentes. Délestés de nos sacs nous partons ensuite en prospection sur le lapiaz situé juste au-dessus. Nous retrouvons plusieurs gouffres. Certains sont bouchés par la neige qui est encore bien présente à cette altitude (environ 2700 m). Le soir, nous en avons plein les pattes et nous ne traînons pas trop pour plonger dans nos duvets.

Bivouac 4 étoiles
Mercredi 8 juillet

Le réveil est matinal et le ciel est bien dégagé. Du coup nous décidons d'emporter nos affaire de bivouac pour camper au lac supérieur (Ibones de Pico Royo, env. 2800 m). Nous en profitons pour repointer d'autres gouffres dont le -500 m. Celui-ci est en partie bouché par un imposant névé, ce qui confirme nos craintes. 

L'entrée du gouffre de -500 m complètement remplie de neige.

Quant au lac, il est occupé par de gros glaçons et la perte dans laquelle les eaux disparaissent est recouverte par un imposant névé. Nous abandonnons ici nos affaires de bivouac et continuons à monter pour fouiller la partie la plus haute du lapiaz vers 2900 m d'altitude. 


Nous retrouvons beaucoup de gouffres connus mais la prospection est gênée par la neige qui occupe les creux et les vallons. En début d'après-midi le ciel commence à s'assombrir et nous avons déjà bien fouillé la zone. 

Une entrée qui donne envie...

Les autres secteurs à revoir sont beaucoup plus loins et en partie recouverts par la neige. Cela ne vaut guère le coup d'insister et d'un commun accord nous décidons de redescendre. Ce n'est évidemment pas une partie de plaisir car nous sommes encore bien chargés et la bambée du matin n'a pas été de tout repos. Et c'est parti pour une descente de 1300 m de dénivelé et près de 8 km de distance. Nous échappons de justesse à l'orage, mais pas au sympathique resto le soir au Plan. Deux journées vraiment très sympas pour découvrir un superbe massif...

Sur la crête supérieure du lapiaz, vue sur la haute chaîne
(sommets de Perdiguère et autres)

 

Patrick 

 

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